03.07.2009

M. Abdelaziz Agoubi : a propos de Mustapha Ben Jaafar, de l’opposition et du pouvoir en Tunisie

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 Dans cette interview, M. Abdelaziz Agoubi revient sur l’évolution du Forum Démocratique pour les Libertés et le Travail, son exil qui a duré 12 ans et son évaluation de la situation politique de la Tunisie.

 

 

« Jusqu’à 1994, les opposants et les militants pour les droits de l’Homme se faisaient rares. La majorité de la classe politique ou des figures de gauche Tunisienne soutenaient la répression et déclaraient dans les conférences et aux ONG internationales que « tout allait bien ». La plupart d’entre eux ne veulent plus se rappeler cet épisode de leurs vies politiques »




« J’ai pu avec des amis convaincre François Hollande le secrétaire général du PS de recevoir Mustapha Ben Jaafar et d’établir des relations de partenariat avec le FDLT"





« Lorsque je suis rentré  à Tunis, j’ai reçu une invitation de la Police. Je fus reçu cordialement au Ministère de l’Intérieur pour soi-disant clôturer mon dossier »



« J’accuse principalement la société civile tunisienne d’avoir cherché le blocage et le pourrissement de la situation plutôt que trouver des solutions aux problèmes auxquels était confronté notre pays »




J’ai eu l’occasion de connaitre beaucoup des personnalités parmi eux Mr Mustapha ben Jaafar, Mr Moncef Marzouki, Mme Sihem Bensedrine, Mme Radia Nasraoui et bien d’autres. Avec mes amis, nous les avons défendus et nous avons participé à la médiatisation de leurs combats et leurs notoriétés. Ceci dit, j’étais souvent déçu par leurs comportements et déclarations en privé. Mr Mustapha Ben Jaafar avait déclaré par exemple –en ma présence- à des conférences de presses et à des amis français, qu’il n’était pas pour une ouverture totale du champ politique. Cela le desservait. Comme tous les autres, il est pour une ouverture politique qui servirait principalement ses intérêts.



En France par exemple, mes amis et moi avions fait un travail énorme entre 1990 et 1995. A partir de 1995, avec l’apparition d’autres comités de défense de droits de l’homme, j’ai constaté que la première mission qu’ils se sont fixés, c’était de casser tout notre travail, de nous écarter comme si nous étions des adversaires !



Cette Interview a été revue et amendée par M. Abdelaziz Agoubi qui m’a fait parvenir le texte final par mail.




Sami Ben Abdallah: Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous rappeler votre parcours politique ?





M. Abdelaziz Agoubi . Je suis socialiste musulman. On peut être homme politique et croyant. Un démocrate musulman pratiquant connaît les limites. Il sait ce qu’il peut faire et ne pas faire. Il agit suivant ses croyances, fidèle à sa foi. Les croyants peuvent être de n’importe quelle tendance. Ils peuvent être de droite ou de gauche. Les partis politiques qui ne font pas mystère de leurs appartenances à telle ou telle religion ont toujours existé dans le monde, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, … . Mais si les croyances sont admises en politique, le religieux reste du domaine de la sphère privée. Le pouvoir ne doit pas être remis entre les mains des religieux et le peuple ne l’acceptera jamais. La population tunisienne rejette tout intégrisme idéologique. Je suis convaincu que la solution viendra des démocrates musulmans en Tunisie.




J’étais forcé à l’exile de 1989 à 2001. A partir de 1990, devant la répression que vécu le pays et les grands procès d’En Nahdha, j’ai fait partie de plusieurs comités qui se sont constitués en Europe et particulièrement en France. Sans fausse modestie, j’étais un militant actif. Notre travail consistait à participer à des manifestations, des rassemblements, à rédiger des pétitions, et des courriers pour alerter l’opinion internationale afin de secourir les victimes. Ceci dit, je n’ai pas appartenu à En Nahdha et je ne partage pas le projet politique de ce parti. Ce sont les violations des droits de l’Homme et le non respect des libertés qui motivaient mon engagement.

Jusqu’à 1994, les opposants et les militants pour les droits de l’Homme se faisaient rares. La majorité de la classe politique ou des figures de gauche Tunisienne soutenaient la répression et déclaraient dans les conférences et aux ONG internationales que « tout allait bien ». Jusqu’à 1994, j’en ai croisé beaucoup dans les conférences internationales. La plupart d’entre eux ne veulent plus se rappeler cet épisode de leurs vies politiques. A partir de 1995, quand ils ont été à leur tour victimes de répression, ils ont rejoints l’opposition.




A partir de 1995, avec d’autres militants, défenseurs des droits de l’homme, j’ai soutenu le droit du Forum Démocratique pour les Libertés et le Travail (FDLT) animé par Mustapha Ben Jaafar et d’autres dissidents du MDS, de se constituer en parti et d’obtenir la légalisation. C’est en 2001 que le FDLT obtiendra gain de cause après bien d’efforts et de sacrifices que nous avons consentis. J’étais en contact régulier avec le parti socialiste à travers mes amis de Ligue des droits de l’Homme à Lyon. J’ai pu avec des amis convaincre François Hollande le secrétaire général du PS de recevoir Mustapha Ben Jaafar et d’établir des relations de partenariat avec le FDLT.



En 2001, j’ai pu rentrer en Tunisie après 12 ans d’exil. Depuis, je rentre régulièrement sans problèmes à ce jour.





Ce n’est donc pas Mustapha Ben Jaafar qui avait pris contact au départ avec le Parti socialiste ?





M. Abdelaziz Agoubi : Non, sans fausse modestie, je vous dis que c’est mon humble personne et mes amis qui ont tout arrangé.



C’était le 10 décembre 1995 j’ai participé à la création d’un Comité Tunisien de Soutien au Forum Démocratique, Mustapha Ben Jaafar a présenté la première demande afin que le FDLT soit légalisé en avril 1994. Évidemment, l’autorisation de le créer lui fut refusée. En réalité de nombreuses personnalités à l’origine de l’initiative se sont vues retirer leur passeport et assigner à résidence.



Pour tenter de mobiliser des appuis en France, je sollicitais le 11 décembre, une entrevue auprès du Directeur des Affaires Etrangères du Parti Socialiste, attirant son attention sur ces faits. J’ai été reçu et j’ai défendu le projet politique du FDLT que je sentais proche de mes idées politiques. J’ai eu alors l’occasion de lui exposer, de façon approfondie, les raisons de notre inquiétude et d’étudier avec lui les possibilités d’une initiative du parti socialiste français pour aider la cause de la démocratie en Tunisie. Depuis cette date, je suis resté en contact avec le Parti Socialiste et j’étais leur interlocuteur pour toutes les questions ayant trait au FDLT. Un jour, un ami du PS à Lyon m’a appelé et m’a informé que François Hollande allait recevoir Mustapha Ben Jaafar. Ce dernier est arrivé en France et a pu le rencontrer.






Durant vos années d’exil, quel était votre plus mauvais souvenir ?

 



M. Abdelaziz Agoubi : Il y en a beaucoup… mais le plus triste c’était le 17/09/ 1996. Je perdais mon père et l’entrée en Tunisie me fut refusée par manque de passeport qui a été confisqué par le gouvernement. Malgré les interventions de plusieurs de mes amis, qui sollicitèrent le régime par l’intermédiaire du Parlement Européen et du député Daniel Cohn-Bendit, je n’obtins aucune réponse. Le gouvernement fut fidèle à sa ligne de conduite, il garda le silence. Un Président d’une République Arabe avait dit un jour : « Un pays qui n’a pas de problème n’est pas un pays. Et nous grâce à Dieu, nous n’avons pas de problème. » La Tunisie est ainsi, elle garde le silence et traite ses problèmes en les ignorant. À mon grand désespoir, je ne pus donc assister à l’enterrement de mon père. Et pourtant, au travers de toutes mes actions, j’avais toujours et uniquement appeler au dialogue et à la réconciliation nationale.


Quand vous avez rencontré pour la première fois Mustapha Ben Jaafar ?

 


M. Abdelaziz Agoubi : J’ai le rencontré la première fois en 1993 à Paris et au mois d’avril 2001, j’invitais le Docteur Ben Jaafar, secrétaire général du Forum Démocratique Pour le Travail et les Libertés, à venir témoigner lors d’une conférence de presse à Lyon. En mai 2001, je suis intervenu avec mes amis auprès de François Hollande. Le parti socialiste s’engageait officiellement à ne pas entretenir de relations avec le RCD, parti au pouvoir, tant qu’il n’y aurait pas d’évolution dans le sens de la démocratie en Tunisie. Il reconnaissait le Forum Démocratique et le Conseil National des Libertés, parti d’opposition, comme un partenaire privilégié en Tunisie. Dans une interview à la presse française, je ne manquais pas de souligner l’avancée que représentais cette prise de position et le soutien qu’elle apportait à notre combat.





En 2001, vous avez mis fin à votre exil ?





M. Abdelaziz Agoubi : Oui. J’obtins le droit de rentrer en Tunisie grâce à un dialogue franc avec le pouvoir ainsi voyant s’achever un exil de plus de douze ans. Et c’était un début d’ouverture qui n’a pas durée longtemps a cause des problèmes à l’échelle internationale en 2001. Lors de ce voyage qui dura vingt jours, je découvris des changements radicaux en Tunisie. Certes les infrastructures avaient progressé, nous avions des routes et des équipements plus performants, l’eau courante, l’électricité ou encore le téléphone étaient entrés dans toutes les maisons. Mais la situation politique était toujours d’une incroyable complexité et la déchirure entre la société civile et la population tunisienne n’avait cessé de s’aggraver. À ma grande surprise, aucun de mes amis du Forum démocratique ne vint m’accueillir à l’aéroport. Incrédule et déçu, je décidais de rendre visite à ma famille dans le Sud tunisien. J’avais hâte de revoir ma mère qui avait déjà 90 ans.
Lorsque je rentrais à Tunis pour répondre à une invitation de la Police. Je fus reçu cordialement au Ministère de l’Intérieur pour soi-disant clôturer mon dossier. Mon séjour touchait à sa fin, mais j’espérais encore rencontrer les membres de mon parti. Je ne pus obtenir qu’un bref entretien à la sauvette dans un café. Je revins en France profondément inquiet.


Et quelle était votre réaction ?




M. Abdelaziz Agoubi : Ayant tiré les leçons de l’accueil reçu en Tunisie, après avoir estimé que ma mission était accomplie j’ai pris un temps de réflexion et j’ai décidé de quitter le Forum démocratique dès qu’il ait eu obtenu sa légalisation par le régime.





Avec du recul aujourd’hui, quel regard portez vous sur le microcosme politique tunisien et ce que plusieurs appellent la « société civile ».




M. Abdelaziz Agoubi : Je n’ai pas regretté le fait d’avoir milité ni pris des risques pour défendre les droits de l’homme et les libertés quand ils étaient violés. C’était un devoir que je devais faire envers mon pays et ma conscience. Je l’ai fait. Cependant, vous serez étonné quand je vous dirai que j’accuse principalement la société civile tunisienne d’avoir cherché le blocage et le pourrissement de la situation plutôt que trouver des solutions aux problèmes auxquels était confronté notre pays.




Il y a une crise politique dans notre pays qui dure depuis des années. Cette crise a connu son paroxysme avec l’affrontement entre le pouvoir et En Nahdha. La répression était disproportionnée et le pouvoir assume une responsabilité indéniable. Cependant, En Nahdha en assume aussi une part de responsabilité aussi tout comme la majorité des gauches qui se sont tues, cautionné et parfois encourager la répression. Je ne suis pas contre le mouvement En Nadha, qui joue un rôle important dans la société, mais ce parti refuse de se livrer à une autocritique indispensable. Pourtant il gagnerait à éclaircir ses positions. Car ce mouvement à sa part de responsabilité dans la crise que nous vivons, bien qu’il n’ait jamais voulu reconnaître ses torts.

 


Il y a aussi cette société civile que je connais plus qu’elle ne se connaisse. Faut-il rappeler que dans sa majorité, elle a soutenu et cautionné la répression entre 1990 et 1995 ? Par ailleurs, J’ai eu l’occasion de connaitre beaucoup des personnalités parmi eux Mr Mustapha ben Jaafar, Mr Moncef Marzouki, Mme Sihem Bensedrine, Mme Radia Nasraoui et bien d’autres. Avec mes amis, nous les avons défendus et nous avons participé à la médiatisation de leurs combats et leurs notoriétés. Ceci dit, j’étais souvent déçu par leurs comportements et déclarations en privé. Mr Mustapha Ben Jaafar avait déclaré par exemple –en ma présence- à des conférences de presses et à des amis français, qu’il n’était pas pour une ouverture totale du champ politique. Cela le desservait. Comme tous les autres, il est pour une ouverture politique qui servirait principalement ses intérêts.





Ne pensez-vous pas que vos propos sont motivés par la déception que vous sentez car vous avez été oublié du FDLT plutôt que par une analyse froide de la situation ?





M. Abdelaziz Agoubi : Soyez sur que ma déception n’est pour rien dans le constat que je fais de la situation. En 2001, j’avais appelé à la réconciliation nationale et à organiser un dialogue avec le pouvoir au nom de notre mouvement qui est l’alliance démocratique tunisienne qu’on a créé en 1997. Mr Mustapha Ben Jaafar et ses amis m’avaient accusé de jouer le jeu du pouvoir. Le 30 mai 2009, c’est pourtant le même Mr Mustapha Ben Jaafar qui a appelé au dialogue avec le pouvoir et a reçu lors du déroulement du congrès du FDLT le vice secrétaire général du RCD. D’ailleurs je rappelle que de 2001 jusqu’à 2009, Mr Mustapha ben Jaafar a refusé d’organiser un congrès, de distribuer des cartes d’adhérents afin de continuer à contrôler le forum et éviter toute compétition interne. Ce n’est pas propre au forum. Tous les partis de l’opposition souffrent de ces pratiques anti-démocratiques. En France par exemple, mes amis et moi avions fait un travail énorme entre 1990 et 1995. A partir de 1995, avec l’apparition d’autres comités de défense de droits de l’homme, j’ai constaté que la première mission qu’ils se sont fixés, c’était de casser tout notre travail, de nous écarter comme si nous étions des adversaires ! Malheureusement, il n’y a pas de solidarité et de continuité dans le travail des oppositions, ce qui explique les échecs qu’ils enregistrent et le peu d’intérêt que leur réserve le peuple.



Nombre de ces oppositions ne veulent pas que la situation politique en Tunisie s’améliore. Ce qui les intéressent, ce sont leurs propres intérêts personnels. Si la situation s’améliorait, ils perdraient ces intérêts et privilèges.




Ceci dit, je n’ai pas perdu espoir dans les bonnes volontés des forces vives de notre pays ni dans ses jeunes, qui je l’espère, tireront des conclusions des erreurs des générations actuelles ou de celles qui les ont précédées.

 

 

 

 

En 2001, j’ai pu rentrer en Tunisie après 12 ans d’exil… À ma grande surprise, aucun de mes amis du Forum démocratique ne vint m’accueillir à l’aéroport. Incrédule et déçu, Je ne pus obtenir qu’un bref entretien à la sauvette dans un café. Je revins en France profondément inquiet »

02.07.2009

Livre blanc sur la détention politique en Tunisie

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Ouvrage vraiment rare, publié en 1953. L'ouvrage en 285 pages revient sur les crimes commis par l'armée française en Tunisie (la torture, les viols collectifs...etc). Il est à rappeler que contrairement à l'Algérie, les tunisiens (pouvoir, oppositions et peuple) n'ont jamais exigé la moindre excuse de la France pour ces crimes commis.



Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.

Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

 

 

  

 

La police en Tunisie: Les flics, les tortionnaires et les autres par Gilbert Naccache

 

 

 

La police en Tunisie:

 

 Les flics, les tortionnaires et les autres

 

 par Gilbert Naccache

 

pp 264-266. Extrait de "

 

 

 

2092658480.JPGGilbert Naccache est né en 1939 à Tunis. Il fait ses études supérieures à Paris à l’Institut national agronomique. De retour en Tunisie, il travaille au ministère de l’Agriculture comme ingénieur agronome. Ses activités politiques au sein du groupe Perspectives lui valent d’être arrêté en mars1968 et lourdement condamné. Il sera libéré en 1979. Il vit actuellement en France. De ses écrits de prison, Cristal a été publié (réédité aux Éditions Chama en 2001), ainsi que Le Ciel est par-dessus les toits. Nouvelles, contes et poèmes, aux Éditions du Cerf (Paris) en 2005.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1096757599.JPGSon dernier ouvrage paru en  Avril 2009 est :

 

 

“Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Qu'as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d'un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979)  Suivi de « Récits de prison »,488 pages. Cet ouvrage est en vente en Tunisie et en France !Vous pouvez l’acheter via des sites de vente en ligne (Fnac, amazon…etc)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.



Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tunisie: Les geôles du ministère de l'Intérieur

 

 

Gilbert Naccache avait décrit dans "Cristal récit de prison" les éditions Salambo (juin 1982, réédite en 2002, en vente en Tunisie)  les tristement célèbres geôles du ministère de l'intérieur tunisien (lire Cristal à partir de la page 296).

 

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La lourde responsabilité historique du PSD-Parti Socialiste Destourien dans la répression des Tunisiens

 

le PSD rebaptisé RCD en 1988

 

"Depuis 1955, et au moment du conflit Bourguiba-Ben Youssef, ont été mis en place des « comités de vigilance » qui seront légalisés quelques mois après leur constitution de fait par un arrêté du Ministre de l’Intérieur(…). « Un embryon de police politique prend forme avec l’organisation de comités de vigilance destouriens, légalisés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur » (J.Bessis).

 

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feu Abdallah Amami: Son ouvrage rare sur les islamistes en Tunisie

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Feu Abdallah Amami est l'Ex Directeur de l'ATCE (Agence Tunisienne de Communication extréieure). Son ouvrage paru au début des années 1990 est actuellement introuvable et rare. Pourtant, cet ouvrage méconnu du grand public revient en détails sur le parcours politique d'En Nahdha et de Rached Ghannouchi.
La majorité du contenu de cet ouvrage est crédible d'autant plus que Salah Karkar (Ex Président d'En Nahdha) est revenu dans l'ouvrage de François Burgat " l'Islamisme au Maghreb" sur la tentative de Coup d'Etat organisée par En Nahdha.



Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.

Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01.07.2009

Mezri Hadded: Joyeux anniversaire

 

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Aujourd’hui, c’est son anniversaire. Il a 48 ans. Joyeux anniversaire Mezri Hadded.

 

A Paris, je connaissais tout le parcours politique de Mezri Hadded et j’ai deviné ses hauts et ses bas. Je l’ai rencontré par hasard dans une conférence, on s’est reconnu et depuis j’ai la chance de le voir à Paris. J’ai trouvé qu’il a réellement changé, il est devenu sympathique (toujours souriant) et il a changé sur beaucoup d’autres points….

Je pense qu’il gardera de ce début 2009 des beaux souvenirs car il commence à avoir la reconnaissance qu’il mérite en France et le microcosme politico-médiatique le considère  comme une valeur sûre.

 

Des Tunisiens qui s'imposent en France? il y en a pas beaucoup.



48 ans ! Joyeux anniversaire Mezri Hadded.

Ahmed Ben Salah ancien homme fort en Tunisie

 

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أحمد بن صالح لـ «الشروق»:

لا أذكر وجه أمّي، وهكذا انتخب بورقيبة أمينا عاما للحزب عام 1934
الاربعاء 1 جويلية 2009 الساعة 10:48:32 بتوقيت تونس العاصمة

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* حوار وإعداد: فاطمة بن عبد اللّه الكرّاي





لكل قصّة إنسانية بداية... وبداية التاريخ بالنسبة للذات البشرية تبدأ من يوم الميلاد.
السيد أحمد بن صالح، الذي سيكتشف القارئ، عبر هذا الركن ـ مذكّرات سياسي في «الشروق» ـ أنه يحمل مخزونا تاريخيا من حيث الأحداث التي عاشها فكان إمّا شاهدا عليها أو طرفا فاعلا فيها، يبدأ ملفّات الذّاكرة والذكريات من الطفولة.
«ولدت يوم الثالث عشر (13) من جانفي سنة 1926 ... وكنت رابع إخوتي فيما كانت المرحومة فاطمة، شقيقتي الصغرى التي توفّيت منذ سنوات قليلة جدا، تقاسمني أمرا هاما: كلانا لا يتذكّر صورة الوالدة التي توفّيت صغيرة دون أن تكون لها صورة واحدة يمكن أن نعود اليها أنا وأختي».
أنجبت والدته عشرة أطفال، بقي منهم خمسة على قيد الحياة، وخمسة دفنوا قبل أن تموت هي...
الأخت الكبرى تركية حرم الحاج حسين وكذلك الشقيق الأكبر د. امحمّد بن صالح والشقيق الثالث محمد بن صالح أستاذ فلسفة متخرج من جامعة دمشق وشقيقته فاطمة حرم بن صالح، التي تصغره قليلا، توفّوا جميعهم، «بحيث أنا الأخير من أشقائي من أمّي من بقي على قيد الحياة»...
ولد صاحب المذكرات بالمكنين، بجهة الساحل التونسي، وعرف يُتم الأم مبكّرا، حتى أنّه يوشّح منزله الى الآن بصورة العائلة المتاحة، الا صورة لأمه ليست موجودة أصلا، فيما يتوسط مؤطر لصورة امرأة بلباس تقليدي (الخلّة) ساحلي، وعندما سألته عنها وقد تهيأ لي أنها الوالدة، فقال لي: هذه جدّتي من أبي، وقد عمّرت بمشيئة الله أكثر من الوالدة...
ما يجمعني وأختي المرحومة فاطمة اذن هو أنّنا لا نستحضر صورة والدتنا، فقد فارقت الحياة ونحن صغار جدا... هكذا استدرك صاحب المذكرات موضحا.
تزوّج الوالد، بإمرأة ثانية، فارقته بالتراضي بعد خمس أو ست سنوات... وكان «سي أحمد» يناديها «أمّي» «اسمها صالحة بلكحلة من طبلبة وقد ربتني وأناديها «أمّي صالحة»... لكن في الأثناء يتوفى زوج الخالة، التي أصبحت فيما بعد زوجة الأب و»أم إخوتي الهادي ونجيبة ورجاء وحسناء».
لكن كيف كانت الدراسة، وماذا يتذكر محدثي عن تلك الفترة: بداية الثلاثينات؟
يقول «سي أحمد» إنّه درس المرحلة الابتدائية بالمكنين مسقط رأسه، ثم «انتقلت الى الصادقية، بعد اجتيازي مناظرة السادسة» ولكن صاحب المذكرات اضطر رغم نتائجه الباهرة، الى إعادة قسم السادسة، لأن عمره، ساعة اجتياز المناظرة، كان دون السن القانونية المسموح بها حسب نظام التمدرس وقتها...
إبن المكنين الذي يروي عنه الكبار انه كان طفلا غير عادي، يتذكّر أحداث 1934، التي رافقت مؤتمر الحزب الحرّ الدستوري... اذ أن النضالية التي ستكون مسار بن صالح، في الصادقية وفي فرنسا وفي تونس، ضمن كوكبة رموز الحركة الوطنية، لم تتأسس في ذهنية الرجل من خلال مروره «بالصادقية» وهو المعهد الذي قارع من خلاله ونشط أغلب التلاميذ، سلطات الاستعمار... يقول صاحب المذكرات وقد سألته عن الطفولة في المكنين، وماذا يذكر عن النضالات الثلاثينية، «أتذكر سنة 1934 كيف أنّ والدي كان ضمن أوّل شعبة في المكنين... كان ضمن الهيئة الأولى لهذه الشعبة الأولى... وكان المؤتمر للحزب الحرّ الدستوري قد عرف أشغاله في مارس 1934 بمدينة قصر هلال، وكان امحمّد بعيزيق هو ممثل شعبة المكنين لدى المؤتمر الذي حضره والدي وأعضاء الشعبة...
وهنا يروي السيد أحمد بن صالح الذي سينضمّ لاحقا الى الحزب والشبيبة المدرسية، كيف أن مؤتمر قصر هلال ـ حسب ما سمعه من روايات الوالد ـ عيّن بورقيبة كاتبا عاما للحزب ود. محمود الماطري وقع تعيينه بالاجماع ـ أي بالأيدي المرفوعة ـ ووقع انتخاب الديوان السياسي... «الذي عرفته من والدي هو أن الانتخابات أعطت أكثر الأصوات الى الطاهر صفر...» وقعت مشاكسة بين بورقيبة والطاهر صفر جعلت الأخير يقول تعفّفا: «لن أترشح للكتابة العامة» رغم حصوله على أغلبية الأصوات... انتخب بورقيبة اذن كاتبا عاما للحزب من مؤتمر قصر هلال... وبدأ الحزب نشاطه بقيادته الجديدة، سنة 1934 سرت معلومة في السوق الأسبوعي بالمكنين تقول بأن بورقيبة وقع إلقاء القبض عليه يوم الثالث من سبتمبر...
لم يهدأ بال أهل المكنين، مثلهم في ذلك مثل بقية المدن والقرى، بعد أن ألقي القبض على بورقيبة على أيدي قوات الاستعمار... وهنا يكشف «صاحب المذكرات» كيف كان تحرك شعبة المكنين التابعة للحزب الحر الدستوري، وقد كان والده عضوا فيها «اجتمعوا كأعضاء للشعبة في مقبرة المكنين» خشية سطوة الاستعمار... فكان الصدام بين الحزب والقوى الاستعمارية يوم 5 سبتمبر 1934، وكان عمر أحمد بن صالح وقتها ثماني سنوات فقط...

* غدا: الأطفال يشاركون في «الثورة» ضد الاستعمار... بالحجارة...

* تصويب واعتذار

في التوطئة العامة لركن «مذكرات سياسي في الشروق»، التي نشرت في عدد الشروق ليوم أمس، تسرّب لبس في ما يخصّ «السيزل» وموقفها كمجمع للنقابات العالمية من المسألة المصرية والعدوان الثلاثي على مصر. فقد شدّد السيد أحمد بن صالح على أن أسلوب الاقناع هو الذي اعتمده حين تدخل في جلسة السيزل حول التطورات الحاصلة على قناة السويس، فقد كان أعضاء المكتب قد اتجهوا نحو التهجم على الزعيم عبد الناصر، وعندما تدخّل السيد أحمد بن صالح ـ وكان العربي الوحيد بينهم ـ أقنعهم بأن تأميم القناة هو لصالح الشعب المصري، فكانت اللائحة التي صدرت عن «السيزل» تساند الشعب المصري... على أن الأمر لم يكن اجبارا، من بن صالح للمكتب التنفيذي لـ»السيزل» «ففيهم أغلبية صديقة لنا ولقضايانا»، ينوّه بن صالح. لذا وجب علينا الاعتذار...

29.06.2009

Alaya Allani: le mouvement islamiste en Tunisie

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A Tunis, j'ai fait le tour de plusieurs librairies à la recherche de cet ouvrage, aucune ne le vendait. L'ouvrage est pourtant "officiellement autorisé" mais je ne sais pas dans quelle librairie on peut le trouver. J’ai posé la question, on m'a dit que ça coutait 40 dinars! Et comme je ne connaissais pas le prix exact, j'ai cru. Je l'ai cherché en France, (introuvable) et j'ai même demandé à un ami de voir plusieurs librairies marocaines, introuvable aussi. A lire le résumé, il semble intéressant.

 

Commentaire d’un lecteur sur ma page Facebook :

 

« Le ridicule ou le révoltant est que le livre est une thèse de doctorat soutenue en Tunisie, dans une université Tunisienne. Et maintenant il circule sous le manteau! A propos de "cherté", je n’ai déboursé que huit (8) dinars pour l’avoir.»(fin)

 

 

Ou peut-on acheter cet ouvrage ? Il faut aussi reconnaitre que la maison d'édition aurait pu faire un petit effort en lui faisant de la pub et en indiquant ou on peut l'acheter!

 

 

 

M.Alaya Allani

 

 

 

A rappeler que l’auteur M. Alaya Allani est un membre de la commission de développement politique du MDS (Mouvement des démocrates Socialistes, opposition reconnu, plusieurs députès au parlement)

 

 

 

 

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كتاب "الحركات الإسلامية بالوطن العربي: تونس نموذجا"

لمؤلفه الباحث التونسي اعليه علاني





عرض/منتصر حمادة


كيف نشأت الحركة الإسلامية بتونس؟ وكيف تطور خطابها؟ وما هي العوائق التي جعلت الحركة الإسلامية لا تحتل مكانا سياسيا ضمن منظومة المجتمع المدني؟ وهل سقطت الحركة الإسلامية التونسية ضحية تسييسها؟ وما هي طبيعة تعاطي المجتمع التونسي مع الحركات الإسلامية؟

يمثل هذا العرض، كتاب "الحركات الإسلامية بالوطن العربي: تونس نموذجا" لمؤلفه الباحث التونسي اعليه علاني، محاولة جادة للإجابة عن مختلف الأسئلة المؤرقة المرتبطة بالتجربة الإحيائية (بتعبير رضوان السيد) في الحالة التونسية.

جاء الكتاب موزعا على مقدمة ومدخل عام لدراسة الظاهرة الإسلامية والحركات الإسلامية بالوطن العربي تحديدا، وثمانية فصول تستعرض "كرونولوجيا" العمل الإسلامي الحركي في تونس، وأرفق ذلك بتقييم المؤلف تأسيسا على عدد كبير من المراجع والشهادات واللقاءات التي أجراها مع قيادات الحركة.



أسباب الإحيائية التونسية


يحصي المؤلف العديد من الأسباب التي تقف وراء ظهور الحركة الإسلامية في تونس، لعل أبرزها تبعات حركة العلمنة التي قادها الرئيس السابق الحبيب بورقيبة منذ الاستقلال، ونستحضر هنا من باب التذكير صدمة الحملة التي شنها بورقيبة ضد الصيام في رمضان، ويمكننا إضافة أسباب أخرى، منها تحجير كل الحركات السياسية، أي منع التعددية السياسية وتجميع كل المنظمات الشبابية تحت لواء الحزب الحاكم وإخضاع القيادة لإدارة الحزب باللعب على التناقضات داخل القيادات.

بالنسبة لمأزق العلمنة، يتوقف الكاتب كثيرا عند نتائج تقليص نفوذ الزيتونيين، (نسبة إلى جامع الزيتونة) طلبة ومشايخ رغم كثرة عددهم مقارنة بعدد تلاميذ المدارس العمومية، على اعتبار أن التعليم الزيتوني لم يتأقلم مع المناهج البيداغوجية والعلمية الحديثة.


كما أن مشايخ الزيتونة في بداية الحقبة الاستعمارية أفتوا بأن المطالبة بالدستور تعتبر خروجا عن الإمام الذي تجب له الطاعة، وجعلوا بالتالي الاستعمار أمرا مقبولا، ولو أن قراءة أخرى لعياش بن عاشور، تصب في التقزيم من تأثير "السبب الزيتوني"، مُلاحِظا أن تصفية المؤسسة الزيتونية لم تفض بالضرورة إلى ظهور الحركة الإسلامية، مُستشهِدا بالحالتين المغربية والمصرية، حيث لم يمنع وجود جامع القرويين وجامع الأزهر من صعود حركات إسلامية قوية موازية للمؤسسات الدينية الرسمية.

ويسرد خمسة أسباب رئيسية تساهم في تفسير أسباب ظهور الحركة الإسلامية التونسية، وهي: التحولات الاجتماعية العميقة، اضطراب واختلال التوازن الطبقي، أزمة السكن والتضخم والبطالة، أزمة النظام في سنة 1969 (الإحالة هنا على فشل تجربة التعاضد التي كانت تقوم على اشتراكية قهرية، وتلاها انخراط السلطة الحاكمة في تجربة ليبرالية متوحشة)، وأخيرا اختلال توازن القيم الأخلاقية في المجتمع.

على أن الإسلاميين يرون أن هناك سببا رئيسيا آخر في ظهور "الحركة الإحيائية"، ويتمثل في "طمس الهوية الإسلامية للمجتمع ونقل المثال الغربي بحذافيره دون مراعاة خصوصيات البلاد وتقاليدها".


يجزم المؤلف بأن المشكل الرئيسي بين الحركة الإسلامية والسلطة في تونس يتحدد حول طبيعة العلاقة بين الدين والدولة (على غرار ما هو قائم في علاقة أغلب الحركات الإسلامية في الوطن العربي والعالم الإسلامي مع الأنظمة الزمنية الحاكمة).

فالإسلاميون كانوا ينادون في تلك الفترة بالدولة الدينية التي تطبق فيها الحدود الشرعية بحذافيرها، في حين أن السلطة في رأي الباحث بول بالطا اختارت منذ الاستقلال علمانية ليست في حالة قطيعة فكرية ومرجعية مع الإيديولوجية الإسلامية الحركية، بدليل وجود هذه العلاقة المتوترة مع المؤسسة ووصاية الدولة على الشعائر الدينية واستفادتها من الرموز الثقافية التقليدية، لتبرير الإيديولوجية الوطنية التي كانت تبحث عن موطئ وسط فضاء تقليدي، إن "أدلجة الإسلام خلال السنوات الأولى من الاستقلال، كانت أدلجة تستجيب لحاجيات أساسية وتعبوية يرتكز عليها النظام السياسي، لغاية فرض القيم الإسلامية".


أخطاء النظام البورقيبي

مأزق الدولة الأكبر أنها حاولت أن تتعامل مع الدين من منظور تحديثي لا سلفي، وهو ما جعلها تدخل في صراع مع بعض الزيتونيين، وكان من نتائج حذف التعليم بجامع الزيتونة سدّ الآفاق العلمية والعملية أمام عدد كبير من الشباب الذي لا يتحدث إلا بلغة واحدة (العربية)، مما أجبر العديد من هؤلاء على الهجرة إلى المشرق العربي وخاصة إلى مصر لإتمام دراستهم.

وكان من الطبيعي أن يُكنّ هؤلاء الشبان كراهية لبورقيبة ويتعاطفون مع كل الأفكار العربية والقومية وخاصة الناصرية.

كما أن قطع العلاقات الدبلوماسية بين تونس ومصر في الستينيات أجبر عددا من هؤلاء الشبان على الهجرة من جديد، فاختار بعض منهم دمشق باعتبار أن بعض شُعبِها مُعرّبة تماما، وكان ضمن هؤلاء المهاجرين راشد الغنوشي الذي سيُصبِح بعد سنوات قليلة المسؤول الأول عن حركة ستُعرَف فيما بعد بـ"حركة الاتجاه الإسلامي" التي ستشهد أولى المحن في محاكمات 1981، في عز مرحلة الوجود شبه القانوني للحركة.

واتسمت على الخصوص بغموض الجانب الإيديولوجي والتنظيمي في برنامجها، في رأي المؤلف، فـ"مشروع الحركة يرتكز على رفض لائيكية النظام البورقيبي دون تقديم بديل مجتمعي للحكم"، بتعبير الباحث الفرنسي فرانسوا بورغا



لقد استمدت الحركة الإسلامية التونسية قوتها من أخطاء النظام البورقيبي (ويضيف المؤلف أيضا ما وصفه بالنفوذ المالي الكبير)، أو النظام الذي "تعامل مع المسألة الدينية بشكل اعتباطي وانتهازي، حيث أظهرت السلطة عداء مكشوفا للقيم الدينية، مما أثار حفيظة شق كبير من الرأي العام الذي تعاطف تلقائيا مع الحركة الإسلامية.

والملفت للانتباه أن هذا التعاطف الكبير الذي حظيت به الحركة بين سنتي 1981 و1987 لم يتم تكريسه عمليا، حيث يأخذ المؤلف على الحركة الإسلامية سوء فهم طبيعة المجتمع التونسي الذي يمكن أن يتعاطف مع مجموعة منه مضطهدة لكنه لا يجازف بالتمرد بسهولة على السلطة القائمة، وهو ما أكده على الخصوص القيادي عبد الفتاح مورو


أخطاء "الاتجاه" و"النهضة"

جانب المؤلف الصواب، منهجيا على الأقل، في معرض الحسم مع الأسباب الذاتية والموضوعية التي تقف وراء تواضع تأثير الإسلاميين التونسيين على المجتمع، فمرة يتحدث عن سببين (كما نقرأ في الصفحة 11)، ومرة يضيف سببا آخر في صفحة أخرى، قبل أن يتوقف عند سببين آخرين في موقع آخر من الكتاب (ص 250)، وهكذا دواليك، وإجمالا يمكن حصر أهم هذه الأسباب في النقاط التالية:

ـ هناك أولا تبعات المقاربة الأمنية التي تبنتها السلطة مع الحركة الإسلامية، والتي توصف عند العديد من الباحثين بأنها استئصالية.

ـ تبني إستراتجية العنف والتصعيد (تأسيسا على ما خلص إليه مؤتمر المنار في ديسمبر/كانون الأول 1986) ظنا من قياديي الحركة بأن ساعة الخلاص اقتربت، ولذلك حرضت الحركة قواعدها الطلابية على مضاعفة نسق المسيرات والمظاهرات العنيفة.

ـ اعتماد الحركة طيلة فترة السبعينيات والثمانينيات على ازدواجية الخطاب (ديمقراطي وكلياني) والقيادة (سرية وعلنية) مما أثار العديد من التساؤلات لدى الرأي العام والمنافسين السياسيين، إذا أخذنا بعين الاعتبار موقف الحركة من قضية الديمقراطية واعتبارها مرحلة انتقالية لا خيارا إيديولوجيا إستراتيجيا مثلما ورد بالوثيقة السياسية المقدمة للمؤتمر الوطني الرابع للحركة.

ـ من الأسباب المتداولة أيضا، اجتهاد الحركة في فرض بديلها المجتمعي من خلال الانغراس داخل النسيج المؤسساتي للمجتمع من معاهد وكليات وجمعيات ونقابات وحتى داخل الأحزاب بما فيها طبعا الحزب الحاكم، لولا أن البديل لم ير النور لافتقاد الحركة لخطة عمل واضحة ولبرنامج مفصل عدا ما هو موجود من تصورات عامة أو تبني خيار المواجهة والتصعيد.


ويستشهد الكاتب هنا بما صدر عن عبد الباقي الهرماسي من أن الحركة "حاولت أن تكون تونسية صرفة لكنها فشلت بسبب ثقل الانتماء للإخوان المسلمين وفي فترة لاحقة لصلاتها الوثيقة بحسن الترابي القيادي الإسلامي في السودان إلى غاية فترة التسعينيات".

من بين الأخطاء الأبرز التي ارتكبتها الحركة، ما أكده صلاح الدين الجورشي (القيادي السابق بالحركة والوجه البارز حاليا بالتيار الإسلامي التقدمي)، عن زرع جهاز أمني داخل أحشاء التنظيم، وهو ما اعتبره الشاهد "أهم الأخطاء التنظيمية والسياسية".

وبرر الجورشي ذلك بثلاثة أسباب: أولها ضعف الفكر الديمقراطي داخل الاتجاه الإسلامي، ثم عدم استيعاب القيادات للدرس الإخواني حيث انفجر لغم الجهاز الأمني الخاص، وأخيرا هيمنة عامل الخوف من أن يحصل للإسلاميين في تونس ما حصل للإخوان في مصر من تشريد وتعذيب.

ويرتبط آخر الأسباب بتأثير التصدعات التنظيمية لقيادة الحركة سواء في الداخل أو في المهجر، مما يحيلنا على تقييم تجربة الخارج، حيث يلاحظ الكاتب أن التجربة لم تكن أحسن حالا إذ إنها أصبحت تمثل، في نظر بعض المقربين من الحركة (منهم على وجه الخصوص القيادي السابق احميدة النيفر)، "سلبية مضاعفة.

فلا هي حققت تأييدا عربيا ودوليا ولا هي استطاعت إنقاذ جسمها التنظيمي من التفكك، وتركزت نضالاتها في فترة التسعينيات من القرن الماضي على مسألة الإفراج عن المعتقلين".

أما صلاح الدين الجورشي، فيرى أن "الإنجاز الوحيد الذي حققته مرحلة المهجر هو أن الحركة بقي لها رأس يدافع عنها، لكن السلبيات كثيرة أبرزها ضعف واضح في أداء الجهاز التنظيمي وانسحاب عدد هام من الكوادر".

صحيح أن الإسلاميين في تونس نجحوا في فرض خطابهم على بعض التيارات الاجتماعية التي تنتمي في معظمها للطبقة الوسطى أو لقطاع التلاميذ والطلبة، لكنهم مع ذلك لم يتجذروا في الأوساط العمالية رغم وجود بعض القياديين منهم في مواقع نقابية، مما يطرح تساؤلا حول مدى تفاعل الفئات الاجتماعية معهم


ترشيد الظاهرة الإسلامية

مثلت نهاية الحكم البورقيبي منذ 7 نوفمبر/تشرين الثاني 1987 مُتنفّسا كبيرا بالنسبة للإسلاميين الذين انخرطوا بتلقائية في مساندة حركة التغيير وعبّر الغنوشي صراحة عن تأييده لبيان 7 نوفمبر/تشرين الثاني الذي يحدد أبرز ملامح مرحلة ما بعد بورقيبة، والتي واكبت التحول لدى الإسلاميين أيضا، من "حركة الاتجاه الإسلامي" إلى "حركة النهضة".

وبعد ستة أشهر من إزاحة بورقيبة، خطت الحكومة الجديدة بقيادة الرئيس زين العابدين بن علي خطوات هامة نحو نزع فتيل الأزمة، من خلال الإفراج عن معظم قيادات الاتجاه الإسلامي.

ورغم ذلك، تم الدفع بـ"التشريك السياسي" للحركة من خلال مبادرات ثلاث، جاءت أولاها عبر دخول حركة النهضة للمجلس الأعلى للميثاق، مُمثّلة في شخص المحامي نور الدين البحيري، وجاءت الثانية عبر دخول الحركة المجلس الأعلى في بداية 1989 مُمثّلة في الرمز الثاني للتنظيم، عبد الفتاح مورو، قبل المحطة الأهم، وتمت عبر المشاركة في الانتخابات التشريعية لسنة 1989 التي لم تستثمرها الحركة بشكل جيد، بل عادت عليها بالوبال وأنهت عمليا ورسميا عقد الوفاق الذي كان بينها وبين السلطة من جهة، وبينها وبين العديد من القوى السياسية من جهة أخرى


إذ اعتبرت الحركة أن الانتخابات كانت فرصة ذهبية لإبراز قوتها والتعريف بمبادئها من خلال الحملات الانتخابية، حيث وضعت كل ثقلها في الانتخابات ماديا وأدبيا وبشريا وسوّقت لخطاب تعبوي يعتمد على شعارات قديمة من قبيل التأكيد على أن الإسلام هو الحل.

واعتبرت السلطة وبقية المجتمع المدني أن خطاب "النهضة" خطير وأن التزامها بالوفاق لم يعد له أساس من الوجود كما أن المتربصين بالحركة من داخل السلطة وجدوا في الاستحقاق الانتخابي الفرصة الملائمة لدق ناقوس الخطر، ليقرر الغنوشي بعد شهر من الانتخابات مغادرة البلاد، بعد أن طلب إذنا بالخروج لأداء فريضة الحج في مايو/أيار 1989، ومنذ ذلك التاريخ لم يعد إلى أرض الوطن.

ويختتم المؤلف عمله بالتأكيد على أن ترشيد الظاهرة الإسلامية بتونس مرتبط بجملة من العوامل الذاتية والموضوعية، منها إسراع القيادة الإسلامية بمراجعات فكرية، تحدث عنها بعض قياديي "النهضة"، ومنها أيضا تعميق التجربة والممارسة الديمقراطية في المجتمع من خلال الحسم الجماعي في ثوابت تضمن حماية الدولة والمجتمع من أي اهتزازات.


المصدر: الجزيرة

http://www.aljazeera.net/NR/EXERES/1217B061-97C3-4EA0-A9A9-0F678857D361.htm

Aide-Toi...le Ciel t'aidera...

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26.06.2009

Le cinéma de Nouri Bouzid et le syndrome autoritaire en Tunisie

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Aziz Krichen est revenu dans son ouvrage « Le syndrome Bourguiba » CERES productions, Tunis, Avril 1993, page 15 et suivantes (lire Chapitre : « Le cinéma de Nouri Bouzid et le syndrome autoritaire en Tunisie ».Ouvrage en vente en Tunisie mais rare) sur les films de Nouri Bouzid en les analysant ( a rappeler que Nouri Bouzid a été arrêté et torturé sous Habib Bourguiba tout comme l’ont été les militants de Perspectives – L’extrême gauche)




1219080124.jpg« Les sabots en or », un film de Nouri Bouzid.1988 – 35 mm – 104 minutes. Titre original : Sfayah min dhahab. Palmarès : Grand prix du festival de Khouribga 1988, prix d’interprétation masculine JCC 1988, prix d’interprétation masculine au festival de Valences 1988

Le réalisateur Nouri Bouzid a été sauvagement torturé sous Habib Bourguiba pour avoir  adhéré à Perspectives (l’extrême Gauche sous Habib Bourguiba)

 

 

 

.Cliquez sur play (le triangle)  pour voir l'extrait



 

A propos de la torture des militants de perspectives, les anciens Ministres de Bourguiba déclarent tous qu’ils ne savaient rien.


1836485439.JPGAinsi, Beji Caid Essebsi (Ex Ministre de l’Intérieur) (Lire Entretien avec Michel Camau et Vincent Geisser en avril 2002 par dans l’ouvrage collectif « Bourguiba : la trace et l’héritage » pp 577-601)En réponse à la question, Ils[ les militants de Perspectives] sont restés quatre mois dans les caves ?, Béji Caid essebsi a répoondu : « Je ne sais pas si vous me croyez, mais je l'apprends maintenant. » et d’ajouter : « Cela dit, je ne sais pas exactement de quoi les perspectivistes se plaignent. ».

 

 

 

 

 

 



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Pour Tahar Belkhoja (Ex directeur de la Sureté et ex ministre de l’intérieur) dans l’article du Monde Diplomatique paru en 1975 intitulé : « La Tunisie, vingt ans après » : Régression économique, répression politique : le mythe du libéralisme n’a pas tenu ses promesses et le pays s’enfonce dans la dépendance..., on lit : « Tahar Belkhodja, néanmoins, ne nie pas explicitement l’existence des tortures : « Nous n’en avons pas besoin, répond-il. Ceux que nous arrêtons sont généralement d’un haut niveau intellectuel ; nos inspecteurs sont licenciés en droit. Nous avons, dans ce bureau même, de longs débats d’idées. »

 

 

 


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 Gilbert Naccache, un des Leaders historiques de la Gauche en Tunisie apportera un démenti aux déclarations de l’Ex Ministre. A la page 167 de son nouvel ouvrage (Gilbert Naccache : Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un opposant à Habib Bourguiba. Ouvrage en vente en Tunisie) on lit: « La police, autorisée, pour ne pas dire encouragée par le ministre [ Tahar Belkhodja] torture de plus belle ( Belkhoja ne peut arguer de son ignorance: plusieurs militants, dont Mohamed Salah Fliss en 1975, ont été battus en sa présence et dans son bureau, et surtout, dans une interview de 2001 à la télévision al Jazira, il a reconnu l'existence de torture pendant tout le régime Bourguiba, et a invoqué, pour sa défense, le fait que personne n'était mort sous la torture quand il était ministre). en ce qui concerne, évidemment, les délinquants de droit commun, mais aussi les contestataires ( le témoignage qu'Ahmed ben Othman, torturé en décembre 1973, réussit à faire publier en 1977 dans Les Temps Modernes montre la sauvagerie accrue de ces pratiques) tout comme les gardiens de la prison soupçonnés d'avoir aidé Ben Salah dans sa fuite. J'ai parlé du rôle de Tahar Belkhoja dans la suppression de notre grâce et l'organisation active de toutes les répressions contre les jeunes de la gauche marxisante (il y avait au moins deux procès par an, souvent davantage). Sa première période au ministère de l'intérieur se caractérise donc par l'aspect répressif" (fin de l'extrait)

 

 

 

1989363961.JPGLe tristement célèbre Mohamed Sayah (Ex directeur du parti au pouvoir, plusieurs fois Ministres et l’homme des milices – une sorte de police parallèle- du parti au Pouvoir (le PSD, Parti Socialiste Destourien, rebaptisé RCD : Rassemblement Constitutionnel Démocratique en 1988) a déclaré en 2002 lors d’une conférence organisée à la Fondation Temimi (Témoignage paru dans l'ouvrage: Le rôle politique et culturel de Perspectives et des Perspectivistes dans la Tunisie indépendante, Publications de la Fondation Temimi, Septembre 2008. Page 127. Ouvrage en vente en Tunisie) « qu’il a entendu parler de la torture » et d’ajouter « je n’ai appris les détails des tortures qu’en 2002 ».

 

 

 

 

 

 

 



723175730.gifLes mémoires de Mohamed Charfi apporteront un démenti aux déclarations de Mohamed Sayah (des mémoires de Mohamed Charfi « Mon Combat pour les lumieres » Date de parution : février 2009, Editeur : Zellige).

Aux pages 103 et 104, feu Mohamed Charfi écrit : « Le 20 mars 1968, dès le début de la vague de répression, mon ami Ahmed Smaoui m'avertit par téléphone que je ne dois pas quitter la maison, car la police parallèle (milice créée par le parti destourien) est en train de sévir dans la ville et je figure en bonne place sur la liste des militants à arrêter. Le lendemain, c'est lui qui se fait arrêter et torturer d'une manière atroce par cette police. Ces tortures lui laisseront des traces et des séquelles. dont certaines se révéleront trente ans après. Le médecin qui l'a opéré des yeux au milieu des années 1990 a été étonné de la forme de cataracte qu'il avait et qu'on ne trouve habituellement que chez les anciens boxeurs. Le médecin ne s'est Pas trompé : simplement, la partie de boxe qu'Ahmed a subie était unilatérale. Il a reçu des coups innombrables, sans pouvoir en donner aucun. L'informateur d'Ahmed connaissait l'ordre me concernant, mais il ignorait qu'Ahmed était aussi sur la liste.


Parmi les forfaits commis à cette époque et qui figurent en bonne place au tableau d'infamie de cette police, outre la torture infligée à Ahmed Smaoui, citons l'enlèvement du militant communiste Habib Attia, un des premiers universitaires tunisiens, lâchement torturé avant d'être libéré, et l'enlèvement du Chirurgien de grande renommée Zouheir Essafi, parce qu’il était connu pour ses positions libérales publiques. Il avait en outre fait partie du comité Vietnam déjà évoqué, en tant que vice-président. Dés son enlèvement, il a été cagoulé, puis jeté dans une cave où il est resté plusieurs heures avant d’être libéré. C’était un avertissement éloquent adressé à tous les intellectuels tunisien
».(fin)


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Feu Noureddine Ben Khedr avant sa mort avait témoigné pour l’Histoire : « En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) »

 

 


 Sources:

Cliquez sur les photos pour agrandir

 

 

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Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’article du Monde Diplomatique sous format PDF.   

 

 

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Le célèbre ouvrage interdit de Kousay Derviche: "cela se passe en Tunisie"

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Ouvrage très rare, interdit, au contenu "explosif" paru au début de 1987 et dont la plus grande partie du contenu a été dictée par un nombre de Ministres de Bourguiba (il ne sert à rien de préciser leur nombre ni leurs identités). A sa parution en France (tirage limité), compte tenu de son contenu "explosif" le pouvoir de Bourguiba a multiplié les pressions sur la France et comme le précise le journal Le Monde du 30.05.87, l'ex Ministre de l'intérieur Charles Pasqua finit par l'interdire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un livre hostile au régime interdit en France

30.05.87 le journal Le Monde

 

 



Le ministre français de l'intérieur vient d'interdire, par un arrêté du 22 mai 1987, la circulation, la distribution et la mise en vente en France du livre du journaliste syrien Kussai Saleh El Darwish, Yahdouss si Tunis (" Cela se passe à Tunis ") consacré au régime du président Bourguiba.



L'auteur, qui vit depuis une quinzaine d'années en France, est spécialisé dans les affaires du Proche-Orient et du Maghreb. Il a effectué plusieurs séjours à Tunis, où il avait établi des liens étroits avec des personnalités de l'entourage du président Bourguiba, dont certaines sont depuis tombées en disgrâce.



Publié à compte d'auteur en arabe, ce livre a créé une certaine sensation en Tunisie, et les autorités avaient envisagé d'introduire auprès des tribunaux français une procédure judiciaire afin d'obtenir la saisie. Elles ont finalement préféré à cette solution aléatoire une démarche plus discrète auprès du ministre de l'intérieur qui justifie son arrêté d'interdiction en affirmant que Yahdouss si Tunis est " de nature à porter atteinte aux intérêts diplomatiques de la France ".

 

Source:

 http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-568768,0.html

 

 

NB:

En réponse à plusieurs sollicitations afin de mettre cet ouvrage en ligne, je rappelle qu’il est interdit de part les lois et l’interdiction qui le frappe depuis sa parution de le mettre en ligne. Enfin, en ce qui me concerne,  j’ai perdu l’exemplaire que j’avais et l’ayant lu plusieurs fois, je n’ai pas jugé utile de le retrouver. 

25.06.2009

Ces avocats qui ont défendu les Tunisiens et les Tunisiennes victimes de procès politiques

 

 

"…et c’était mille millions de fois plus difficile qu’aujourd’hui, croyez-le..."

(Feu Noureddine Ben Khedr)

 

 

 

 

 

 

Les procès politiques en Tunisie sous Habib Bourguiba



On retrouve souvent les mêmes chefs d’inculpation : « association de malfaiteurs », « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public » « complot contre la sécurité de l’Etat » …etc. De l’aveu de tous les observateurs, il s’agit de parodies de justice où les garanties minimales  d’un procès politique   ne sont pas respectées. Cela commence avec les arrestations, la torture dans les locaux de la police politique, la comparution devant les juges d’instructions qui se contentent d’enregistrer des aveux arrachés sous la torture tout en refusant que les victimes soient examinées par des médecins… en même temps, les journaux à la solde du pouvoir se déchainent en présentant les accusés comme des traitres à la patrie et qui ont voulu comploter contre la Tunisie…etc. Les condamnations se ressemblent et varient de 5 à 16 ans de prison. Rares sont les avocats qui prennent le risque de défendre ces Tunisiens et Tunisiennes.

J’ai voulu rendre hommage à ces avocats qui ont défendu ces tunisiens et tunisiennes victimes de l’injustice me fondant sur 5 ouvrages dont 4 sont en vente libre en Tunisie (il suffit de les acheter et de les lire. Seul le cinquième ouvrage, à savoir « les mémoires de feu Mohamed Charfi » semble introuvable en Tunisie). Ces derniers reviennent sur une page des plus sombres de l'histoire de la  Tunisie sous Habib Bourguiba, à savoir la répression de la gauche et de l’extrême gauche –Le mouvement Perspectives- entre 1965 et 1980.

 

 

 

Du sérieux des accusations :

 




L’Historien Abdeljelil Bouguerra, auteur de (Ouvrage en arabe) « Le mouvement Perspectives , Histoire de la gauche tunisienne 1963-1975 », Cérès Editions. Tunis 1993, rappelle les conditions du procès de 1974. Il dresse un récapitulatif de l’âge des accusés (70% ou étudiant ou enseignant ou lycéen. 80% des hommes et 20% des femmes. 85% âgés de moins de 30 ans et 50% de moins de 25 ans). Pourtant le pouvoir les déférera devant les tribunaux avec pas moins de 9 chefs d’inculpation (comme c’était le cas pour le premier procès de la gauche en 1968) et on retrouve les traditionnelles accusations de « complot »...Etc. C’est dire autrement toute la facette répressive et policière de la Tunisie sous le régime de Habib Bourguiba, des centaines de jeunes, hommes et femmes emprisonnés pour rien..Une facette occultée et inconnue des nouvelles générations…

Source : pp 125-126-127, (Ouvrage en arabe) « Le mouvement Perspectives, Histoire de la gauche tunisienne 1963-1975 », Cérès Editions. Tunis 1993

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etait-ce facile de trouver des  avocats ?

 



Etait-ce facile de trouver des avocats pour défendre les Tunisiens et les Tunisiennes victimes de procès politiques ? Ces milliers d’avocats que comptait la Tunisie étaient vraiment si courageux et audacieux ?
Non, à en croire les témoignages des dissidents tunisiens. Par ailleurs, à la lâcheté de centaines d’avocats, il faut ajouter la lâcheté du pouvoir qui multipliait les pressions sur les quelques avocats courageux qui ont pris la défense des idéaux de la justice.

 

 

 

 

 

 

 

Feu Mohamed Charfi témoigne :

Source : P 115, « mon combat pour les lumières » Mohamed Charfi, préface de Betrand Delanoë, éditions zellige,2009

« Ma femme a fait le tour de la quasi-totalité des avocats de Tunis à la recherche d’un avocat qui acceptait de me défendre ; démarche vaine. Dans l’ensemble, ce qui n’exclut pas quelques rares exceptions, nous ne serons défendus que par des avocats commis d’office. Il est vrai que le conseil de l’ordre nous a rendu, à ma femme et à moi, l’énorme service de designer, comme avocats commis d’office, maitre Bellalouna et maitre Cheffi, qui ont sympathisé avec nous et nous ont défendu du mieux qu’ils ont pu.

Nous étions devenus ainsi des sortes de lépreux que personne ne voulait plus approcher »

 

 

 

 

 

Feu Noureddine Ben Khedr témoigne à propos du courage de ces avocats :

Source : page 25, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008


« Les deuxièmes auxquels je veux rendre hommage ce sont les défenseurs. Ce sont les avocats qui, à un moment où Bourguiba régnait encore en maitre, et c’était mille millions de fois plus difficile qu’aujourd’hui, croyez-le. Ils ont pris à bras le corps une cause qui n’était pas forcément la leur et ont tenu à assister ces jeunes. Je pense tout particulièrement avec émotion à un homme merveilleux, un garçon extraordinaire, feu Habib Amri. »

 

Des pressions du pouvoir




Feu Mohamed Charfi donne des exemples de pressions du pouvoir sur les quelques avocats qui ont pris leur courage à deux mains pour défendre ces victimes de procès politiques :

Source : page 114, « mon combat pour les lumières » Mohamed Charfi, préface de Betrand Delanoë, éditions zellige,2009

 

« j’apprends que des pressions sont exercées sur nos avocats pour qu’ils se destituent. L’avocat Cherfi Matri, fils du premier président du Néo-Destour et militant destourien lui-même, refuse de se démettre et soutient à ceux qui le menacent qu’il tient à défendre Hafedh Sethom, qui a été son camarade d’étude. La seule raison de son acte était le devoir de l’amitié. Il est alors arrêté et ne sera libéré qu’après avoir promis de s’abstenir de défendre son ami personnel. Cela a servi de leçons aux autres avocats, qui se sont tous retirés »



 

 

 

Mohamed Salah Fliss rappelle les risques que couraient ces avocats : Témoignage en arabe de Mohamed Salah Fliss, p 87, (traduction) :

Source : page 87, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008

 

 

 

 

 «Ali Chérif était le président de la cour de sureté de l’Etat, les statuts de cette dernière autorisaient le président de la cour à renvoyer l’avocat au banc des accusés s’il dépassait certaines limites dans sa plaidoirie »

 

 

 

 

 

Feu Noureddine Ben Khedr rend hommage à ces avocats et une pensée particulière pour l’avocat Habib Amri


Source : page 25, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohamed Salah Fliss rend hommage à ces avocats, une pensée particulière pour Maitre Habib Amri et Mansour Cheffi



Source : p 103, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008

 

 

 

 

 

 

 

Fethi Belhaj Yahia rend hommage à ces avocats

Source : pp 136-137-138. Ouvrage en arabe " des feuilles de la gauche tunisienne sous Habib Bourguiba"


Liste non exhaustive des avocats : Maitres Mohamed Benaceur, Lazhar Karoui Chebbi, Mansour Cheffi, Sadok marzouk, Mohamed mahfoud, Abderrahmene Hila, Habib Amri, Mohamed rafi’i, Ferid Bourguiba, Abderrazek Belhaj Yahia, Mohamed raouf Najjar, Ammar Jedidi, Abdeda Kefi, Sassi ben Hlima, Hamadi Baccar

 

 

 

 

 

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Selon Fethi Behaj Yahia, M. Raouf Najjar (l’actuel ambassadeur de Tunisie en France et plusieurs fois Ministre)  a défendu à ses débuts, les militants de la gauche victimes de procès politiques sous Habib Bourguiba 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gilbert Naccache rend hommage à ces avocats, une pensée particulière pour Maitre Habib el Amri, Mohamed Benaceur et Sadok Marzouk.


Source : pp 258-259-260-261-262. Ouvrage : Gilbert Naccache, « Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979 » Suivi de Récits de prison. Les éditions mots passants et les éditions du cerf, Tunis- paris, 2009

  

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 Mis à part l’ouvrage de feu Mohamed Charfi qui parait-il est « introuvable » en Tunisie ! Tous les autres sont en vente libre. Il suffit de les acheter et de les lire.
Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.

Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

Les ouvrages citès:

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  En vente en Tunisie

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 En vente en Tunisie et en France (achetez le via les sites de vente en ligne)
 
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"introuvable" en Tunisie, en vente en France (achetez le via les sites de vente en ligne)
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Lire aussi :
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Comment la « justice » fonctionnait sous Habib Bourguiba?

 

Les juges exécutaient «  les ordres reçus »

 

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Et 

Comment se déroulaient les procès politiques de la gauche sous Habib Bourguiba

 

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Et 

Tunisie, ces juges patriotes et

 

ces « autres » qui ont trahi les idéaux de la justice

 

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Abdellatif Hermassi: l'Islamisme et l'Etat en Tunisie

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J’invite tous ceux qui ont des articles ou des documents rares sur la Tunisie à les mettre en ligne et à les partager avec les autres.
Ci-joint l’article :

« l’Islamisme et l’Etat en Tunisie »,

auteur : Abdellatih Hermassi

paru dans la revue « l’homme et la société »

N°114, 1994/4. Pp 75-86.


Vous pouvez le télécharger sous format PDF sur le lien indiqué ci-dessous :

 

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Abdellatih Hermassi l’Islamisme et l’Etat en Tunisie-1.pdf

 

 

24.06.2009

Comprendre l’Islam politique en Tunisie

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On ne peut pas discourir sur l’Islam politique en Tunisie ou l’apparition d’une tendance salafiste sans au moins comprendre le phénomène.

 

 

A cette fin, deux ouvrages de références s’imposent :





L’islamisme au Maghreb de François Burgat (paru en plusieurs Editions)




« Le syndrome autoritaire en Tunisie » (Editions Sc po, auteurs Vincent Geisser et Michel Camau), il s’agit des Chapitres 7. Du MTI à En Nahdha. Des Islamistes pas comme les autres (pp 267-314) et du chapitre 8 : « L’Université : Un champ politique de substitution ? » (pp 315-352). Ces deux ouvrages sont malheureusement « introuvables » en Tunisie.





Les travaux du tunisien Mohamed El Baki Hermassi (plusieurs de ses articles sont introuvables) . Exemple : « la société tunisienne au miroir islamiste », Mohamed El Baki Hermassi, Maghreb-Machreq monde arabe, N° 103, Mars 1984


et


Abdellatif Hermassi, exemple : article « l’islamisme et l’Etat en Tunisie » paru à la revue « l’Homme et la société » N° 114 (Editions l’Harmattan) 1994.





Pour comprendre la logique du pouvoir en Tunisie qui a motivé l’affrontement avec le parti Islamiste, il faut lire l’ouvrage de Sadok Chaabane, téléchargeable sur le site de « l’université virtuelle en Tunisie »


soit ce lien :
http://www.uvt.rnu.tn/livres/data/pdf/pluralisme_ar.pdf

Quelques articles :

 

Le Mouvement de la tendance Islamique se compose selon François Burgat du





En Nahdha,


Au groupuscule appelé « parti de la libération islamique » : Il s’agit de la section tunisienne du parti (international) de libération islamique (PLI).


Au groupuscule appelé : « Le jihad islamique »


A un groupuscule « pro-iranien »,


A la Gauche islamique : « les islamistes progressistes (appelés aussi 15-21)




Sans avoir, au moins, lu ces documents, le débat public sur l’islam politique en Tunisie demeurera l’otage de clichés et de formules à l’emporte pièces qui témoignent de l’ignorance plus qu’autres choses et demeurera prisonnier du discours sécuritaire, d’un discours à relents « islamophobes » ( exprimé par une minorité de la gauche tunisienne qui joue les confusions entre les questions de la modernité, du féminisme et de l’islamophobie) et d’un troisième démagogique et fait de manipulations (exprimé par le parti islamiste En Nahdha. Exemple de démagogie, Rached Ghannouchi rappelle dans ses discours qu’En Nahdha n’a jamais répondu à la violence par la violence. Or, il suffit de lire l’islamisme au Maghreb par exemple pour lire les aveux de Salah Karkar, Président d’En Nahdha en 1987 qui en 4 pages donne des détails sur la tentative de Coup d’Etat qui était prévue pour le 8 Novembre 1987 ou lire l’Entretien de François Burgat avec Najmeddine Hamrouni, ex leader Estudiantin d’En Nahdha, qui reconnait la responsabilité d’En Nahdha dans l’attentat de Beb Souika survenu en 1991 ).

Il est significatif d’ailleurs que ces documents demeurent méconnus du grand public. Mais la majorité silencieuses qui son destin en main n’a pas à être l’otage de ces discours.



Ci-joint une petite présentation de ces groupuscules (Extraite de l’ouvrage « l’islamisme au Maghreb » de François Burgat pp 227 et suivantes) ainsi que deux articles vraiment rares sur l’islam politique en Tunisie. J’invite tous ceux qui ont des documents rares sur la Tunisie à les scanner et à les partager.

En Nahdha:



Lire les ouvrages de François Burgat, vincent Geisser et Michel Camau et celui de Sadok Chaabane pour comprendre la logique des uns et des autres.

 

 

 

 

Le Parti de la Libération Islamique (PLI)





Il s’agit de la section tunisienne du parti (international) de libération islamique (pli).actuellement dirigé par un a’lim [savant religieux] d’origine kurde, Abd Al Qadim Zalloum, le pli a été fondé en 1952 en Jordanie par le cheikh Taqui Eddine Nabhani, juge palestinien, adepte du rétablissement du califat, qui a été son principal théoricien. Comme Yassine et comme Ghannouchi, Nabhani reproche notamment aux réformistes du xix ème siècle d’avoir attenté au dogme pour plier l’islam aux règles de la modernité, au lieu de transformer à l’inverse la société moderne pour la plier aux règles de l’islam.

Sa stratégie prévoit pour le parti, considéré comme l’instrument politique privilégié dans cette conjoncture historique, trois grandes étapes :
- une phase de préparation et d’étude destinée à mettre au point la culture propre au parti.
- Une phase –qui est censée être celle que vit en ce moment le parti- d’interaction avec la société, qui doit peu à peu être gagnée aux principes fondateurs.
- une phase de conquête totale du pouvoir, une fois levées les résistances de la société civile.

Les adeptes tunisiens de ce programme, partiellement recrutés au sein de l’armée, ont fait depuis 1982, date probable de l’implantation du mouvement en Tunisie, l’objet de trois séries de condamnation. La plus récente est intervenue en mars1985, date à laquelle 34 membres de l’antenne tunisienne du parti, dont 19 militaires, ont été condamnés (en appel)à des peines d’emprisonnement (de 2 ans, pour les civils, à 8 ans pour les militaires) pour « appartenance à une association illégale à caractère politique ». le principal accusé était un professeur d’éducation physique du nom de Mohamed Jerbi, supposé avoir adhéré au pli dans les années 70 et être responsable de la section tunisienne. Parti de petits fonctionnaires peu enclins à la réflexion philosophique, le pli a, en Tunisie, la force tranquille de ses certitudes : « nous sommes le seul mouvement islamiste à disposer dés aujourd’hui d’une alternative (badil) complète », proclament les rares militants que la répression a –dans l’attente de la confirmation du jugement en appel- extraits de la clandestinité. « la promotion 1985 , plaisantent-ils avec leur visiteur, va rejoindre la promotion 1983 » (entretien avec l’auteur, Tunis-le bardo, août 1985]

Et, de fait, l’œuvre du juge palestinien Nabhani (notamment l’Etat islamique et la trilogie de l’organisation - sociale, politique et économique - dans l’islam) fourmille de « solutions » techniques aussi détaillées que péremptoires, toutes propres à rassurer le militant inquiet et lui permettre de faire la très séduisante économie de la réflexion. Sur leur programme tunisien, les membres du pli n’ont pas, hormis quelques tracts, signé une seule ligne d’analyse ; les implications concrètes de la mise en œuvre du projet politique se suffisent des analyses du cheikh fondateur, et rien, dans la réalité tunisienne, n’apparaît comme suffisamment spécifique pour en justifier un quelconque aménagement. Dans tous les cas, les militants renvoient donc le contradicteur ou l’adhèrent en phase de formation, aux généralités intangibles du cheikh.

 




Parti de la Libération Islamique
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Le 22 mars 1985



« Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Dieu. Tel d’entre eux atteint le terme de sa vie ; tel autre attend, tandis que leur attitude ne change pas ».[ Sourate XXXIII, « Les factions », Verset 23, Trad. D. Masson.


Le Parti de la Libération est un parti politique. Son principe est l’islam, sa finalité le recommencement de la vie islamique, qui met en application les préceptes de l’islam et porte son appel dans le monde. C’est un parti qui invite tous les hommes à l’islam, à adopter ses conceptions et ses règles. Il s’appuie sur l’interaction avec la Umma pour parvenir à ses fins. Il combat la colonisation sous toutes ses formes et appellations, afin de libérer la Umma de sa domination et d’extirper ses racines culturelles, politiques, économiques et autres du sol des pays islamiques.
Ceux qui travaillent à concrétiser ces idées authentiquement islamiques dans la vie réelle avec sincérité et piété, cherchent ce faisant la satisfaction de dieu le très haut viennent d’être jugés : 48 jeunes gens du Parti de la Libération ont été condamnés à l’emprisonnement le 16 mars 1985, pour l’unique raison qu’ils ont tenté de sauver la Umma islamique des griffes des régimes qui (illisible).
L’Etat islamique, c’est-à-dire l’Etat du califat, tire sa légitimité de ce que dieu a imposé, dans sa loi divine, aux musulmans de la concrétiser afin que la Umma s’abrite sous l’étendard de l’islam et jouisse de la sécurité, de la justice et de la confiance.
O fils de la grande Umma islamique : les gouvernants de Tunisie, qui oppriment dans les prisons la jeunesse islamique, célèbrent ce qu’ils appellent par ailleurs la fête de l’indépendance.
Ce qu’ils fêtent, c’est (en réalité) la concentration des forces de l’impiété et du colonialisme sur le pays. Le colonisateur impie (kafir), lorsqu’il lui apparut clairement qu’il lui était impossible de rester ouvertement sur notre sol, avec son armée et les autres pouvoirs coloniaux, a changé sa manière voyante de faire en retirant ses forces matérielles et en installant à leur place sa culture, ses normes et ses conceptions de la vie. Il a fait des gouvernants, enfants de ce pays, les gardiens de cette culture, de ces normes et de ces conceptions, les gardiens des intérêts du colonialisme dans l’exploitation de ses richesses et de ses biens. Et il a donné à la Umma l’illusion de ces prétendues indépendances, tant en Tunisie que dans les autres pays de l’islam.
Pour cela, le Parti de la libération s’est levé et a pris en charge la mission de sauver la Umma islamique et de la faire sortir des ténèbres et de l’égarement vers la lumière de la voie guidée (droite) et le bonheur de la vie.
O fils de la grande Umma islamique ! levez-vous (..) pour écraser les régimes qui adoptent la culture de l’occident et appliquent ouvertement les règles de l’incroyance. agissez pour faire revenir les terres de l’islam aux règles de l’islam, pour rétablir l’Etat du califat.

« O vous qui croyez ! répondez à Dieu et à son prophète lorsqu’ils vous appellent à ce qui vous fait vivre » ( Sourate VIII, « Le butin », Verset 24, Trad. D. Masson)

Traduit par R. Jacquemont pou François BURGAT)








Le Jihad islamique





La tentation radicale a gagné également un petit groupe, comprenant notamment d’anciens membres du MTI qui s’est fait appeler jihad islamique et auquel la presse tunisienne a commencé à se référer dans le courant de l’année 1986 comme à « la bande de Sfax ». ayant opté pour la radicalisation après l’amnistie de 1984 et la confirmation par le congrès de novembre 1984de l’option légaliste du MTI , les membres du jihad islamique ont opéré quelques attaques ( une poste, un commissariat) de faible envergure. Kilani Ouachachi, lieutenant de l’armée tunisienne, Habib Dhaaoui, prêcheur connu de la région de Sfax, et A. lazreq, vieux militant nationaliste, ex-membre du MTI et collaborateur de la revue Al Maarifa, expatrié en Arabie saoudite et extradé vers la Tunisie, ont été arrêtés dans le courant de l’été 1986, condamnés à mort et exécutés à la fin du mois d’août après que le président Bourguiba eut rejeté leurs demandes de grâce.


Lazreq (plaide aujourd’hui Salah Karkar, successeur de Rached Ghannouchi à la tête du MTI de mars à novembre 1987), c’est notre frère. Mais il n’a pas accepté. Il est sorti. Ni Dhaoui ni Lazreq n’étaient des membres actifs. Ils n’avaient aucune responsabilité et n’étaient membres d’aucunes instance nationale , ni même régionale. Comme partout dans le monde, il y a des gens qui ne se contentent pas d’être la minorité. Ils laissent totalement la majorité, ils sortent. (entretien avec François Burgat)



Ce sont les membres de ce même groupe qui –évoquant la vengeance d’Habib Dhaoui, pendu un an plus tôt presque jour pour jour- ont revendiqué le plus sérieux des débordements violents de toute l’histoire du courant tunisien ; : la pose, le dimanche 2 août 1987, de bombes artisanales dans quatre hôtels de Sousse et Monastir, région natale du président à vie (Bourguiba). Bien qu’explicitement revendiqués, à deux reprises (notamment par une lettre au journal français libération), par le jihad islamique, les attentats qui furent plus de dix blessés, dont l’un dut être amputé d’un pied, servirent à cautionner l’intensification de la répression contre le MTI. Moins d’une dizaine de jours après, au terme d’une enquête de police particulièrement brutale, l’un des membres du groupe, Mehrez Boudagga, a été arrêté. Condamné à mort au grand procès de septembre 1987, il a été exécuté le 8 octobre en même temps que Boulbeba Dekhil, auteur d’un vitriolage sur la personne d’un membre du PSD (Parti Socialiste Destourien, l’ancêtre du RCD, Rassemblement Constitutionnel Démocratique) qui l’avait à plusieurs reprises dénoncé à la police. La plupart des membres du jihad islamique étant encore en liberté, y compris les poseurs de bombes eux-mêmes (Boudagga les avait seulement fabriquées et n’était donc légalement passible que d’une peine d’emprisonnement) le groupe pourrait très vraisemblablement continuer à recruter sur l’aile radicale du MTI.









Quelques individualités du courant central du MTI ont également été mêlées à des actions sans doute commanditées par Téhéran, bien que les preuves formelles fassent encore défaut aujourd’hui. Fouad Ali Salah, arrêté en mars 1987 par la police française et impliqué dans les attentats parisiens de septembre 1986 (il aurait recelé certaines des bombes utilisées à cette occasion), avait gravité dans la mouvance du groupe islamiste, même si les représentants actuels du MTI cherchent à minimiser la portée de cette encombrante filiation en soulignant qu’il « fréquentait des locaux islamistes, mais n’y exerçait aucune forme de responsabilité ». Né à paris le 10 mai 1958, il a passé toute son enfance à Tunis, où il séjourne quelques mois avant de s’installer à paris. C’est vraisemblablement à cette époque qu’il se lie avec l’iranien Vahid Gorgi et le franco- libanais Mohamed Mohajer. Dans le courant de l’année 1983, i décroche une bourse d’étude pour l’université de Qom et repart pour l’Iran, où il suit un cursus de formation religieuse. Mais le séjour iranien tourne court : pour des raisons que véronique brocard , qui a patiemment reconstitué l’itinéraire du jeune militant ( véronique brocard, libération, 17 mars 1988), ne puis expulsé vers (ou extradé à ?) paris ; quelques mois plus tard, en compagnie de l’un de ses amis, Mohamed Aroua, un restaurateur lui aussi d’origine tunisienne, il y est pris en flagrant délit de transport d’explosifs.






 

Les filières iraniennes

 

La gauche islamique ou l’utopie de la (ré) conciliation (15/21)




à l’opposé de ces excroissances radicales, le débat interne au Groupe Islamique a débouché sur la Constitution d’une tendance dite « islamistes progressistes » (al islamiyoun at taqadoumiyoune) après la démission de toute une série de membres du cercle dirigeant et au terme de prés de quatre années de gestation dans le cadre d’une Jemaa distincte de celle du futur mti. La mouvance progressiste ne paraît pas avoir été capable de mobiliser une base militante en mesure de concurrencer sérieusement le mti sur ce terrain. Inspirée notamment par les thèses du philosophe égyptien Hassan Hanafi, elle s’est surtout exprimée depuis 1982 par le biais d’une revue, 15/21, titrée en référence aux calendriers hégérien et grégorien. L’ambition de ses animateurs, dont Hmida Enneifer et Slah Eddine Jourchi sont les plus connus, est de concilier les deux époques : « de se demander explique, Enneifer, comment on peut être musulman aujourd’hui ». membres fondateurs du groupe islamique , Hmida Enneifer et Slah Eddine Jourchi ont été successivement tous deux rédacteurs en chef d’Al Maarifa avant de se separer, à un an d’intervalle, de Rached Ghannouchi et d’Abdelfattah Mourou. Hmida Enneifer, descendant d’une lignée prestigieuse d’Ulema zitouniens dont, sans avoir reçu la formation, il a conservé le penchant elitiste, a, tout autant que son travail d’orientation, apporté au courant la respectabilité et la caution de son nom. Slah Eddine Jourchi, d’extraction plus modeste, s’est imposé par sa seule présence intellectuelle. Tous deux ont joué les intermédiaires avec le noyau dur du mti, où Slah Eddine Jourchi a su conserver longtemps une certaine crédibilité. L’un comme l’autre se sont pourtant heurtés dans des circonstances voisines à l’autoritarisme montant de Rached Ghannouchi et à la relative rigidité de son engagement politique. Abdelfattah Mourou, l’avocat tunisois (plus jeune de huit ans) qui fait fonction de secrétaire général du bureau du mouvement, et « pourrait devenir un Bazargan », comme dit de lui Sklah Eddine Jourchi, c’est-à-dire, « un homme religieux mais tout de même libéral », a su se montrer sensible aux interrogations qui traversent depuis la moitié de la décennie les têtes pensantes du courant. Rached Ghannouchi, même s’il sait offrir à ses visiteurs un abord cordial et, à certains égards,, plus chaleureux que celui d’Abdelfattah Mourou, a la réputation –seulement partiellement justifiée- d’être plus intraitable et plus harfi, c’est-à-dire plus « littéraliste », ou – dans la seule acception étroite que l’on a suggéré pour le terme- plus « intégriste ».

Alors que Hmida Enneifer quitte le courant autant par crainte d’assumer les conséquences de sa radicalisation que par suite de ses divergences idéologiques, le départ de Slah Eddine Jourchi et, progressivement, de plusieurs intellectuels du groupe (dont Abdelaziz Temimi et Kamel Younes, qui fonderont une très éphémère tendance des indépendants ») confirme qu’un malaise s’est instauré dans le courant original et qu’un processus de diversification est en cours. Plusieurs documents attestent de la profondeur du différend qui se noue peu à peu et va donner en 1982 à la tendance des «progressistes » sa spécificité.

Quoique elle-même traversée de courants hétérogènes (dont Zyed Krichen, journaliste à l’hebdomadaire Errai, représenterait l’aile « gauchiste », la plus proche d’Hassan Hanafi) d’où un certain radicalisme n’a pas toujours été absent, la gauche islamique construit sa différence sur le refus, qu’elle va peu à peu théoriser, de se poser en alternatives gouvernementales ; elle préfère concentrer son action sur le renouvellement doctrinal du courant, et s’éloigne ainsi de la scène strictement partisane pour se replier sur la société civile. Cette démarche est précisément celle d’Hassan Hanafi, qui milite pour réconcilier, selon ses propres termes, « la légitimité révolutionnaire de la gauche et celle, historique, du peuple et de l’islam ».

 



Hmida Enneifer
(Entretien avec l’auteur, Tunis-Beni Khiar, julllet 1985)
(Suite)




En 1952, je me suis enflammé pour la révolution. Il y avait en moi, comme chez tout le monde, deux exigences de légitimité tout à fait authentiques : l’islam, l’islam politique et militant, et la révolution. En moi, il y a toujours ce conflit entre deux légitimité : la révolution et la révélation. Le présent et mon histoire. Je ne peux sacrifier l’un à l’autre. et bien, le mouvement de la gauche islamique est peut-être le seul espoir de combler le vide entre ces deux légitimités…, entre les laïques et les fondamentalistes. Au Caire, sur une classe de cent étudiants il y en a cinq qui sont fondamentalistes, peut-être dix. Il y en a cinq qui sont libéraux, nasséristes et marxistes. Maintenant un peu moins, disons trois. Mais les quatre-vingt-cinq autres, ils sont en attente. Ils ne sont pas contents du discours des fondamentalistes, ils ne sont pas contents non plus du discours des laïques, peu importe qu’ils soient socialistes, marxistes, libéraux ou nationalistes…ils sentent que le discours islamiste a un droit de jure, mais pas de facto. Ils ont le sentiment que le courant laïque progressiste a un droit de facto, mais pas de jure. Et moi, c’est là que je voudrais intervenir, c’est là que je voudrais apporter l’identité entre le de jure et le de facto.
Dans ma classe, on trouve le barbu et le marxiste, le socialiste et le nationaliste : ils ne s’excluent pas, ne se calomnient pas, chacun respecte l’autre. de temps en temps, on me qualifie d’opportuniste et l’on me demande dans quel camp je suis. Je réponds que ça n’est pas une question de camp[..]. on ne sait pas assez ce que c’est la synthèse.., la gloire des synthèses. L’islam, c’est la raison et la nature…platon et aristote, au fond, ne représentaient que les deux faces d’une même réalité : la raison et la nature, l’idéal et le réel, l’au-delà et l’en-deça, l’esprit et le corps, dieu et le monde… celui qui me classe dans l’un seulement, c’est quelqu’un qui vit encore dans la psychologie de guerre, et ce n’est pas la mienne.(7)




Tout en gardant sa vocation à intervenir dans le champ politique («c’est nous-mêmes, insiste Slah Eddine Jourchi, qui avons théorisé la nécessité de venir au politique : qu’on regarde bien tous les textes écrits et on le verra »), la tendance progressiste opère donc, en renonçant à la filière partisane, une rupture majeure dans le paysage islamiste. L’analyse qui détermine un tel changement est formulée aujourd’hui en ces termes par Hanahi, dont le constat oscille entre la reconnaissance de l’inefficacité de l’action vis-à-vis de l’Etat (c’est-à-dire, dans un premier temps, contre lui) et de son impossibilité, au moins conjoncturelle, compte tenu du rapport des forces en présence :



Que vous soyez un jeune officier libre ou frère musulman, au fond, vous participez de et plusieurs prétendants : le conflit est inévitable. Et qui est le plus fort ? l’Etat, l’armée, la police ou l’opposition des frères musulmans ? c’est pourquoi, pour moi, la lutte contre l’Etat et le pouvoir politique est une voie sans issue. Disons que je me considère comme un la même mentalité, qui est la suivante : on ne peut pas changer la société sans le pouvoir politique. Comme si, sans l’état, sans régner, c’est-à-dire par des idées, des discours, des prédications, on ne pouvait rien faire, [et qu’il fallait] le pouvoir, les décrets [..], ce qui n’est pas la voie islamique, car l’islam n’a pas eu un Etat…l’Etat est ultérieur…[il y a eu] ce que l’on appelle politiquement la mobilisation des cadres, puis la mobilisation du peuple…l’Etat n’est venu qu’après, comme le Mekki avant le Madani dans les sourates du Coran.
Il y a un seul pouvoir frère musulman qui, au lieu de commencer par le haut, commencerait par la société civile[..].non, je n’exclus pas le politique. Mais le politique, c’est pour moi la culture politique. C’est ça l’idée ; car l’idée n’est pas une idée vide, c’est une idée ayant un contenu réel. La politique, c’est la culture politique, et la culture politique, c’est le défi de l’autre. peut-on établir un dialogue avec vous ? avons-nous une perception commune de la réalité ? il y a une belle femme et deux prétendants. Alors, va-t-on se battre ou établir le dialogue ? l’opposition contre le pouvoir politique, c’est un shama qui ne mène nulle part. et l’opposition secrète avec l’espoir de pouvoir peut-être prendre le pouvoir, c’est encore un schéma qui ne mène nulle part. car les yeux de l’état sont partout. Même si je suis complètement silencieux…, cela sera écouté ! alors, pourquoi se mettre dans une impasse…, si je suis historiquement légitime et que je ne suis pas prétendant au pouvoir… ?
Moi, je voudrais bien que la révolution ne soit pas trahie, qu’elle dure, qu’elle ait une permanence. Dans ma tête, j’ai l’expérience de Nasser et de Mohamed Ali ? l’armée était forte, l’état était fort, il y avait eu l’expansion en Syrie, en Arabie saoudite, au Soudan, la levée contre les pouvoirs occidentaux… qu’y avait-il de plus glorieux que le nassérisme… ? Réforme agraire, tiers monde, industrialisation, éducation libre, unité arabe, socialisme…pourquoi avons-nous le souffle si court ? pourquoi nos fusées n’oint-elles pas été capables de percer l’atmosphère ? parce qu’on veut bien faire la politique, mais en la concevant [seulement] comme un changement du pouvoir. Moi, je ne veux pas faire de la politique dans ce sens-là. Je veux préparer les mentalités, ce que j’appelle la culture des masses. Pour être susceptible de recevoir la révolution sans être trahi. On peut changer le pouvoir politique, on peut changer les structures sociales, mais la culture des masses demeure conservatrices :j’entends par là qu’elles restent prêtes à accepter la dictature, que ce soit par des officiers libres ou par un clergé. Pour moi, la révolution française ne s’est pas faite le 14 juillet 1789 mais avant. C’est voltaire qui l’a faite, les encyclopédistes…, les lumières….si l’on fait la révolution sans lumières…. De quelle garantie dispose cette révolution.. ? de l’avant garde…mais l’avant garde mourra…elle serra renversée par un pouvoir fort…(18)



Pour les nouveaux venus sur la scène tunisienne, la solution ne se trouve pas non plus, au moins conjoncturellement, ni dans la confrontation avec le pouvoir, ni même dans la participation au jeu pluraliste : « c’est là quelque chose d’essentiel », confirme Slah Eddine Jourchi (19), qui a théorisé sur la scène tunisienne un retour à l’action civile auquel le mti lui-même n’est pas resté insensible :








Jusqu’à aujourd’hui, nous ne souhaitons pas constituer un parti. Nous ne visons pas une participation directe à la vie politique. Nous ne pensons pas que ce soit là que se trouve le commencement. Nous pensons qu’il faut d’abord opérer la reconstruction de la société civile. Nous pensons que le véritable mouvement révolutionnaire, c’est celui- qui transforme la société civile. Le problème du mti est d’être entré dans l’action politique sans avoir une base doctrinale réelle. Le dernier exemple qu’il en a donné est peut-être celui du code du statut personnel. Le mti s’est déclaré opposé au statut personnel et a demandé un référendum sur la question. Mais malgré cela, lorsqu’il a posé la question et a dû faire face à une violente réaction d la plupart des milieux, il s’est rétracté. Pourquoi s’est-il rétracté ? parce qu’il a pris une position sans l’avoir placée dans un cadre idéologique qui lui permette de la justifier et de la défendre.
Nous voulons d’abord revoir tout cela. Nous voulons revoir toutes ces questions, les approfondir, et après seulement, lorsque nous aurons des bases théoriques, il sera peut-être possible de passer à l’étape suivante et d’étendre ces questions à l’action politique et civile directe.
Voilà le premier point. Le second, c’est que, peut-être pour la première fois à l’intérieur de la pensée islamique, nous avons posé un problème. Ce problème est le suivant : qu’est ce qui vient d’abord, l’état ou la société ? on a observé que l’état, dans l’histoire de l’islam, est le résultat de conditions sociales, économiques ou géographiques, et que son influence était limitée. Sa compétence se limitait à l’armée, à l’ordre public, à la souveraineté. Mais de nombreux domaines étaient libres de toute intervention étatique : l’enseignement, l’économie…comme résultat, notamment de la révolution industrielle, l’état s’est développé. en occident, il existait toutefois des institutions qui permettaient de lutter contre cette présence envahissante de l’état ; chez nous, ces institutions n’existent pas. la société s’est trouvée seule face à un état particulièrement fort, qui, comme il contrôlait la communication, l’économie, l’enseignement, la planification, etc, est devenu ainsi en quelque sorte la base, et la société sa dépendance. En Tunisie, lorsque le président de la république s’exprime, il parle comme s’il avait lui-même créé la société. C’est sa société. Je pense que les intellectuels ont des désaccords avec le PSD, mais ils s’accordent sur un point, à savoir que l’état est préalable à la création d’une société moderne, à la transformation totale de la société. nous, nous pensons que c’est à la fois une erreur et un danger. Une erreur, parce que les changements véritables ne viennent pas de l’état. lorsque l’état opère des changements, des changements par le haut, ces changements sont temporaires, ponctuels. Ils n’ont pas de continuité historique. alors que les changements historiques sont ceux qui s’imbriquent dans la société, qui résultent d’un choix, d’une conviction de la société. prenons un exemple simple : le code du statut personnel. Nous croyons que c’est un objectif très important. A l’heure actuelle, trente années après sa promulgation et son application, interrogez la population tunisienne,[…] nombreux sont ceux qui ne sont pas satisfaits de ce statut et considèrent qu’une partie des problèmes de la société tunisienne y sont rattachés.
Pourquoi ? parce qu’il y a eu une décision politique d’en haut…Bourguiba, dans tous ses discours, lorsqu’il parle du code du Statut personnel, l’évoque comme un cadeau, comme si c’était une dette de la société à l’égard de l’état et de sa force. Nous, nous croyons que le vrai changement et celui qui va dans le sens de la reconstitution de la société civile. De sorte qu’elle soit capable de lutter contre n’importe quel état, fut-il islamique.
C’est pour cela que l’on prône d’abord une révolution culturelle : c’est l’élément essentiel de la reconstruction de la conscience de la société, et de la restructuration de cette société. dans le passé, la société avait des cadres : les tribus, des zaouias, des familles élargies ; les mosquées jouaient un rôle d’encadrement important. Aujourd’hui, il n’y a plus rien.
Je crois qu’il y a encore un autre point qui nous différencie du mti [ nuance Enneifer], c’est cette notion de continuité historique que le mti se refuse de prendre en compte. Et c’est pour cela que l’on diverge sur un point essentiel : il y avait [avant la naissance des mouvements islamiques] des acquis que l’on ne peut pas ignorer et que le MTI refuse de prendre en compte. Ils emploient d’ailleurs un terme qui est très significatif : ils disent souvent et peut-être l’ont-ils écrit, que « tout cela est arrivé », fi ghaflat min az zamane…cela veut dire que le temps « s’est endormi ». ces messieurs-là , le colonialisme et ses valets ; comme ils disent, sont arrivés, et c’est « comme si le temps s’était endormi ». c’est ridicule, cette façon de voir le monde et son évolution. Quand, en guise d’histoire, on évoque ghaflat min az zamane, « l’endormissement du temps », on ne peut plus analyser, on ne peut plus voir les étapes [..] or, il y a des acquis, dans cette période-là, que nous ne pouvons pas ignorer…, que nous, nous considérons comme des acquis et que le mti ignore…par exemple, le problème du statut personnel. Il y a des points vraiment, où il est aberrant de dire qu’il ne s’agit pas d’acquis. quand on enseigne aux filles et aux garçons, il est normal que la fille, le lendemain, ne puisse plus accepter la supériorité de l’homme sur elle… et il en va de même sur la liberté de changer de religion, dont on vient de débattre à la ligue tunisienne des droits de l’homme. il est difficile de dire que, parce que mon père était musulman, je dois l’être. ça provient de cette même façon de voir. même sur le plan religieux, ce ‘est pas juste. Lorsque le prophète est arrivé à médine, il a trouvé certaines familles qui s’étaient converties au judaïsme. Leurs pères ont demandé à Mahomet s’ils avaient le droit d’exiger de leurs enfants qu’ils reviennent sur leur judaïsme pour rejoindre le camp des musulmans. Le prophète a dit non, cela n’a rien à voir. Si vous, les pères, vous êtes devenus musulmans, c’est votre affaire, votre foi. Eux, ils ont choisi avant mon arrivée à médine le judaïsme. S’ils découvrent un jour qu’ils doivent changer, ils changeront. Mais vous n’avez aucun droit à les contraindre.
La question se pose dans les mêmes termes pour la polygamie. Si on se place au niveau de la religion islamique, la polygamie a été tolérée par le prophète. Mais il faut revenir un peu en arrière. Avant l’arrivée du prophète, l’homme avait en Arabie la possibilité d’épouser autant de femmes qu’il voulait. Dix ou plus, cela n’importait pas. dans une société qui avait toujours besoin d’enfants pour se défendre, ou faire la guerre, ils avaient besoin de plusieurs femmes pour avoir beaucoup d’enfants. cela se comprenait très bien. En arrivant, l’islam a dit : on ne va pas laisser les choses ainsi. Il ne pouvait faire un changement radical, total. Il a dit : « écoutez, il n’y a désormais de possibilités que quatre. » et puis, même s’agissant de ces quatre-là…, il faut considérer l’obligation d’équité dans le traitement. Si on lit ce texte religieux, on voit très bien e changement de cap complet. La femme n’est pas un objet sexuel. Elle est l’égale de l’homme sur le plan humain. C’est fondamental. Et puis, par la suite, il a dit, on va procéder par étapes. il a exprimé une vue générale, puis vient la réalisation de cette vue générale. Cela, le mti ne l’admet pas. pour eux, « il y a le texte qui te permet de te marier », un point c’est tout : tout l’esprit harfi[litteraliste](20)

 

 

 

Faisant des recherches dans plusieurs librairies en France, j’ai pu retrouver cet article que je partage avec les lecteurs :

webmaster_fleches008d.gifIl s'agit de l'Entretien de François Burgat avec Hmida Enneifer, un des animateurs de la tendance de la gauche islamique (15/21)

 

 Vous pouvez télécharger cet article rare sous format PDF sur ce lien:
http://www.sendspace.com/file/mbxr5s

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Cliquez sur les photos pour agrandir. vous pouvez achetez ces ouvrages sur plusieurs sites internet (amazon, chapitre.com...etc)
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"Ben Ali et la voie pluraliste".

Pour comprendre la logique du pouvoir en Tunisie qui a motivé l’affrontement avec le parti Islamiste, il faut lire l’ouvrage de Sadok Chaabane, téléchargeable sur le site de « l’université virtuelle en Tunisie »


soit ce lien :
http://www.uvt.rnu.tn/livres/data/pdf/pluralisme_ar.pdf

23.06.2009

La culture en Tunisie sans langue de bois: Extrait des mémoires d'un Editeur de Hssan Jgham

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Dans ses mémoires, l'Editeur Hssan Jgham évoque avec courage et audace la problématique de la culture en Tunisie à travers son vécu avec plusieurs Ministres tunisiens. La mise en ligne du document ci-dessous est faite uniquement dans le but d'encourager fortement les lecteurs à acheter l'ouvrage (il est vraiment intéressant).


Des mémoires passionnantes que je vous conseille de lire car M. Jgham dit les choses sans détours…

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L'achat de l'ouvrage de M. Jgham est fortement recommandé.


Le chapitre qui traite de cette problématique est lisible sous format PDF sur ce lien:

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Moncef Marzouki 07 février 1990

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le 07 février 1990

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Moncef Marzouki

Le Président Zine El Abidine Ben Ali reçoit le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH)  

07 février 1990



Le Président Zine El Abidine Ben Ali a reçu au palais de Carthage, le Dr Moncef Marzouki, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH) qui a fait à l'issue de l'audience de la déclaration suivante :



« J'ai eu l'honneur de rencontrer le Président de la République.

Au cours de cette entrevue qui a été amicale, chaleureuse et très positive, l'entretien a porté sur des questions ayant trait à l'impulsion du processus démocratique et au rôle que peut jouer la ligue dans ce domaine.

J'ai, à cette occasion, proposé la création d'une structure groupant des représentants du pouvoir et des institutions de la société civile pour trouver des solutions aux problèmes conjoncturels des droits de l'homme.

Le Chef de l'Etat a fait part de sa disposition à parrainer ce projet et a exprimé ses encouragements à l'ouverture de canaux entre l'Etat et la ligue au service des droits de l'homme et de la patrie ».

 

 

 

 

Source:

 Cliquez sur ce lien:

http://www.carthage.tn/fr/index.php?option=com_events&...

La liberté d'expression en Tunisie: Les logiques de la censure selon l'Editeur Hssan Jgham

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Dans ses mémoires, l'Editeur Hssan Jgham revient sur la problématique de la liberté d'expression en Tunisie en dévoilant les dessous des logiques de censures et les responsables, qui sont à l'intérieur du "systéme, qui les pratiquent et les perpétuent.






Les pages qui suivent sont extraites des mémoires passionnantes de l’Editeur Hassen Ahmed Jgham (pp 227-237) qui évoque M. Ouns Chebbi…

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Des mémoires passionnantes que je vous conseille de lire car M. Jgham, avec courage et audace, dit les choses sans détours…(Cet ouvrage est en vente en Tunisie, il suffit de l'acheter et de le lire)

L'Achat de l'ouvrage de M. Hssan Jgham est fortement recommandé.

 

Vous pouvez lire le chapitre qui traite de la liberté d'expression sur ce lien. Le fichier est sous format PDF.

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Lilia Labidi: une féministe tunisienne inconnue du grand publique ou presque

 

 

 

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Lilia Labidi

Parmi ses ouvrages

Les origines du mouvement féministe en Tunisie

Cliquez sur la photo pour agrandir

 

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L’histoire d’une parole féminine
Cliquez sur la photo pour agrandir
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Parmi ses articles

 

 

Discours féministe et fait islamiste en Tunisie

Par Lilia Labidi
http://www.mediterraneas.org/article.php3?id_article=29

 

 

 

الباحثة ليليا العبيدي لـ «الشروق»: الفــراغ داء ينخـــر أعصـــــاب التونسيـــــين!

http://www.alchourouk.com/detailarticle.asp?IDX=1...

 

 

 

 

CURRICULUM VITAE Lilia LABIDI

http://www.mic.unisi.ch/labidi_cv_en.pdf

22.06.2009

le Ministre de la Justice M. Béchir Tekkari rassure plusieurs des « exilés » tunisiens à l’étranger

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Plusieurs exilés tunisiens se sont constitués récemment en une ONG   pour exiger un « droit de retour » au pays. Certains d’entre eux réclament leurs « passeports » et évoquent les risques encourus en rentrant en Tunisie ( les comités d’accueil à l’aéroport…)
La problématique des exilés tunisiens n’est pas des plus simples même si plusieurs exilés ont pu rentrer depuis les 2 dernières années sans être « inquiétés » « officiellement ».

 


Le Ministre ne fait pas de "langue de bois" mais il y a une confusion dans l'argumentaire des uns et des autres. Les tunisiens à l'étranger ont-il le droit de retourner en Tunisie? Oui et même si vous n'avez pas de "passeport" les consulats peuvent vous délivrer des "laisser passer" moyennant une carte d'identité tunisienne.



Or, les exilés entendent par le "droit de retour", le droit de rentrer sans être inquiétés ni à l'aéroport ni en Tunisie et sans voir leurs passeports confisqués.



C'est la où les questions se posent. La problématique est politique et en politique, il y a un rapport de force qui fait ce décalage entre la "théorie" et la "pratique". ..



A propos des passeports, théoriquement l'Etat doit créer une instance neutre qui doit trouver  une solution une fois pour toute à cette question. C’est aussi à la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme de s'en occuper pour éviter toute instrumentalisation politique mais, c'est un long sujet....



Présentation de la nouvelle ONG (Source Tunisnews)

 

 

 
جينيف في 21 من يونيو 2009

نحن مواطنون تونسيون مهجرون بالخارج, عقدنا مؤتمرنا التأسيسي في جنيف بسويسرا يومي 20و 21 يونيو (جوان) عام 2009, تحت شعار العودة حق واسترداده واجب, حيث ناقش المؤتمرون بكثير من الشفافية ورقات اللجنة التنسيقية التي أشرفت على الإعداد لهذا المؤتمر, الذي من خلاله تم التوافق على بعث منظمة حقوقية سميت المنظمة الدولية للمهجرين التونسيين.

تعمل على تحقيق العودة الآمنة الكريمة والشاملة لكل المهجرين التونسيين بسبب أفكارهم او انتماءاتهم أو أنشطتهم المعارضة.

 

 

 

 

 

 

A distance, le Ministre de la Justice M. Béchir Tekkari les rassure

 

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وزير العدل وحقوق الإنسان لـ"السياسيّة":

تونس مفتوحة لكلّ أبنائها ولا يُمكننا أبدا أن نصُدّ أحدا عن العودة إلى تراب الوطن



إجابة على أسئلة طرحتها "السياسيّة" أكّد السيّد البشير التكاري وزير العدل وحقوق الإنسان خلال اللقاء الإعلامي الدوري أنّ تونس هي لكلّ التونسيين أينما كانوا ، وأعرب الوزير عن استغرابه ممّا أشارت إليه "السياسيّة" من وجود عريضة تروّج بين تونسيّين موجودين في الخارج عبر الأنترنات للمطالبة بـ"حق العودة"، وقال:" حق العودة مكفول بحكم الدستور وهذه مسألة لا يُمكن المساومة فيها أو المساس بها " وأضاف :" تونس مفتوحة لكلّ أبنائها ولا يُمكننا أبدا أن نصُدّ أحدا عن العودة إلى تراب الوطن "، واستحضر الوزير الهالة الّتي رافقت عودة الإمام التونسي سعيد الجزيري من كندا والقول حينها بأنّ تونس لا تحترم حقوق الإنسان وأشار الوزير إلى أنّ الإمام الجزيري دخل إلى تونس وبعد التثبّت من وضعيته الجزائيّة تمّ إخلاء سبيله وهو يعيش مع أهله بكامل الحريّة.

طرح الأسئلة:خالد الحداد
وأضاف الوزير:" التونسيّون الموجودون بالخارج والّذين يُعتبرون أنفسهم مُبعدين ويتحدّثون عن حق العودة ، نقول لهم تونس مفتوحة لكلّ التونسيّين دون استثناء ، ومن صدرت بحقهم أحكام فإنّهم إمّا وقد انقضت العقوبة بمرور الزمن أو أنّ عقوبتهم لم تنقض بعد وهو ما يستلزم إجراءات قضائيّة في الاعتراض".

 

  

 

 

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Tunisie: Le passeport est-il un droit Constitutionnel?

Cliquez ICI pour lire la suite

 

Et

Tunisie: Les méthodes détestables du Parti au pouvoir.

Cliquez ICI pour lire la suite

Noureddine Chafi’i est un militant proche du RCD

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Noureddine Chafi’i est un militant  proche du RCD qui se fait remarquer lors des conférences organisées par les oppositions tunisiens en France. Il soutien qu’il est un militant actif auprès des Tunisiens en France et il le prouve. Il serait l’un des animateurs  à Cergy qui ont milité pour la Construction d’une Mosquée…

 

 

Reçu par mail :

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Pose de la première pierre de la grande mosquée de Cergy le 21 juin à 10 heures

Ce dimanche 21 juin 2009 marque le coup d’envoi pour la réalisation de l’ambitieux projet de construction de la grande mosquée de Cergy  située à l’avenue du Hazay dans le quartier des Hauts-de-Cergy.  Ce sera  au cours de la cérémonie de pose de la première pierre présidée par le président de la Fédération musulmane de Cergy, Hamida Maïga ; le maire Dominique Lefebvre, président de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise  et l’Imam de Cergy ; aux côtés des représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), du Conseil régional du culte musulman (CRCM), des communautés religieuses de l’agglomération et des missions diplomatiques des pays musulmans accrédités en France.

Cet évènement majeur dans l’agenda local traduit la concrétisation de engagement du maire de Cergy qui avait émis le vœu, en 2002, d’accompagner la communauté musulmane pour la construction d’un lieu de culte. Car, à côté de l'église Saint-Christophe au Village, l'église Sainte-Marie des Peuples dans le quartier Axe Majeur-l'Horloge et le centre protestant de rencontre aux Touleuses, il était légitime que la communauté musulmane puisse disposer, dans les meilleurs délais, d’un lieu de culte digne de ce nom.  D’autant plus que cela s’inscrit dans un processus d’intégration et d’émancipation d’une communauté qui, dès 2003, a mis en place la Fédération Musulmane de Cergy (FMC), une association cultuelle relevant de la loi de 1905, chargée de mener à bien la réalisation du projet.

Ainsi, cette cérémonie est l’aboutissement d’une dynamique de partenariat entre la mairie de Cergy et les dix associations musulmanes de Cergy depuis la signature du bail emphytéotique le 29 septembre 2005 jusqu’à l’obtention du permis de construire en mars 2009. Mieux, elle traduit le « vivre ensemble » qui est au cœur du projet de ville du maire Dominique Lefebvre articulé autour des principes républicain d’émancipation, d’égalité et d’intégration.

D’un coût global de 3 100 000 €/TTC entièrement pris en charge par les musulmans, cette grande mosquée se veut, avant tout, un lieu d’adoration de Dieu ;  un lieu de sérénité et d’ouverture sur le monde. Son axe principal sera d’améliorer la connaissance de l’Islam, d’apporter des réponses aux interrogations posées par le monde contemporain, de dynamiser et répandre les idées de coexistence et d’ouverture entre l’Islam et les autres religions monothéistes à travers, entre autres, la participation au conseil des religions de Cergy.

 

CONTACT : Mme Cheikh Astou, chargée de Communication : 0620997624

nosalif@yahoo.fr ou astou.cheikh@ville-cergy.fr

Témoignages….. Témoignages…..Témoignages…..Témoignages

 

Dominique Lefebvre, maire de Cergy, président de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise

« Le projet d’installation d’un lieu de culte musulman en cours à Cergy, est un projet d'intégration républicaine (…). C’est un projet qui exprimera à la fois notre conception de la laïcité, de la citoyenneté et de l’intégration républicaine

 

Renaud De Dinechin, Curé de l’église Ozanam aux Hauts-de-Cergy

« Nous nous intéressons naturellement à la construction de la mosquée puisqu’elle participe à la vie de la cité. Le projet offre la possibilité d’organiser des rencontres entre les paroissiens et les musulmans de Cergy. Je pense que ces écanges inter-religieux sont importants à notre époque »

 

Lutmila Wait Le Jeune, représentante du centre protestant de rencontre aux Touleuses

« La communauté musulmane de Cergy réclamait une mosquée depuis longtemps. C’est bien que le projet soit sur le point d’aboutir. Je trouve que c’est une bonne idée d’implanter la mosquée dasn un quartier où les musulmans ne sont pas majoritaires. On évite ainsi de « ghettoïser » Cergy »

 

Jean-Pierre Kauffmann, représentant du culte israélite à Cergy-Pontoise

« C’est une très bonne chose que la mosquée soit un beau bâtiment, la ville et ses habitants doivent en être fiers(...) L’implication de la ville  est nécessaire puisque la puissance publique doit aider ses citoyens »

 

 

20.06.2009

Selim Ben Hassen et Melissa Rahmouni: "Le monde arabe" n'est pas mort à Sc Po Paris

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Ils sont des étudiants à Science Po Paris, ils ont presque la trentaine et ils sont les principaux animateurs de l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA), association assez active et qui organise régulièrement des conférences sur le monde arabe (liberté d’expression, la société civile…etc).

 

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Melissa Rahmouni (d’origine algérienne) est intelligente, et sympathique au point qu’on aurait espérer qu’elle soit tunisienne... Mais l'Algérie aussi, c'est le pays des Tunisiens.

Selim Ben Hassen se dit « souverainiste » et partage plusieurs qualités avec le célèbre Skander khelil ( le créateur des guignols de l’info en Tunisie,( voir sa vidéo sur ma page facebook ou mon blog) : il brule d’énergie, de talent et veut faire beaucoup de choses pour la Tunisie mais surtout, tout comme Skander Khelil, il est humble (très humble même) et il ne veut pas du tout qu’on parle de lui publiquement (du tout, du tout, du tout).

Souverainiste ? Selim Ben Hassen l’a montré lors de la dernière conférence organisée à Sc po (Sihem Bensedrine était invitée) quand il a insisté sur la question de la souveraineté de la Tunisie en réponse à certaines réflexions. Par ailleurs, il rappelle que le choix de ses invités s’inscrit dans une logique « strictement » universitaire qui se passe d’interprétations politiques.


Comme quoi, si à 20 ans on ne peut être que d’extrême gauche, à 30 ans, il vaut mieux être « « gaulliste » en Tunisie et adopter la devise de De Gaulle : « il ne faut jamais insulter l’avenir



Petite présentation de l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe:
Source:
http://www.lapeniche.net/actualite/index.php/post/2008/05/16/472-interview-selim-ben-hassen-bourguiba-president-de-lassociation-des-eleves-de-sciences-po-pour-le-monde-arabe-spma




Interview : Sélim Ben Hassen Bourguiba, Président de l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA)


Vendredi 16 mai 2008, l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA) organise une conférence sur « La réforme des Etats Arabes ». Interview de Sélim Ben Hassen Bourguiba, Président de l’association.


* LaPéniche.net : Bonjour Sélim ! Après avoir fondé SPMA il y a à peine deux ans, celle-ci s’est très vite affirmée comme la principale association sur le monde arabe à Sciences Po. A quoi attribues-tu cet engouement ?

Sélim : Une charge de travail qu’on imagine difficilement, mais surtout une totale indépendance qui nous permet d’exprimer nos opinions, de faire passer nos messages et d’organiser nos événements de la manière la plus libre qui soit. Nos interlocuteurs et nos invités ont rapidement réalisé que nous étions là pour servir le monde arabe et non pour servir nos futures carrières. Cela nous a permis d’acquérir une solide légitimité à Sciences Po et une crédibilité accrue auprès des étudiants.

* LaPéniche.net : Cela ne vous empêche pas d’accueillir des invités prestigieux. Pour cette conférence, vous recevez Bertrand Badie, Professeur à Sciences Po, Hubert Védrine, ancien ministre français des affaires étrangères, l’ambassadeur de la République d’Egypte en France et l’écrivain Tahar Ben Jelloun…

Sélim : Et vous pouvez rappeler qu’en partenariat avec des associations extérieures à Sciences Po, nous avons reçu cette année encore l’Ambassadeur du Maroc en France et le ministre marocain des finances.

* LaPéniche.net : Revenons à votre actualité : qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’organiser une conférence sur la réforme des Etats arabes ?

Sélim : En fait, l’association, qui est aussi un cercle de réflexion, travaille beaucoup sur la manière d’améliorer la situation politique, économique et sociale dans nos pays. Dans ce cadre, nous sommes amenés à rencontrer et échanger avec des politologues, des hommes politiques, des membres d’organisations internationales et des journalistes. Au cours de ces conversations, l’expression de réforme des Etats arabes resurgit invariablement sans qu’on sache pour autant à quoi elle correspond exactement. C’est pour cette raison qu’on a décidé d’organiser un débat, pour savoir sur quoi devrait précisément porter une éventuelle réforme et comment elle pourrait concrètement être mise en œuvre.

* LaPéniche.net : Est-ce que vous allez aborder la question de la démocratie ?

Sélim : Bien sûr, puisqu’il s’agit d’une question centrale. Ceci dit, il serait simpliste et même dangereux de réduire la question de la réforme des Etats arabes à celle de la démocratie ; parce que ce serait alors oublier et faire oublier qu’il existe d’autres domaines tout aussi importants qui méritent d’être réformés d’urgence dans nos pays : je pense à l’éducation, aux politiques de santé, à la protection sociale, à la lutte contre la pauvreté, autant de matières dans lesquelles nous avons pris un retard considérable.

* LaPéniche.net : Mais, selon vous, ce n'est pas pour autant la question la plus brûlante ?

Sélim : Si vous entendez par démocratie le système qui garantit le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, vous avez raison de souligner l’absolue nécessité de changer rapidement et radicalement les choses. Je le dis d’autant plus volontiers que la situation, de ce point de vue, est de plus en plus inquiétante. Si vous pensez à la démocratie, au sens strict, c’est-à-dire, envisagée comme système politique, c’est une construction de fond dans laquelle il faudra s’engager mais qui prendra nécessairement plus de temps.

* LaPéniche.net : Vous n’êtes donc pas en faveur d’une instauration pure et simple de la démocratie ? Pourquoi ?

Sélim : Parce que cela ne fonctionnerait pas et parce qu’on n’acquiert pas la démocratie comme on achète du lait dans un supermarché. Le système politique est un choix, et comme tout choix, celui-ci doit être fait de manière libre et éclairée : libre signifie qu’il ne peut être imposé de l’extérieur, éclairé signifie qu’avant de se prononcer pour la démocratie ou pour n’importe quel autre système, il faut d’abord l’étudier avec soin, en connaître les vertus et les défauts, avant de décider, compte tenu de nos valeurs, de nos mœurs et de nos cultures, dans quelle mesure celui-ci nous convient. Si nous ne le faisons pas, cela signifiera que nous ne sommes pas capables de penser à la manière dont nous souhaitons régir nos sociétés et encore moins nous gouverner. Or, c’est parce que je sais que nous en sommes capables qu’il faut, par un contrat social que nous devons conclure, décider, ensemble et souverainement, du régime politique que nous souhaitons instaurer dans nos Etats.

* LaPéniche.net : La question est passionnante et l’événement promet en tous cas d’être un succès…

Sélim : Oui, nous avons déjà enregistré plus de 300 inscriptions, chose assez rare pour une manifestation étudiante. Espérons surtout que le débat sera à la hauteur des attentes de l’auditoire et qu’il en jaillira quelques idées qui feront avancer les projets que nous avons pour nos pays.

* LaPéniche.net : Le mot de la fin ?

Sélim : Oui, peut-être pour préciser que nous avons choisi de faire animer le débat par deux étudiants de Sciences Po : Sonia Dridi, étudiante à l’école de journalisme, et Nabil Aït-Akkache, étudiant en Master Affaires publiques. Nous sommes convaincus que le débat sera aussi un succès grâce à eux.

19.06.2009

Les Guignols de l’Info en Tunisie et Skander Khelil : des précisions

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En réponse  à plusieurs questions reçues par mail, je précise:


1- Skander Khelil (voir vidéo ci-dessous) rentre régulièrement en Tunisie sans qu'il soit inquiété. La TV tunisienne a passé plusieurs séries des Guignols de l'info (durant 3 ans). Le problème s'est posé quand Skander a voulu diffuser aussi des Guignols traitant l'actualité politique comme le font les Guignols de l'info en France.

 

 

 

 

 

 

 

De Tous les pays arabes, seule la Tunisie a laissé faire cette expérience des "Guignols de l'Info".

 

 

 

 

 


2- De Tous les pays arabes, seule la Tunisie a laissé faire cette expérience des "Guignols de l'Info".Il ne sert à rien d'accabler le pouvoir de tous les maux car il faut reconnaitre que plusieurs oppositions (officiellement militant pour la "liberté d'expression") assimilent toute critique à du "dénigrement" .


3- Pour voir quelques épisodes des Guignols de l'Info à la tunisienne, allez à Dailymotion ( http://www.dailymotion.com/fr )  

et tapez dans la case "Recherche": "skander khelil". Aussi, allez sur le Blog de Skander: http://skander-khelil.over-blog.com/

 

 

Par ailleurs, les Guignols comme l'a précisé Skander coutent beaucoup et les hommes d'affaires tunisiens refusent de les financer. Du coup, Skander s'est trouvé seul à financer tout le projet et a fini par abandonner.

 

 

La liberté d’expression en Tunisie est une question qui intéresse tous les Tunisiens et toutes les Tunisiens. Si tout le monde (pouvoir, opposition, citoyens ordinaires, ONG..etc) ne veut pas jouer le jeu et des milliers de Tunisiens et de Tunisiennes s'estiment "pas concernés" ou profitent, comme des vermines,  des sacrifices des autres, tant pis, pas besoin de "liberté d'expression" en Tunisie.

 

 

 

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Que chaque  Tunisien et que chaque Tunisienne se pose la question: qu’ont-ils fait pour défendre la liberté d’expression en Tunisie

 

 

Que ceux et celles qui ne veulent rien faire, "mangent et se taisent".

18.06.2009

Le Tunisien Skander Khelil: les guignols de l'info

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Cette fois-ci, j’ai revu Skander Khlil en paix. Vous connaissez pas le célèbre Skander Khlil ? J’ai jamais vu un Tunisien aussi humble que lui (il ne veut pas du tout du tout du tout qu’on parle de lui. Comme vous verrez dans la vidéo amateur, il le confirme). On le décrit comme ambitieux, arrogant, hautin et cassant. Moi je le trouve plutôt intelligent, sympathique, plein de talent et très humain.

 

Skander Khelil est très humble,

il ne veut pas du tout, du tout, du tout,

qu’on parle de lui

Comme beaucoup d’autres, Skander Khlil a essayé de changer plein de choses en voulant introduire les guignols des infos en Tunisie.Il a tenu 3 ans avant de payer le prix… et rejoindre la communauté des Tunisiens qui vivent à Paris. En 2009, s’il y a vraiment deux personnes dont j’étais content de revoir à Paris, c’est Mourad Zghidi, le célèbre animateur sportif de canal plus et Skander Khlil. Bien sûr avec le philosophe tunisien Mezri Haddad et l’artiste Raouf Ben Yaghlane que je vois presque quotidiennement. Chacun a une histoire, chacun comprend parfaitement la logique de l’autre et à entendre ces histoires et ces logiques, on fini par éclater de rire.

Skander Khlil aime les guignols des infos. Quand on le voyait, il ne faisait que parler de ça. Alors Skander qu’as-tu fait le matin ? et le soir? il répondait systématiquement : les guignols.les guignols. On pensait qu’il était devenu malade de ces guignols. La nuit, on disait qu’il faisait des cauchemars, lui qui faisait jouer ses guignols, se voyait encerclé par ces derniers. Lui qui les faisait parler, il se voyait contraint de répondre aux questions de ses guignols. Quand il disparait, on le soupçonne de rejoindre son monde à part, celui des guignols. Certains disaient qu’il a vendu ses amis pour ses guignols (c’est mal connaitre Skander ! il peut jouer avec ses amis, jouer de ses amis mais jamais les vendre). Les guignols ? ils le suivaient partout, dans la rue, au café. Vraiment partout. On a même eu peur pour Skander. Ces guignols allaient le rendre fou.

Cette fois-ci, je l’ai trouvé serein, apaisé et toujours sympathique. Et les cauchemars ? À l’en croire, il n’en fait plus. Depuis des mois, il a retrouvé le grand sommeil et il est capable même de rêver à nouveau.
Je sais qu’il m’excusera pour tout ce que j’écris sur lui. Il comprend. Il n’est pas mauvais perdant et surtout il est intelligent. (si je dressais la liste des personnes fâchées à cause d’un mot que j’ai écris ! ouf ! mais je ne regrette rien car ou on est intelligent et on comprend ou on l’est pas et tant pis).

Une vidéo vraiment improvisée (il y a une deuxième mais j’ai décidé de ne pas la diffuser). On était en plein discussion quand Skander Khlil a donné le bonjour à un célèbre Tunisien qui venait d’arriver à Orly puis, Skander Khlil a accepté avec beaucoup d’humour de parler de lui et des guignols des infos (http://skander-khelil.over-blog.com/)

En exclusivité pour les beaux yeux des lecteurs et lectrices de ma page facebook et du blog http://www.samibenabdallah.com

 

 

Avec Olfa Youssef à Tunis (avril 2009)

 

 

Avec Caro de Paris Match à Paris (mars 2009)

17.06.2009

La Constitution tunisienne selon le ministre Sadok Chaabane !

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حوار خاص مع الأستاذ الصادق شعبان
(عضو اللجنة المركزية للتجمع ورئيس المجلس الاقتصادي والاجتماعي)
دستور 1959 هو من أثمن مكاسب الاستقلال

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في هذا الحوار يتناول الأستاذ الصادق شعبان عضو اللجنة المركزية للتجمع ورئيس المجلس الاقتصادي والاجتماعي مسائل تتصل بالدستور التونسي ضمن مسار تاريخي متطوّر ثريّ بالمكاسب والتحوّلات، متطرّقا بالخصوص الى ما شهده الدستور منذ التحوّل من اصلاحات تعكس عراقته من جهة وتطوّره من جهة ثانية في ضوء ما تشهده بلادنا منذ التغيير من ديناميكية ورقي وتحديث.




اختار أرسطو دستور قرطاج على دستور أثينا. كيف تنظرون الى هذا المعطى التاريخي؟





ـ هو ليس معطى تاريخي فقط، بل هو تعبير عن حضارة عريقة لبلادنا، فتونس لم تعرف الدستور اليوم فقط، ولا على مدى خمسين سنة أو 150 سنة (اشارة الى دستور 1861). تونس عرفت المؤسسة الدستورية منذ حوالي 2500 سنة، لذلك لنا تقاليد مؤسساتية ولنا حسّ بالتقيّد بالقانون، البعض يعتبرنا كأننّا غبار من الأفراد لا أعراف تربطنا ولا ضوابط ولا قيما ولا نواميس! أبدا، تونس كانت منذ القديم قائمة في ظلّ القانون وفي اطار المؤسسات، وكل ابتعاد عن المنظومة الدستوريّة اعتبر نشازا.
ونحن نعتزّ بما قاله أرسطو لمّا قارن دساتير العالم في ذلك الوقت (3 قرون قبل الميلاد)، وشهد أنّ أفضلها هو دستور قرطاج، لأن ديمقراطية قرطاج ليست شعبوية ولا نخبوية، هي ديمقراطية توازن بين تشريك الشعب وتوظيف أفضل الكفاءات، لذلك اعتبرها أرسطو من أفضل جمهوريات ذلك الوقت.
هذا الرصيد يجب أن نعرّف به ونطلع شبابنا عليه، ونقول لأي زائر إن تاريخ الديمقراطية في تونس طويل وإن حصلت لنا حقبات غابت فيها سلطة الشعب.
الفكر المؤسساتي متغلغل في الثقافة الوطنية، ومبادئ المساواة والعدل هي مبادئ سامية لدينا. نحن جمهوريون منذ زمن قديم، والعصور التي لم تكن جمهورية كانت عصورا استثنائية. فلا يعلّمنا اليوم أحد كيف نؤسس لديمقراطيتنا وكيف ننحت خصائص جمهوريتنا.




تحتفل بلادنا هذه السنة بالذكرى الخمسين لاصدار دستورها. في أي سياق ومرتبة تنزّلون الدستور التونسي ضمن الدساتير المقارنة في العالم؟




ـ دستور 1959 هو من أثمن مكاسب الاستقلال، هو رمز السيادة والحرية والنظام والعدالة. أول ما اتجه إليه عمل رجال الاستقلال هو وضع الضوابط التي ستعمل على ضوئها الدولة الجديدة. وجمّعوا خيرة المناضلين ومن حساسيات فكريّة مختلفة لوضع الدستور الجديد للبلاد.
ملابسات وضع هذا الدستور كتب عنها الكثير من المؤرخين. والكل يعرف كيف أن البداية كانت تسير نحو خلق ملكية دستورية، ثم تسارع الاتجاه نحو إلغاء الملكية، والتأسيس للجمهورية. ثم إنّ هذا الدستور كان ليبراليا في نمطه، ولكن في نفس الوقت مركزيّا في مؤسساته إذ أعطى أهم الصلاحيات لرئيس الدولة. ولم تكن هناك سلط مضادة حتى يتوازن النظام حسب المقولة الشهيرة لمنتسكيو: «السلطة هي التي توقف السلطة».
لكني مع ذلك أرى أن بداية الاستقلال في تونس كانت تحتاج الى نظام قويّ، وأن توحيد صفوفنا وتحديث مجتمعنا والجرأة في أخذ بعض الخيارات التي لم تكن مقبولة من الجميع، كانت كلها تحتاج الى دولة قويّة ونفوذ مركّز، لذلك أعتبر أن دستور 1959 كان ملائما لذلك العصر، وأنه قدم خدمات للدولة والمجتمع.
بعض الممارسات فيما بعد هي التي استغلّت بعض الثغرات في الدستور وأضعفت التوازن الذي كان في أصله هشّا، وحادت بالمؤسسة الدستورية الى الشخصنة والانفرادية. لكني أبقى أحب دستور 1959 لأنه لبنة الاستقلال الأولى، وإنّي أحيّي الرئيس زين العابدين بن علي لأنّه دعا الجميع الى الاحتفال بهذا الدستور. والمجلس الاقتصادي والاجتماعي الذي أترأسه سوف يتولى بدوره المساهمة في هذا الاحتفال.




هل واكب الدستور التونسي تحوّلات المجتمع والدولة منذ إصداره؟


ـ هذا السؤال صعب جدّا، لأن الاتجاهات تشعبت، هناك انحرافات حصلت وقنّنتها التعديلات الدستورية مثل الرئاسة مدى الحياة التي حرمت الزعيم الراحل الحبيب بورقيبة من محاكاة الشعب دوريا وقياس شعبيته لتصحيح الأخطاء والقيام بالجديد. ولكن هناك تعديلات استجابت في السبعينات لمقتضيات التحرّر الاقتصادي وكان إحداث خطة وزير أول له صلاحيات واسعة، وكانت أيضا فكرة اخضاع الحكومة لرقابة مجلس النواب.
لكن هذه التعديلات غيّرت بعض الشيء في إدارة الحكم وفي توزيع النفوذ، لكنها بقيت في الأساس شكليّة، وغلبت صراعات القصر على الهيكل التنظيمي الرسمي، وتشكلت مجموعات تستهوي ودّ الزعيم بورقيبة وتفتك المناصب تهيّؤا لخلافته، كان صراعا فوقيّا ترك الشارع يسير من دون ثبات، وترك الاقتصاد ينخرم تدريجيّا وترك المحركات التي لا تؤمن بالقيم الجمهوريّة تترعرع.




منذ تحوّل السابع من نوفمبر 1987 شهد الدستور تنقيحات واصلاحات عديدة. كيف ساهم ذلك في تطويره وتحديث فصوله؟ وماهي المجالات الأبرز التي تدعمت بهذه الاصلاحات؟



ـ تحوّل السابع من نوفمبر 1987 هو قطع جذري مع ممارسات سابقة وتصحيح دستوري وقانوني ساعد على تأمين المستقبل. اجراءات عديدة لا يمكن حصرها نذكر منها إلغاء الرئاسة مدى الحياة، واخضاع رئاسة الجمهورية لانتخابات دوريّة، وإعادة الاعتبار للمؤسسة القضائية وعلى الخصوص رقابة دستورية القوانين، كما نظمّت أيضا التعددية، ومنعت الأحزاب التي لا تؤمن بالقيم الجمهورية، وحيّدت المساجد حتى تكون بيوتا للّه لا مرتعا للسياسيين، ووضع ميثاق وطني حدّد القيم والمبادئ التي تسير عليها التنافسيّة، وعدّل النظام الانتخابي عديد المرّات. نجد احصائيات كثيرة في بعض الكتابات، يكفيك أن تعرف أنّ في مجلس النواب اليوم هناك 37 نائبا عن المعارضة من مجموع 187، ولسوف يبلغ عدد نوابها 53 بالسقف الجديد الذي حدّده رئيس الدولة لحزب الأغلبية الذي لا يمكن أن يحصل على أكثر من 75٪ من المقاعد مهما ارتفع عدد الأصوات التي حصل عليها.
غير أنّ أهم تعديل أراه للرئيس بن علي هو أنه بنى ديمقراطية راقية تتسم بالمردودية، حيث أنها تدفع الأحزاب الى تقديم برامج وتعرض الكثير من الآراء أمام كل التونسيين. لم تعد كما كانت في السابق أحزابا ذات طابع عقائدي تختفي فقط وراء شعارات جذّابة، وإنّما أصبحت أحزابا تعالج مشاغل الناس وتعرض حلولا لها. وهو تغيير جذري في منطقتنا العربية الاسلامية التي لم تكن تعرف مثل هذا النموذج من الديمقراطية.

 

 

Extrait du site Leaders.com

Sadok Chaabane par Wikipédia

En août 1988, il est nommé secrétaire permanent chargé des études au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Le 11 avril 1989, il devient secrétaire d'État à l'enseignement supérieur et la recherche scientifique. Le 15 septembre 1990, il est nommé conseiller principal auprès du président de la République tunisienne chargé des affaires politiques avant d'accéder, le 20 février 1991, aux fonctions de secrétaire d'État auprès du premier ministre chargé de la recherche scientifique. Le 20 juin de la même année, il devient conseiller principal auprès du président de la République chargé des droits de l'homme. Le 9 juin 1992, il occupe son premier poste ministériel, le ministère de la justice, qu'il occupe jusqu'au 20 janvier 1997. Le 22 février de la même année, il est nommé ministre-conseiller auprès du président de la République chargé de l'Institut tunisien des études stratégiques. Par ailleurs, le président Zine el-Abidine Ben Ali le charge en 1999 de la coordination de sa campagne électorale pour l'élection présidentielle. Une fois réélu, le président de la République le nomme, le 17 novembre 1999, comme ministre de l'enseignement supérieur puis, le 4 septembre 2002, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la technologie. Le 18 novembre 2004, Chaâbane est à nouveau nommé ministre-conseiller auprès du président de la République, à nouveau chargé de l'Institut tunisien des études stratégiques.Le 22 mars 2007, il est nommé président du Conseil économique et social, en remplacement de Dali Jazi mort le 9 mars. Membre du comité central du RCD depuis 1988, il est aussi membre du bureau politique du parti. Le 6 septembre 2002, il est désigné à nouveau comme membre du bureau politique du RCD, qu'il quitte le 11 novembre 2004.

16.06.2009

1960-1970:Tunisie, les vrais traitres. L’Ex Directeur de la Sureté dénonce....

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Roger Faligot et Pascal Krop sont surement les 2 meilleurs journalistes spécialistes du renseignement français. La qualité de leurs ouvrages, la véracité des informations, scoops et révélations qu’ils publient prouvent qu’ils sont une sorte de communicants des services français (la DGSE : La Direction générale de la sécurité extérieure) .




Il y a quelques mois, l’ancien Directeur de la Sureté en Tunisie Hssan Babou a évoqué une affaire passée presque inaperçue : celle de l’implication d’un haut fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur en Tunisie dans les années 60 dans une grave affaire....




50 ans après les faits, on ne peut que s’interroger : Tous ces hommes affectés dans le temps à la police politique pour torturer les youssefistes, les militants de l’extrême gauche et les Tunisiens ordinaires… n’était- il pas « plus patriotique » d’affecter tous ces agents à surveiller les vrais ennemis de la Tunisie ?




L’ancien Directeur de la Sureté Hssan Babbou précise que Béji Caid Essebsi et M. Khfacha n’ont pas voulu limoger ce responsable.  




Béji Caid Essebssi, qui vient de publier des mémoires (qui s’entendent sur 525 pages où on ne trouve aucune précision sur cette affaire) aura-t-il le « courage politique » de s’expliquer 50 ans après les faits?


Selon les deux spécialistes du Renseignement français, il semble que ce haut responsable au Ministère de l'intérieur était lié au réseau "Magenta". Lire les pages scannées pour comprendre.

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Source: (Cliquez sur la photo pour agrandir)

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Tunisie: Le passeport est-il un droit Constitutionnel?

 

1421765433.JPGDemain? votre passeport sera confisqué. Personne ne vous défendra car vous, vous n'avez défendu personne.

 

 

 

 


Dans la lettre ouverte du leader syndicaliste Ahmed Tlili à Habib Bourguiba, datant de 1966 (déjà) et publiée en 1988, on y lit (pp 15-16):

La lettre a été publiée en arabe et en français (voir couverture de l'ouvrage ci-dessous)

 

La Tunisie en 1966.




[Page 15-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili en 1966]

Face. à ces dangers, sur quoi repose actuellement le régime ? Les forces vives de . la nation groupées au sein d'organisations populaires authentiques et bien structurées ont été, soit éliminées, soit transformées en simples instruments d'exécution. Une réaction populaire favorable à la défense du système actuel est donc à écarter. Même si on la suscitait et la conduisait à l'occasion pour défendre le régime, elle resterait sans effet parce que les structures démocratiques qui lui donnaient vie, dynamisme, foi et vitalité ont été toutes détruites pour céder la place à de véritables appareils administratifs dont les fonctionnaires nommés se bornent à une routine quotidienne parce que mûs uniquement par le mobile de l'intérêt personnel comme on va le voir un peu plus loin, ils réagiront exactement comme avaient réagi les fonctionnaires du régime colonial devant l'offensive du mouvement national.


Au demeurant, il est clair que le régime, pour se sauvegarder, semble de plus en plus compter sur d'autres moyens.


C'est ainsi que les effectifs de l'armée ont plus que doublé par rapport à ceux du temps du protectorat. La police a plus que triplé pendant que la garde nationale a presque quintuplé en comparaison avec l'ex-gendarmerie française.


A ces effectifs s'ajoute la contribution importante des fonds secrets de la Présidence, des Ministères de l'Intérieur et des Affaires Etrangères et autres sources y compris une partie des crédits de lutte contre le sous-développement utilisés par les Gouverneurs à des fins de renseignements.


Mais cet appareil ainsi que les dépenses qu'il occasionne pèse très lourdement sur le petit pays qu'est le nôtre. Par l'activité qui en découle, il augmente le malaise d'un peuple qui a déjà prouvé sa capacité à se révolter contre un tel système et à le briser. Car, actuellement, tout citoyen, quelque soit son rang dans la société ou ses fonctions politiques, est étroitement surveillé par plusieurs polices qui s'affrontent dans une surenchère qui les oblige à inventer les renseignements. Les surveillances s'exercent de la façon la plus maladroite même dans les



[Page 16-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili en 1966]

ministères sur les hommes politiques et sur les techniciens, dans les organisations nationales et même dans le Parti. A l'Université où les agents pullulent, on pousse le zèle jusqu'à charger les étudiants innocents, dans la proportion de 1 sur 10, de se surveiller les uns les autres et d'épier les faits et gestes de leurs professeurs, ouvrant ainsi de tristes perspectives pour notre jeunesse montante.


Dans les campagnes, les Gouverneurs omnipotents ont la haute main sur toute l'administration de la région, ils dictent leurs ordres indiscutables aux chefs de service locaux même aux techniciens auxquels ils se substituent en cas de besoin. Certains Gouverneurs se plaisent à entretenir cette guerre des polices et s'ingénient à créer la division parmi les populations en utilisant leurs propres réseaux de renseignements et en s'exerçant ainsi à développer leur habileté politique.


La pratique de ces méthodes policières qui n'ont aucun rapport avec la défense et la sécurité nationales, s'exerce contre les nationaux même à l'étranger et particulièrement en France, en Algérie et en Libye. La plus grande arme dans ce genre d'activité est le passeport auquel s'ajoute l'utilisation exagérée des fonds secrets. Le passeport est un droit constitutionnel dont bénéficie en principe chaque citoyen, il est souvent retiré ou refusé au gré des autorités.

 

 

 

Cliquez sur les photos pour agrandir

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15.06.2009

Hamdi Meddeb, l'Espérance Sportive de Tunisie et la politique

Hamdi Meddeb, Président de l'Espérance Sportive de Tunisie
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La réponse de M. Chebbi à M. Hamdi Meddeb
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التعدّدية خيار استراتيجي في تونس التغيير
لا يا حمدي المؤدب ...فقد أخطأت مرّتين
محمد المنصف الشابي
عضو مجلس المستشارين
وعضو المكتب السياسي للإتحاد الديمقراطي الوحدوي
أصدر رئيس شيخ الأندية التونسية السيد حمدي المؤدب بلاغا على أعمدة الصحف يعلن فيه تجديده العهد مع سيادة رئيس الجمهورية زين العابدين بن علي "مرشحا أوحدا للانتخابات الرئاسية لشهر أكتوبر 2009 "، ولقد لقي هذا البلاغ ردود فعل متباينة بمختلف الأوساط السياسية والمجتمعية والرياضية ممّا استوجب تذكير رئيس الترجي الرياضي التونسي بما يلي:
1 – أن رئيس الجمهورية التونسية زين العابدين بن علي أقرّ التعددية السياسية في تونس كخيار استراتيجي لا رجعة فيه ووفر شروط تجسيمها عبر الأحزاب وفي المجالس النيابية ومن خلال تعدّد الترشح للاستحقاق الانتخابي الرئاسي لسنة 2009 .
قد لا يكون السيد حمدي المؤدب لا يعلم ذلك ولم يبلغ إلى مسامعه أن المعارضة الديمقراطية أسهمت في الانتخابات الرئاسية خلال دورتي 1999 و 2004 وها هي تستعدّ لاستحقاق 2009 لتقديم مرشحيها...
ربّما يكون رئيس الترجي لا يعلم بذلك مثل بعض الأحباء المحيطين به "كالبهناس وبشكوطة" و"أبو العز" وغيرهم، لكن موقعه وهو يرأس أكبر جمعيّة تونسية عريقة يقتضي أن يكون منسجما مع توجهات رئيس الدولة الإستراتيجية لا سيّما وأن الترجي الرياضي التونسي أوسع قاعدة شعبية وشبابية بالبلاد..
إن ما أقدم عليه حمدي المؤدب تجسّم العقلية الأحادية المحافظة التي لا تتماشى مع التوجهات الجديدة للتغيير وما عليه إلا أن يعدّل ساعته عليها وأن لا يتدخّل مستقبلا في السياسة إذا كان لا يفقهها ويلازم حدوده..
2 – ليعلم السيد حمدي المؤدب أنه وقع تنقيح الدستور التونسي مرارا بتعليمات من رئيس الدولة وضمن برنامجه الإصلاحي ليتيح لأحزاب المعارضة المشاركة في الاستحقاق الانتخابي الرئاسي من خلال ترشيح قادتها حيث رشح الإتحاد الديمقراطي الوحدوي أمينه العام الأخ أحمد الإينوبلي شأنه شأن حزب الوحدة الشعبية الذي رشح بدوره أمينه العام الصديق محمد بوشيحه دون نسيان حركة التجديد التي رشحت ضمن المبادرة الوطنية سكرتيرها الأول السيد أحمد إبراهيم. ومن ثمّة فإن حديث حمدي المؤدب حول "المرشح الأوحد" لا يستقيم ويضرّ بصورة البلاد معارضة وسلطة ومجتمعا ورياضة.
وقد يخفى على حمدي المؤدب أن للترجي قاعدة بالملايين فيها التجمّعي والوحدوي والاشتراكي والليبرالي وليس من حقه أن يقرّر باسم كل هؤلاء.
3 – أن السيد حمدي المؤدب وضعت له صورا كبيرة تفوق من حيث الحجم حتى صور رئيس الجمهورية وذلك بملعب رادس خلال نهائي البطولة العربية أكدت انه رئيسا 100% ورئيسا للترجي حاضرا ومستقبلا ولم يبق لبعض أتباعه إلا القول بأنه رئيس مدى الحياة فضلا عن ارتداء الأحباء لآلاف الأقمصة التي تحمل صوره وكأنه زعيم البلاد التونسية دون الانتباه أن الترجي الرياضي التونسي أكبر من الأشخاص ولا يمكن له اختزالها في شخصه مهما كان حجم الأموال التي يقدّمها للفريق علما بأنه كحمدي المؤدب ليس الوحيد أو الأوحد الذي أعطى أو يعطي لشيخ الأندية، فللترجي رجالاته في كل المواقع ، وللترجي أنصاره ممن يموّلونه في صمت، وللترجي جماهيره التي لا تبخل عنه بالغالي والنفيس، وللترجي مؤسسات الدولة التي تعاضده وللترجي تاريخه الوطني.
لقد اعتقد حمدي المؤدب أنه بتجديده العهد مع "الترشح الأوحد" قام بمداواة خطأ الصور الكبرى التي دفع أتباعه لرفعها بالملعب فأخطأ مرتين في حق الجميع.
إن من حق المؤدب أن يرشح من يريد بصفة مبدئية لا أن يوظف الرياضة سياسيا لغايات شخصية على حساب التعددية والديمقراطية وتوجهات الرئيس بن علي على نفسه...فعدّل توقيعك يا حمدي على ساعة تونس.

 
(لمصدر: صحيفة " الوطن" لسان حال الاتحاد الديمقراطي الوحدوي ( أسبوعية- تونس ) العدد 89 بتاريخ 12جوان 2009)
Repris par Tuniisnews   
 

Tunisie: Les méthodes détestables du Parti au pouvoir

 

La torture ? l’Histoire enseigne que personne ne peut y échapper, des gauches aux extrêmes droites, hommes et femmes…politiques, opposants, des citoyens et citoyennes ordinaires.

 

Demain, ça sera votre tour et personne ne vous défendra…

car vous, vous n’avez défendu personne.

 

 

 

 

 

 

 

 Avoir un passeport est un droit Constitutionnel et pourtant, l'Histoire de la Tunisie a montré que ce droit n'est pas toujours respecté. Témoignant sur le régime de Habib Bourguiba pour le compte de la fondation Temimi, Hechmi Jgham a rappelé les pratiques du parti au pouvoir (le PSD, Parti Socialiste Destourien, rebaptisé RCD, Rassemblent Constitutionnel Démocratique en 1988) sous les ordres du tristement célebre, Directeur du Parti au pouvoir, Mohamed Sayah (Ministre sous Bourguiba durant plusieurs années).
A la page 33 de l'ouvrage collectif: " Le rôle politique et culturel de Perspectives et des Perspectivistes dansla Tunisie indépendante", Publications de la Fondation Temimi, Tunis 2008 ( Cet ouvrage est en vente libre en Tunisie, il suffit de l'acheter et de le lire ),Hachemi Jgham rappelle ces méthodes.

 

 

 

A la lumière de ces témoignages datant de 1963, des questions se posent aux Militants actuels du RCD:



- Assumez-vous et cautionnez-vous cet héritage du PSD et ces méthodes détestables? sinon, pourquoi vous ne les dénoncez pas publiquement?

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Mohamed Sayah :

 

le directeur du parti au pouvoir, l’homme qui dirigeait les « milices du parti au pouvoir » qui terrorisaient les Tunisiens, plusieurs fois ministres sous Habib Bourguiba (écarté du pouvoir en 1987 du pouvoir)  

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14.06.2009

A Sciences Po Paris : Débat décevant sur la société civile dans le monde arabe

 

 

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Lieu : Sc po Paris, Jeudi 11 juin à 18h30, une conférence organisée par Sélim Ben Hassen, Mélissa Rahmouni.Invitès : Sihem Bensedrine, Nadia Khouri-Dagher, auteur de "Islam moderne: des musulmans contre l'intégrisme", témoignage porté sur le rôle de la société civile dans la lutte contre l'islamisme et Christophe Ayed, journaliste à Libération. Débat sur la société civile dans le monde arabe

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Perso

N’eut été la sympathie que j’éprouvais pour Selim Hassen, l’un des deux organisateurs de cette conférence, je ne serais pas resté jusqu’à la fin de cette conférence qui s’annonçait intéressante mais que j’ai trouvé « décevante » après 20 minutes de conférence. Ce que j’ai entendu sur les sociétés civiles arabes, était fait de généralités et d’approximations. Sur la Tunisie, il y avait beaucoup de confusion et d'erreurs.

 La salle était à 3/5 remplie. Il y avait presque 70 personnes. 5 Tunisiens au plus, dont deux sont (à mon avis)  des activistes du RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique, parti au pouvoir) . Pas de présence de Tunisiens représentant des partis politiques ou d’ONG tunisiennes en France. Je me suis décidé à écouter sans réagir, sans poser la moindre question en prenant ces quelques notes.





Sur la forme



La conférence a commencé avec 30 minutes de retard.



Les deux intervenantes principales Sihem Bensedrine et Nadia Khouri-Dagher, auteur de "Islam moderne: des musulmans contre l'intégrisme", ont une formation et un discours plutôt journalistique, ce qui a limité les débats en profondeur. Si le sujet était « les oppositions dans les pays arabes », Sihem Bensedrine a le profil qu’il faut, cependant pour un sujet si précis, il faut reconnaitre qu’elle ne serait pas neutre et son discours fait de formules à l’emporte pièces. Dans son ouvrage, « La force de l’obéissance » Beatrice Hibou a consacré par exemple un chapitre à la société civile tunisienne, l’inviter aurait été plus pertinent.




Les deux intervenantes ont tenu un discours identique sur le fond. Il était souhaitable d’inviter deux intervenantes aux points de vues contradictoires afin d’enrichir les débats. Selim Ben Hassen co-organisateur de la conférence s’est rendu compte de cette erreur et a voulu équilibrer les débats en intervenant plusieurs fois.



Sur le fond



Melissa Rahmouni a présenté Sihem Bensedrine comme étant une journaliste qui vient d’avoir le prix 2009 pour la liberté de publier à Oslo, applaudissements dans la salle. Sihem Bensedrine n’a pas éprouvé le besoin de corriger la présentation. Pourtant c’est l'Observatoire de la Liberté de Presse, d'Edition et de Création (OLPEC), ONG tunisienne qui a bénéficié de ce prix. Et l’observateur en question est composé de Sihem Bensedrine , Om Zied (Neziha Rejiba), et Mohamed Talbi.

 


Sihem bensedrine et OM Zied (Neziha Rejiba) sont les deux Rédactrices en Chef de KalimaTunisie (Emag fondé par Sihem Bensedrine ), Mohamed Talbi étant un collaborateur. Enfin, Sihem Bensedrine  est la porte parole à vie du CNLT (Conseil National pour les Libertés en Tunisie, non reconnu par le pouvoir), Om Zied en est membre tout comme Mohamed Talbi. L’Observatoire en question (on ne lui connait pas d'autres membres) se contente de publier quelques Communiqués (du Copier/coller des Communiqués de Kalima).Bref, 3 membres qui composent 2 ONG différentes et un Emag.




Sur le site de l’IFEX, on lit : « Oslo - Le Président de l'Union internationale des Editeurs (UIE), Herman Spruijt, a annoncé le 25 avril 2009 à Sarajevo que Sihem Bensedrine, Neziha Rejiba et Mohammed Talbi, fondateurs de l'Observatoire de la Liberté de Presse, d'Edition et de Création (OLPEC), ONG tunisienne, avaient obtenu le Prix liberté de publier 2009 de l'UIE pour leur courage exemplaire dans la défense de la liberté de publier ». Plus loin, on lit : « L'UIE a créé le Prix liberté de publier pour honorer une personne, des personnes ou une institution qui a contribué de manière significative à la défense et à la promotion de la liberté de publier n'importe où de part le monde. »



Or, Mis à part l’ouvrage de Mohamed Talbi (qui publie des ouvrages bien avant la création de l‘observatoire), les lecteurs Tunisiens sont curieux de savoir les nouvelles publications de l'équipe de Kalima ? (à part la traduction de l'ouvrage de Bensedrine qui regroupe ses articles publiés à Kalima, titre: "l'Europe et ses despotes", traduit à l'allemand grâce à des fonds allemands?)

Revenons au Communiqué de l’IFEX, on y lit : « A titre d'exemple, l'OLPEC publie la liste des livres censurés au Salon du livre de Tunis. Ce travail remarquable est fort utile et se doit d'être salué. Sihem Bensedrine, Neziha Rejiba et Mohammed Talbi ont constamment défendu le droit à la liberté d'expression et de publier et ont eu à en subir les conséquences : agressions, surveillance policière, odieuses campagnes de diffamation, entre autres. Nous espérons que le Prix UIE encouragera les membres fondateurs de l'OLPEC et l'OLPEC lui-même à poursuivre leur précieux travail de mise à jour des violations répétées du droit à la liberté d'expression et de publier en Tunisie ».



« Liste des livres censurés au Salon du livre de Tunis » et « Ce travail remarquable est fort utile et se doit d'être salué » (sic) . Il faut que Le Président de l'Union internationale des Editeurs apprenne le français, se connecte à Tunisnews ou à Facebook pour comprendre…Enfin, entre Tunisiens, on s’est compris.




Sihem Bensedrine a tenu « son » discours classique (ce n’est pas à moi de le détailler). Elle s’est trop focalisée sur la Tunisie, ce qui a poussé deux présents, proches du RCD (à mon avis) d’intervenir et de lui poser des questions. Question de l’un d’eux : Madame Sihem Bensedrine, êtes vous capable de citer un seul point positif quand vous évoquez la Tunisie ?



Borhene Bsais présent même quand il est absent



En réponse à une question posée par un intervenant proche du RCD à Sihem Bensedrine ( Qu’est ce que vous avez apporté de positif à la Tunisie) Bensedrine a répondu :



« Ce que j’apporte à la société civile tunisienne ? J’ai plus de crédit et je bénéficie de plus d’écoute auprès des Tunisiens par rapport à certains porte parole autorisés du pouvoir ».



Il va de soi que les présents étaient incapables de comprendre l’allusion de Bensedrine. Ceux qui suivent l’actualité politique tunisienne peuvent aisément deviner que « certains porte parole autorisés du pouvoir » veut dire « Borhene Bsais ».




Il faut rappeler que de décembre à janvier 2009, Sihem Bensedrine avait accusé Borhene Bsais d’avoir fomenté une campagne de dénigrement contre son journal.




Avoir de l’argent, c’est vilain !



Exposant les conditions dans lesquelles évoluent les ONG tunisiennes, Sihem Bensedrine a précisé : « quand vous recevez des fonds des autorités, ça passe. Quand vous recevez des fonds de l’étranger, c’est mal vu, c’est vilain. Or, il faut bien pour travailler d’avoir des fonds car nous avons des loyers, des secrétaires, des connexions internet à payer. Pourquoi c’est mal vu ? car c’est une question culturelle ».


Un occidental aurait déduit que cette question culturelle traduit la haine des orientaux envers tout ce qui est occidental ou la stupidité des orientaux qui n’ont pas compris que pour faire travailler des ONG, il faut des fonds! Or, c’est faux. Il faut rappeler que SIHEM BENSEDRINE fait régulièrement l’objet de critiques sur sa gestion financière opaque du CNLT et des subventions qu’elle reçoit à ce titre (jamais elle n’a publié le moindre rapport financier). Il ne faut pas accabler Bensedrine de tous les maux, car aucune ONG ne publie le moindre rapport financier. A en croire la chercheuse Beatrice Hibou, cette question ne toucherait pas uniquement les oppositions, Beatrice hibou écrit dans son ouvrage « La force de l’obéissance que « pas moins de 10.000 fonctionnaires de l’Etat, travailleraient aussi pour le compte du RCD ».



Il ne s’agit pas par conséquent d’une question « culturelle » (ni de bien vu ni de mal vu ni de vilain). Il s’agit d’un système qui rappelle le système de financement occulte dont en a souffert la France et auquel la droite et la Gauche n’y ont pas échappé. Le financement étranger n’est pas une question « culturelle » mais une question de « transparence ». En Tunisie, du pouvoir, aux ONG, aux Oppositions et jusque les equipes sportives, personne ne veut de la transparence.




Sahbi Smara


Un intervenant proche du RCD a posé une question à Sihem Bensedrine sur le journaliste que M. Omar Mestiri a licencié (il ne se rappelait plus de son nom, il s’agit du journaliste Sahbi Smara). Bensedrine a répondu : « il ne s’agit pas d’une question, il s’agit d’une insulte qu’on me fait et c’est pourquoi je n’y répondrai pas ».




L’ingérence
Constant que les deux intervenantes avaient un discours identique, Selim Ben Hassen a éprouvé le besoin d’intervenir pour équilibrer les débats. Il a posé une question sur l’ingérence. Réponse de Sihem Bensedrine:


« Le pouvoir tunisien a créé une l’ATCE (l’agence Tunisienne de Communication Extérieure). Selon Sihem Bensedrine, le budget de cette agence dépasse le budget de plusieurs ministères. Son travail consiste à acheter des espaces publicitaires dans des journaux étrangers pour dire du bien du pouvoir, les Tunisiens retrouvent ces articles dans la presse locale qui ne précise pas l’astuce de l’achat des espaces publicitaires et les lecteurs ont l’impression que tel journal international appuie le pouvoir. Alors, quand il s’agit de dire du bien du pouvoir, personne ne pose la question de l’ingérence et quand d’autres étrangers le critiquent, on crie à l’ingérence . Alors moi je dis, oui pour les critiques, oui pour l’ingérence ».

 Sihem Bensedrine a martelé cette formule à l’emporte pièce des dizaines de fois par le passé mais les présents à la conférence avaient l’impression que tout était spontanée et du coup, applaudissements. A propos des critiques, il faut que Sihem Bensedrine précise une fois pour toute, si sur son journal en ligne, Kalimatunisie , elle accorde un droit de réponse à ses contradicteurs car beaucoup de ses lecteurs partagent sa conception de l’ingérence et sont pour la critique de son Emag.





Madame Nadia Khouri-Dagher s’est présentée comme étant une chercheuse sur le monde arabe et sur les questions d’islam. Il était clair que son discours était plutôt orienté (moi je l’ai trouvé identique à celui de Caroline Fourest ). Elle s’est focalisée sur la question du voile, de la liberté de la femme (devant un public occidental acquis à la cause) et comme il y avait une majorité de femmes présentes, il y avait souvent des applaudissements. Par ailleurs, son discours était fait de trop de généralités et d’approximations du style : « Dans un taxi, le chauffeur m’a dit », « dans la rue, un passant m’a dit » et elle construit tout un raisonnement sur ces observations ! S’il s’agissait d’un discours politique, cela peut se concevoir mais pour un discours qui se veut scientifique, il va de soi, que ça fait désordre.




Madame Nadia Khouri-Dagher a donné l’impression qu’elle connaissait davantage le Maroc et l’Egypte plutôt que la Tunisie (pourtant elle a précisé qu’elle a vécut plusieurs années en Tunisie). Pour expliquer la montée en puissance de l’intégrisme en Tunisie, elle a précisé que cela était dû à la répression des gauches en 1970. Elle a zappé les 3 décennies de 70 à 2000 , se contentant d’évoquer ce qu’elle considère une montée du salafisme en Tunisie. Le pouvoir, a-t-elle souligné, a fait des concessions aux islamistes, la TV diffuse l’appel à la prière. L’Etat a autorisé les fonctionnaires à s’absenter le vendredi durant 3h pour faire la prière de vendredi. Madame Nadia Khouri-Dagher semble méconnaitre toute la gestion politique de l’islamisme tunisien de 1980 à 2000. L’appel à la prière passe à la télévision depuis 1988 (et non pas depuis quelques années) et le vendredi, l’Etat n’a pas besoin d’autoriser ses fonctionnaires pour partir faire la prière. L’horaire administratif s’arrête à 13h. Ce sont quelques confusions que j’ai retenues parmi tant d’autres.




Des clichés, des clichés et des clichés! y'en a vraiment marre!



Madame Nadia Khouri-Dagher a déclaré qu’elle a habité à Marsa Corniche et que, ce qui l’inquiétait ? C’est qu’elle ne peut plus se promener en deux pièces sur la plage. Une autre intervenante a ajouté, « j’étais récemment dans un pays arabe et j’ai pu assister à une manifestation d’homosexuels. Certes, la police protégeait la manifestation mais c’est quand même un espace de liberté arraché ».


A ceux et celles qui s’interrogeaient sur la réalité du désert politiquo-culturel qu’on vit en Tunisie, peut-on trouver meilleur exemple illustrateur ? A ce rythme, pour mesurer le degré de liberté d’un pays donné, on va compter le nombre de femmes qui se baladent en deux pièces ou le nombre de manifestations organisées par des homosexuels. Quand à mesurer le degré de religiosité d’un pays, on va compter le nombre de femmes qui portent le voile. Voilà le débat oh combien enrichissant, existentiel et décisif auquel nous a conduit Ennahdha avec son discours rétrograde et sa manipulation de la religion et une partie de la gauche tunisienne qui est franchement islamophobe (ceci dit elle n’a pas le courage d’assumer son islamophobie et instrumentalise souvent les questions de laïcité ou féministes ) et qui focalise tout son prétendu combat pour les lumières, sur la tenue vestimentaire.




Un  Ttunisien présent dans la salle (il s’est présenté comme étant un Ex correspondant de l’AFP au pays du Golf) a défendu l’Arabie Saoudite. Selon lui, l’Arabie Saoudite a entamé une transformation démocratique, les droits de l’Homme et la liberté d’expression y sont respectés. Sihem Bensedrine l’a rappelé à l’ordre.




Fidèle à elle-même, Sihem Bensedrine n’a cité aucun autre dissident. Il faut comprendre que la société civile tunisienne se réduit à Sihem Bensedrine et au CNLT. Encore une fois, il ne sert à rien d’accuser Sihem Bensedrine de tous les maux. Allez écouter le discours du pouvoir ou de n’importe quel opposant(e) et il est facile de constater que chacun réduit le pays à sa personne et évite de citer les autres. La Tunisie semble souffrir encore de ce complexe Bourguibiste du « Moi ». Bourguiba s’était approprié dans une declaration publique, la celebre phrase de Louis 14, « Le Système s’est moi ! ». (« C’est moi qui ai ramené l’indépendance »… « j’étais le seul à combattre le colonialisme français »...etc)




A propos de RadioKalima, Sihem Bensedrine a précisé que pas moins de 70 flics de la police politique tunisienne avaient assiégé le local du journal, confisqué le matériel de la Radio, interdit l’accès aux locaux et intimidé les journalistes. Sihem Bensedrine a précisé qu’elle s’est battue avec son équipe de journalistes contre les 70 flics.


2 précisions. Après Sahbi Smara et Khaoula Ferchichi, le reste de l’équipe a subit à son tour le même sort et jeté comme des Klinexs.

 


Deuxième précision : Au moment où la Radio était assiégée, SIHEM BENSEDRINE n’était pas dans les locaux ! Mais en Autriche où elle vit depuis des années après avoir passé 7 ans en Allemagne grâce aux donateurs Allemands (C’est Bensedrine qui l’a précisé dans un article, « Sihem bensedrine opposante farouche » qu’on retrouve facilement sur google). Si SIHEM BENSEDRINE n’avait pas remarqué quelques Tunisiens présents qui risquaient de la contredire, nul doute qu’elle aurait déclaré qu’elle a participé même à la guère de l’indépendance en 1956 et qu’elle est montée aux maquis avec des armes !





Il n’empêche, à propos de cette fameuse Radio Kalima, pourquoi cette tradition tunisienne qui veut que d’un fait anodin, ça devient une affaire d’Etat. Qu’on précise les conditions de création de Radio ou de journaux et qu’on applique les lois de la même façon sur tout le monde (sinon qu’on précise sur qui les lois s’appliquent et sur qui elles ne s’appliquent pas). Quand à Sihem Bensedrine, il faut préciser les choses : Militante ? Oui elle l’a été entre 1995- 2001 comme des milliers d’autres Tunisiens et tunisiennes. Cependant, elle fait tout dans l’exagération, sa manie de tout ramener à sa personne (et de dire du mal des autres dissidents aux interlocuteurs étrangers, ceci dit, elle n’est pas la seule à user de ces pratiques) a fini par désespérer plus d’un dissident.



Une autre question :


Au microcosme parisien, aucun parti politique ni ONG n’a organisé le moindre débat depuis presque un an ! C’est dire encore une fois, le désert politico-culturel qui sévit.




En conclusion, ce sont toutes ces raisons qui ont fait que j’ai trouvé ce débat décevant. Les 2 organisateurs m’ont paru de bonne foi, plein d’enthousiasme et disposant d’un budget qui, parait-il, est si grand au point d’inviter des intervenants tout compris (billet d’avion et séjour dans un hôtel parisien payés).



Dans une conférence organisée par l’ACAT du Cinquième arrondissement parisien, il était instructif d’écouter des points de vue contradictoires de Beatrice Hibou et Merzri Haddad. A Sc po, les deux se sont fait remarqués par leur absence et on a eu droit à des formules à l’emporte pièce.


D’autres personnes m’ont paru plus qualifiées pour enrichir un débat portant sur cette question précisément : (Hichem Djait, Beatrice Hibou, Michel Camau, la féministe tunisienne Lilia Labidi (inconnue du grand public),  Mohamed Arkoun,  et bien d’autres). Les choix faits par les organisateurs les regardent  même si, en sortant de cette conférence,  j’ai eu cette certitude  que  ces deux jeunes étaient  complètement déconnectés des  logiques politiques tunisiennes. Ceci dit, ils  sont sympathiques et ils aiment la Tunisie. Ils apprendront de leurs erreurs. Il faut les encourager.

 

 

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Ainsi Sihem, tu dis que t’as plus de crédits que moi ? Ça ne suffit pas que les communistes m’attaquent (Ettajdid et son candidat aux Présidentielles Ahmed Ibrahim), que l’extrême gauche m’en veut pour avoir rallié le pouvoir,  maintenant  ce sont les anciens maoïstes (Bensedrine était maoïste  à ses débuts)  qui se sont « embourgeoisés » qui m’attaquent aussi ? Toi aussi SIhem !

 

 

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Excuse moi Borhene !  je te jure que je dis que du bien de toi en ton absence

 comme de tous mes amis dissidents d’ailleurs…

 

13.06.2009

Les chiffres du Président de la République sur Facebook

 

Les chiffres du Président de la République  Zine El Abidine Ben Ali sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

Le petit fils du dernier Bey de Tunisie témoigne

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La liberté d’expression ? Battez-vous pour l’avoir sinon  mangez et taisez-vous car personne ne vous défendra…car vous, vous n’avez pas défendu les droits des autres.    

 

 

 

 

 

 

 

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"Sortant du quatrième étage du Ministère

 

de l’intérieur, la femme du  Bey avait

 

du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre.

 

 Elle mourra plus tard dans les bras de son mari ,

choquée à jamais"

 

Beji Caid Essebssi, Driss Guiga 

 ne pouvaient pas ne pas savoir…

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Driss guiga- Beji Caid Essebssi

12.06.2009

Tunisie : Un Ex Directeur de la Sureté dénonce son Ministre de l’Intérieur

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Sous Habib Bourguiba, les Tunisiens et les Tunisiens n’ont pas eu le droit de connaitre la vérité sur l’état du pays. Depuis la mort de Habib Bourguiba, l’opinion publique assiste impuissante  la publication de  mémoires d’anciens Ministres de Habib Bourguiba. Dans ces dernières, on lit les « discours » sur l’Etat moderne », sur  les efforts  de ces Ministres pour « démocratiser » le système de l’intérieur. De Driss Guiga (Ex ministre de l’intérieur), à Tahar Belkhoja  à Beji Caid Essebsi au tristement célèbre Mohamed Sayah pour ne citer que ces derniers, tous ne se rappellent plus de la torture, de la corruption, de la censure et des fraudes électorales qu’ils ont cautionné quand ils étaient au pouvoir.

Pourtant , on ne connait pas  des qualités aux plusieurs des Ministres de Habib Bourguib, outre le fait d’avoir cautionné la torture et la corruption au pouvoir, ce qui a valu à certains d’entre eux d’être condamnés pour détournement de fond public  aux lendemains du 7 Novembre 1987.  Pour plusieurs Ministres de Bourguiba, outre la torture qu’ils ont cautionnée, les questions sur la corruption demeurent posées jusqu’à aujourd’hui : Comment peut-on avec le salaire ou la retraite d’un Ministre en Tunisie se permettre d’acheter des appartements valant plus d’un million d’euro dans les quartiers parisiens luxueux ?

 

Beaucoup de jeunes Tunisiens  ne savent pas toute la vérité sur le régime de Bourguiba. Si les langues commencent à se délier, c’est principalement grâce à ce support qu’est Internet qui permet aux uns et aux autres d’apporter les contradictions et d’être informés sur l’actualité politique tunisienne. Mais aussi, grâce à l’institut Temimi qui publie des témoignages sur l’ancien régime.

 

 

Si les Tunisiens et les Tunisiennes, commencent à savoir la vérité sur le régime de Habib Bourguiba, c’est grâce à des Historiens comme Amira Sgair Alaya, des journalistes comme Noura Borsali, des témoignages  d’anciens opposants comme Gilbert Naccache, à internet, et à l’institut Temimi. Son fondateur,  M. Abdeljelil Temimi n’a pas manqué de l’un de ses ouvrages  de remercier le Président de la République Ben Ali  qui encourage son Institut.

 

 

 

Le présent document  revient sur  le témoignage de M. Babou ,  Ex Directeur de la Sureté en Tunisie  fait à l’institut Temimi et repris par Al Chourouk.

Parmi les  vérités  jusque là inconnues, on apprend que l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les  manifestants.  Un Mort et plusieurs blessés !

 

 

l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les  manifestants.  Un Tunisien mort et plusieurs blessés !

 

 

Béji Caid Essebsi a bien publié récemment ses mémoires (qui s’étendent sur 525 pages, grand format). On ne retrouve nullement  les précisions des Ministres sur ces faits, ni sur la mort du syndicaliste Hassen Saadaoui dans les locaux du ministère de l’Intérieur, ni la répression des manifestations de Borj Rais en 1965  (5 morts et plusieurs blessés) ni la torture des impliqués dans le complot de 1962 (Béji Caid Essebssi était le Directeur de la Sureté dans le temps, en 2002, il a déclaré qu’il  n’était pas au courant !)

 

Quand on sait qu’un autre Ex ministre de l’intérieur – Tahar Belkhoja- avait déclaré publiquement qu’il n’était pas au courant que les opposants étaient « torturés » alors que Gilbert Naccache (ancien prisonnier d’opinion) est catégorique : «  Des opposants ont été torturés dans le bureau du Ministre », on ne peut qu’éprouver le même sentiment de répugnance en lisant les mémoires de Béji Caid Essebsi (qui tout au long des 525 pages discourent sur ses exploits démocratiques).

Quelle crédibilité accorder à ces mémoires?

M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité, de reconnaitre vos torts et de présenter des excuses publiques car au vu des témoignages,  en vos « exploits démocratiques », plus personne n’ croit.

 

 

 

M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité et de présenter des excuses…

 

 


Demain, ça sera votre tour

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La torture ? l’Histoire enseigne que personne ne peut y échapper, des gauches aux extrêmes droites, hommes et femmes…politiques, opposants, des citoyens et citoyennes ordinaires.

Demain, ça sera votre tour et personne ne vous défendra…

 

car vous, vous n’avez défendu personne.