Sami Ben Abdallah
Y! : tn_sba@yahoo.fr
MSN : samiben_abdallah@hotmail.com
A propos de Sami Ben Abdallah
Des auteurs qui m’ont marqué
Pourquoi ce Blog?
Yes we can ! Oui, Ensemble tout devient possible !
Une moyenne variant entre 150 et 200 lecteurs par jour
Le risque ?
Ambitions politiques
Je reçois des dizaines de mails dont les expéditeurs me posent ces questions récurrentes :
« as-tu des ambitions politiques ? » et « politiquement, t’es quoi ? ». « et la religion ? »,« Et En Nahdha (le Parti qui se dit islamiste) ? ».
Des proverbes, des citations qui me caractérisent peut être
Des chansons que j’écoute souvent
Mes rêves
Des personnes qui m’ont fasciné
Mes valeurs
Des événements qui m’ont marqué
Contact Sami ben abdallah:
J’ai dépassé la trentaine de peu d’années. Je vis depuis des années à Paris. Mon parcours personnel traduit celui d’une jeune génération de Tunisiens et de Tunisiennes qui se cherche encore. Une génération qui s’interroge sur son devenir et vient à peine de découvrir son passé. Ataturk disait : « chaque génération en phase d’opacité a une mission à découvrir. Libre à elle de l’accomplir ou de la trahir ».En ce qui me concerne, en dépit de tout l’amour et la reconnaissance que je porte à la France, cette grande nation, j’ai préféré me contenter de ma nationalité tunisienne. Dans mon cœur, il y a cette plaie ouverte qu’est la Tunisie. Je veux que la Tunisie progresse sur le chemin de la Liberté et de la démocratie.En Tunisie, nous devons apprendre à cohabiter en dépit de nos différences. Nous avons des problèmes comme tous les autres pays. Il ne sert à rien de les cacher. Essayons de trouver des solutions et d’avancer…
Des auteurs qui m’ont marqué
Enfant, j’ai lu la plupart des classiques de la littérature arabe. J’aimais le Tunisien Ali Douagi, l’Egyptien Neguib Mahfouz ( j’ai lu son célèbre roman Ouled Haratina plus d’une dizaine de fois), Taoufik Al Hakim, Tah Hessine, Youssef Sbaii, Al Manfalouti, Jorji Zaidane, Michael Nouaima, Hana Mina, l’algérien (AbdelKarim Hadouga). J’ai lu aussi plusieurs auteurs classiques français et j’aime les Romans de Shakespeare.
Sinon, depuis des années je concentre mes lecteurs sur des thèmes précis : l’histoire, les religions, l’histoire de la colonisation, le Maghreb, le monde arabe, la Tunisie, l’actualité politique tunisienne et française. Récemment, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de l’art.
Pourquoi ce Blog?
Ce Blog est une tentative de réponse à une question existentielle qui me hante depuis des années: je veux faire quelque chose pour mon pays. Mais quoi ?
Adhérer au pouvoir ? Adhérer aux oppositions ? Passer le plus clair de mon temps à dire du mal du pouvoir ? Passer le plus clair de mon temps à dire du bien du pouvoir ? Ne rien dire et ne rien faire ? Justifier ma démission en répétant que «tous seraient pourris et que ça ne sert à rien» ? Attendre que la Tunisie vive une révolution française ? Attendre que la Palestine soit libérée ? démissionner ? Déserter ? Répéter que « Moi ? la politique ne m’intéresse pas ! » ?
Yes we can ! Oui, Ensemble tout devient possible !
Vivant en France, j’ai observé la société française et comparer avec la nôtre. La société française a connu ou connaît tous les problèmes que nous vivons en Tunisie : la torture en Indochine, la torture en Algérie (alors que Guy Mollet, le président du Conseil sous la quatrième République, soit le président de la République sous le modèle de la V ème république la niait publiquement) la censure sous Pompidou, les pressions sur les journaux sous Balladur, les méthodes discutables des RG (la presque police politique sous Yves Bertrand), le rôle de la femme du président de la république (avec Cécilia Sarkozy quand elle a refusé de se présenter à une mission d’enquête parlementaire pour s’expliquer sur son rôle dans la libération des infirmières bulgares en Libye ou du temps ou, paraît-il, elle utilisait la carte de crédit de l’Elysée) et bien d’autres problèmes Cliquez ICI. Je fais des comparaisons et j’essaie de trouver des réponses.
On évoque souvent la révolution française. Je dis : le fait que la France ait connu cette révolution ne l’a pas empêché de collaborer avec l’Allemagne Nazie avec 1940, de cautionner la torture avant l’indépendance des pays arabes ou africains. La révolution française est peut être un facteur explicatif mais ce dernier n’est pas déterminant.
On dit que les Tunisiens et les Tunisiennes sont lâches ou que, comme nous sommes des arabo-musulmans, il s’agit de notre spécificité culturelle. Je me dis mais pourquoi les uns et les autres oublient ce que disait De Gaulle à propos des Français?
"Les Français sont des veaux." Il a réellement employé cette expression ?
- Il l'a souvent employée quand il les voyait ne pas réagir ou se considérer comme battus avant même d'avoir engagé le fer. Au début de juin 1940, par exemple, à Londres, à l'hôtel Connaught, à voix basse pour ne pas être entendu des convives qui dînent à la table voisine. Il vient de stigmatiser l'armistice au micro de la BBC. Je le vois alors serrer son couteau nerveusement avant de le reposer avec délicatesse. Puis il me souffle: «Ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n'ont que ce qu'ils méritent. » Quand j'apprenais l'histoire de France au collège Stanislas et que je m'étonnais de telle ou telle défaite militaire que nous avions essuyée, il me disait: «Les Français sont comme ça depuis les Gaulois. Hannibal qui recrutait des légions pour battre Rome écrivait à son frère Hasdrubal, qui levait des mercenaires en Espagne et dans les pays voisins: "Ne prends pas trop de Gaulois. Ce sont des ivrognes. Ils sont courageux dans l'action, téméraires au combat, mais vite découragés et jamais contents." César disait à peu près la même chose. Il ajoutait: "Ils sont palabreurs et n'arrivent à s'unir que face au danger." Tu vois, concluait-il, deux cents ans avant Jésus-Christ, on définissait assez bien les Français d'aujourd'hui. » De même répétait-il souvent: « La France vacharde. » Cela voulait dire qu'elle tombe dans la veulerie et qu'elle cherche à donner le coup de corne ou le coup de pied de l'animal rétif à ceux qui veulent la faire avancer. Une autre expression lui était familière: « Les Français s'avachardisent. » Termes militaires pour signifier qu'ils s'avachissent en grognant. Dans une lettre au père Bruckberger, le 27 mai 1953, il écrivait avec néanmoins un certain optimisme: "La mollesse française est d'une extrême épaisseur. Mais même en France, elle n'a pas l'Avenir, qui est aux forts."
Ibidem, Les Français tels qu'ils sont, p. 114-115.Source: Cliquez ICI
Les peuples se ressemblent. Ça ne peut pas être aussi un facteur déterminant.
On dit aussi qu’une partie de la police tunisienne en fait trop ? Réponse : la logique de l’exécutif est la même en Tunisie ou en France ou ailleurs. Ya qu’à lire, les dossiers noirs de la police française paru en 1971. L’exécutif est porté par définition vers les dérapages, c’est pourquoi il faut instituer des contre pouvoirs : Le pouvoir judiciaire et surtout la presse.
On dit que la Justice en Tunisie est une machine au service du pouvoir ? Je dis : c’était le cas en France. Y a qu’à lire
On évoque les différences qui séparent les deux sociétés. J’ai passé beaucoup de temps à lire des livres sur l’histoire de la France. Non ce n’est pas vrai. Nous avons exactement les mêmes problèmes que vit la société française.
On évoque enfin, le danger terroriste pour justifier les restrictions aux libertés. La Tunisie a connu un attentat terroriste, celui de Beb Souika, celui de la synagogue de Djerba, l’affaire mystérieuse des jihadistes de Sliman. Oui, mais la France a connu aussi des attentats de Saint Michel et il y a des dizaines de morts. Mais aux lendemains de ces attentats, le pouvoir politique n’a pas décréter l’état d’urgence. Quant au danger « islamiste », je suis de ceux qui pensent que le parti intégriste tunisien est surestimé politiquement. Au pire, il s’agit d’un petit parti d’extrême droite comme il y en a en France, au mieux, une secte comme les témoins de Jéhovah. Pourquoi beaucoup de tunisiens aient voté pour ce parti ? (lire ci-dessous)
On dit aussi que les Tunisiens sont différents. Les islamistes, les gauches, les libéraux, les nationalistes arabes. En France, étant un étranger dans ce pays, ce qui m’a marqué c’était une scène dans un métro parisien : moi l’étranger, il y avait aussi des français, un français portant la kippa, un autre portant la croix, un SDF, un témoin de Jéhovah une femme de la secte satanique. Voilà que dans ce métro parisien, nous étions différents, mais nous nous entre-tuons pas. Parce qu’il y a cette valeur qu’est la liberté. Les différences ne sont pas donc « le » problème. Nous devons apprendre à cohabiter ensemble en dépit de nos différences. Depuis ce jour là, j’ai appris qu’il ne fallait pas que nous réfléchissons tous de la même façon, mais que nous apprenons tous à cohabiter ensemble en dépit de nos différences.
Ce qui nous sépare de la France ? C’est qu’il y a beaucoup de Tunisiens et de Tunisiennes qui ne sont pas « patriotiques », ils n’aiment pas la Tunisie, ils ne veulent rien faire pour le pays. Ils passent leur temps à inventer des prétextes pour justifier leur manque de patriotisme. Et par patriotisme je n’entends nullement soutenir le pouvoir ou le critiquer.
Ce qui nous sépare de la France, c’est que les français et les françaises ont le courage d’exposer leurs problèmes. Des dizaines de journaux, de médias, d’émission de radio et de télévision font de l’enduction citoyenne. En Tunisie, nous n’osons pas le faire sous prétexte que nous ne sommes pas murs pour les libertés et la démocratie. Comparons les résultats : la France ose exposer ses problèmes, la société avance et la France est vue comme une démocratie. Avec notre façon de faire (tout cacher) les problèmes s’aggravent et les étrangers ne voient pas en la Tunisie une démocratie. Sûrement pas.
Nos élites (qu’ils soient au pouvoir ou aux oppositions) ont majoritairement adopté ce raisonnement : tout cacher, ne rien exposer sous prétexte que les uns et les autres ne sont pas encore murs
Aujourd’hui, à travers ce Blog, l’idée à laquelle je crois c’est celle d’Obama président des Etats-Unis : « Yes we can », c’est celle de Nicolas Sarkozy président de la république française : « Ensemble tout devient possible ». Oui, nous aussi, Tunisiens et Tunisiennes, pouvons changer des choses dans notre pays. Oui essayons de construire une Tunisie pour tous où il y aura une place pour chaque Tunisien et chaque Tunisienne quels que soient nos différences. Il ne s’agit pas de politique, il s’agit de «citoyenneté »
Sur ce Blog, les lecteurs trouveront des documents assez rares sur l’histoire de la Tunisie. Ces livres, j’ai perdu un temps fou pour les retrouver en France et les mettre en ligne. Personne ne m’a payé pour le faire. Comme tout le monde, j’ai des contraintes personnelles et professionnelles, mais dans ma semaine, je consacre un temps à mon pays. Ces heures là ne sont pas perdus, c’est mon devoir de citoyen que je fais, c’est ma dette envers ce pays qui m’a fait que j’honore. Etant rares ou épuisés, la majorité pourrait profiter de ces livres. C’est cette idée qui me guide : « être utile, faire quelque chose fut-elle modeste ou symbolique ».
Dans les informations que je publie sur des hommes ou des femmes politiques tunisiennes que je connais la majorité, j’ai voulu mettre ces connaissances ou ces relations au service de la majorité.
Et puis, à travers ce que j’écris, il s’agit du point de vue de la génération dont je suis issu, sur les problèmes de la Tunisie. La Tunisie, c’est «mon pays ». En France, je n’ai jamais pensé à avoir la nationalité française car j’ai toujours conçu mon séjour dans ce pays comme étant provisoire. J’ai beaucoup de respect et de reconnaissance pour la France pour que je prenne sa nationalité pour éviter les 15 minutes d’attentes dans les aéroports que j’aurais faites sans le passeport français. Je ne criminalise pas ceux qui ont la double nationalité. Mais je dis, qu’on doit se déterminer par rapport à un seul pays. On ne peut pas être « Tunisien » l’été car les plages tunisiennes sont irrésistibles et français dans les aéroports car, avec le passeport français on évite les 15 minutes de queue qu’on aurait fait sinon. Moi, mon pays, c’est la Tunisie.
Une moyenne variant entre 150 et 200 lecteurs par jour
Avant le lancement de ce Blog, plus d’un ami politique m’en a dissuadé. « les blogs politiques sont peu lus. Si t’arrives à avoir 50 visites par semaine, tu devrais t’estimer heureux. A quoi bon alors lancer un blog » m’a-t-on dit ?
J’ai pris le risque de me mettre en ligne. Depuis le premier jour, le «succès » (comparativement aux chiffres qu’on m’a annoncés) de ce Blog «politique » ne s’est pas démenti. Une moyenne de visites par jour variant entre 150 et 200 par jour. Ce Blog est resté accessible en Tunisie durant deux mois avant que les autorités le censurent pour des raisons que j’ignore. La vie a continué pour moi et je suis toujours aux mêmes moyennes de consultations.
On me fait remarquer : « Pourquoi scannes-tu les Statistiques communiquées par l’hébergeur ? ». Et je réponds : « et pourquoi je ne le ferais pas ? ». Je mets au défit certains qui se reconnaîtront : « lancez des Blogs et scanner les statistiques communiquées par l’hebergeur…et on verra ! ».
Depuis le lancement de ce Blog, j’ai pu mettre ainsi des dizaines de documents rares sur la Tunisie. Des centaines de lecteurs ont pu les télécharger. J’ai publié des dizaines d’articles dont certains ont suscité des polémiques ou des débats.
Entre-temps, il y a des connaissances qui discourent encore sur « la nécessité que la Tunisie vive une révolution française ou que la Palestine soit libérée pour qu’ils fassent quelque chose pour le pays ». Bonne chance dans leurs débats qui ne finissent jamais.
Le risque ?
Des connaissances me parlent souvent du supposé « risque » que je prends en m’intéressant à la politique en Tunisie. « Ceux qui voudront te compliquer la vie te fabriqueront un truc, une diffamation par ci, une diffusion de fausses nouvelles par là » me dit-on. Sincèrement, j’en sais rien. Ce n’est pas que je sois «indiffèrent » au risque, mais à ma connaissance, je ne fais rien d’illégal. La Tunisie m’appartient autant que les autres millions de Tunisiens. Et si un jour, je payais pour avoir voulu faire quelque chose pour mon pays…enfin.
Ambitions politiques
Je reçois des dizaines de mails dont les expéditeurs me posent ces questions récurrentes :
« as-tu des ambitions politiques ? » et « politiquement, t’es quoi ? ».
Et je réponds inlassablement :
Si par ambitions politiques, vous entendez : avoir une voiture de service, un chauffeur, me caser quelque part et passer ma vie à dire du bien du pouvoir (ou du mal), et bien, de ce point de vue je n’ai aucune ambition politique. Je me rappelle encore la réaction de mon père à qui l’administration a donné une voiture de service et un Chauffeur. Il a averti ce dernier qu’il préférait conduire sa voiture tout seul et n’utilisait sa voiture de service que rarement.
Si par ambitions politiques, vous entendiez le sens noble de l’action politique, c’est à dire se mettre au service de mon pays en participer à son évolution. Et bien, oui. De ce point de vue, j’ai des ambitions politiques légitimes.
Politiquement je suis quoi ?
Disons que je suis un gaulliste variant entre le centre et la gauche même si je n’aime pas utiliser ces expressions (gauche et droite) qui sont marquées idéologiquement car les lignes politiques ont changé. Je crois en une société fondée sur la liberté ou tous les Tunisiens et les Tunisiennes pourraient cohabiter ensemble en dépit de leurs différences. La liberté, l’ordre et une justice sociale fondée sur l’égalité de chance avec un Etat régulateur qui aide les plus faibles. Je n’ai pas de modèle clef en main. Vivant en France depuis des années, je trouve que nous pouvons nous inspirer politiquement du modèle français ainsi que du modèle anglophone en tenant compte de notre réalité et de notre identité arabo-musulmane.
On me pose aussi régulièrement cette question : « et la religion ? ».
Ma réponse n’a pas varié depuis des années : « à mes yeux, la religion relève de la vie privée de chacun et de chacune. D’où tout le rejet que j’exprime publiquement au parti islamiste En Nahdha. Ceci dit, je rejette la conception de la religion d’une partie de la gauche tunisienne. Car je trouve cette dernière franchement islamophobe. Je crois en une éthique du respect. Chacun est libre d’avoir ou de ne pas avoir les convictions religieuses qui l’arrangent. En Tunisie, je crois en la République : un Etat doit être neutre et a-idéologisé, je pense qu’on pourrait s’inspirer du modèle français et anglophone tout en respectant notre héritage civilisationnel arabo-musulman. Oui c’est possible.
On me pose enfin cette question : « Et En Nahdha (le Parti qui se dit islamiste) ? ».
D’abord, je trouve qu’on ne pourrait pas qualifier tous ceux qui ont voté pour En Nahdha en 1989 en Tunisie « d’islamistes ». Ensuite je trouve que le poids politique de ce parti est largement surestimé. Mon analyse est la suivante : aux lendemains des indépendances des pays arabes, la plupart des pouvoirs en place étaient de gauche, les oppositions l’étaient aussi (En Tunisie comme en Algérie comme au Maroc comme en Egypte …etc). Puis à partir des années 80, il y a eu une montée des partis religieux pour des causes diverses (les gauches arabes ont été cannibalisées par des gauches minoritaires islamophobes, ce qui a provoqué un rejet des gauches laïques par les populations. La corruption des partis au pouvoir a atteint des stades alarmants, ce qui a provoqué des réactions de votes sanctions (c’était le cas en Tunisie avec le PSD l’ancêtre du RCD, en Algérie pour sanctionner le FLN, en Palestine pour sanctionner le Fatah…etc). Par ailleurs, la plupart des pouvoirs en place ont voulu diviser les gauches entre 1970 et 1980 en encourageant l’apparition des partis religieux (c’était le cas en Tunisie quand Bourguiba aidait politiquement En Nahdha, en Egypte quand le président Anouar Sadat a fait la même chose en libérant tous les « frères musulmans ». En Palestine, quand certaines puissances aidaient politiquement le Hamas. En Algérie, quand le président Ben Jedid a voulu se débarrasser du FLN et des généraux en jouant la carte du FIS). Il y a aussi, des manifestations sociales qui ont été récupérés par les partis religieux (la Tunisie a connu des émeutes du pain en 1984, le Maroc aussi, l’Egypte, l’Algérie aussi..). il y a aussi la démagogie qui caractérise les partis religieux dont le discours politique se confond avec le discours religieux. Enfin, il faut reconnaître que la répression créé toujours des martyrs (Que serait-il advenu de Sayyed Quotb si le pouvoir d’Abdel Nassar ne l’ait pas pendu ?) et l’extrémisme fleurit là où il n y a pas de justice et de liberté.
Le parti En Nahdha verse dans la démagogie en mettant l’accent la répression dont il fût victime au début des années 90. Oui, il y a eu une répression disproportionnée que la majorité a condamnée. Mais En Nahdha omet de rappeler qu’aux lendemains de l’indépendance, les youssefistes (partisans de Salah Ben Youssef et sympathisants du nationalisme arabe) ont été aussi durement réprimés, l’extrême gauche tunisienne entre 1965 et 1975 ( ceux qui voulaient faire le mai 68 en Tunisie, pour la plupart des étudiants ont été condamnés sous Bourguiba à plus de dix ans de prison), les syndicalistes en 1978 ( les procès politiques suite au 26 janvier 1978) pour finir avec En Nahdha entre 1980 et 1990.En Nahdha omet aussi de rappeler la responsabilité politique de sa direction historique dans les affrontements des années 90 et que durant des années, il y a eu aussi des partisans d’En Nahdha qui ont commis des actes de violence ; l’attentat terroriste de Beb Souika et le fait de jeter l’acide sur des juges et des policiers.
C’est cette analyse politique qui me sépare de plus d’un leader politique qui croit que « l’avenir est aux islamistes » et qui veut s’allier politiquement avec le Parti En Nahdha. Moi, je ne le crois pas du tout et je crois qu’En Nahdha est au pire un petit parti d’extrême droite (comme il y en a en Occident) au mieux, une secte à l’instar des « témoins de Jéhovah ».
Ceux qui ont voté pour ce parti l’ont fait (de mon point de vue) pour les raisons invoquées ci-dessus et car ils ont désespéré de l’Etat du droit et des institutions, ils ont besoin de liberté et de justice.
Quant à En Nahdha, qu’ils soient extrémistes, dangereux ou démagogues, ces gens là sont des Tunisiens. Et ils doivent avoir les mêmes droits et devoirs des autres Tunisiens. Du moment que ce parti s’engage à ne pas s’infiltrer les appareils de l’Etat, la police et l’armée (comme il l’a fait par le passé) et à ne pas utiliser les mosquées comme des lieux de réunion politique, pourquoi ne les laisse-t-on pas faire la politique comme il l’entend ? Après tout, le Front National (parti d’extrême droite) en France a pu «exceptionnellement » atteindre les 20% des suffrages avant de revenir à la moyenne qui correspond à son vrai poids politique (entre 5% et 10%).
C’est cette moyenne qui correspondrait à mon avis au poids politique d’ En Nahdha.
Des proverbes, des citations qui me caractérisent peut être
« le propre du bélier est de lutter »
« Ce sont les succès qui font les grands hommes »
le cri de Jésus : « race de vipères » (la bible)
Des chansons que j’écoute souvent
Foule sentimentale, Alain souchon
Avec le temps va tout s’en va (Léo ferré)
La bohème (Charles Aznavour)
Je suis malade (Dalida,Serge Lama)
Mon vieux (Daniel richard)
Je chante pour ceux qui sont loin de chez eux ( Michel Berger)
C’est une chanson pour eux (Lotfi Bouchnek)
El desaparecido, Manu Tchao
Un anno (chanson espagnole)
Vangelis - Conquest Of Paradise
Vangelis - Conquest Of Paradise.mp3
Manu Tchao - Clandestino
Divers
Quand j’ai du temps libre, j’adore faire du footing à Paris en écoutant de la musique avec mon MP3 ou sortir me promener. Sinon, aller aux musées, cinéma, sortir et faire des voyages. Enfant, je rêvais d’aller à Paris, à Ibiza et en Inde. Je vis à Paris, j’étais très heureux de partir à Ibiza, une ville dont je suis tombé sous le charme et où je compte revenir souvent. J’espère, quand mon projet professionnel réussira, partir en Inde. Sinon, Bruxelles et Vienne sont aussi des villes magiques.
Mes rêves
Sur le plan privé, j’espère trouver un jour le bonheur. Sur le plan professionnel, j’espère que mon projet réussisse et pouvoir implanter un jour une filiale en Tunisie. Mon grand rêve, c’est que la Tunisie progresse sur le chemin de la liberté et de la démocratie et que je puisse être utile à mon pays. Ce ne sont pas les idées ou les projets qui me manquent, mais chaque chose en son temps.
Des personnes qui m’ont fasciné
Les trois prophètes, Mohamed, Jésus et Moise.
Charles de Gaulle : A sa mort, le président Pompidou lui a rendu un hommage mérité : « Charles de Gaulle est mort. La France est orpheline ». Le grand Charles est l’homme qui a sauvé l’Honneur de la France. Ce qui m’a fasciné chez de Gaulle, c’est le fait qu’à son retour victorieux de Londres, il n’a pas cherché à se venger de ses adversaires. Ni de Pétain, ni de Thorrez qui a déserté en URSS, ni de certains communistes qui ont dénoncé les maquis gaullistes aux pétainistes. De Gaulle a raisonné en homme d’Etat. Il a laissé la justice faire son travail. Il a cherché à rétablir l’autorité de l’Etat. Plus tard en 1958, s’il a cautionné le coup d’Etat de l’armée qui l’a ramené au pouvoir, il n’a pas voulu se compromettre avec les généraux et est resté respectueux du légalisme. Ayant perdu le référendum de 1969, il a préféré quitter le pouvoir et mourir dignement.
Khaled Ibn Al Walid : Il est l’un des grands guerriers qu’a connu l’humanité. Il n’a jamais perdu de guerre. Khaled Ibn Al Walid est négligé des historiens peut être parce qu’il est arabe. J’ai lu l’art de la guerre selon Sun Tzu, il n'a rien inventé par rapport à ce qu’a fait Khaled Ibn Al Walid.
François Mitterrand : pour un homme qui a flirté avec le régime de vichy et qui est resté plus de 20 ans dans l’opposition avant d’accéder au pouvoir suprême… il a un sacré caractère. Mitterrand est l’anti -de Gaulle par excellence mais il est très intelligent et un excellent tacticien.
Hannibal : le grand guerrier carthaginois tunisien. Tout comme Khaled Ibn Al Walid et l’allemand Erwin Rommel, Hannibal est un excellent tacticien. S’il sait gagner des guerres inespérées, son point faible demeure la gestion de sa victoire. Hannibal n’a pas compris qu’on ne gagne définitivement la guerre que quand on achève son ennemi…. Il aurait pu envahir Rome, il a préféré se contenter de l’encercler. Les Romains ont reconstitué leurs forces et Hannibal a perdu la guerre.
Tarek Ibn Zied: Un autre guerrier arabe qui a gagné ses guerres contre les Espagnols en Andalousie. Il a pris le risque de désobéir à son chef Moussa Ibn Nousayr qui lui demandait de se contenter des victoires qu’il avait acquises. Son célèbre discours à ses soldats pour les forcer à se battre, demeurera gravé dans les mémoires. Il a brûlé ses bateaux les mettant devant le fait accompli : « ou la mer ou la mort dans l’honneur sur le champs de bataille ou la victoire ». Et il a gagné.
Napoléon Bonaparte
« Ce sont les succès qui font les grands hommes » aimait-il répéter. Napoléon, c’est le conquéreur qui prenait tous les risques, un génie militaire et politique.
Erwin Rommel: Il est l’un des seuls généraux allemands à n’avoir commis aucun crime de guerre ou crime contre l’Humanité. Son style ressemble beaucoup à celui d’Hannibal ou de Khaled Ibn Al Walid : Improvisation, guerre non conventionnelle et un esprit de conquérant.
Nicolas Sarkozy: Il est d’origine étrangère (hongroise) et s’est imposé dans la société française, qu’on décrivait comme conservatrice. Sarko est un homme de caractère. Détesté et impopulaire au RPR (rebaptisé UMP) de 1995 à 200, Sarko a su trouver les forces nécessaires pour se ressourcer, s’imposer comme ministre de l’intérieur et gagner les présidentielles. Il est doué en com, et n’hésite pas à prendre tous les risques. Sa seule faiblesse, Sarko a déçu plus d’un, au niveau des libertés et des droits de l’homme.

Ségoléne Royal et Martine Aubry: Au PS français, il y a deux femmes qui peuvent prétendre à cette stature de présidentiable : Martine Aubry et Ségolène Royal. Pour cette dernière, personne ne croyait en elle. Elle est la version féminine de Sarko. Alors qu’elle n’avait aucune chance à cause de ses faibles soutiens dans le PS, elle a su se forger une stature de présidentiable grâce à son site désirs d‘avenirs et sa politique de communication savamment orchestrée.
Bertrand Delanoé:Il faut reconnaître qu’en tant que maire de paris, il a fait des succès. Delanoë pourraitdevenir président en 2012 ?
Mes valeurs
Le mérite : je crois que rien ne s’offre dans la vie, qu’il faut se battre pour tout gagner.
La loyauté : j’ai étais constamment loyal avec ceux qui l’étaient envers moi. Je n’ai jamais trahi en premier.
La justice sociale : je crois en une justice sociale fondée sur l’égalité de chance, avec des mécanismes de redistribution de la richesse pour les plus faibles.
La liberté : dans chaque société, il y a une majorité conformiste et une minorité marginale. De cette minorité, naissent les artistes, les politiques, les personnes qui changeront la société. Dans une dictature, cette minorité est écrasée, dans une démocratie, elle est adulée.
Le respect : nous pouvons être différents, opposés, mais il doit y avoir un minimum qu’est le respect. Moi je ne supporte pas la vulgarité et l’impolitesse.
La tolérance : je crois en une société fondée sur la liberté, l’ordre et la justice sociale mais une société tolérante qui s’accommode de la différence.
Des événements qui m’ont marqué
EN FRANCE: durant mon année de DEA
On était en cours quand un conférencier qui a appris que j’étais un Tunisien, a voulu m’honorer avec son humour noir. « Vous êtes Tunisien ? L’idée que j’ai des Tunisiens est qu’ils sont lâches ».
Une amie tunisienne qui faisait le même DEA était assise a coté de moi. Elle connaissait mon caractère et m’a invité à la fermer : « il est ami avec ton directeur de recherche, si tu lui réponds, tu seras grillé et adieu la thèse ». J’ai vite réfléchi puis j’ai répondu : « Monsieur ! Vous savez les Tunisiens ne sont pas plus lâches qu’une partie des Français sous le maréchal Pétain, comme quoi les peuples se ressemblent ou de son élite qui a cautionné la torture du temps de la colonisation ».
Durant 5 minutes un silence s’est abattu sur la salle, personne n’osait parler
Surpris par ma « provocation », le conférencier m’a lancé : « Ah tu connais l’Histoire de la France». Puis le cours a repris dans une ambiance tendue.
A partir de cet incident, mes relations avec mon directeur de recherche se sont détériorées. Il m’a fait attendre 4 mois avant de soutenir mon mémoire. J’ai passé 1 mois où une partie de la promotion du DEA ne me disait même pas « Bonjour ».
Je ne méconnaissais pas toutes les conséquences de ma réponse de trop. Mais, je ne le regrette pas. Plus tard, j’ai dû trouver une autre école doctorale pour m’inscrire en thèse. Oui je vis en France, oui je suis reconnaissant à la France, mais ce n’est pas pour autant que je dois accepter d’être traité, en tant que Tunisien, comme un moins que rien. Oui, il y a un racisme résiduel en France, et il faut le dénoncer. Mais il faut dénoncer aussi toute la lâcheté et le manque de fierté de plusieurs Tunisiens et Tunisiennes habitués à courber l’échine.
EN FRANCE: Dans un bus parisien
Le bus était plein quand par malchance j’ai heurté un passager. Il m’a lancé un regard hostile puis a lancé une injure raciste. Je me suis dirigé vers le chauffeur en demandant le déclenchement d’une procédure d’urgence : « Monsieur, quelqu’un vient de me lancer une injure raciste, je souhaite porter plainte ». Le chauffeur était à la hauteur (d’ailleurs depuis cet incident, chaque fois qu’il me croise il me salue). Bref, il s’arrête entre deux arrêts, verrouille les portes et alerte la sécurité de la RATP et la police au téléphone. C’est ça que j’adore en France. A cause des embouteillages, la police prend du retard à venir. On reste 45 minutes dans le bus. Les passagers viennent me voir : « Monsieur, pardonnez le, on a des rendez-vous, on veut sortir du bus ! ». Je leur réponds « Mais moi aussi j’ai des rendez vous. Ce qu’il m’a dit est grave ! Je constate quotidiennement l’émotion des uns et des autres – à juste titre_ face aux injures antisémites ou antichrétiennes. Et bien, vous devez me soutenir, car c’est une injure anti-arabe ». Les passagers me regardent incrédules, face à ce qu’ils perçoivent comme du cynisme de ma part. L’agresseur panique, il force la porte et s’enfuit. 10 minutes après la police arrive. Certains d’entre eux n’en reviennent pas ! Un bus bloqué durant 45 minutes car un passager a voulu porter plainte. Ils me regardent, je les comprends. « Vous savez, il y a des lois en France, moi j’y crois jusqu’à aujourd’hui ». En descendant du bus, un ami m’interpelle : « Tu te comportes maintenant comme les français ? ». Je l’arrête, « Je suis un Tunisien tu sais ? Je n’ai pas pris la nationalité française comme toi pour éviter les 15 minutes de queue que je ferais dans les aéroports. Je ne suis pas contre le fait de prendre une seconde nationalité, mais on prend la nationalité d’un pays car on le respecte, car on souhaite en faire partie, pas pour éviter 15 minutes de queue dans les aéroports. Quant au fait d’insister pour porter plainte dans le bus, c’est mieux que d’aller comme font certains, fumer de la drogue en bas des immeubles, vandaliser des voitures, crier nique la France et faire des discours sur le racisme ».
EN FRANCE: Mon ami David
Du temps où j’étais étudiant, j’ai fait sa connaissance dans une résidence universitaire. Au départ, la communication était difficile entre nous à cause de nos origines : je suis arabe et il est juif. Il y a des sujets qu’on évitait. Puis un jour, on a eu un accrochage et le mécanisme de défense de chacun s’est déclenché : « Tu ne m’aimes pas car je suis un arabe », « Tu ne m’aimes pas car je suis un juif ».
Notre amitié a connu des jours difficiles et on ne se parlait plus. Puis un jour, chacun a pris son courage à deux mains pour aller vers l’autre : prenons un café ensemble et discutons de ce différend.
- Tu sais Sami, les arabes n’aiment pas les juifs, on vous éduque à nous détester
- Peut-être, mais je ne pense pas que dans les écoles juives, on vous éduque à l’amour des arabes.
- Oui, peut-être.
- David, tu ne peux pas quand même me dire que la Palestine ne vit pas sous colonisation israélienne et que des palestiniens ne sont pas assassinés par l’armée israélienne
- Oui, c’est vrai mais il y a des innocents israéliens qui meurent à cause des actions du Hamas.
La discussion a duré des heures, David m’a raconté que son grand père était prisonnier dans un camp nazi. Il m’avait même dit que son grand père avait connu dans le camp des arabes qui faisaient la prière et que les nazis auraient pris pour des juifs.
Notre amitié a repris sauf les jours où il y avait des attentats en Palestine ou en Israël, ces jours là, on s’évitait.
David est parti des mois après et je n’ai plus eu de ses nouvelles. Mais depuis ce jour, j’ai appris à raisonner différemment : un être humain, c’est un être humain, il faut dénoncer toutes les injustices, l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, les logiques communautaristes et sectaires.
EN FRANCE: Ici, on te respecte mieux que dans ton propre pays
Il y a quelques années, je ne raisonnais pas de la sorte. J’étais connecté sur les thèses du racisme et de l’éternel complot contre les arabes et les musulmans. Un fait divers a changé ma façon de voir les choses. Ayant eu un accrochage verbal avec un « flic » français, je lui ai rappelé qu’il n’avait pas à me parler avec autant d’irrespect et, je lui avais rappelé les textes de lois. Après avoir relativisé la portée de l’accrochage, il m’a lancé presque innocemment « soyez le bienvenu en France et rappelez-vous qu’ici, en dépit du fait que vous n’êtes pas français… on vous traite mieux que dans votre pays. »
Cette phrase si dure m’avait marqué. A quoi bon fuir vers la thèse du racisme, celle du complot ou de l’exclusion et de la discrimination. Par cohérence, si je devais m’en prendre aux racistes, je devrais aussi m’en prendre à ces Tunisiens qui ne me respectent pas dans mon propre pays. Si je devais détailler les défaillances de l’administration française, je devais aussi détailler les défaillances de la majorité des représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger, en particulier en France : « Que font-elles pour les Tunisiens ? ». Concrètement ?
Oui du racisme, il y en a ! Mais en France, il y a une devise que la majorité des étrangers, du moins les Tunisiens et les Tunisiennes que je connais, reconnaîtront : « Ne soyez pas l’auteur d’incivilité, imposez le respect, suivez les lois… Non, pas besoin de se courber, On ne meurt pas de la fierté (Sur ce point, plusieurs Tunisiens et Tunisiennes doivent apprendre des Algériens avec leur légendaire Nif) et vous serez respecté dans la majorité des cas». Et en cas inverse, oui dénoncez le racisme, oui battez vous pour la justice mais par cohérence, vous devez aussi en vouloir à vos représentations diplomatiques qui ne font rien ou presque pour que vous soyez respecté. On ne peut pas voir « la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien ».
On ne peut pas s’indigner car tel Tunisien est décédé suite à une bavure en France (et il faut dénoncer ces bavures) et fermer les yeux sur les bavures qui se passent dans notre pays. On ne peut pas aussi voir tous les défauts en France et continuer à y vivre. La France n’est pas parfaite, il y a des dysfonctionnements, il y a des lois, il faut se battre pour avoir ses droits. Nous n’allons pas inventer l’eau chaude. D'autres minorités en France ont choisi ce chemin et, se sont imposées.
EN FRANCE: Des moments difficiles
M’inscrivant en thèse de management, une entreprise américaine m’a proposé de « subventionner ma thèse » et de m’engager au sein de son effectif comme cadre rattaché à la direction, durant 4 ans. Mon directeur de recherche était tout content et m’a proposé à son tour de me donner des heures à l’université. J’ai réfléchi. Dans une autre vie, j’aurai pu être un chercheur universitaire ou publicitaire dans l’actuelle je sais ce que je veux faire : lancer ma propre société et m’intéresser à la politique. Ma décision a surpris mon encadreur et mes proches : « tu refuses une telle chance où tu travailleras comme cadre dans une entreprise américaine et tu acceptes de commencer en bas de l’échelon comme un commercial sans diplôme. T’es fou ! ».
Et je répondais, je veux lancer ma propre boite un jour, il me faut comprendre comment fonctionne le système, c’est pourquoi je dois commencer en bas de l’échelon. C’est un risque que je prend, si j’échouais, ça sera mon propre échec ».
Suite à cette décision, j’ai provoqué le vide autour de moi. Les personnes les plus proches de moi m’ont abandonné. J’ai connu des moments difficiles où des problèmes administratifs se sont accumulés avec des problèmes financiers et d’ordre privé. Ces épreuves m’ont appris la patience et m’ont appris à juger les faits avec une certaine hauteur et distance. Mis à part 4 ou 5 personnes qui m’ont rendu des services ponctuels ou m’ont soutenu (fl, ry et ri), aucune personne ne m’a aidé.
Durant ces moments de souffrance terrible où j’entendais tout le mal que disaient les corbeaux sur mon compte, je répétais inlassablement « Je sais d’où je viens et je sais où je veux aller. Quel que soit le prix que je payerai, le temps que ça prendra, les risques que je prendrais, je continuerai à avancer. Quant à ceux là, un jour ou l’autre, je réglerai mes comptes avec ».
Bilan des 3 dernières années de ma vie : « J’ai tenu toutes les promesses que j’ai faites et qui paraissaient impossibles à tenir. J’ai créé ma société avec un montage sur lequel je parie. J’ai fait le premier pas, le pas le plus difficile. Reste d’autres pas à faire.je les ferais. J’y arriverai. Aujourd’hui, je suis encore très petit, je grandirai avec le temps.
EN TUNISIE: Victime de bavure policière à 18 ans
J’avais 18 ans. C’était un samedi soir, j’étais avec des amis en train de se promener quand une personne sur une moto s’est arrêtée pour nous demander nos cartes d’identité. Surpris par l’état de la personne qui semblait en état d’ébriété, je lui avais lancé : « Qui prouve que vous êtes un flic ! Montrez votre carte de service ! ». Le flic n’a pas aimé ma réponse, il m’a pris par la main pour me conduire au poste de police soulignant qu’il allait m’apprendre « Comment on répond à un flic ! ». Réponse : « Monsieur, vous n’avez pas besoin de faire tout ce spectacle dans la rue, je suis prêt à aller avec vous où vous voulez ». A mi-chemin, devant la foule, il m’avait lancé qu’il « avait des instructions de la présidence pour faire le ménage dans la rue ». Je n’ai cru aucun mot de ce qu’il a dit, certains flics tunisiens ont l’habitude de se réclamer de la présidence. Puis, il a sorti une matraque pliable qu’il avait sur lui et je m’en suis sorti avec des gifles sans m’amener au poste.
Par malchance, mes parents étaient absents quand je suis revenu à la maison pour les informer.
Interrogeant mes amis qui m’accompagnaient sur mon adresse, la personne en question qui s’était avérée un gendarme en civil m’a envoyé un de ses amis pour mettre fin à l’incident : « Rien ne s’est passé, tu verras vous deviendrez amis ». J’ai répondu qu’il y a bien des lois en Tunisie et que j’allais porter plainte. Devant mon insistance, le second policier a changé de ton : « Tu peux avoir des problèmes ». Tant pis alors avais-je répondu. Il est parti.
Le lendemain, je me suis présenté au poste de la gendarmerie nationale avec mon père. Objectif : déposer une plainte. Les fonctionnaires à l’accueil ont invoqué toute sortes d’arguments : « Le patron est absent, le lundi il sera en déplacement, il n’y a eu aucune agression ».
Devant mon insistance, on est revenu le surlendemain. Même scénario : on nous fait attendre à l’accueil, on invente toutes sortes de discussions futiles . Ayant compris que par solidarité avec leur collège, les gendarmes de l’accueil font tout pour nous décourager, mon père s’est énervé et a exigé d’être reçu toute de suite par le patron. Chose faite. Ce dernier me demande de lui raconter tout ce qui m’est arrivé, ce que je fais en soulignant que « si cette personne voulait me faire un contrôle de papiers, pourquoi ne m’a-t-elle pas emmenée jusqu’au poste ? ». Le patron est gêné, il s’excuse et me dit que son propre fils a été parfois victime d’agression et qu’il y a des abus partout. Il appelle le supérieur hiérarchique du premier gendarme lui demandant de l’appeler à se présenter à l’instant. Après 10 minutes d‘attente, ce dernier se présente et dés qu’il me voit, il me lance « N’est-ce pas toi que nous avons arrêté ses amis pour trafic de drogue ? ». Mon père pique une crise en colère, il a compris qu’il voulait me coller une affaire de drogue pour avoir insisté pour porter plainte. Il me demande de sortir. Je ne sais pas ce qui s’est passé au bureau. Ma mère m’a informé des jours après que le gendarme est passé devant le conseil de discipline. Il n’en n’était pas à sa première agression, j’étais la troisième personne à qui il faisait ça. J’étais la goutte qui a fait déborder le vase.
EN TUNISIE: La mort de mon père
C’était un certain 23 août. A 15h, le médecin me dit que son « cas est désespéré ». A 19h, j’étais devant la maison, il y avait beaucoup d’invités chez nous. La sirène d’une ambulance retentit dans la rue, elle s’arrêta, il était 19h. Deux infirmiers portèrent le corps de mon père.
Un membre de la famille vient me voir : « écoute Sami, ton frère ainé et toi, vous êtes maintenant les hommes de la famille, il faut que tu tiennes le coup. Ton père est mort. Dieu a voulu ainsi »
J’ai passé une nuit seul. Je ne voulais pas recevoir la moindre condoléance. La seule idée qui me tourmentait, c’est « S’il y a eu une erreur médicale, il faut que justice soit faite. Jusqu’au dernier jour de ma vie, je ne renoncerai pas à cette idée. Si je ne défendais pas mon père, qui défendrais-je ? Si je me tais pour mon père, et bien demain, je pourrais me taire pour ma mère, ou mon frère. Ça serait quoi la vie ?
Aux lendemains de la mort de mon père, il m’a fallu quelques jours pour comprendre toute l’hypocrisie humaine qui marque les uns et les autres. Durant des années, les circonstances de sa mort m’ont traumatisé.14 ans après, je n’ai pas compris sa dernière phrase avant sa mort : « Je ne veux pas de problèmes avec l’administration » ! Comment peut-on mourir suite à une opération d’appendicite ?
Depuis, j’ai vécu en rupture totale avec toute ma famille qui ne cessait de me dire : Mektoub ! N’es-tu plus croyant ? Laisse ton père se reposer en paix. Et je leur disais, la religion serait-elle devenue un habit de l’injustice, un appel à la démission et pour se taire ? Tous savent pourtant que je ne fais que dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Il reposera en paix quand justice sera faite. S’il y a eu une erreur médicale, d’abord il faut la reconnaître et que les lois soient appliquées.
Un mois après la mort de mon père, devant les tracasseries administratives, mon idée était arrêtée : il faut que je parte ailleurs. Je suis parti des années après. Le jour où j’ai publié l’histoire de mon père était un jour de revanche symbolique pour moi contre toutes les personnes qui m’ont découragé de le faire durant des années.
Aujourd’hui que l’histoire de mon père est consultable sur ce blog et que j’ai osé afficher sa photo, sa mort n’est plus un sujet tabous dans la famille comme elle l’était durant des années. La famille me fait moins de « reproches », à vrai dire je ne me suis jamais senti « concerné » par leur reproches : ils sont libres et je le suis aussi. Durant ces années, personne ne m’a encouragé fut-ce avec un mot, j’en avais pas besoin, j’ai appris à compter sur moi même et ne rien attendre de personne.
Aux lendemains de la publication de mon témoignage :Parcours d’un juge, feu Mohamed Ben Abdallah : Servir la République et mourir «injustement », des personnes qui se « prétendent être…. » qui « prétendent avoir …. » ont reproché à un membre de ma famille ce que je fais. « Il n’aurait jamais dû publier tout ce qu’il a écrit ». Ces « conseils » et ces « reproches » m’ont été rapportés. Pas de réactions de ma part, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Si je faisais attention à tout ce qu’on me disait ou a tout ce que certains disent sur mon compte, je ne serais pas sorti de l’auberge. Moi, j’ai appris à agir. J’ai promis à mon père devant sa tombe de faire tout mon possible pour le défendre quitte à prendre tous les risques. Je l’ai fait. Je ne regrette rien et si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose. C’était quand même mon père.

Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani






