11 novembre 2008
Ben Ali, l'énigme? : Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie
Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com
"Cette Tunisie, qui se relève et constate son redressement apprend à respecter et à aimer son raîs. Elle ne tarde pas à développer un culte de la personnalité que Ben Ali, personnellement gêné, laisse passer et qui aujourd’hui, lui est reproché. Outre les explications culturelles de l’attachement au chef, il y a la profonde timidité de l’homme du 7 novembre qui n’ose pas aller à l’encontre de ses concitoyens et qui, sans se l’avouer, est flatté par cette ferveur populaire".
Extrait de « Ben Ali et ses faux démocrates », François BECET, p 32, Editions PUBLISUD, octobre 2004.Retranscris par SBA qui vous recommande d’acheter le livre. Francois BECET est journaliste à l’ALSACE où il a longtemps dirigé les services politiques. Spécialiste des questions internationales, il a effectué de nombreux séjours en Tunisie et a pu suivre l’évolution du pays
Question : Monsieur le Président, je crois que vous n'aimez pas parler...
Réponse : Ni parler ni me produire en public ou à la télévision. Il faut s'adapter car j'ai été formé dans le culte de la discrétion et de l'efficacité. Cela rejoignait d'ailleurs mon tempérament.
Question : Cette formation, c'est celle de l'armée et du renseignement ?
Réponse : Je vais aller, pour une fois, au-devant de ce que votre question implique, à savoir le caractère plus ou moins militaire du renouveau politique tunisien. Je faisais mes études de droit lorsque le parti socialiste destourien m'a désigné, en même temps que quelques autres, dont deux sont ministres dans le gouvernement actuel, pour préparer Saint-Cyr. C'était en 1956, l'indépendance était acquise mais l'armée était à créer. Nous avons été très fiers qu'on nous confie la mission de constituer les cadres de la première armée tunisienne de notre jeune Etat. Mais il faut que vous sachiez que depuis 1974, c'est-à-dire depuis maintenant quatorze ans, je n'appartiens plus à l'armée, et c'est cela la vraie réponse à votre question.
Question : Mais vous avez tout de même gardé, sans doute, certaines des valeurs que vous a enseignées l'armée ?
Réponse : En effet, notamment un esprit de civisime sourcilleux au service de la République et de ses lois. J'ai la réputation d'être légaliste. Cette réputation est justifiée.
Interview accordée par le Président Zine El Abidine Ben Ali à l'hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » (parue dans l'édition du 9-15 septembre 1988)
Ben Ali par François Bécet
Extrait de « Ben Ali et ses faux démocrates », François BECET, p 30 et suivantes, Editions PUBLISUD, octobre 2004.Retranscris par SBA qui vous recommande d’acheter le livre.Francois BECET est journaliste à l’ALSACE où il a longtemps dirigé les services politiques. Spécialiste des questions internationales, il a effectué de nombreux séjours en Tunisie et a pu suivre l’évolution du pays
« Qui est cet homme qui invite le pays à la renaissance ? En ce matin du 7 Novembre [1987], bien peu le connaissent. Ils savent qu’il a été nommé Premier ministre un mois plus tôt et qu’il a un passé militaire . Quelques-uns sont en mesure d’ajouter que c’est un technicien de l’ordre et qu’il venait de rentrer à Tunis comme directeur de la Sûreté nationale, après trois ans passées à Rabat comme ambassadeur, quand le « jeudi noir » fit, le 26 janvier 1978, au moins 100 morts parmi les syndicalistes qui manifestaient contre le pouvoir. Des morts tombés sous les balles des militaires.
Né le 3 septembre 1936 dans une famille modeste à Hammam-Sousse, Zine suivra des études classiques au lycée de Sousse. Un de ses condisciples, qui l’a côtoyé plus tard dans l’armée, m’a raconté qu’il avait participé à quelques manifestations anticoloniales et à quelques actions du même type à l’intérieur du lycée. Cela lui vaudra quelques jours «à l’ombre ».
Le Néo-Destour le place sur sa liste d’élèves méritants qui sont envoyés au stage à l’école militaire de Saint-Cyr d’où il sort avec un premier diplôme. D’autres suivront, ainsi qu’une formation à la sécurité et aux renseignements, après l’indépendance, aux Etats-Unis où l’a envoyé son beau père.
Zine El Abidine Ben Ali est aussi ingénieur électricien et son ancien condisciple se souvient de la manière dont il bricolait et améliorait les transistors. Ce penchant pour les nouvelles technologies explique aussi son intérêt pour l’informatique, surtout pour le Mac…
Après avoir servi dans les rangs des casques bleus au congo- mais il n’a jamais participé à des opérations de combat- le jeune Ben Ali crée la sécurité militaire, puis occupe des postes d’attaché militaire au Maroc et en Espagne.
Homme de l’ombre, inconnu du grand public, Ben Ali dérange quelque peu le pouvoir bourguibien tant il sait de choses et, en avril 1980, le président à vie, qui commence à se méfier de tout et de tout le monde, l’envoie à Varsovie. Une disgrâce diplomatique…
Il n’en reviendra qu’en 1984, après « les émeutes du pin ». Directeur de la sûreté nationale, sous-secrétaire d’Etat, puis ministre de l’intérieur en mai 1987, il est promu au premier ministère, le 2 octobre de cette même année, sans qu’il ait vraiment songé à entreprendre une carrière politique. Cependant, il avait déjà pris conscience de la catastrophe vers laquelle Bourguiba conduisait le pays et envisageait de prendre ses responsabilités, comme le lui permettait la constitution, afin de préserver le pays.
Ben Ali, un pragmatique par François Bécet
Extrait de « Ben Ali et ses faux démocrates », François BECET, p 35 et suivantes, Editions PUBLISUD, octobre 2004.Retranscris par SBA qui vous recommande d’acheter le livre.Francois BECET est journaliste à l’ALSACE où il a longtemps dirigé les services politiques. Spécialiste des questions internationales, il a effectué de nombreux séjours en Tunisie et a pu suivre l’évolution du pays
Ben Ali n’est pas un dictateur comme s’emploient à faire accroire ses détracteurs, mais un pragmatique bien au fait des réalités du monde qui l’entoure et qu’il tente de ne pas en être le prisonnier, mais au contraire de composer avec lui pour tenter de préserver son pays. Dans cette bataille de tous les instants pour maintenir et accroître le rythme du développement économique et social de son pays, dans un environnement international fortement concurrentiel, peut-être n’accorde-t-il pas la même importance au volet politique, peut être ne règle-t-il pas la machine démocratique à la vitesse espérée par certains de ses compatriotes….
Comment fonctionne donc cet homme qui sait à la fois être en avance dans sa vision de l’avenir et semble moins pressé en ce qui concerne les libertés accordées à ses concitoyens ?
Les photos, que l’on voit pratiquement chaque jour à la Une des quotidiens, en haut à gauche, et qui représentent le président recevant l’un de ses ministres ou le premier d’entre eux, traduisent en partie la manière dont le président travaille.
Ceux qui le connaissent affirment qu’il n’a jamais changé de méthode et qu’au palais de Carthage, il travaille exactement comme dans son ambassade à Varsovie. D’abord définir l’objectif, ensuite étudier la situation, recevoir, écouter, étudier, analyser, puis décider de ce qui est faisable, réalisable et s’y tenir. Un pragmatisme allié à une volonté sans faille.
Dans sa démarche, le président cherche toujours le consensus. Si l’impulsion vient de la base, c’est-à-dire celle du RCD, les débats s’organisent localement au niveau des gouvernorats et remontent avant d’être discutés dans les cercles du pouvoir. Quand l’objectif est defini au palais, des forums de discussions permettent de recueillir dans tout le pays des avis divers avant, là aussi, de remonter à Carthage.
Qualité ou défaut, Ben Ali a un sens profond de l’amitié qui le pousse à faire confiance, à ne pas se méfier. Ses adversaires, et même quelques partisans, estiment que des personnes à qui le président a fait confiance en ont abusé en commettant des actes répréhensibles. Vrai ou faux ? difficile de vérifier en l’absence de faits probants.
Les photos qui trônent à la une montrent aussi que la Tunisie vit dans un total régime présidentiel. Tout remonte au président, tout se décide dans son bureau, les petites nominations comme les décisions engageant l’avenir du pays. Un processus à double face.
Si le président reste silencieux, rien ne bouge, aucun responsable, fut-il ministre, n’osant décider, prendre une initiative, bouger. Ainsi, lors de l’été 2001, Ben Ali a fustigé des ministres qui se contentaient de poser des dossiers sur son bureau et d’attendre sa décision au lieu d’agir. Mais il les a laissés en place. Ainsi les travaux de rénovation de l’avenue Bourguiba à Tunis. Au grand dame des riverains, des automobilistes et donc de tous les tunisois, le chantier n’avançait guère, mais une visite présidentielle a suffit pour que les ouvriers se multiplient et mettent du cœur à l’ouvrage. le maire de Tunis, critiqué, avait, lui, échoué sans sa tentative d’accélérer les travaux…
Un président méticuleux qui ne peut malheureusement tout faire, et un système qui peut donc se gripper si le palais ne réagit pas. Même le plus grand travailleur ne dispose que de 24 heures par jour et il devrait pouvoir compter sur des collaborateurs qui assument leurs responsabilités et ont le sens de l’initiative.
Les discours tiennent une place importante, centrale dans l’art « benalien » de gouverner. Du 1 janvier au 30 août 2004, il en a prononcé 29 ; 46 en 2003, 32 en 1995. La plupart du temps, ils sont construits sur le même schéma : le rappel de ce qui a été fait, l’état des lieux et le programme à appliquer, les échéances. Ainsi, le chef de l’Etat donne à son gouvernement et à son parti la feuille de route, la marche à suivre. Ensuite, lors de ses rencontres quotidiennes avec le Premier ministre ou des ministres, il s’enquiert de l’avancement des travaux, des problèmes éventuels et précise ses directives. une manière d’agir qui éclipse trop les travaux des députes qui travaillent vraiment et débattent, une ombre élargie par la presse qui, contrairement aux souhaits présidentiels, ne rend pas assez compte de leurs débats, estimant peut-être que tout est déjà joué.

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France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani







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