18 novembre 2008
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987 (2)
Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com
Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie
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Le MTI désigne dans le texte : le Mouvement de la Tendance Islamique. Ce dernier (Selon l’islamologue François Burgat ) a donné naissance à :
En Nahdha,
Au groupuscule appelé «parti de la libération islamique » : Il s’agit de la section tunisienne du parti (international) de libération islamique (pli).
Au groupuscule appelé : « Le jihad islamique »
A un groupuscule « pro-iranien »,
A la Gauche islamique : « les islamistes progressistes (appelés aussi 15-21) »
Extrait de « Le syndrome autoritaire :Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali », Presses de Sciences po, Vincent Geisser, Michel Camau, septembre 2003, Page 302. Extrait Retranscrit par SBA qui vous recommande d’acheter le livre.
Michel Camau, Professeur des Universités anciennement, directeur de recherche au CNRS. Cliquez ici pour visiter sa page web.
Vncent Geisser, (pasociologue et politologue français, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM/CNRS), enseignant à l’Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence , est l'auteur de plusieurs essais.
Vincent Geisser est aussi un conférencier et intervient parfois sur les plateaux télévisés. Il est également directeur de la publication de la revue "Migrations sociétés", éditée par le CIEMI (Paris).
Page 302
«Les mouvements du scoutisme, les organismes sociaux gérant les colonies de vacances, la société tunisien, ne de gaz et d’électricité (steg), le ministère de l’agriculture, la police et l’armée auraient été largement infiltrés par le MTI (Mouvement de la Tendance Islamique)
qui a développé un véritable «plan de carrière » pour ses membres et ses sympathisants. C’est ainsi que les comités sectoriels du mti (présents dans chaque ministère mais clandestins(dans chaque ministère, le mti puis En Nahdha disposaient d’un comité plus ou moins clandestin) intervenaient directement dans les promotions et les mutations professionnelles, orientant les acteurs selon les intérêts stratégiques du mouvement, bien que ces «orientations » n’aient jamais revêtu un caractère contraignant (selon Salah Karkar, «le MTI (Mouvement de la Tendance Islamique) n’a jamais obligé personne à accepter ou à refuser un poste. C’étaient juste des conseils : certaines fois, les gens suivaient, d’autres fois, il n’en tenaient pas compte. Ce n’était pas une obligation ! » entretien avec les auteurs, août 2002 .
Extrait de « Le syndrome autoritaire :Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali », Presses de Sciences Po, Vincent Geisser, Michel Camau, septembre 2003, Pages 291-292-293. Extrait retranscrit par SBA qui vous recommande d’acheter le livre.
Pages 291-292-293
L’obsession du légalisme et ce rejet catégorique du terrorisme urbain ou du repli sur les maquis font-ils pour autant du mti et de son successeur En Nahdha des organisations pacifistes, ou du moins, des adeptes d’une violence limitée à la survie, ce que François Burgat range sous la catégorie de la « contre-violence préventive » doit-on, au contraire, souscrire à la thèse avancée par certains auteurs, selon laquelle la violence serait un trait constitutif des mouvements islamistes témoignant d’une « donnée remarquablement permanente, dans ses objectifs et dans ses moyens, depuis l’aube de l’intrusion dans le monde arabe de l’Europe industrielle » ?
En fait, aucune des deux thèses ne nous paraît pleinement satisfaisante. La première, celle de François Burgat, reste trop prisonnière du discours des acteurs qui tendent à s’inscrire dans une posture de «victimisation », légitimant l’usage de la violence comme «simple réponse » à la répression du régime. On sait, depuis le recueil de nouveaux témoignages, que la question de la violence a suscité des débats contradictoire au sein de la mouvance islamiste tunisienne.
Certains parmi les militants autrefois les plus radicaux reconnaissent aujourd’hui la tentation du recours à des moyens extralégaux dans une perspective de pression ou de renversement du régime. A ce titre, il est difficile d’admettre qu’un projet de Coup d’Etat, comme celui prévu pour le 8 novembre 1987 (un jour après celui de Ben Ali), qui nécessita de longs préparatifs (plusieurs mois) et impliqua de très nombreux acteurs civils, militaires et policiers
(le «groupe securitaire » il s’agit d’un groupe composé de militants Nahdaouis, de militaires et de policiers membres ou sympathisants du mouvement chargé de préparer le projet du coup d’Etat et d’excepter le plan prévu pour le 8 novembre. L’existence de ce groupe était, semble-t-il, connu des principaux dirigeants du parti En Nahdha, Rached Ghannouchi et Abdelfattah Mourou), puisse relever uniquement de la catégorie de la « violence preventive ». sans doute s’agissait-il, au départ, de renverser Habib Bourguiba pour sauver les têtes des leaders islamistes condamnés à mort lors du procès d’août - septembre 1987.
Mais comment ne pas penser que certains responsables du mouvement y voyaient aussi un moyen d’accéder au pouvoir seuls ou dans le cadre d’une large coalition gouvernementale (stratégie de front national) ? Toutefois, on ne saurait considérer la violence comme un trait substantiel du fondamentalisme en général et de l’islamisme tunisien en particulier. Sur ce plan, nous rejoindrons plutôt François Burgat quand il affirme que, «contrairement à une image répandue, le recours à la violence est resté relativement marginal dans les modes d’action du courant islamiste » et qu’il «est demeuré pour l’essentiel dans les limites connues des pratiques partisanes ». En ce domaine, les islamistes tunisiens ne s’inscrivent pas dans une trajectoire exceptionnelle. Ils partagent la même ambivalence à l’égard de l’usage de la violence que les autres acteurs politiques tunisiens et notamment que leurs devanciers « du Néo-Destour."
Cette ambivalence relève aussi du tabou suprême, dans la mesure où les islamistes tunisiens auraient plutôt tendance à refouler et à effacer la violence de leur histoire officielle.
Ainsi, en 1998, Rached Ghannouchi soutenait : « En Nahdha n’a pas répondu à la violence par la violence. La répression qui s’est abattue sur nous ne nous a pas fait dévier de notre stratégie démocratique. En Nahdha est restée unie et a continué à appeler au dialogue et à la réconciliation, y compris avec ceux qui ont appelé et organisé sa répression. Nous n’avons pas répondu à l’exclusion par l’exclusion, à la répression par la répression, mais à celle-ci par l’appel au dialogue et à la réconciliation ».
Les dirigeants d’En Nahdha en exil à Londres et à Paris refusent toujours de reconnaître ouvertement l’existence d’un « groupe sécuritaire » (il s’agit d’un groupe composé de militants Nahdaouis, de militaires et de policiers membres ou sympathisants du mouvement chargé de préparer le projet du coup d’Etat et d’excepter le plan prévu pour le 8 novembre. L’existence de ce groupe était, semble-t-il, connu des principaux dirigeants du parti En Nahdha, Rached Ghannouchi et Abdelfattah Mourou) interne au mouvement de la tendance islamique (MTI) et son implication dans le projet du coup d’Etat du 8 novembre 1987, version qui a pourtant ete corroborée par les nombreux témoignages de militants et en particulier par Salah Karkar, à l’époque président en exercice du mouvement.
A l’instar de l’attitude du Néo-Destour par rapport à ses méthodes de mobilisation et d’élimination de ses adversaires pendant le protectorat et lors de la répression anti-youssefiste, la mouvance islamiste tunisienne développe une forme de révisionnisme historique à l’égard de ses propres «faits de guerre ». Elle préfère mettre en avant son gradualisme, voire même son sens de la tempérance, que le culte de ses héros et ses moujahidines.
A cet égard, nous ne sommes pas en présence d’un imaginaire politique de la violence tel qu’il a été analysé par Luiz Martinez à propos des acteurs algériens, mais davantage d’un imaginaire irénique qui participe une fois de plus de ce mythe de la tunisiannité, où le compromis et la négociation font figure de principes fondateurs du pacte politique au mépris des réalités socio-historiques.
11:52 Publié dans La Tunisie sous le Président Ben Ali, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Tunisie,procès politiques contre les islamistes, Tunisie: Le changement du 7 Novembre 1987, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nahdha, 7 novembre, tunisie, salah karkar, rached ghannouchi, islamiste tunisie, blog tunisie

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Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani







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