17 décembre 2008

Torture dans les pays arabes : Cette plaie coloniale qui saigne…

 

Mercredi 17 Décembre 2008

 

 

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Les photos ci-dessous sont des captures d’écran du film : Algérie - La Question Heynemann - Torture Et Guerre D’Algérie.

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un film de Laurent Heynemann d’après l’oeuvre d’Henri Alleg
(108 min., Fr, 1976)

Avec :
Jacques Denis
Nicole Garcia
Jean-Pierre Sentier...

Adapté du récit d’Henri Alleg, l’ancien directeur du journal Alger républicain, où celui-ci relate son arrestation, sa séquestration et l’expérience de la torture dans un casernement de l’armée française durant la guerre d’Algérie, La Question évoque notamment la disparition du mathématicien et militant communiste Maurice Audin.

À cause de certaines scènes jugées attentatoires à l’image de l’armée française en Algérie, le film construit autour de la condamnation de la torture fut interdit aux moins de 18 ans par Michel d’Ornano, alors ministre de la Culture.

Sa sortie en 1977 provoqua un tel tumulte que le film fut rapidement retiré des salles.


 

 

 

 

 

A lire les rapports sur les droits de l’Homme dans la plupart des pays arabes, on ne peut malheureusement que se rappeler le film «Algérie - La Question Heynemann - Torture Et Guerre D’Algérie » et «la politique du mensonge ».

 

Les techniques de torture utilisées par une partie de l’armée française dans ses colonies sont les mêmes méthodes utilisées aujourd’hui dans la plupart des pays arabes :

 

Gégène (torture à l’électricité), poulet rôti, technique du balançoire, technique du chiffon mouillé qui provoque des sensations d’étouffements…etc. y compris la technique des procès verbaux « antidatés » pour respecter les délais légaux (la personne est arrêtée et torturée durant des jours. Mais le procès verbal sera anti-daté en fonction de la date de présentation au juge. Ainsi, la durée «légale » de détention est «théoriquement » respectée) ou la négation de la présence de « prisonniers politiques » comme c’était le cas pour Henri Alleg (les autorités militaires françaises en Algérie ne reconnaissaient pas la qualité de « prisonnier politique » à leurs adversaires qui étaient considérés comme des « terroristes » ou jugés selon des chefs d’inculpation relevant du droit commun (« association de malfaiteurs »…etc).

 

Gégène (torture à l’électricité)

 

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La technique du chiffon mouillé qui provoque des sensations d’étouffements

 

 

 

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Ils laissent l'eau couler, ce qui provoque des sensations d'étouffements

 

 

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la technique du balançoire

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La position du poulet rôti

 

 

 

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Les tortionnaires niaient tout en bloc

 

A sa sortie de prison, Henri Alleg présente une plainte contre ses tortionnaires. Scène surréaliste, lors d’une confrontation avec le commandant qui ordonnait sa torture, celui-ci nie tout en bloc : «  c’est un tissu d’inventions » dit-il. Et d’ajouter  en réponse à la question : «  vous n’avez pas exercé de sévices contre le plaignant ? pas d’électricité ? pas d’eau ? même pas de gifle ? ». Réponse : « Non pas même une gifle. Comme Monsieur [ le plaignant] ne voulait pas repondre à nos questions, nous l’avons enfermé dans une pièce ». Les cinq adjoints du tortionnaire soutiendront la même thèse : «  le plaignant ment ! nous ne l’avons pas torturé ». Quant aux journalistes qui ont rapporté les détails des tortures? Réponse officielle : « ils ont tellement d’imagination ! »

 

La torture ? politique « systématique » ou « cas isolés » ?

 

Sur le plan de l’argumentation, on retrouve exactement les mêmes « arguments » employés aujourd’hui par la majorité des pays arabes. Il faut rappeler qu’au moment où une partie de l’armée française pratiquait la torture, « les politiques » et l’armée » s’en prenaient aux journaux libres qui évoquaient la torture, en soulignant que « la torture n’est pas pratiquée d’une façon systématique mais qu’il s’agissait de cas isolés ». Aussi bien le Général Massu, que Robert Lacoste que Guy Mollet ont couvert la torture en niant dans le temps qu’elle était pratiquée.

A propos du procès du journaliste Henri Alleg, ce dernier sera condamné à 10 ans de prison pour «atteinte à la sûreté publique » et «association de malfaiteurs » parmi tant d’autres chefs d’inculpations. Une parodie de justice. Il sera libéré plus tard sous la pression des médias.

Dans la plupart des pays arabes, on retrouve malheureusement ces chefs d’inculpation : « association de malfaiteurs », «atteinte à la sûreté de l’Etat » ou «diffusion de nouvelles de nature à troubler l’ordre public »…

 

La morale au-dessus des ordres

 

Il a fallu des français courageux comme Henri Alleg, auteur de la Question, des militaires honnêtes comme le Général Jacques Paris de Bollardiere (Le général le plus décoré de l’armée française) qui a désobéit aux ordres du Général Massu et a dénoncé la torture (car il plaçait la morale au dessus des ordres), des intellectuels indépendants pour que l’opinion publique française soit alerté et qu’elle dénonce à son tour ses méthodes d’un autre temps.

 

C'est ainsi que Ainsi la France s’est débarrassée de la torture.

Dans la plupart des pays arabes où la torture y encore présente, la «question » demeure posée

 

 

Lire aussi:

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Cliquez ICI pour lire la suite.

 

 

 

Tunisie1.JPGCes mêmes techniques de torture ont été utilisées par exemple contre l'extrême gauche tunisienne. Avant 1956, c'était des " le pouvoir colonial français" qui torturait "les Tunisiens". Après l'indépendance, ce sont des Tunisiens qui torturaient d'autres Tunisiens en utilisant les mêmes méthodes des français

 

 

 

 

Lire par exemple:

 

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Le cinéma de Nouri Bouzid et le syndrome autoritaire en Tunisie.Cliquez ICI

La naissance de la police politique en Tunisie. Cliquez ICI

La Tunisie sous Bourguiba: Un Etat "moderne" ou un Etat "Policier".Cliquez ICi

L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani. Cliquez ICI

l'Histoire interdite de la Torture en Tunisie, l’expérience de la torture sous Bourguiba.Cliquez ICI

Taib Mhiri : l’Oufkir Tunisien. Cliquez ICI

 

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