17 mars 2009
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin


Il était 2h du matin, on était -un ami et moi même- loin de 80 km de Paris et on s'apprêtait à rentrer. Les gendarmes nous arrêtent pour un banal contrôle de papiers. Tout est en règle sauf une chose: j'ai vraiment oublié de changer la plaque d'immatriculation de la voiture. La loi me donnait un délai de 2 semaines pour le faire. J'étais à mon quatrième mois.
Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Au bureau du gendarme, ce dernier m'explique les conséquences qui peuvent aller jusqu'à la confiscation de la voiture et la comparution devant le procureur.
- Et comment allons-t-on rentrer à Paris Monsieur le gendarme, à 2h du matin (l'assistance de l'assurance ne couvre pas ce genre de problèmes) sachant qu'on est à la campagne?
Le gendarme me dit que comme c'était de ma faute, je devais assumer.
Des 3 gendarmes, le premier était plus compréhensif que le second, quant au troisième, il était ni pour ni contre.
Le gendarme commence à rédiger le procès verbal. J'ai donné ma version des choses pour expliquer les raisons de mon retard.
- Que voulez-vous qu'on fasse maintenant m'interroge-t-il? "
-Appliquons la loi Monsieur, vous voyez bien que je me serve de la voiture car je déménage.
-Quelle est votre nationalité?
-Tunisienne
Il me regarde longuement puis me dit:
- Je ne vais pas vous confisquer votre voiture et la loi me permet de vous donner un délai de quelques jours pour changer la plaque d'immatriculation. Je vous donne le fax du poste de la gendarmerie ainsi que le numéro de téléphone. Dés que vous le faites, vous nous faxer le justificatif et le procureur classera l'affaire.
- Et pourquoi vous le faites Monsieur le gendarme?
-Car la loi me le permet et puis je vois bien que vous êtes -ainsi que votre ami- des Messieurs qui méritaient du respect et que vous êtes de bonne foi.
Le gendarme continue à rédiger la déposition puis me la tend pour la relire et la signer.
-Monsieur le gendarme, je souhaite ajouter une phrase. Je souhaite ajouter que je vous remercie.
Le gendarme rédige un remerciement et me tend de nouveau la déposition pour que la signe. Ses deux autres collègues étaient aussi présents au bureau alors que mon ami m'attendait à l'accueil.
Je lis le remerciement.
- Monsieur, Non, je ne veux pas remercier vos deux collègues. Ils ne se sont pas montrés compréhensifs. C'est vous uniquement que je veux remercier. Faites cette précision et je signe. Un des deux autres gendarmes me regarde longuement mais je me montre ferme. La précision est faite. Je signe, je récupère ma voiture et on part.
Le surlendemain, c'est le premier gendarme qui m'appelle au téléphone:
- Bonjour, avez vous changé la plaque d'immatriculation, je souhaitais que vous me le confirmiez pour que je classe l'affaire".
- "Oui. Monsieur et je vous ai faxé le justificatif il y a quelques minutes. Il me souhaite une bonne journée et il raccroche".
Je vis en France depuis quelques années et c'était la première fois que j'entre dans un poste de gendarmerie et je me retrouve seul en face de 3 gendarmes à 2h du matin. Au poste de la gendarmerie, j'ai promis au responsable d'évoquer ce fait divers sur mon Blog tout en évitant de préciser les dates et les noms et prénoms des gendarmes.
En six ans, je n'ai eu qu'un seul contrôle de papiers. Et encore, j'étais assez tendu avec le policier en lui rappelant qu'il n'avait même pas le droit de me demander ma carte de résident car cela ressemblait à un contrôle au faciès qui est interdit par la loi, que je refusais d'accepter la moindre fouille humiliante et que je refusais d'ouvrir mon cartable suite à sa demande:
"Moi, je vous dis qu'il y a des livres. Si la loi vous autorise à ouvrir mon cartable, faites le, moi je ne l'ouvre pas".
Dans le temps, il avait pris la chose avec cynisme en me souhaitant la bienvenue en France et me disant :
-"N'oubliez jamais qu'ici, on vous traite mieux que dans votre propre pays".
J'étais parti en colère contre lui et contre moi-même......
Le matin, j'étais à la poste pour envoyer une carte postale au responsable du poste de la gendarmerie. J'ai écris:
"ci-joint le lien de mon Blog. Vous savez? la nuit en question j'ai encore aimé la France et je respecterai toujours ce pays tant qu'il me respecte. Je vous remercie beaucoup pour votre compréhension. Vous m'excuserez si j'ai relaté cette affaire sur mon Blog, j'ai voulu le faire pour vous témoigner toute la reconnaissance que je vous porte. Je vous ai promis de vous envoyer une carte de remerciement. Sami Ben Abdallah. Un Tunisien en France"
13:59 Publié dans Souvenirs d’un Tunisien en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sami ben abdallah

Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani






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