15 mai 2009

L’Ex Ministre de l’Education en Tunisie a été torturé dans les locaux de la police politique sous Habib Bourguiba

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Mohamed Charfi - qui a occupé le rang de ministre de l’éducation durant 5 ans entre 1989 et 1994

 

 

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Feu Mohamed Charfi

 

Comme l’a  précisé  feu Mohamed Charfi à la page 103 de ses mémoires, la vague de répression  a commencé le 20 mars 1968, date qui célèbre la fête de l’indépendance en Tunisie. Sacrée indépendance  où avant cette dernière, c’étaient les colonisateurs français qui torturaient des Tunisiens et après cette dernière, c’étaient des Tunisiens qui torturaient d’autres Tunisiens au nom de cette même indépendance !

 

 

Echappant à la police parallèle dirigée par l’ancien Ministre Mohamed Sayah (les milices du Parti Socialiste Destourien qui terrorisaient les Tunisiens en arrêtant des opposants en toute illégalité et en les torturant), feu Mohamed  Charfi a été arrêté par la police (du moins officielle).

 

Alors qu’il enseignait le droit à la faculté des sciences juridiques de Tunis et n’avait  pas encore 32 ans, il a été  emprisonné et torturé comme  plusieurs centaines de jeunes tunisiens qui formaient le Mouvement Perspectives ( Le mouvement d’extrême gauche sous Habib Bourguiba).

 

En 1968, Béji Caid Essebsi était le Ministre de l’intérieur, Tahar Belkhoja, le Directeur général de la Sureté, Mohamed Ali Gasri, le directeur de la Direction de la Sureté d’Etat (la brigade de la police politique)…

 

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Béji Caid essebsi, Mohamed Sayah, Tahar Belkhoja

 

 

 

40 ans après les faits, Tahar Belkhoja, Béji Caid Essebsi , Mohamed Sayah ont publié leurs mémoires…Cependant, personne d’eux  n’a eu le courage politique de se rappeler de la torture qu’il cautionnait quand il était au pouvoir.

 

Feu Mohamed Charfi a relaté dans ses mémoires, les séances de torture font il fut victime…

 

 

[Page 108.« Mon combat pour les Lumières », de Mohamed Charfi, Zellige, France, 2009, préface de Bertrand Delanoë. ( l’ouvrage date de janvier 2008 comme est précisé à la page 286, feu Mohamed Charfi est décédé le 6 juin 2008, paix à son âme)]

 

 

Un quart d’heure après, la menace est mise à exécution. On apporte le matériel de ce qu’on a appelé plus tard le « supplice de l’hélicoptère » ou du «  poulet grillé » et on m’ordonne de me déshabiller. Je refuse. C’est alors que trois flics se sont mis à me battre, d’abord à coup de poing et  de pied, puis deux me tenant collé au mur et l’autre me frappant avec un bâton. J’ai reçu des coups sur l’ensemble du corps, cela me faisait de plus en plus mal, mais je supportais encore. Quand j’ai reçu des coups de

 

 

[Page 109.« Mon combat pour les Lumières », de Mohamed Charfi, Zellige, France, 2009, préface de Bertrand Delanoë. ( l’ouvrage date de janvier 2008 comme est précisé à la page 286, feu Mohamed Charfi est décédé le 6 juin 2008, paix à son âme)]

 

 

bâton sur le visage, cela m’a fait très mal, notamment un mal de tête terrible ; je me sentais sur le point de m’évanouir. Dés lors, je me suis mis à me protéger le visage avec mes mains, mais ces dernières, après avoir reçu des dizaines de coups, me brulaient à un degré insupportable. Quand j’ai réalisé qu’elles étaient ensanglantées, j’ai commencé à envisager de parler, car j’en pouvais plus. Je pense qu’on ne peut trouver en soi suffisamment d’énergie pour résister davantage que lorsqu’on a de véritables secrets à protéger. Or ce n’était  pas mon cas, puisqu’on ne me demandait que de confirmer ce qu’ils savaient. Au bout d’un moment qui m’a semblé très long, mais que, honnêtement, je ne peux pas évaluer, j’ai donc dit que j’allais parler.

 

Dés ce mot, les tortionnaires se sont arrêtés de me battre et sont partis, deux autres policiers qui se voulaient aimables sont venus. J’étais dans un piteux état ; ils m’ont apporté un sceau d’eau pour me laver les mains et le visage, une chaise, des mouchoirs, un verre d’eau et un café. Ils voulaient m’interroger immédiatement. J’ai demandé une heure de répit, elle m’a été accordée. Je l’ai mise à profit pour panser mes blessures, reprendre mes esprits et me rappeler tout ce que les policiers m’avaient déjà dit qu’ils savaient.

Les policiers étaient tellement pressés de savoir ce que j’allais dire qu’ils se sont mis à trois, l’un posant les questions, l’autre transcrivant intégralement mes propos sans mise en forme ni frappe à la machine, tout cela sous la surveillance d’un troisième, le chef des tortionnaires, Hassen  Abid. Je me suis évidemment contenté du strict minimum. Je suis certain que je ne leur ai donné aucune information, même de détail, qu’ils ne connaissaient déjà, d’après ce qu’ils m’avaient dit. J’ai eu la chance de n’avoir pas été arrêtés parmi les premiers. La police avait commencé par l’interrogatoire de certains militants de base, qui ont été battus, ont subi « l’hélicoptère » et ont dû souffrir énormément pour chaque fait qu’ils révélaient.

 

 

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Tunisie torture :

 

 

L’ex chef de la police politique dirigeait les tortures en personne

 

 

 

 

 

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Lire aussi:

 

La Tunisie sous Bourguiba:

"La torture se faisait au bureau du Ministre de l'intérieur

et en présence du Ministre"

 

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Pour la première fois en Tunisie, un ancien prisonnier politique accuse nommément  un ancien ministre de l'intérieur d'avoir assisté à la torture d'un opposant. 

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