03 novembre 2009
La torture en Tunisie

Précision :
Tous les témoignages (liste non exhaustive) ci-dessous sont extraits d’ouvrages parus en Tunisie et qui sont vendus dans les librairies tunisiennes. Il suffit de les acheter et de les lire. La mise en ligne de ces extraits est faite à titre indicative, l’achat des ouvrages est fortement recommandé.
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Brisez le mur du silence..surtout pour ceux et celles de ma génération qui ne savaient pas ce qu'était la Tunisie sous Habib Bourguiba....l'histoire de la Tunisie doit être connue et comprise par tous ceux qui se considèrent Tunisiens et tunisiennes car "Ceux qui ne comprennent as leur histoire sont condamnés à la revivre"...

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19:04 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : torture tunisie
02 octobre 2009
Tunisie: Le supplice de la bouteille

Source de la vidéo www.misrdigital.blogspirit.com/. On voit le supplice de la bouteille. Le supplice connu de la « bouteille » : faire asseoir la victime sur une bouteille(dit aussi supplice du Coca ou du Pepsi car le responsable au Ministère de l'intérieur vous demande si vous voulez prendre un café ou un Coca...etc)
Il est à rappeler que le supplice de la bouteille a été largement utilisé par une partie de l’armée française en Algérie (et il va de soi au Maroc et en Tunisie) comme le précisent ces 2 liens parmi tant d’autres.
« L’épreuve la plus redoutée était l’enfoncement d’une bouteille d’un litre dans l’anus. Bien que les parties génitales relèvent de tabou dans la société algérienne, plusieurs témoignages concordants ont rapporté que le lieutenant Lacoste faisait accroupir certaines de ses victimes, en leur introduisait le goulot d’une bouteille d’un litre dans l’anus et deux autres tortionnaires appuyaient de tout leur poids pour enfoncer la bouteille dans les entrailles de la victime. Celles-ci, selon les dires de plusieurs témoins, ne survivaient jamais au supplice de la bouteille.(fin) »( http://forum.actudz.com/to
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Témoignage de Gilbert Naccache :
La torture en Tunisie sous Habib Bourguiba
Gilbert Naccache est un des leaders historiques du Mouvement Perspectives (Mouvement d’Extrême Gauche) sauvagement réprimé entre 1968 et 1980 sous Habib Bourguiba.
Extrait de son ouvrage « Cristal », pp 300-306 (en vente libre en Tunisie . Il suffit de les acheter et de les lire)
« Je suis épouvanté à l'idée que du matériel de torture électrique est installé ainsi, de façon officielle, dans une salle du ministère de l'Intérieur, c'est donc une méthode courante... » (Gilbert Naccache)
« Un tortionnaire a un jour vidé une gamelle de soupe brûlante dans le slip d'une fille qui refusait de manger «avale-le par le bas» lui a-t-il dit. Et on pourrait citer tant d'autres exemples de cruauté, de bestialité... » (Gilbert Naccache)
« Il n'est même pas besoin de parler de tout ce qui se passe dans le bureau même où l'on vous interroge: gifles, coups de poing, crachats au visage, insultes de tous genres, mais surtout les plus ordurières, les plus obscènes, et menaces contre vous, contre vos proches, surtout vos femmes, vos amies, vos mères, que l'on a violées en paroles devant vous des dizaines de fois.. » (Gilbert Naccache).
« Un détenu avait une fois été mis dans un coin de la pièce et on poussait tout près de lui un chauffage à gaz butane, il avait l'impression de rôtir et d'étouffer » (Gilbert Naccache)
Extrait de son second ouvrage : Gilbert Naccache : Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un Opposant à Habib Bourguiba » Suivi de « Récits de prison » Paru en : Avril 2009. (En vente libre en Tunisie. Il suffit de les acheter et de les lire)

A la page 248 on lit :
« Le directeur de la BSE ( la DST avait été rebaptisé Brigade de Sureté de l’Etat), Abdelaziz Tabka… depuis octobre 1972, il avait conduit les interrogatoires de tous les politiques (et il y avait eu des arrestations plus ou moins nombreuses tous les ans) et dirigé les tortures, il mettait souvent la main à la pate, menaçant même le supplicié en brandissant son pistolet ; cela lui faisait un beau tableau de chasse en ce mois d’avril 1978, après les arrestations des syndicalistes dont au moins un, Mohamed Kouki, était mort en cours d’interrogatoire ».(fin de l’extrait page 248)
A la page 124, on lit :
« Dans la pièce où, complètement nu, je [Gilbert Naccache] sortais d’une séance de torture : …le tortionnaire posa mon pénis sur une table et y appliqua deux coups de matraque retentissants »
A la page 136, on lit :
« Aicha, la femme de Noureddine, sortie récemment après seize mois de prison, elle avait aussi subi de graves tortures, entre autres au milieu de son séjour en prison »
A la page 160, on lit :
« Le courage de Aicha Ben Abed, la campagne de Noureddine, qui avait été sauvagement torturée (elle porte encore les traces de brûlures de cigarettes sur ses seins) ». (fin)

Tunisie :
Sous Bourguiba des Tunisiens et des Tunisiennes auraient été torturé avec l’électricité

Tunisie : Sous Bourguiba des Tunisiens et des Tunisiennes auraient été torturé avec l’électricité
Gilbert Naccache est un des leaders historiques du Mouvement Perspectives (Mouvement d’Extrême Gauche) sauvagement réprimé entre 1968 et 1980 sous Habib Bourguiba.Il est né en 1939 à Tunis. Il fait ses études supérieures à Paris à l'institut national agronomique. De retour en Tunisie, il travaille au ministère de l'Agriculture comme ingénieur agronome. Ses activités politiques au sein du groupe Perspectives lui valent d'être arrêté en mars 1968 et lourdement condamné. Il sera libéré en 1979. Il vit actuellement en France. De ses écrits de prison, « Cristal » a été publié (réédité aux Éditions Chama en 2001), ainsi que « Le Ciel est par-dessus le toit. Nouvelles, contes et poèmes de prison et d'ailleurs », aux Éditions du Cerf (Paris) en 2005. Son dernier ouvrage: Qu'as-tu fait de ta jeunesse ?
Itinéraire d'un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979)
Suivi de « Récits de prison ». Paru : Avril 2009. En vente libre en Tunisie (tout comme son ouvrage Cristal).
« Je suis épouvanté à l'idée que du matériel de torture électrique est installé ainsi, de façon officielle, dans une salle du ministère de l'Intérieur, c'est donc une méthode courante... » (Gilbert Naccache)
« Un tortionnaire a un jour vidé une gamelle de soupe brûlante dans le slip d'une fille qui refusait de manger «avale-le par le bas» lui a-t-il dit. Et on pourrait citer tant d'autres exemples de cruauté, de bestialité... » (Gilbert Naccache)
« Il n'est même pas besoin de parler de tout ce qui se passe dans le bureau même où l'on vous interroge: gifles, coups de poing, crachats au visage, insultes de tous genres, mais surtout les plus ordurières, les plus obscènes, et menaces contre vous, contre vos proches, surtout vos femmes, vos amies, vos mères, que l'on a violées en paroles devant vous des dizaines de fois.. » (Gilbert Naccache).
Source
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Extrait de son ouvrage « Cristal », pp 300-306 (Cet ouvrage est en vente libre en Tunisie tout comme le dernier ouvrage de Gilbert Naccache : Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un Opposant à Habib Bourguiba ». Il suffit de les acheter et de les lire)
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01 octobre 2009
Salah Ben Youssef: Tout ce que vous devez savoir sur son assassinat

« Salah Ben Youssef n’avait pas confiance en Habib Bourguiba et ses hommes qui sont des criminels qui pouvaient l’assassiner ou le kidnapper »
« Tayeb Mhiri, Ministre de l’intérieur fut chargé de prospecter et de superviser les différentes possibilités de la liquidation de Salah Ben Youssef. »
« Il était 16h30 quand ils l’ont assassiné avec un pistolet, calibre 7.65mm, muni d’un silencieux ».
« Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang »
« Dans le coma, Salah Ben Youssef respirait encore »
« Dans son bureau ministériel de l’avenue Bourguiba, Tayeb Mhiri [ Le Ministre de l’intérieur] grillant cigarette sur cigarette, attend avec impatience des nouvelles de ses protégés »
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26 septembre 2009
Beji Caid Essebssi? Tout ce que l'ex Ministre de l'Intérieur Béji Caid Essebssi n'a pas dit dans ses "mémoires"



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16 août 2009
L'insurrection à Gafsa : 26 janvier 1980


p 159
Gafsa.Le 26 janvier 1980, au soir, la ville minière de Gafsa, dans le Sud-Ouest tunisien, est attaquée par un groupe armé composé de Tunisiens. Les autorités tunisiennes l'évaluent d'abord à 30o hommes (une petite armée) avant de finir par parler d'une cinquantaine. L'armée est chargée de venir à bout de l' « insurrection ». Il lui faut plus d'une semaine pour la réduire et encore : certains insurgés s'enfuient dans les montagnes et échappent aux soldats. Gafsa, jusqu'au 3 février, vit en état de siège. Le bilan officiel des « combats » est de 4 tués, 3 blessés et 42 prisonniers, pour les insurgés, de 15 morts et 16 blessés parmi la population civile et de 2 morts et 92 blessés au sein des forces de l'ordre. Le bilan réel a certainement été plus lourd, surtout parmi la population civile. Les suites judiciaires de l'affaire se déroulent rapidement. Sur 300 personnes arrêtées, 240 seront jugées ultérieurement par
p 160
des juridictions de droit commun mais 6o sont déférées immédiatement devant la Cour de sûreté de l'Etat, laquelle rend un verdict très sévère, le 27 mars : 25 peines de travaux forcés à perpétuité et 15 condamnations à mort, dont deux par défaut. Les condamnés à mort se pourvoient en cassation, mais leur appel est rejeté. Ils sont pendus le 17 avril, malgré de nombreuses protestations, en Tunisie et à l'étranger, et des appels répétés au Président Bourguiba afin qu'il use de son droit de grâce. L'exécution déclenchera une indignation quasi générale (25).
Tels sont les faits. Reste à savoir ce qu'ils recouvrent, réellement. Il faudra certainement attendre que les archives soient disponibles et que les langues se délient. Toutefois, disposant d'une bonne part des minutes de l'instruction ainsi que du script de l'interrogatoire de Ezzeddine Cherif et d'Ahmed El Merghenni devant la Cour de sûreté de l'Etat (malgré le huis clos), nous pouvons, au moins, examiner quelques questions :
Qui a organisé la tentative d'insurrection de Gafsa ?
Elle fut revendiquée par le PRPT de Ibrahim Tobbal. Cette revendication ne reposait sur rien de sérieux. Elle fut revendiquée aussi par le FNPLT qui groupait, comme nous le signalions plus haut, plusieurs petits groupes entièrement contrôlés par la Libye où d'ailleurs ils avaient leurs quartiers généraux. Le FNPLT joua effectivement un certain rôle (de recrutement notamment) dans la préparation de « Gafsa ». L'un de ses animateurs, Amara Dhaou, fut d'ailleurs condamné à mort par contumace par la Cour de sûreté de l'Etat. Deux autres Tunisiens, par contre, jouèrent un rôle central : il s'agit de Ezzeddine Chérif, un intellectuel et un politique, qui avait été déjà condamné dans le complot « yousséfiste » de 1962, et
p 161
Ahmed El-Marghenni, un spécialiste de l'action armée. Tous deux seront exécutés. Tous ceux qui menèrent l'opération de Gafsa étaient des Tunisiens. Mais on peut affirmer, aujourd'hui, que la conception, l'organisation logistique, le financement et l'équipement ne furent pas de leur ressort. Gafsa fut une tentative de déstabilisation montée conjointement par des services libyens et algériens. Le Polisario « coopéra » aussi à l'opération, pour la logistique d'approche. Gafsa a donc été une affaire maghrebo-maghrébine. La participation libyenne fut reconnue par les autorités tunisiennes et montée en épingle.
Deux semaines après « l'opération », M. Kaddafi, dans une déclaration à l'agence de presse libyenne JANA, qualifiait le régime tunisien d'adversaire « de la République libyenne en Libye » avant d'ajouter : « La solution logique réside dans la poursuite du combat jusqu'à la disparition de cet adversaire. » Il ne doute pas de la victoire : « C'est le régime tunisien qui disparaîtra cette fois-ci. Nous n'admettons aucune médiation, ni paix, ni armistice dans la lutte qui nous oppose au régime tunisien. » L'immixtion de l'Algérie dans l'affaire, quant à elle, doit être resituée dans son contexte : dès 1975 (26), Ezzeddine Chérif est « tamponné » par la sécurité militaire algérienne. Dès 1977, il est établi qu'il a rencontré le colonel Slimane Hoffmann et que l'opération de Gafsa est envisagée. Par qui, en Algérie ? A quel niveau de responsabilité politique ? Il n'est pas aisé de le déterminer, encore aujourd'hui. Tout ce qu'on peut dire est qu'à l'époque deux conceptions radicalement différentes opposent la Tunisie et l'Algérie à propos de l'unité maghrébine : là on parle de Maghreb des Etats, ici on invoque le Maghreb des peuples. La première conception récuse l'ingérence dans les affaires intérieures du voisin ; la seconde la justifie. L'Algérie, cependant, vit elle-même des moments difficiles. Dès la fin du premier trimestre 1978, plusieurs dirigeants savent que l'état de santé du Président Boumediène est très grave. La lutte pour la succession commence. Après la mort de Haouari Boumediène (le 27 décembre 1978) et
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l'accession de M. Chadly Benjedid à la magistrature suprême, plusieurs « groupes » ont la conviction que sa « présidence » ne sera que transitoire. Ils prennent alors leurs dispositions soit pour le tester en tant que pilier du système politique, soit pour saboter sa prise en main des affaires et hâter sa mise « sur la touche », voire son élimination. L'opération de Gafsa a peut-être aussi trouvé son origine dans ces calculs. Si l'on admet cette hypothèse, on est alors obligé d'inverser l'interrogation : « Gafsa » avait-elle pour objectif de déstabiliser la Tunisie, uniquement cela, ou bien l'opération participait-elle, par la bande, aux luttes politiques propres à l'Algérie, aussi ? Les autorités tunisiennes, tout en « chargeant » la Libye, étouffent toute allusion à l'Algérie et à chaque fois que Merghenni et Chérif l'évoquent, au cours de leur procès, le huis clos est déclaré. Mais le script des débats ne laisse planer aucun doute quand à l'implication des voisins de l'Ouest. Reste à savoir à quel niveau. Probablement à un niveau tout à fait incontrôlé par les principaux centres de pouvoir et c'est ce qui inquiète d'ailleurs l'équipe du Président Benjedid : des dizaines d'hommes se sont déplacés, des tonnes d'armes ont circulé, ont été stockées, les frontières ont été franchies à plusieurs reprises, illégalement, et près de 300 000 dollars ont été déboursés à l'insu de la présidence, du gouvernement et du FLN. Tant de manque de vigilance porte préjudice à la réputation d'un Etat algérien maître de son territoire et contrôlant ses institutions.
A qui a profité l'opération ?
A personne : ce fut un gâchis total. Les insurgés, tout comme les populations civiles et les soldats, y laissèrent leur vie. Le pouvoir se discrédita encore plus sur la scène internationale et d'abord aux yeux des Tunisiens. Les intervenants algériens discréditèrent leur pays. Le grand perdant, bien entendu, est le régime tunisien. Peu à peu, le pays prenait l'allure d'un espace ou n'importe qui peut oser n'importe quoi. Les Tunisiens sont profondément touchés par le destin tragique de leurs compatriotes qui, de désespoir en désespoir, en étaient venus à se laisser sacrifier sur l'autel des desseins troubles des uns et de l'imbécile et nocive mégalomanie des autres. Ils sentent que leur pays s'expose à toutes les menaces. Mais — les plus
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conscients politiquement d'entre eux- ne transmutent pas cette crainte et cette indignation en vote de confiance pour le régime. Si Gafsa a profité à quelqu'un, ce fut peut-être à la stratégie française en Méditerranée. Paris, en envoyant une escadre au large du golfe de Gabès et en assistant logistiquement l'armée tunisienne (27), réaffirma son rôle de puissance méditerranéenne incontournable. Il est vrai que ce sont les autorités tunisiennes qui sollicitèrent son intervention. M. Nouira ne déclara-t-il pas, à l'époque, que la France était intervenue d'instinct » ?
Qui porte la responsabilité des événements ?
L'Etat tunisien, avant quiconque : un Etat est toujours comptable de ce qui se passe dans un pays. Il y a aussi, plus profondément, une responsabilité sociale. Si l'oubli des terres intérieures et les inégalités régionales n'avaient pas marginalisé des milliers de jeunes Tunisiens, au point de leur faire sentir que le pays auquel ils s'identifiaient ne se voulait pas leur pays, ils n'auraient pas émigré en Libye pour devenir les cibles des sergents recruteurs. La responsabilité, enfin, pour certains, a pris probablement l'allure d'une complicité, c'est-à-dire de non-assistance à patrie en danger ». Certaines personnalités tunisiennes, au pouvoir, à sa périphérie ou dans ses anti-chambres ont su à l'avance que quelque chose se tramait pour l'anniversaire de l'accord de Jerba ». Deux documents sollicitent cette hypothèse : dans un éditorial daté du 23 mars 198o, le quotidien algérien El-Moujahid note que : « Si l'affaire de Gafsa suppose des luttes de factions et des complicités plus ou moins probantes, il serait naturel et logique de les rechercher bien plutôt dans la vie politique tunisienne... Ce n'est un secret pour personne que le gouvernement tunisien avait connaissance depuis fort longtemps d'événements qui se préparaient dans l'ombre, qu'il était également informé quand aux opposants qui y étaient mêlés. Tunis pourtant n'a pas pu déjouer la surprise. » Voire. La question définitive pourrait être : y a-t-il eu surprise pour tout le monde en Tunisie ?
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Un mois après (le 18 avril 198o) Amara Dhaou, dans une interview accordée au journal Libération, précisait que « Certaines informations établissent au contraire que les services de renseignements français en Tunisie, mis au courant de l'action qui se préparait, ont, en commun accord avec les responsables tunisiens, décidé de ne pas en empêcher le déroulement, voire même d'en précipiter le déclenchement... afin de "nettoyer la région" et de montrer la détermination franco-tunisienne à intervenir à la moindre alerte. » Dernier élément enfin : la grande majorité des hommes qui ont participé à l'opération de Gafsa ont été recrutés au Liban où ils se trouvaient enrôlés dans diverses milices libanaises et dans des organisations palestiniennes. Il est quasi certain que des diplomates tunisiens à Beyrouth ont été avertis que « quelque chose se préparait » en direction de la Tunisie, comme nous l'ont assuré plusieurs personnes qui se trouvaient à l'époque dans la capitale libanaise. Il est quasi certain aussi qu'ils ont fait leur travail et averti Tunis. En fin de compte, ce qui intéresse les Tunisiens, c'est le fait de savoir qui, dans l'affaire de Gafsa, a desservi la Tunisie. Le Président Bourguiba, le Premier ministre, M. Nouira, le ministre de la Défense, Rachid Sfar, le ministre de l'Intérieur, M. Kechrid, les responsables de la sécurité militaire et des services de renseignements sans oublier nos diplomates à Beyrouth, à Alger et à Paris, toutes ces personnalités doivent aux Tunisiens de dire ce qui s'est réellement passé.
Frappé d'une hémorragie cérébrale le 25 février au soir, M. Nouira se trouve paralysé des membres gauches. Il est transporté à Paris pour s'y faire soigner et ne regagnera la Tunisie qu'au début du mois d'avril. Il était revenu aux affaires en période de crise. Il les quittait en période de crise aussi. A première vue, ce que d'aucuns appellent la « décennie Nouira » a été un échec. Politiquement, oui : Gafsa sonne le glas de la correspondance entre l'Etat et la nation en Tunisie. Economiquement, malgré les « bavures », l'accroissement des inégalités, le pays se modernisa incontestablement. Il pouvait aligner des gestionnaires de qualité. Le problème justement est qu'on ne peut demander à de bons gestionnaires de concevoir aussi des projets de société. M. Nouira, tout comme les collaborateurs dont il s'entoura, trahissait aussi cette impuissance.
(25). Plusieurs mouvements et hommes politiques tunisiens, qui ne partageaient ni les idées ni les méthodes de leurs compatriotes qui exécutèrent l'opération, intervinrent d'abord pour demander qu'on ne fasse pas couler le sang (Ahmed Ben Salah dans Le Matin du 5 février 198o et Mohsen Toumi dans Le Nouvel Observateur du 25 février 198o). Quand les sentences furent exécutées, les mêmes intervenants, en se situant au-delà du politique, exprimèrent leur indignation, avec une extrême sévérité. Ce fut notre cas, dans le journal Le Monde du 18 avril 198o, par un article intitulé « A l'ombre des potences ». M. Mzali inaugura ses nouvelles fonctions de Premier ministre en interdisant ce numéro du Monde.
(26). jeune Afrique daté du 23 avril 1980. D'une manière générale, nous nous référons, ici, à un travail de recherche que nous avons publié dans l'Annuaire de l'Afrique du Nord, en 1979, aux Ed. du CNRS, « La politique africaine de la Tunisie ».
(27). Le Maroc aussi apporta son concours. Il est curieux, tout de même, que l'armée tunisienne (forte de plus de 35 000 hommes à l'époque) ait eu besoin de l'aide de deux armées étrangères pour venir à bout de 50 insurgés
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09 août 2009
Mohsen toumi : La démocratie tunisienne entre le mythe et la réalité

Dans son ouvrage « Tunisie : pouvoirs et luttes » (en vente libre en Tunisie mais il est vraiment rare) le politologue tunisien Mohsen Toumi se pose comme problématique la démocratie tunisienne (mythe ou réalité) et en analysant le déroulement des élections législatives de 1959.
Mohsen Toumi rappelle les pratiques du parti au pouvoir à l’époque ( Le Néo Destour rebaptisé PSD en 1964 rebaptisé RCD en 1988) . le parti au pouvoir refusait que ses adversaires passaient à la télévision, perturber les réunions de ses adversaires et …. Et quand les dirigeants communistes sont partis se plaindre au ministre de l’intérieur du fait qu’on leur refusait des salles pour leurs réunions, feu taib mhiri a déclaré : « je suis ministre et destourien* et ce n’est pas à moi de favoriser vos réunions ».
Par destourien, il entendait membre du Néo Destour, le parti au pouvoir, c’est moi qui le précise.
Le PCT désigne dans le texte: le Parti Communiste Tunisien rebaptisé Ettajdid (parti d'opposition reconnu par le pouvoir, 3 députés actuellement)
C’était en 1959….
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La démocratie tunisienne entre le mythe et la réalité 11 n'y a pas un énoncé politique du P.C.T. dans lequel ce parti
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oublie de rappeler son interdiction en 1963 et de demander le retour à la démocratie. Le retour à la démocratie est investi d'une implication privilégiée : « Et en premier lieu le retour à la légalité du Parti communiste » (document Khaled). Cela est tout à fait légitime. Seulement, la répétition d'un leitmotiv engendre toujours deux soucis : être efficace dans l'expression ; éliminer les détails qui risquent de gêner le message principal. Elle engendre donc la réduction de l'Histoire à des schémas. Dans le cas qui nous intéresse, l'histoire de la Tunisie, en matière de libertés, se trouve divisée en deux périodes : avant l'interdiction du P.C.T., après son interdiction. La première était démocratique (malgré des bavures), la seconde ne l'est pas. Certes, l'existence légale du P.C.T. constituait un signe de démocratie. Mais aussi un alibi à un parti destourien qui n'a pas attendu 1963 pour être unique et contrôler l'Etat. Comme fonctionnement démocratique des institutions, avant 1963, le P.C.T. rappelle sa participation aux élections législatives de mars 1956 et de novembre 1959. Effectivement, ce sont les seules élections qui se sont déroulées en Tunisie avec des listes concurrentes. Mais dans les faits, comment jouait cette concurrence ? Nous examinerons, à cet effet, les élections législatives de 1959.
Le P.C.T. présenta un nombre de listes très réduit (quatre à notre connaissance) : deux à Tunis et banlieue, une à Souk-El‑Arba (aujourd'hui Jendouba) et une dans la région minière de Redeyef. On comptait en moyenne dix candidats par liste. On retrouvait parmi eux Mohammed Innafaa, Mohammed Harmel, Noureddine Bouarrouj, Abdelhamid Ben Mustapha, Khémais El‑ Kaabi, le syndicaliste Hassen Saadaoui, Habib Attia, Hédi Jerad,Abdallah El-Majeri, Taoufik EI-Joumni, Mahmoud Shili (coiffeur à Bab Lakouas, père de neuf enfants), etc. Ces dizaines de candidats se virent octroyer un généreux temps de parole de cinq minutes (pas pour chacun mais pour tous) à « consommer » en une seule émission (Confiée à Mohammed Ennafaa, à la radio.). Selon les dispositions de la loi électorale tunisienne, les bulletins de vote communistes devaient être imprimés par les communes et distribués par leurs soins. Le Destour refusa à son adversaire le droit d'utiliser la couleur rouge et lui suggéra/ imposa la couleur verte, tout en donnant une couleur rose accentuée à ses propres bulletins. Les réunions électorales se déroulèrent dans le même climat de fair play. A Jebel-Jeloud, au sud de Tunis (Banlieue ouvrière.), les militants communistes distribuèrent des centaines de tracts, durant deux jours, pour préparer une de
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leurs réunions. Elle devait se tenir à l'intérieur d'une école, dans une salle de classe. Quand ils arrivèrent, ils furent agréablement surpris de se trouver devant un public sagement aligné derrière les pupitres. L'un d'eux se leva alors pour se présenter et présenter ses camarades. Aussitôt, un membre de l'assistance se dressa et cria : « Nous ne voulons pas de communistes en Tunisie. » Puis, s'adressant à la cantonade : « Levez-vous, partons. » Dans un ordre parfait, la salle fut évacuée et avec d'allègres Yahia Bourguiba, sous l'œil amusé de trois citoyens qui étaient demeurés debout, au fond. C'étaient des policiers en civil. L'homme qui avait donné
l'ordre de départ était le secrétaire général de la cellule destourienne de coin et ceux qui avaient gentiment suivi ses ordres étaient les membres de la cellule destourienne du coin. Une autre réunion, à Souk-El-Arba, a laissé des souvenirs de western à ceux qui l'ont vécue. Les candidats du P.C.T., partis de très bon matin de Tunis, arrivèrent vers onze heures, en plein marché. Aussitôt, ils se dirigèrent vers leur local, où ils devaient retrouver leurs camarades.
Ils trouvèrent des gravats. La porte du local (une boutique) avait été arrachée, les modestes meubles avaient été brisés, les banderoles, les affiches, les tracts et les exemplaires de journaux voletaient, en serpentins et confettis. Leurs camarades étaient effondrés. Ils firent tout de même contre mauvaise fortune bon cœur et se dirigèrent, dans une petite voiture, vers le marché, pour s'adresser au peuple. Le peuple vendait des grains, auscultait des chevaux, humait des épices, tâtait les pis des vaches, mangeait des beignets... Mais ils étaient déterminés à se faire entendre. Ils remarquèrent alors une camionnette qui les suivait. Elle était surmontée de haut-parleurs. Quand, une fois parvenus sur la place du marché, les militants du P.C.T. essayèrent de prendre la parole, les haut-parleurs de la camionnette commencèrent à hurler des hymnes patriotiques entrecoupés de Yahia Bourguiba (« Vive Bourguiba ».). Ils essayèrent de discourir quand même ; la puissance des haut‑parleurs augmenta et aux chants se mêlèrent des harangues hostiles au communisme « ennemi de Dieu », « étranger », etc. On se rassembla alors autour des intrépides candidats. La foule devint menaçante, mais la camionnette la contrôla parfaitement. Le Destour manifestait puissance et ii lui suffit, ce jour-là, de ne pas aller au-delà.
Le jour du scrutin enfin arriva. Les candidats communistes, dans la ville de Tunis, constatèrent que seul un bureau sur dix, à peu près, était fourni en bulletins de vote à leur couleur. La municipalité en avait imprimé 100.000, ils avaient pu le vérifier.
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Mais la municipalité, apparemment, avait oublié de les distribuer. Ils se mirent alors à courir d'un bureau à l'autre pour mettre eux‑ mêmes leurs bulletins à la disposition des électeurs. Dans l'un de ces bureaux, l'un des candidats s'attarda un moment pour voir comment se déroulaient les opérations. La présidente était une jeune institutrice. Devant elle s'entassaient un grand tas de bulletins destouriens et une mince couche de bulletins communistes. De temps à autre, aussi, elle se promenait dans la salle, entre les isoloirs, ramassait des bulletins verts qui traînaient, en boule,revenait s'asseoir, les lissait avec soin et les remettait sur la table.
Cependant, elle en tendait rarement aux électeurs qui entraient et se contentait de leur tendre, avec l'enveloppe, un bulletin rouge. Au bout d'un moment, n'en pouvant plus, le candidat communiste lui demanda pourquoi elle ne tendait pas les bulletins des deux partis. Elle lui répondit : « Vous savez, je n'en ai pas beaucoup. Alors je les économise. » Et elle était sincère.
Aussi sincère que feu Taieb M'hiri, à l'époque ministre de l'Intérieur, quand il répondit aux communistes venus se plaindre qu'on leur refusait des salles pour leurs réunions : « Je suis
ministre et destourien et ce n'est pas à moi de favoriser vos réunions. »
Pas plus que ces élections-là, d'ailleurs, celles de 1956 n'avaient été régulières. Et au congrès de Kairouan, en mai, Mohammed Ennafaa n'avait pas manqué de relever les « agressions subies, y compris l'intervention des forces gouvernementales. » En fin de compte, il faut s'entendre sur le sens que l'on donne à démocratie. Si le P.C.T. considère son existence légale à lui suffisante, en dehors de toutes autres manifestations, pour que règne la démocratie politique, il peut effectivement estimer démocratique la période qui va de l'indépendance à 1963 et nul doute, dans le fil droit de cette logique, que pour peu qu'on lui permette de nouveau d'exercer librement ses activités et de publier ses journaux (Mohammed Ennafaa. début 1978, a déposé une demande d'autorisation pour publier un hebdomadaire qui reprendrait le titre de la revue de 1962 EI-Jadid "1e nouveau").), il n'admette que la démocratie existe en Tunisie. Un tel raisonnement pèche par égocentrisme. Il pèche aussi,conceptuellement, dans la mesure où les libertés d'expression, d'association, d'édition sont indissociables de la démocratie économique et sociale, qui en garantit l'usage pour le plus grand nombre. Or, la politique capitaliste des années 50 s'accompagnait de l'injustice économique et sociale. Le peuple ne jouissait d'aucune démocratie.
elections-tunisie-mohsen-toumi.pdf
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04 août 2009
Tunisie: La République en Questions, le dernier Bey de Tunisie

« Le 7 Novembre 1987, l’Histoire s’est vengée pour mon père »

Aux lendemains de l’indépendance de la Tunisie, Habib Bourguiba avait aboli la monarchie, la famille du Bey est écartée du pouvoir mais la destitution du Bey tourne aux règlements de compte. La femme du Bey est convoquée au Ministère de l’intérieur. Son fils témoignera que sa mère ne s’est jamais remise « de ses trois jours d’enquête au 4 ème étage du ministère de l’intérieur où la direction de la sureté la questionnait en permanence sur le sort des bijoux de la famille. Maltraitée ou pas, elle est revenue en tout cas avec du sang qui coulait de sa bouche et du bas-ventre. Des hémorragies internes. Elle mourra plus tard dans les bras de mon père, choquée à jamais, et sans jamais nous dire ce qu’elle avait subi pendant son interpellation au ministère de l’intérieur ».
La fille du Bey, Mme Zakiya Bey dira que depuis sa sortie du Ministère de l’Intérieur, sa mère « a été atteinte de mutisme ». Le bey ayant appris ce qui est arrivé à sa femme au Ministère de l’intérieur dira « c’est aujourd’hui, que j’ai été destitué ».
« Du sang coulait de la bouche et du bas-ventre de la femme du Bey à sa sortie du Ministère de l’intérieur. Elle a été atteinte de mutisme»…
Plusieurs hommes savaient probablement ce qui s’est passé à la femme du Bey au Ministère de l’intérieur. A commencer par
feu Taib Mhiri, premier Ministre de l'intérieur en Tunisie (1956-1965). Ce dernier a cautionné la répression des oppositions et selon l'ouvrage "l'assassinat de Salah Ben Youssef", Taib Mhiri aurait supervisé l'assassinat de Salah Ben Youssef de Tunis...
M.Béji Caid Essebssi, ancien directeur des affaires politiques au Ministère de l'Intérieur (1956-1962), ancien Directeur général de la Sureté (1963-1965), Ancien Ministre de l'intérieur (1965-1969) et des affaires étrangères. L'ex Ministre qui a publié récemment ses mémoires « Bourguiba, le bon grain et l’ivraie » ne se rappelle plus de rien......

M.Driss Guiga, Ex Ministre de l'intérieur en Tunisie. Quand la femme du Bey a été arrêtée, c'est lui qui était le directeur de la Sureté.
Et les responsables de la police politique tunisienne qui ont interrogé la femme du Bey.
Les bijoux de la femme du Bey
Mais ces hommes qui se sont distingués par un excès de zèle injustifié, s’ils assumaient incontestablement une responsabilité politique et morale dans le malheur qui a frappé la famille beylicale, étaient des seconds couteaux. Il est sûr qu’ils recevaient des ordres d’en haut. De Habib Bourguiba « le Libérateur de la femme »( ?) …probablement. Surement d’autres proches de Bourguiba pas seulement intéressés par l’humiliation de la famille beylicale, de sa femme précisément mais surement souhaitaient accaparer ses trésors dont notamment les propriétés immobilières, les comptes numérotés à l’étranger, les collections rares du bey et les bijoux de sa femme qui ont disparu après coup…
Dans l’ouvrage « Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars
Aux Pp 113-114, on lit :
Dix jours avant la chute de la monarchie et la proclamation de la république, l’armée tunisienne remplace la garde beylicale si bien que le bey ainsi que son entourage ne sont plus libres de leurs mouvements. Le 18 juillet, Slaheddine bey, fils cadet du bey, est arrêté et transféré à la prison civile de Tunis, sous prétexte qu’il avait écrasé un certain gaaloul. Il confiera, en 2001, à Tijani Azzabi, quelques années avant sa mort : « l’indépendance de la Tunisie ne devait en aucune façon se répercuter négativement et menacer le bey et sa famille. Mon père était un grand nationaliste. Lorsqu’on est venu me retirer de ma geôle, au sous-sol, pour m’emmener dans un endroit inconnu, j’ai cru qu’on allait me tuer, surtout que l’on m’avait présenté à mon père, emprisonné à l’étage supérieur, pour lui dire adieu ». et d’ajouter » quant à ma mère, elle ne s’est plus remise de son arrestation, et surtout de ses trois jours d’enquête au 4 ème étage du ministère de l’intérieur où la direction de la sureté la questionnait en permanence sur le sort des bijoux de la famille. Maltraitèe ou pas, elle est revenue en tout cas avec du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre. Des hémorragies internes.
Elle mourra plus tard dans les bras de mon père, choquée à jamais, et sans jamais nous dire ce qu’elle avait subi pendant son interpellation au ministère de l’intérieur ». Docteur Ben Salem (ex gendre du souverain et ex ministre) a relaté dans son ouvrage « l’antichambre de l’indépendance » l’arrestation de lamine bey. Après l’encerclement et le verrouillage du palais le 23 juillet 1957, le 25 juillet, après la chute de la monarchie et la proclamation de la république par la constituante, une délégation composée du président Jallouli Fares, de Ali Balhaouane et du directeur des services de sécurité Driss Guiga est venue signifier au souverain sa déposition et sa mise en résidence surveillée à la
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Manouba. « Dix inspecteurs de police sont venus chez moi pour me signifier que je devais partir en résidence surveillée (…). Il était 19heures, le souverain habillé d’une simple djellaba, accompagnée de sa femme et de sa fille Safia a pris place dans une voiture précédant celle du commissaire de police et deux motards. Derrière, les princes Chedly et M’hammed et Slaheddine, ensuite moi-même encadré de deux inspecteurs ».
Docteur Ben Salem raconte le traitement inhumain qu’il a subi après sa fuite : coups violents portés sur des parties de son corps par un nerf de bœuf qu’a utilisé Amor Chechia gouverneur de Sousse si bien, écrit-il que « je n’étais plus qu’une bouillie saignante ». Tous les biens de la famille beylicale –qui a été enfermée- ont été confisqués. Chadly bey a été condamné à cinq ans de prison et libéré deux ans après. Il confiera, dans un entretien, qu’il accordera en 2003 à Abdeljlil Temimi et à Mokthar bey, qu’il a passé 8 mois seul dans une cellule, avant d’être transféré à Kairouan, et que sa famille a été enfermée à dar Mourad bey à Manouba. Lamine bey mourra le 1 er octobre 1962 dans un appartement exigu au quartier Lafayette.
La fille du Bey, Mme Zakiya Bey a apporté son témoignage sur le calvaire qui a frappé sa famille dans l’ouvrage « Mémoires de femmes » Tunisiennes en devenir dans la vie publique 1920-1960.
Pp 53-68
Extrait de ce témoignage.
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20 juillet 2009
Liberté pour les condamnés de Tunis. Maspero- 1969. Document historique rare

Brisez le mur du silence..surtout pour ceux et celles de ma génération qui ne savaient pas ce qu'était la Tunisie sous Habib Bourguiba....l'histoire de la Tunisie doit être connue et comprise par tous ceux qui se considèrent Tunisiens et tunisiennes car "Ceux qui ne comprennent as leur histoire sont condamnés à la revivre"...

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19 juillet 2009
Ahmed Tlili: Sa lettre ouverte à Habib Bourguiba en 1966

Alors qu’il était en exil en France, feu Ahmed Tlili a adressé une lettre ouverte à Habib Bourguiba dans laquelle il fait le bilan de la Tunisie aux lendemains de l’indépendance :
Injustices, corruption et répression des oppositions…
http://www.sendspace.com/file/q42r4y

14:37 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ahmed tlili tunisie, habib bourguiba tunisie, politique tunisie, histoire tunisie, opposition tunisie, syndicat tunisie, lettre ouverte habib bourguiba
18 juillet 2009
Tunisie:Ahmed Ben Salah: l’homme fort des années soixante


Le présent document contient les chapitres suivants:
Qui est donc Ahmed Ben Salah (1) l’homme fort des années soixante en Tunisie ? Source : Ouvrage, « Les 100 portes du Maghreb » pp82-84
Qui est donc Ahmed Ben Salah (2) l’homme fort des années soixante en Tunisie ? » Source : ouvrage « Ahmed Ben Salah. Pour rétablir la vérité. Reformes et développement en Tunisie 1961-1969 ». CERES Editions. Octobre 2008.pp 303-308
Tunisie: Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Ahmed Ben Salah, Juillet 1973, (Texte intégral en français). Source : ouvrage « Livre d’Entretiens avec Ahmed BEN SALAH. Noura BORSALI. 2008, pp 218-233
Tunisie: Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Ahmed Ben Salah, Juillet 1973, (Texte intégral en arabe). Source : Ouvrage en arabe « le procès d’Ahmed Ben Salah » Auteur : M. Abderrahmene Abid, pp 270-295
Le procès d’Ahmed Ben Salah . Source : Jeune Afrique N° 492 du mardi 9 juin 1970 (10 pages scannées)
Les tentatives d’assassinats d’Ahmed Ben Salah organisées par le pouvoir de Habib Bourguiba. Source : voir les références dans l’article.

15:24 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, les procès des anciens Premiers ministres, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ahmed ben salah tunisie, politique tunisie, histoire tunisie, habib bourguiba tunisie, bourguiba tunisie, tunis bourguiba

Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani






















