02 juillet 2009

Livre blanc sur la détention politique en Tunisie

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Ouvrage vraiment rare, publié en 1953. L'ouvrage en 285 pages revient sur les crimes commis par l'armée française en Tunisie (la torture, les viols collectifs...etc). Il est à rappeler que contrairement à l'Algérie, les tunisiens (pouvoir, oppositions et peuple) n'ont jamais exigé la moindre excuse de la France pour ces crimes commis.



Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.

Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

 

 

  

 

04 juin 2009

Bourguiba avait un grand mépris pour les résistants et pour le PEUPLE

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Selon l'historien Amira Aleya Sghaïer:

"Bourguiba avait un grand mépris pour les résistants et pour le PEUPLE"

 

Par ailleurs, Habib Bourguiba aurait exagéré le rôle qu'il a joué. En effet dans ses discours il déclarait:

 

 

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Or l'historien Amira Aleya Sghaïer est catégorique. Selon lui:



Question de Noura BORSALI: "Comment appréciez-vous, en tant qu’historien, la participation des fellaghas à la lutte de libération nationale, surtout quand on sait qu’ils ont été au centre des négociations pour l’autonomie interne et l’indépendance ?




Amira Aleya Sghaïer: Bourguiba parlait d’ un coup de pouce " des fellaghas alors que Alain Savary, ministre français qui était impliqué dans les différentes négociations avec la Tunisie et le Maroc, a déclaré devant l’Assemblée nationale française que si l’Indépendance a été accordée à ces deux pays, c’était sous la pression des résistances armées. Qu’est-ce qui a amené la France à faire marche arrière en moins de dix mois entre juin 1955 et mars 1956 et de passer de l’autonomie interne à l’indépendance si ce n’était la résistance armée ? Rappelons qu’avant l’arrivée de Mendès France à Tunis, le 31 juillet 1954, c’était l’enfer pour les colons français qui ont déserté leurs terres, qui ne pouvaient plus faire leurs moissons sauf sous la protection de leur armée. Chaque ferme était sous le contrôle d’un détachement militaire. Les policiers français et tunisiens n’osaient plus circuler librement parce que les fellaghas leur faisaient la chasse ainsi qu’à leurs collaborateurs. Le gouvernement français ne réussissait même plus à trouver des collaborateurs pour désigner ses ministres et former son gouvernement. Et cela, c’était sous la pression des fellaghas et des groupes "terroristes" en ville. C’était aussi la résistance politique et militaire yousséfiste qui a poussé la France à accepter l’indépendance.

 

 

 

Entretien avec Amira Aleya Sghaïer :

 

" La Tunisie n’est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas "

 

 



Noura Borsali . Ouvrage ( Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars,) pp pp77-89

Cet ouvrage est vendu à Tunis en toute liberté. Il suffit de l'acheter et de le lire.




Amira Aleya Sghaïer est historien, maître de conférence et responsable de l’Unité d’Etude et de Recherches Historiques à l’Institut Supérieur de l’Histoire du Mouvement national (ISHMN). Auteur de plusieurs études dans le domaine des " groupements politiques européens et du Mouvement National en Tunisie ", il consacrera la plupart de ses recherches à la lutte armée en Tunisie, publiées dans plusieurs revues dont Rawafid (de l’ISHMN), les Cahiers de Tunisie et la Revue d’Histoire Maghrébine (de l’Institut Temimi pour la Recherche), ainsi que dans trois ouvrages en arabe:" La Résistance armée en Tunisie de 1881 à 1939 par les textes " (en collaboration avec Adnan Mansar), Pub. de l’ISHMN, Tunis, 1997; " La Résistance armée en Tunisie de 1939 à 1956 par les textes " (en collaboration avec Adnan Mansar), Pub. de l’ISHMN, Tunis, 2004 et " La résistance populaire en Tunisie dans les années cinquante ", Sfax, Ira, 2004. Pour avoir un éclairage sur le mouvement armé des fellaghas qui a marqué les années décisives de l’histoire de l’Indépendance (1952-1956), nous lui avons posé ces questions auxquelles il a eu l’amabilité de répondre.Noura Borsali



Comment était organisée la lutte armée en Tunisie à partir des années 50? Et existait-il réellement une " Armée Nationale de la Libération " (ANL) de laquelle se réclamaient les groupes constitués dont les uniformes portaient inscription de l’ANL ?



On ne peut pas parler d’armée de libération nationale. C’était presque les mêmes catégories sociales qui ont formé le mouvement fellagha dont faisaient partie de petits paysans pauvres, sans terres ou des marginaux des villes et des campagnes ou d’ouvriers qui représentaient un pourcentage infime. Car la plupart des fellaghas étaient des gens ruraux, déclassés, pauvres, des bergers …Ajoutons à ces catégories certains éléments de l’armée beylicale qu’ils ont désertée, dont le nombre ne dépasse pas quelques dizaines et qui ont rejoint la Résistance vers la fin et aussi, comme je l’ai dit plus haut, quelques éléments pauvres des villes notamment du Cap Bon, du Sahel etc… qui constituaient cependant une bonne minorité. Sinon la majorité était constituée de paysans appauvris, dénués de terres et de gens des tribus etc… qui ont regagné les djebels. Il serait donc, à mon sens, pompeux de parler d’armée, même si les fellaghas ont essayé vers la fin de la Résistance, à partir de 1954, de mettre en place une sorte d’état-major après leur réunion du Djebel Samama du côté de Kasserine à laquelle étaient présents les principaux chefs du mouvement, à leur tête Lazhar Chraïti. Cette réunion a duré seulement quelques heures. Les participants y ont choisi comme chef de la résistance armée Lazhar Chraïti et comme adjoint Sassi Lassoued. Quant à Tahar Lassoued, il n’était pas présent à cette rencontre car il se trouvait à Rouhia dans les environs de Siliana. Toutefois il a été également choisi comme l’un des principaux chefs du mouvement. Mais le choix de l’appellation " Armée Nationale de la Libération " s’expliquait par des raisons politiques et de propagande. L’idée était venue surtout des politiciens du Néo-Destour qui cherchaient à faire appuyer leurs revendications face à la France. Mais, il est vrai qu’à un certain moment, les résistants ont essayé de s’organiser pour se donner l’air d’être une armée, en enfilant un uniforme. Or une armée est bâtie sur une hiérarchie, sur des ordres, sur une logistique, sur un arsenal etc…qu’ils n’avaient pas. C’étaient plutôt des " bandes " qui combattaient chacune dans son fief, dans sa montagne, librement. Mais, parfois, il y avait une certaine coordination. Toutefois, pour la deuxième étape que les "néo-fellaghas " appelaient "la deuxième révolution ", qui a commencé fin 1955 jusqu’à l’été 1956, ces derniers se sont organisés presque en armée parce qu’au niveau de l’armement, de l’entraînement, ils étaient formés, selon les témoignages de l’armée française, en Libye et en Egypte avec l’aide de Nasser, et en concordance avec des résistants algériens. Ils s’appelaient alors " Armée de libération nationale tunisienne ", avec, de l’autre côté, l’Armée de libération nationale algérienne et l’Armée de libération nationale marocaine.




Ce qu’on appelait les " néo-fellaghas " étaient dissidents par rapport à Bourguiba et avaient rejoint la dissidence yousséfiste ?



Oui, ils étaient opposés à Bourguiba et plutôt partisans de Salah Ben Youssef. Mais ils n’avaient pas choisi Ben Youssef. C’était en réalité Salah Ben Youssef qui avait choisi ces résistants qui exprimaient tout un mécontentement contre les accords de l’autonomie interne, contre la présence française et aussi une appréhension vis-à-vis du projet de société et d’Etat à construire. Leur chef politique était donc Salah Ben Youssef et leur chef "militaire " Tahar Lassoued.




Comment expliquer le fait que nous avons tendance à garder l’appellation "fellaghas " alors que le terme signifie, dans le langage des colonialistes français, "coupeurs de routes ", " bandits ", " hors-la-loi " et est, de ce fait, plutôt péjoratif alors que les "fellaghas " préfèrent substituer à cette appellation celles de "résistants " ou de moudjahidins ?


Le mot est pris de l’arabe et est loin d’être une appellation coloniale. Il est puisé dans la langue parlée tunisienne et vient de la langue littéraire arabe, de falaqa, yafluqu , c’est-à-dire " se révolter contre la loi pour des raisons de répression, d’humiliation et d’injustice ". Lorsque les combattants se sont appelés "fellaghas ", ce n’était pas pour se mépriser eux-mêmes. C’était pour signifier leur refus d’un régime colonial fondé sur l’humiliation individuelle et nationale. Donc, le mot "fellaghas " était répandu à l’époque non seulement chez les résistants mais également chez ceux qui ont chanté l’épopée de la Résistance, même si dans la bouche des colonialistes, il signifiait : "bandits ", "criminels ", " voleurs ". Plus tard, la presse néodestourienne a exploité le terme pour dénigrer les "fellaghas " et diminuer leur rôle dans la lutte de libération nationale. Le mot est à sa place.



Quels étaient les initiateurs de ces groupes armés ? Etait-ce Ahmed Tlili ? Farhat Hached ? Bourguiba ?



Il est difficile de dire que ce sont les syndicalistes ou les politiques qui étaient derrière les résistants armés. En travaillant sur cette question, je me suis rendu compte que la lutte armée n’était pas dans la logique ni dans la conception des politiques et des syndicalistes, pour qui la lutte anticoloniale était politique avant tout. Mais cela n’a pas empêché Bourguiba ou d’autres au Caire qui étaient autour de Habib Thameur de penser à la résistance armée. Toutefois, quand cette dernière s’est déclenchée en Tunisie en janvier 1952, elle a été la continuation de certaines révoltes d’auparavant qui étaient le fait de gens de la campagne. Aussi n’était-il pas nouveau de résister au colonialisme. En 1952, il n’y avait aucun mot d’ordre donné par la direction du Néo-Destour pour que la révolte s’organise. Ceci n’exclut pas les contacts pris par la direction du Néo- Destour avec les principaux chefs fellaghas. Bourguiba, en déplacement à El Hamma, a pris contact avec Tahar Lassoued qui était militant au De tour et par la suite au Néo-Destour pour fomenter certaines opérations, et aussi avec Lazhar Chraïti durant la même période. Mais la tactique de Bourguiba et du parti n’était pas de déclencher une résistance armée militaire mais d’organiser certaines opérations contre des poteaux électriques, des voies ferrées, des ponts etc…pour amener la France à composer. Mais après, comme par un effet de boule de neige, la Résistance était devenue indispensable parce que, selon les correspondances et les témoignages des chefs fellaghas, la France ne pouvait comprendre que le langage de la force. A la suite de cette vague de répression qu’ont subie différents nationalistes, chefs et militants, en janvier 1952 , la Résistance s’est activée avant d’être récupérée par le Néo-Destour pour lequel elle devait constituer un appui à sa politique revendicative. Mais, en fin de compte, la Résistance n’a jamais été l’affaire des politiques, toutes tendances confondues.




Pourtant, on évoque souvent le rôle d’Ahmed Tlili dans la constitution de groupes, du moins de la région de Gafsa.




Oui, Tlili était le chef du Néo-Destour dans la région de Gafsa. Il a pris contact certes avec des résistants. Mais, il a été arrêté au mois de février 1952 et la Résistance a commencé en janvier 1952 et s’est développée après février de la même année. Ce qui limite son rôle.


Nous parlons justement de son rôle dans la mise en place de ces groupes.


Non, il n’y pas eu de mise en place des groupes. Lazhar Chraïti a été combattant depuis la guerre de Palestine. Il est vrai que Ahmed Tlili a contacté ces combattants pour que soit menée la lutte armée. Mais il n’y avait pas de plan préétabli pour la résistance armée.



Une fois que les fellaghas se sont constitués à travers le pays, quels étaient alors leurs rapports avec le Néo-Destour ? Est-ce qu’ils recevaient des ordres du parti pour mener leurs opérations ?



Les fellaghas ne recevaient pas des ordres du Néo-Destour. Ils étaient, sans l’être tous, en contact avec certains dirigeants locaux du Parti. Selon les témoignages dont nous disposons, certains chefs néo-destouriens n’ont jamais accordé d’importance aux fellaghas. Au contraire, on a même essayé d’éluder la question de la lutte armée et de donner, au Néo- Destour, une image d’un parti respectable, légaliste, qui n’utilise pas la violence etc…Cela n’empêche pas le fait qu’il y ait eu des contacts directs entre certains chefs du Néo-Destour et des groupes de fellaghas, comme ce fut le cas de Taïeb Mhiri, de Mokhtar Attia, de Mongi Slim qui leur remettaient parfois des subventions. Mais les fellaghas demeuraient, dans l’ensemble, l’affaire du peuple, de gens modestes qui se sont chargés de l’acheminement des armes, de toute la logistique etc…La majorité n’était pas membre du Néo-Destour.

Les fellaghas étaient tout simplement nationalistes, opposés à la France parce qu’elle réprimait leur pays dont ils revendiquaient la libération, tout comme celle, d’ailleurs, de leur religion, comme ils le disaient.



Pourtant, la lutte armée a démarré à la suite des événements du 18 janvier 1952, qui a vu la répression des nationalistes.


Oui, il est vrai que la Résistance a commencé après cette date, mais le rapport n’est pas direct au point qu’on puisse parler d’ordres transmis par le Néo-Destour aux résistants. L’ambiance politique de cette période en a été le vrai détonateur. Savez-vous que, pendant le premier trimestre de 1952, la répression était totale dans les villes et que la Résistance s’est déplacée des villes vers les campagnes ? Pour la simple raison que la campagne n’était pas un espace aussi contrôlable que la ville. On pouvait y circuler et contrer la répression coloniale, d’autant plus que dans les villes il y avait le couvre-feu, la loi martiale, les perquisitions, le ratissage un peu partout, dans la région de Bizerte, au Sahel… et pas seulement au Cap- Bon. Les gens étaient alors acculés à résister de cette manière-là. Le processus des évènements a fait que la Résistance s’est déplacée sans que cela n’ait été d’ailleurs programmé. Par la suite, le Néo-Destour a récupéré la résistance armée et les fellaghas ont accepté cet état de fait parce que la bataille politique et la lutte armée avaient les mêmes objectifs.


Quel était le nombre de fellaghas ?



Les chiffres dont nous disposons sont toujours approximatifs pour la simple raison que le nombre des combattants qui ont remis leurs armes en décembre 1954 était autour de 2.713. Et en ajoutant le nombre des martyrs, qui s’est élevé à 300 ou 400, on pourrait atteindre le chiffre de 3.000. Mais les fellaghas de la "première révolution " (1952-1954) avançaient des chiffres inférieurs à ceux-là. Le 2ème Bureau et l’armée française de même. Après le 31 juillet 1954 et donc la venue de Mendès France, beaucoup ont regagné la montagne pour se faire oublier ou oublier la "lâcheté ", voire la trahison de la famille, du arch ou d’eux-mêmes carrément, envers la patrie. C’était un bon nombre.



Est-ce que le mouvement fellagha s’est arrêté après le dépôt des armes ?



Oui, il s’est arrêté un moment : de décembre 1954 jusqu’à la fin 1955, année du conflit opposant Bourguibistes et Yousséfistes. Les Yousséfistes ont essayé sans réussir de faire réviser l’accord sur l’autonomie interne mais ils ont été empêchés de s’exprimer démocratiquement par les Bourguibistes si bien qu’ils ont opté pour la lutte armée à partir de la fin de 1955, en coordination avec le "Secrétariat Général " de Salah Ben Youssef et les résistants dont le chef était Tahar Lassoued. Ce dernier n’a jamais accepté de déposer les armes avec soixante-dix de ses compagnons, et a repris la Résistance dans le cadre de ce qu’ils ont appelé " la deuxième révolution " qui a duré jusqu’à l’été 1956. Ce que les colonialistes appelaient "les Néo-fellaghas " ou ce que les résistants appelaient eux mêmes " la deuxième révolution ", étaient en rapport avec les Algériens qui étaient en pleine résistance, déclenchée depuis le 1er novembre 1954. Les bandes qui manœuvraient en Tunisie sur toute la frontière tunisoalgérienne, dans le Sud tunisien et dans la région de Kasserine, le faisaient dans le cadre de l’" Armée nationale tunisienne " et en collaboration avec le FLN et l’Armée de libération nationale algérienne. Leur nombre, selon des estimations de l’armée française, était de 600 à 700 combattants bien armés et bien entraînés. Je pense que le chiffre dépasse dans la réalité ces estimations si on compte les autres résistants de Souk el Arba et jusqu’aux régions de Gafsa. Ils ont mené de vraies batailles et l’armée française est intervenue, surtout durant le mois de mars 1956, si bien que lorsque les Tunisiens fêtaient l’Indépendance, le nombre de morts avait considérablement augmenté, voire doublé par rapport à la première période, c’est-à-dire 1952-1954. On comptait plus de 600 victimes sur une population de résistants de 1.700 à 2 .000 à partir du Sud tunisien, sur toute la frontière tuniso-algérienne et parfois sur la bande mixte. A Matmata, Bni Khdech, Chenini, Medenine…, le nombre de victimes, au mois de mars 1956, était considérable. A Tataouine, le 29 mai 1956, soixante treize Tunisiens sont tués. A Matmata, de janvier à mars 1956, il y a eu 250 morts et blessés. Certains étaient restés dans la montagne en proie aux charognards, sans être ensevelis. Donc, le nombre de morts tombés durant cette période était autour de 600 et plus. Ces hommes n’ont pas été reconnus comme des martyrs, ni par la nation, ni par les autres. D’ailleurs dans le registre des martyrs publiés en 1978 par le Parti Socialiste Destourien, aucun de ces noms ne figure.


Charles André Julien écrit que les fellaghas trouvaient en Tripolitaine bases et ravitaillement.
Oui, c’est tout à fait vrai pour les "néo-fellaghas ". Parce que Tripoli était une base non seulement pour les résistants tunisiens mais aussi pour les résistants algériens. C’était en quelque sorte un chemin obligé pour le transport des armes, qui venaient essentiellement d’Egypte. Des bases ont été mises, par le gouvernement de Tripoli, au service des résistants tunisiens et algériens qui s’entraînaient en Libye. D’ailleurs, les rapports du général De Guillebon, commandant supérieur des troupes de Tunisie mentionnent que c’étaient de vrais militaires bien armés et bien entraînés.



Le jeune Etat craignait-il ces combattants dont certains demandaient, dit-on, trop de faveurs ?



Le mouvement de la Résistance est passé par différents moments : les fellaghas ont été d’abord choyés et reconnus comme de vrais résistants. Ensuite, après les accords de juin 1955, on a commencé à vouloir se débarrasser des fellaghas, qui étaient considérés comme une charge. Certains d’entre eux avaient, en effet, rejoint Tunis depuis le retour de Bourguiba, à sa demande et demandé, une " part du gâteau " en cherchant à être intégrés dans l’armée, dans la police ou dans la Garde nationale ou à obtenir des permis de conduire, des autorisations pour des projets, des terres et des fermes. Le pouvoir a satisfait ceux qui lui étaient proches, c’est-à-dire les principaux chefs, surtout ceux du Sahel comme El Ouerdani ou Lazhar Chraïti etc…Cet état de fait a donné lieu à un mécontentement des combattants qui ont commencé à harceler les autorités pour avoir un travail, surtout que la plupart vivaient dans une grande misère. Il faut rappeler qu’à cette époque, la situation était grave en Tunisie pour tout le monde : chômage, famines etc…Les fellaghas devenaient de plus en plus mécontents et contestaient ce qu’ils appelaient "les avocats ", c’est-à-dire les notabilités du Parti qui avaient, selon eux, confisqué leur lutte. Aussi ont-ils commencé à réclamer leurs droits. Lazhar Chraïti et Sassi Lassoued ont dirigé des manifestations où il y avait des centaines de résistants, en prenant en otage le ministre de l’Intérieur à la Kasbah. Les fellaghas étaient immatriculés après avoir déposé leurs armes, et donc épiés et poursuivis par l’armée française. Ils étaient constamment sous surveillance et ne pouvaient se déplacer comme ils le désiraient. Ces gens se sont sentis spoliés de leurs droits. D’autant que pour eux, la situation n’a pas changé surtout dans le Sud tunisien et dans tout le pays où l’armée, la gendarmerie et l’administration française étaient toujours là. C’est bien beau qu’un nouveau gouvernement qui est homogène se soit constitué à Tunis mais, pour eux, la situation était la même. C’est ce qui explique qu’ils ont rejoint le " secrétariat général " de Ben Youssef.


Les plus disciplinés ont été intégrés dans l’armée ou la Garde nationale.


Oui, mais il s’agit d’une minorité, qui a été intégrée plutôt dans la Garde nationale. Et ce pour des raisons politiques. Bourguiba a toujours été méfiant d’une part vis-à-vis de ce qui est armée depuis qu’il était en Orient, et d’autre part des résistants algériens qui ne l’aimaient pas et réciproquement, surtout qu’un bon nombre d’entre eux avaient comploté contre lui parce qu’ils le considéraient comme un "traître" par rapport à la cause du Maghreb et à la libération de l’Algérie. Ils avaient, à travers leur propagande, diffusé l’idée que Bourguiba a lâché la révolution algérienne. Propagande qui a été relayée par les Youssefistes et par l’Egypte de Nasser. D’autre part, la majorité des fellaghas étaient analphabètes et donc ne pouvaient être dans l’armée, ni dans la Garde nationale, sauf une minorité. D’ailleurs le chef de la Garde nationale était, à l’époque, un ancien fellagha : Mahjoub Ben Ali.


Qu’est-ce qui explique le retournement de Bourguiba contre les fellaghas ?


Bourguiba n’a jamais respecté ces résistants pour lesquels il avait un grand mépris. Et ce dédain s’est affiché par la suite d’une façon flagrante puisqu’il les a traités d’ignares ", de "bergers ", de prétentieux qui veulent prendre le pouvoir et d'ailleurs, ce mépris-là, Bourguiba ne l'a pas eu seulement pour les fellagahs mais aussi pour les peuple. D’autre part, Bourguiba était très méfiant à leur égard parce que c’étaient des combattants comme lui. Lui était au niveau politique et eux étaient à un niveau plus dangereux car ils mettaient leur vie en danger. La grande masse des résistants a été spoliée dans ses droits et écartée par l’Etat bourguibien. L’autoritarisme de Bourguiba n’a pas commencé avec le complot avorté de 1962 mais bien auparavant.



Comment appréciez-vous, en tant qu’historien, la participation des fellaghas à la lutte de libération nationale, surtout quand on sait qu’ils ont été au centre des négociations pour l’autonomie interne et l’indépendance ?


Bourguiba parlait d’ un coup de pouce " des fellaghas alors que Alain Savary, ministre français qui était impliqué dans les différentes négociations avec la Tunisie et le Maroc, a déclaré devant l’Assemblée nationale française que si l’Indépendance a été accordée à ces deux pays, c’était sous la pression des résistances armées. Qu’est-ce qui a amené la France à faire marche arrière en moins de dix mois entre juin 1955 et mars 1956 et de passer de l’autonomie interne à l’indépendance si ce n’était la résistance armée ? Rappelons qu’avant l’arrivée de Mendès France à Tunis, le 31 juillet 1954, c’était l’enfer pour les colons français qui ont déserté leurs terres, qui ne pouvaient plus faire leurs moissons sauf sous la protection de leur armée. Chaque ferme était sous le contrôle d’un détachement militaire. Les policiers français et tunisiens n’osaient plus circuler librement parce que les fellaghas leur faisaient la chasse ainsi qu’à leurs collaborateurs. Le gouvernement français ne réussissait même plus à trouver des collaborateurs pour désigner ses ministres et former son gouvernement. Et cela, c’était sous la pression des fellaghas et des groupes "terroristes" en ville. C’était aussi la résistance politique et militaire yousséfiste qui a poussé la France à accepter l’indépendance.

 

 

23 avril 2009

Ahmed Tlili, la Tunisie en 1966 : injustices, corruption, répression des opposition (1)

 

Ahmed Tlili, la Tunisie en 1966 : injustices, corruption, répression des opposition

 Le bilan que dresse Ahmed Tlili de la Tunisie en 1966 est catastrophique: injustices, corruption, répression des oppositions....

à la page 16 (exemple parmis tant d'autres) de la Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili, on y lit:

 "La pratique de ces méthodes policières qui n'ont aucun rapport avec la défense et la sécurité nationales, s'exerce contre les nationaux même à l'étranger et particulièrement en France, en Algérie et en Libye. La plus grande arme dans ce genre d'activité est le passeport auquel s'ajoute l'utilisation exagérée des fonds secrets. Le passeport est un droit constitutionnel dont bénéficie en principe chaque citoyen, il est souvent retiré ou refusé au gré des autorités administratives sur la base de faux renseignements fournis par les informateurs intéressés" (fin de l'extrait).



1192094717.JPGA la lumière de plusieurs documents rares et méconnus sur la Tunisie sous Habib Bourguiba, les questions se posent:  L'Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire car trop de mensonges? Qui assume la responsabilité politique de toutes ces injustices? La Tunisie sous Habib Bourguiba est-elle un Etat "moderne" ou un Etat "policier"? Quel est cet héritage de Habib Bourguiba aux Tunisiens?  Libre à chacun de se faire un avis. Les faits demeurent têtus.



1438897459.jpgLettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili. Imprimeries Réunies.Tunis-1988. Merci à Youssef Tlili -petit fils de feu Ahmed Tlili- qui à Tunis m'a donné ce document rare. Le Blog Sami Ben Abdallah publie sur plusieurs parties l'intégralité de la Lettre ouverte à Habib Bourguiba écrite par feu Ahmed Tlili.

 

 

1438897459.jpg[Page 1-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]  

 

 

Présentation d'Ahmed Tlili par Habib Boularès ( Ancien ministre des affaires étrangères en 1990 et président de la Chambre des députés jusqu'à 1997)


Ahmed Tlili est mort le 29 juin 1967. Quelque temps plus tôt, le 25 janvier 1966, il  a rédigé un véritable testament politique sous la forme d'une lettre adressée au Président Habib Bourguiba, Président de la République Tunisienne. Bien que le destinataire l'ait faite lire à quelques-uns de ses intimes, elle n'a jamais été rendue publique. Mis à part ce caractère de document inédit, ces pages constituent, par-delà la mort qui a frappé prématurément leur auteur, un message émouvant et un témoignage de première importance sur la lutte, d'abord sourde, puis ouverte, pour la démocratie en Tunisie. D'ailleurs Tlili envisageait, au cours des derniers mois de sa vie, de créer un autre parti qu'il se proposait d'appeler "l'Union des Démocrates".



Cependant, pour bien comprendre la portée de cette lettre, il faut la situer dans le contexte des rapports tumultueux d'Ahmed Tlili avec son Parti et sa Centrale syndicale. Il faut également revoir les étapes marquantes d'une vie passionnante et, à beaucoup d'égards, exemplaire. Certes, il n'eut point la célébrité d'un Guevara ; même pas celle de son ami et camarade de lutte Farhat Hached, leader incontesté du syndicalisme tunisien, assassiné le 5 décembre 1952 par l'organisation extrémiste "La Main Rouge" colonialiste. Mais combien d'hommes peuvent mesurer avec le même succès leur participation à la lutte directe des peuples tunisien, algérien et angolais ? Combien d'autres peuvent à la fois se prévaloir d'une part aussi active à la lutte armée, à l'action politique et à l'action syndicale? Il a manqué à T1i1i le côté théoricien du "Che" et la proue des mouvements occupée par Bourguiba et Hached, en Tunisie, et par d'autres, en Algérie ou en Angola. Aussi, s'était-il toujours

1438897459.jpg[Page 2-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]


replié sur la discrétion, sorte de prolongement d'une clandestinité où il se complaisait, et qui constitue aujourd'hui la justification, à la fois, d'un destin hors pair et d'une méconnaissance injuste. Peut-être est-ce là le tribut d'une jeunesse difficile et d'une vie d'adulte passées dans la périphérie de la société et de l'action, là où les hommes n'ont d'autre issue, pour se hisser au niveau de leur destin, que celle qui les entraîne jusqu'au bout d'eux-mêmes ?


Intelligence précoce

Ahmed Tlili est né le 10 octobre 1916, à Ksar-Gafsa, dans une famille de cultivateurs ruinée. Son père avait déjà eu 7, enfants, mais le dernier-né, Ahmed, fut, l'unique enfant de sa mère. Cette solitude devait être renforcée. par le fait, qu'il n'eut même pas à connaître son père; mort prématurément. Ce, fut donc sa mère, d'une part, et son frère aîné, de l'autre, qui l'élevèrent. Mais les temps étaient diewilés à Ksar-Gafsa dans les, années 20. L'enfant eut à connaître les privations et même la faim.


Une intelligence précoce permit au jeune. Tlili de passer brillamment ses études primaire et d'entrer au collège Sadiki, à Tunis, en 1930, en pensionnaire .de la société de bienfaisance "El-Khairia". Malheureusement, 6 ans plus tard, il en fut exclu le démon de la politique l'ayant déjà signalé à l'attention de l'administration, pour ses activités nationalistes. Il arrivait pourtant au bout du tunnel qui allait lui permettre, à 20 ans, d'accéder à une autre vie, avec ce baccalauréat qu'il allait s'acharner en vain d'atteindre, au Lycée Carnot de Tunis, d'abord, et à Alger ensuite. Chaque fois, il retrouvait, l'administration coloniale vigilante lui barrant la, route.


Premier choc, première manifestation d'une volonté de vaincre, mais aussi premier contact avec l'Algérie, colonisée.Ne s'avouant pas vaincu, il dût pour vivre, se faire embaucher comme secrétaire chez un riche commerçant ; puis il s'établit, à son compte, écrivain public, il entra en relation avec les militants du Parti du Peuple Algérien, dont certains allaient devenir, plus tard, les chefs du FLN. Mais il dut vite déchanter : gravement malade, redoutant de mourir dans la solitude à 22 ans, il rentra à Ksar-Gafsa.


Quelques emplois précaires et puis le voilà instituteur.C'est alors qu'il adhéra au Néo-Destour. C'était en 1937, l'année

 

1438897459.jpg[Page 3-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]


du 2e congrès que ce Parti, créé à partir de la scission de 1934,allait tenir, dans le souvenir de la première épreuve de deux ans que venaient de subir ses dirigeants et dans l'atmosphère équivoque créée par le Front Populaire en France.


Bientôt, l'équivoque allait se dissiper et l'administration coloniale revenir, avec la répression d'avril 1938, à ses méthodes plus traditionnelles. C'est alors dans cet état de léthargie où sombrait la Tunisie, que Tlili va quitter l'enseignement pour entrer aux PTT. Il y fit carrière et y trouva le domaine qui allait donner libre cours à son désir de lutter, il se mit à développer son activité politique et à entamer son action syndicale. Bénéficiant du réseau des PTT et de ses propres mutations (Redeyef ou Ksar Hellal entre autres) il étendit le champ de ses relations.


En 1943, grâce au renouveau que connût le Néo-Destour sous la direction du Dr Habib Thameur, les cellules reprenaient vie et Ahmed Viti prit la tête de celle de Gafsa. Mais l'enthousiasme fut, de courte durée. La bataille de Tunisie entre les Allemands et les Alliés allait éprouver durement le parti nationaliste par ses suites et il fallut, comme Sisyphe, reprendre tout à zéro. Toutefois, Gafsa, qui était un des champs de la bataille, bénéficiait d'un apport d'armes qui serviront plus tard aux fellaghas. En attendant, les cellules s'étaient reconstituées et Ahmed qui avait alors 29 ans, devint secrétaire général de la fédération de Gafsa, 1944-1945, vit également naître l'Union Générale Tunisienne de Travail (UGTT). La lutte fut donc pour l'implantation dans cette région minière, car les syndicats communistes y étaient solidement implantés. Mais Tlili déployait à partir des FIT, une grande activité fondée sur l'idéologie nationaliste, et c'est avec Farhat Hached qu'il réussit en 1946 à fonder l'Union Régionale de l'UGTT dont il devint également secrétaire général L'année suivante, tout naturellement, il fut élu membre de la commission administrative de UGTT.


Dès lors, son destin semblait avoir pris forme : chef syndicaliste et dirigeant politique de premier plan, solidement installés dans sa région natale, avec une place importante sur la scène nationale. De 1945 jusqu'à 1955 ( au moins), rien n'allait se faire, dans le sud-ouest de la Tunisie, sans Tlili.


Pourtant, c'est en 1949 qu'interviendra seulement la dernière mise au point du personnage, d'une façon qui allait le marquer définitivement : celle de la lutte armée.

 

1438897459.jpg[Page 4-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]

En 1948, la guerre avait éclaté en Palestine. Les armées arabes régulières avaient franchi les frontières délimitées par le mandat britannique. Mais des volontaires d'Afrique du Nord étaient partis rejoindre le front. Parmi eux, des centaines de Tunisiens qui ne feront pas le coup de feu, faute de pouvoir arriver jusqu'au champ de bataille. Cependant, certains y étaient parvenus et avaient fait leurs armes. Quelques dizaines de ces volontaires rentrèrent au pays à partir de 1949, aguerris et auréolés du prestige du combattant.


Or, en septembre 1949, Bourguiba aussi était rentré d'un long exil volontaire qui avait commencé en 1945, avec Le Caire comme base.


Pour un homme tel qu'Ahmed Tlil si fiévreusement intelligent, tenant bien en main des syndicats et des cellules politiques, la stratégie adoptée par les Etats-majors de Tunis à l'époque était frustrante. La mise en place des réseaux d'action politique ouvrière, patronale, sociale et féministe que dirigeait le Néo-Destour depuis la guerre, sous la direction de Salah .Ben Youssef, prenait du temps, sans déboucher sur l'activisme. Echaudes par les répressions de 1934, 1938, 1939,1942 et 1944, les dirigeants du Néo-Des tour avaient élaboré une autre doctrine que celle des combats successifs. II s'agissait d'isoler l 'administrat ion du Protectorat par une kyrielle d'organisations de masse (parti, syndicats ouvriers, organisations de commerçants et d'artisans, d'agriculteurs, de femmes, de jeunes d'intellectuels...) gravitant autour du Néo-Destour qui, de son côté, opérait, dès 1947, un rapprochement spectaculaire du Palais Beylical et d'une façon générale de la grande bourgeoisie de Tunis. II s'agissait de bloquer le système du Protectorat en rendant impossible ou caduque toute ini t iat ive qui ne passerait pas par les nationalistes. Ou le Protectorat cédait ou l'épreuve de force se déclenchait mais avec un peuple bien mieux encadré qu'il ne le fut lors des épreuves précédentes. C'était , du moins, la théorie officiellement défendue à l'intérieur du Parti. Pour la mener à bien, cette stratégie supposait une solide structuration des organisations et une discipline à toute épreuve. Tout cela rendait le Parti méconnaissable à Bourguiba, qui ne retrouvait pas, à son retour, ces liens personnels qu'il privilégiait dans ses rapports avec tel ou tel militant dans les villes ou les campagnes. Des heurts eurent lieu entre lui et la direction du Parti, vite aplanis, mais laissant des traces indélébiles (puisque Bourguiba s'en souvient encore avec vivacité en 1974!).



1438897459.jpg[Page 5-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]



LE PROMOTEUR DU COMTE NATIONAL DE IA RESISTANCE

 Voilà, comment deux tempéraments, pourtant nettement différents (la suite allait le prouver), vont se rencontrer, s'estimer, et s'allier pour une action différente de celle de l'Etat- Major du Néo-Destour. Car c'est précisément de l'action dont il était épris que Tlili allait entretenir Bourguiba, chez lui, à Tunis, en cette fin de 1949 où ils se rencontraient pour la première fois. De cette entrevue et de celles qui la suivirent, allait naître le Comité National de la Résistance, dont Tiili se déclara plus tard le vrai promoteur. Qu'importe que l'idée vint de Tlili et la forme de Bourguiba, c'est ce comité de dix membres qui allait avoir la tâche combien difficile, et dans des conditions demeurées obscures, de préparer la lute armée du peuple tunisien.

 

Toute l'année 1950 allait se passer à la mise en place de ce comité clandestin, avec dix responsables de région, ayant chacun la charge d'organiser des groupes armés strictement cloisonnés ainsi que des dépôts d'armes. On épiloguera longtemps sur l'utilité réelle de ce comité et sur les suites que donnèrent à ce projet ses membres. Ahmed Tlili remplit, quant à lui, son contrat et bien au-delà de l'indépendance. En attendant, le voilà parti en 1951 au Caire, clandestinement, et à Milan, ouvertement, pour assister au 2 ème  congrès de la CISL et enfin à Paris, en décembre.

 

 

 Le voyage du Caire avait pour but de pallier la faiblesse des ressources financières accordées par le Néo-Destour au comité de la résistance : celui de Milan de permettre à Bourguiba e rencontrer Farhat Hached et les syndicalistes américains et nfin, celui de Paris, d'apprendre qu'avec la fin de non-recevoir pposée par le gouvernement français aux demandes 'autonomie interne de la Tunisie, le 15 décembre, l'heure de l'épreuve de force approchait. 

 

Ce fut  donc "La bataille décisive" déclenchée le 18 janvier 952. Ahmed Tlili était déjà rentré en Tunisie. Ses groupes rmés commençaient leur entraînement dans les montagnes e la région de Gafsa. Une erreur de la part de "ses" fellaghas allait rovoquer stupidement son arrestation le 13 février 1952. Toutefois, après bien des aléas, ses groupes avaient tenu le coup et s'étaient développés jusqu'en 1954. Quant à lui, au bout de dix ours d'interrogatoire serré, il fut transféré dans un camp où il demeura trois mois. Ensuite, accusé de complicité d'assassinat,

1438897459.jpg[Page 6-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]

 résidence surveillée durant six mois, il ne fut définitivement ibéré que le 12 juillet 1954.


C'est alors que lui et Taieb  Méhiri, qui avait pris la direction des opérations, allaient pratiquement reconstituer le arti, passer au crible les militants éprouvés par la lutte, renouer  l
es liens avec l'Etat-major politique détenu ou exilé, et fait peu connu) préparer une autre insurrection armée, au cas  où les négociations entamées à partir d'août 1954 en vue de l'autonomie interne n'aboutiraient pas.

C'est au cours de cette même année 1954 que Tlili fut élu s
ecrétaire général-adjoint de l'UGTT, membre du bureau exécutif et  vice-président de la CISL. Ces qualités diverses lui permirent de voyager. Il se rendit à Genève où il rencontra les dirigeants du Néo-Destour en exil (Ben Youssef, Ladgham, 13ellahouane)  et  en France où il vit Bourguiba.

Les négociations traînaient La France exigeait le désarmement des fellaghas. Bourguiba accepta. Une commission fut créée à cet effet, en décembre 1954 et confiée, dans le Parti à Ahmed Tlili. C'est à partir de ce moment qu'il allait commencer à réaliser que le jeu de Bourguiba n'était pas aussi simple qu'il le croyait. La partie était éminemment délicate. D'un côté, les fellaghas qui ne voulaient pas rendre les armes, de l'autre Bourguiba acceptant publiquement l'opération, mais demandant en sous-main qu'elle ne se fit pas rapidement, pour ordonner, au bout de quelques temps, qu'elle eut lieu instantanément.
Enf in, tous les fel laghas, et même d'autres qui ne l'étaient pas avec l'amnistie accordée rentrèrent dans leur foyer : 2500 en tout, fellaghas, ravitailleurs recherchés par la police et même des militants qui n'avaient jamais fait le coup de feu, mais qu'on trouvait commode de faire monter au maquis, un jour, pour les faire bénéficier de l'amnitie. C'est dire qu'il fallait bien connaître son monde pour diriger une telle opération d'autant plus que
l'insurrection commençait d'embrasser l'Algérie à partir du ler novembre 1954.


Le 1 er juin 1955, Bourguiba rentra en Tunisie. De tous les membres du directoire du Parti alors, seuls Méhiri et Tlili furent cooptés au bureau politique. Et c'est à partir d'octobre, le déclenchement de l'affaire
youssefiste, au drame sanglant, Ahmed Tlili se rangea du côté de Bourguiba sans hésitation, mais déployant tous... les efforts pour éviter l'effusion de sang. Autant qu'il le put, il sauva de nombreux militants d'un côté ou de l'autre, mais en vit un certain nombre mourir dans cette

1438897459.jpg[Page 7-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988] 


il fut détenu à la prison civile de Tunisie, jusqu'en 1954. Placé en

 

 


 lutte fratricide. IL reprit en main tous les fellaghas du sud et s'attela,dès lors, à la tâche du contact avec les Algériens. Au congrès de Sfax il fut élu membre du bureau politique.


1958 : l'indépendance de la Tunisie vit Tlili devenir maire de Gafsa et vice-président de l'assemblée constituante. Mais un conflit éclata au sein de l'UG7T dont il était secrétaire général-adjoint. Habib Achour avait provoqué une scission, encouragé par le Parti et fondé l'UTT. La concorde dans le monde syndicaliste ne peut se rétablir qu'avec l'éviction de Ben Salah en janvier 1957 et la dissolution de 17.11T. C'est Ahmed Tlili qui en fut l'artisan et il fut naturellement porté au secrétaire général de la centrale syndicale où il demeura jusqu'en 1963.


DEFENSEUR DES RECOMMANDATIONS DEMOCRATIQUES DU C.N.


De 1955 à 1962, sept ans durant et malgré ses charges écrasantes au Bureau Politique dont il était le trésorier, à l'assemblée constituante, puis à l'Assemblée Nationale, dont il était vice-président et à la tête de l'U.G.T.T. dont il était le secrétaire général. Ahmed Tlili fut le responsable tunisien des
affaires algériennes. Autrement dit, tout ce qui touchait au FLN et à l'ALN, du ravitaillement aux munitions, des communications à l'implantation des camps, des réfugiés aux dissidents (quelques règlements de comptes ne manquèrent pas d'avoir lieu, surtout au début entre des fractions FLN). Tlili s'en occupait pour le compte de la Tunisie. Certes, Bourguiba, en politique,
et Méhiri, au Ministère de l'Intérieur, avaient la haute main sur tout, mais l'interlocuteur des Algériens était Tlili.



Cette tache, qui l'exaltait et qui donnait à son combat la dimens ion dont il
rêvait lorsqu'il préparait en 1950 l'insurrection tunisienne, était pour lui le meilleur des ressorts.Jamais il n'avait si peu dormi, ni fourni autant d'efforts.
C'est dire qu'il était tout naturel de le voir désigné, en 1961, responsable du front saharien, lorsque la bataille de l'évacuation, plus connue sous le nom de bataille de Bizerte, eut lieu en juillet. C'est lui qui prit la responsabilité de l'armement des anciens fellaghas, dont certains moururent au front (comme
Mosbah Jarbouaà) et assura la coordination politique avec l'armée régulière. Les Angolais décident-ils de déclencher à leur tour leur insurrection ? toujours lui, prit en charge l'aide



1438897459.jpg[Page 8-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]


tunisienne qui leur fut dispensée bien avant tout le monde et ne cessa jamais.


Et pourtant. les problèmes qu'il analyse dans cette lettre de 1966 se posaient déjà à lui. Pourtant, le problème qui allait provoquer son éviction du secrétariat général de l'UGTT  était également là.


A la lumière de quelques confidences faites à des amis et surtout de l'entretien inédit qu'il a accordé, plus tard, à un chercheur pakistanais, on peut, toute réflexion faite, situer son différent avec Bourguiba autour de 1958.


Jusqu'à 1955, Tlili n'avait pas beaucoup connu Bourguiba.Certes, nous avons rappelé les conditions de leur rencontre de 1949 et leurs voyages au Caire et à Milan en 1951. Mais ce fut après le retour du Chef du Néo-Destour, en 1955, que Tlili eut à le fréquenter tous les jours et à découvrir le person- nage. Pourtant, les indices n'avaient pas manqué : cette même année, lui -même, étai t coopté au Bureau Politique et Ben Youssef exclu du Parti, tout Secrétaire Général,qu'il était : deux actes bien caractéristiques de ces décisions arbitraires qu'il dénonce dans sa lettre et qui ont jalonné La carrière de Bourguiba. Les circonstances exceptionnelles que traversait la Tunisie voilaient, alors, aux yeux de Tlili, la véritable signification du geste du point de vue de la personnalité du chef.


Or, en 1958, mettant à profit la mobilisation pour l'évacuation des troupes françaises à la suite du bombardement de Sakiet Sidi Youssef, en février, Bourguiba prit la décision de dissoudre les fédérations élues du Néo-Destour et leur remplacement par des "délégués du Bureau Politique", désignés et
engagés comme fonctionnaires par le Parti . Le coup était d'autant plus dur pour tous ceux qui étaient attachés aux traditions du Parti, que toute contestation, dans cette ambiance de mobilisation, risquait d'apparaître comme une trahison. Ceux qui n'acceptèrent pas la décision se sont purement et silencieusement retirés de l'arène politique.


Pour Tlili, ce fut, comme il le déclara plus tard, "une révélation".Il demeura au Bureau Politique, mais commença à regarder de plus près les décisions présidentielles. Cet acte (qui ne fut rapporté qu'au Congrès de Bizerte en 1964) joint au rôle équivoque joué par le Parti dans l'affaire de l'UGTT/UTT,
en 1956- 1957, fit prendre conscience à Tilt qu'il n'avait été jusqu'à cette année que le jouet d'une volonté de despotisme, à peine voilée. Dès lors, il refusa de jouer le jeu et décida d'user des prérogatives que lui conféraient ses différentes charges pour


1438897459.jpg[Page 9-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili-Tunis-1988]

contrecarrer ce qu'il appelait déjà la dictature. Les heurts ne tardèrent pas à avoir lieu. Dès 1959, l'UGTT proposa d'adhérer en bloc au Néo-Destour, mais le 6e Congrès du Parti, réuni à Sousse, rejeta la proposition. L'idée de cellules professionnelles, déjà lancée, faisait son chemin et pesait comme une menace sur la centrale syndicale.



En 1960, c'est l'UGTT qui tenait son Congrès et le différend éclata au grand jour à propos de la politique économique. Le programme des syndicats prévoyait la création de coopératives ouvrières, l'encouragement aux petites et moyennes entreprises privées d'industries de transformation employant
une main-d'oeuvre nombreuse et enfin une banque de soutien à ces projets populaires. Or, c'était l'année où le gouvernement commençait à penser à un plan de développement, et tout projet venant des syndicats ne pouvait que rappeler à Bourguiba l'incident avec Ben Salah en 1956 et avoir un certain parfum "gauchiste". C'était d'autant plus "gênant" qu'il avait placé Ben Salah à la tête des affaires sociales et que, cette même année, il al lait lui confier le Département des Finances que Mestiri quittait pour l'ambassade de Tunisie à Moscou.


L'initiative de l 'UGTT ne pouvait alors apparaître à Bourguiba que comme une surenchère ou, mieux, une mise en demeure. Dès lors, le sort de Tlilt était scellé. Toutefois, il était difficile de l'écarter dans ce congrès. Le suivant, en 1963, fut mis à profit pour cette fin. Mais déjà, l'idée des cellules professionnelles du Parti était relancée et sa mise en oeuvre permettra de faire le décompte des gens qui pouvaient servir cette nouvelle cause. En attendant, l'année 1961 fut l'année de Bizerte et 1962 vit le lancement du premier pian (pré-plan triennal 19621964). Tous les projets économiques de l'UGTT étaient gelés. Mis à part l'intermède héroïque de 1961, les rapports au sein du Bureau Politique étaient souvent difficiles entre Bourguiba et Tlili, surtout que Ben Salah fut à son tour coopté et que le Président ne manquera aucune occasion d'opposer les deux hommes.

 


Habib Boularès

 

Lire aussi:

 

 

La Tunisie sous Habib Bourguiba
Etat "moderne" ou Etat "policier"?

Extrait de l'article du Monde Diplomatique- 1975

Ombres chiliennes

 

Etat policier ? Certains hésitent, qui répètent, comme pour se rassurer, que « ce n’est pas le Chili ». Sans, doute. Etrange raisonnement qui consiste à se réjouir qu’il n’y ait pas de camps, au lieu de s’indigner qu’on jette au bagne de Borj-Roumi les opposants politiques. Peur des mots, puissance des mythes (la « douceur de vivre » de Sidi-Bou-Saïd) ? Mais d’un pays où la notion de droit n’existe pas, où le citoyen ne dispose d’aucun recours ni d’aucune garantie, où l’abus de pouvoir est érigé en principe de gouvernement, où l’on torture, que dire, sinon, précisément, qu’il n’est pas démocratique ?

 

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Mais par quelle légèreté a-t-on jamais cru qu’il l’était ? Dès 1956, le régime n’hésite pas à liquider les opposants : l’armée ratisse le Sud, où se cachent des partisans de Salah Ben Youssef, tandis que, sous la conduite du député Béchir Zarg El Ayoun, des hommes de main assassinent à Zurich, en 1961, le rival de Bourguiba. Bourguiba lui-même a récemment raconté, dans un discours télévisé, tous les détails de l’exécution, et décoré les assassins, qui n’ont fait que « rendre justice ».

 

En 1963, des militaires, impliqués dans un complot, sont arrêtés et fusillés ; c’est l’occasion, pour le pouvoir, d’interdire le parti communiste et de pourchasser ses militants (retrait de passeport, perte d’emploi, mise en résidence surveillée). En 1965, d’autres progressistes sont emprisonnés ; mais c’est à partir de 1967, quand grèves ouvrières et contestation étudiante troublent l’ordre établi, que la répression s’intensifie : depuis cette date, on relève près de trente procès politiques. Par groupes de quarante, soixante, parfois deux cents (août 1974), ouvriers, étudiants, paysans ou employés sont envoyés devant la Cour de sûreté de l’Etat, et lourdement condamnés. Près d’un millier de personnes l’ont été jusqu’à présent ; d’autres attendent d’être jugées.(Lire:la naissance de l'Extrême gauche et du mouvement des droits de l'Homme en Tunisie,Génération Perspectives.Cliquez ICI) et (La naissance de l’extrême gauche et du mouvement des Droits de l'Homme, Génération Perspectives.Cliquez ICI)

 

De nombreux rapports d’avocats en font foi : qu’ils s’agisse des témoignages de Me Roland Kaufman, mandaté à Tunis par la Ligue suisse des droits de l’homme, de Me Moritz Leuenberger, au nom de la Fédération internationale des droits de l’homme, de Me Ch. Bouchet, pour l’Association internationale des juristes démocrates, ou de Me J.-J. de Félice, refoulé dès son arrivée, tous dénoncent la parodie de justice qu’ils ont pu observer.

 

Généralement inculpés d’appartenance à une organisation illégale (le plus souvent, « Perspectives », d’extrême gauche), d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de diffusion de fausses nouvelles et d’incitation à la rébellion, les accusés n’ont, en réalité, commis qu’un seul crime : exprimer à voix haute, ou par écrit, des opinions contraires aux positions officielles.Lire aussi:Le cinéma de Nouri Bouzid et le syndrome autoritaire en Tunisie.Cliquez ICI

 

Détenus plusieurs mois par la police – il n’y a pas de délai légal de garde à vue -, torturés, défendus par des avocats qui ne prennent connaissance du dossier que vingt-quatre ou quarante-huit heures à l’avance, ils sont condamnés avant d’être entendus. Envoyés – les plus durs – au bagne de Borj-Roumi, près de Bizerte, où les conditions de détention sont telles (cellules à 20 mètres sous terre, nourriture putréfiée) qu’ils sont tous atteints de maladies, ou jetés en prison, ils peuvent parfois être graciés – à condition d’écrire au président de la République une lettre de pardon ; la plupart s’y refusent.

 

tahar-belkhodja.JPGInterrogé sur les conditions de détention des « politiques » (« Mais il n’y a pas de détenus politiques ! »), et les tortures qu’ils ont subies, Tahar Belkhodja, le ministre de l’intérieur, ne refuse pas de répondre : il nie. En bloc et systématiquement. Avec l’assurance de l’homme fort – n’est-il pas l’un des protégés de la présidente ? – et arrivé. Vêtu d’un costume bleu ciel orné d’une pochette blanche, portant beau, une cravate bariolée à grosses fleurs, le visage carré, l’œil rapide, il paraît à l’aise dans son rôle.

 Des « campagnes mensongères »

Les quelques mois qu’il a passés en prison à l’époque où, directeur de la Sûreté, il « fichait » tous les ministres, lui ont peut-être laissé des traces, mais pas de souvenirs : s’étonnant qu’un journal « sérieux » prête attention à des « ragots », le ministre ne voit dans nos questions que l’« écho de campagnes mensongères ». Lui rappelons-nous qu’une organisation aussi pondérée qu’Amnesty International a porté la Tunisie – comme le Chili – sur la liste des gouvernements tortionnaires, Tahar Belkhodja repousse d’un geste méprisant cette accusation : « Amnesty International ? On sait ce que c’est. Des individus qu’on recrute, ici et là, sur on ne sait quels critères, et qui écrivent n’importe quoi. »

C’est aussi, d’après le ministre, ce que font les avocats – « ces étrangers, qui débarquent en pleine audience sans s’annoncer, portent atteinte à notre indépendance et s’étonnent d’être expulsés » – et les médecins. L’un d’eux, pourtant, a examiné M. Cantal-Dupart, expert de l’UNESCO, torturé dans les locaux de la D.S.T., puis dans des villas spécialisées, Mabrouk-I et Mabrouk-II, à quelques kilomètres de la capitale. Mme Maria Heichert porte encore, elle aussi, des traces de sévices : « Allons donc! s’exclame le ministre. Une fois à l’étranger, ces gens-là racontent ce qu’ils veulent ; ils jouent aux martyrs. »

Tahar Belkhodja, néanmoins, ne nie pas explicitement l’existence des tortures : « Nous n’en avons pas besoin, répond-il. Ceux que nous arrêtons sont généralement d’un haut niveau intellectuel ; nos inspecteurs sont licenciés en droit. Nous avons, dans ce bureau même, de longs débats d’idées. » Est-ce au cours d’une « discussion », dans ce bureau décoré de glaïeuls rouges et d’une tapisserie en soie, que notre ami Khaled s’est, par mégarde, brûlé les pieds à l’acide sulfurique, au point que, trois ans plus tard, il souffre encore en marchant ? « Oubliez ces histoires, nous dit le ministre. Quand on parle de l’intérieur, on pense toujours à la police. Mais la police, c’est presque notre dernier souci ! Le ministère s’occupe des gouvernorats, des délégations, des mairies – bref, de toute l’administration du pays. »

 La contestation étudiante, où le ministre de l’éducation ne voit qu’une « excitation », connaît actuellement une pause ; mais aux revendications qui l’entretiennent depuis 1966, et qui subsistent – élections libres à toutes les instances de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET), respect des libertés, participation aux commissions d’élaboration des programmes, – s’ajoutent de nouvelles raisons de mécontentement : sélection plus dure, « élection » d’un bureau syndical, au mois d’août, aussi peu représentatif que le précédent. Il est probable – les responsables s’y attendent – que l’année scolaire connaîtra une certaine « excitation ».

 

Persistera-t-elle en milieu lycéen ? Des centaines d’élèves – à Kairouan, au Kef, à Jendouba et à Djébéniana – ont été renvoyés de leurs lycées en 1975 ; quelques dizaines ont été arrêtés, quelques-uns condamnés à la prison ferme.

 

Cette « agitation » ne laisse pas indifférente la population. Souvent indignée par la violence des matraquages policiers – les BOP (Brigades de l’ordre public) se recrutent parmi les ex-« enfants de Bourguiba », orphelins élevés dans des institutions de charité, et entièrement dévoués à leur « père » -, de simples gens n’hésitent pas à cacher des jeunes que la police poursuit. Bien des familles sont également touchées par la suppression d’une bourse qui les faisait vivre, et constatent, en rendant visite à leur fils de dix-huit ans, que les prisons n’accueillent pas que des truands. Derrière l’image pâlissante du leader, les citoyens découvrent peu à peu la réalité de l’Etat et, dans les filigranes d’un sourire qui s’estompe, la sombre menace de la répression.

 

La situation en Tunisie

958152792.2.JPGLe monde Diplomatique, Janvier 1976. Source, le CD contenant les archives du Monde Diplo depuis 1973.SBA vous recommande d’acheter ce CD qui coûte 45€. ICI.

La distribution du numéro de décembre 1975 du Monde diplomatique, qui comportait un reportage sur « La Tunisie, vingt ans après », a été interdite dans ce pays. En revanche, l’article nous a valu de la part de Tunisiens vivant en Europe occidentale, de nombreuses lettres d’approbation auxquelles nous regrettons de ne pouvoir répondre individuellement.

 

D’autre part, le reportage citant les propos du ministre tunisien de l’intérieur mettant en doute les rapports d’Amnesty International sur la répression, les représentants de cette organisation en Allemagne fédérale nous ont envoyé le télégramme suivant :

A la suite de votre reportage sur la Tunisie, Amnesty International élève une énergique protestation contre les propos inconsistants du ministre tunisien de l’intérieur à l’égard de notre organisation.

 

Au vu de l’expérience que nous avons eue avec de nombreux détenus politiques tunisiens, nous vous assurons de la convergence des conclusions de votre reportage avec nos propres enquêtes sur la Tunisie.

 

 

webmaster_fleches008d.gif L’article qui a provoqué la colère de l’ancien Ministre de l’Intérieur:Cliquez ICI

04 avril 2009

Salah Ben Youssef: L'Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire?

La mémoire  populaire présente Salah Ben Youssef comme étant un pur et dur du « nationalisme arabe »…mais Salah Ben Youssef l’était-il vraiment ?

Le différend qui a opposé Habib Bourguiba à Salah Ben Youssef est capital pour comprendre  l’histoire de la Tunisie et toutes les conséquences qui en ont découlées (Assassinat, Procès politiques, censure, torture, culte de la personnalité…).Dans leur Ouvrage, «  le syndrome autoritaire » Vincent Geisser et Michel Camau ont utilisé l’expression de «  le crime fondateur »  en évoquant l’assassinat de Salah Ben Youssef par les hommes de Bourguiba.

 

Dans son ouvrage «  L’assassinat de Salah Ben Youssef », Omar Khlifi publie un document rare (voir ci-joint). 

 

Avec du recul, on comprend que Salah Ben Youssef a choisi sa voie par calcul politique plutôt que par conviction. En une phrase, un peu à la Saddam Hussein qui   était un bâatiste convaincu et  se désintéressait de la religion avant d’y recourir  avant et après sa chute.

L’Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire ?

 

Sa lettre à la France dans laquelle Salah Ben Youssef s'explique... 

 

L'Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire?

 

 

 

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-149

 

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-150. Cliquez ICI

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-151

 

Il y a une photo de Bourguiba avec le Bey- pas de texte)

 

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-152.Cliquez ICI

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-153.Cliquez ICI

L'assasinat de Salah Ben Youssef page-154.Cliquez ICI

 

 

 

Lire aussi:

 

 

Bourguiba- Salah Ben Youssef:

Un Président de République a-t-il le droit de...

 

habib-bourguiba-salah-ben-youssef.JPG
 

Cliquez ICI pour lire la suite

 

 

 

 

Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef..

   

 

 

 

 « Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang ». 

Cliquez ICI pour lire la suite

 

 

 

 

Taib Mhiri (Le Premier ministre de l’Intérieur) :

 L’Oufkir tunisien ?

Quelle responsabilité assume-t-il dans l’assassinat de

 Salah Ben Youssef et dans la répression des Tunisiens ?

 

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feu Taieb Mhiri (Tayeb Mhiri), premier ministre de l’intérieur de Bourguiba de 1956 à 1965

Les Tunisiens et les Tunisiennes savent peu de choses sur la vraie histoire du pays car l’Histoire officielle a été réécrite des dizaines de fois de façon à occulter les vérités.  Dans le passé récent et lointain de la Tunisie, plusieurs hommes ont contribué à verrouiller le système politique sous Habib Bourguiba et à s’illustrer par la répression qu’ils ont exercé sur  les Tunisiens.

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Tunisie, un livre à lire:

 L’assassinat de Salah Ben Youssef

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" Certaines sources publiées et jamais démenties avancent que les protagonistes du projet d’élimination physique de Salah Ben Youssef furent Bourguiba (Habib) en personne, son épouse Wassila (Ben Ammar), Mohamed Masmoudi (ancien ministre) Hassen Belkhoja (ancien ministre), Tayeb Mhiri (ancien Ministre de l’intérieur), ainsi que l’inévitable béchir Zarg Layoun".P 180- " L’assassinat de Salah ben Youssef " Cliquez ICI pour Lire la suite

 

11 mars 2009

Femmes en Tunisie, Le mouvement féministe en Tunisie

Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

L’Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT)



Site web

Présentation de l'UNFT

L’Union Nationale de la femme tunisienne, est une organisation non gouvernementale née en 1956, avec l’indépendance de la Tunisie. En août de la même année, le code du Statut personnel a été promulgué.
A ses débuts, l’UNFT a consacré son action aux campagnes de sensibilisation qu’elle menait à l’intention des femmes à travers tout le pays pour les amener à prendre conscience de leurs droits et de leur rôle dans le développement économique et social.
Depuis, l’UNFT milite pour l’amélioration du statut de la femme tunisienne.

Elle a ainsi œuvré pour le renforcement de l’assise juridique qui a connu sous l’impulsion du Président actuel, une avancée décisive grâce aux amendements du code, introduits en août 1992 et aux mesures présidentielles d’avril 1996.
*  Aïcha Bellagha ( 1956- 1958)
* Radhia Haddad ( 1958- 1972)
* Fathia M’zali ( 1972- 1986)
* Chahrazad Chaouch (1986)
* Fatma Douik (1986-1988)
* Néziha Mazhoud (1988- 1992)
* Faïza Kefi (1992- 1999)
* ( 1999-2000)
* Chedlia Boukhchina ( 2000-2004)
* Aziza H’tira, depuis 2004

Objectifs de l'UNFT
Oeuvrer pour l’amélioration du statut de la femme et l’élimination de toutes les formes de discrimination à leur égard.
Veiller à la promotion de la femme dans tous les domaines : économique, social, culturel, scientifique.
Agir en faveur d’une implication accrue de la femme dans les centres de pouvoir et les espaces de décision.
Elaborer des programmes visant à renforcer l’implication de la femme dans le développement.
Consolider l’éducation des femmes en luttant d’une part contre l’analphabétisme, en combattant d’autre part, les causes de déperdition scolaire.
Former les jeunes filles en rupture de scolarité dans les centres de formation professionnelle de l’UNFT.
Faciliter l’accès des femmes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication
Militer pour l’éradication de la pauvreté, la création de sources de revenus pour les femmes et apporte son soutien aux familles en situation de précarité.
Agir dans l’intérêt de la paix dans le monde.

l'Association Tunisienne pour la Recherche et le Développement (AFTURD)



Présentation de l'AFTURD

Mise sur pied en 1986 l'Association des femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement (AFTURD), constitue, à l'origine une association locale à l'instar de l'Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD) basée au Sénégal. L'AFTURD obtint son visa légal en janvier 1989 et eut pour première présidente MADAME Malika Horchani Zamiti. L'AFTURD comme expression du mouvement
autonome des femmes tunisiennes, regroupe en son sein des femmes chercheurs ou intéressées à la recherche sur les femmes, des femmes formées à l'action militante qui se sont engagées pour promouvoir une réflexion critique et constructive sur la condition des femmes en Tunisie pour
comprendre les freins et obstacles qui limitent leur participation effective à la vie sociale, économique et publique.

Objectifs de l'AFTURD

* Entreprendre des recherches sur l'intégration des femmes dans le développement.
* Promouvoir la recherche en vue de l'émancipation effective des femmes tunisiennes et de la préservation de leurs acquis.
* Repenser le développement avec les femmes et pour les femmes.
* Encourager la participation des femmes à la conception et à la réalisation des projets de développement.
* Valoriser et développer la créativité des femmes ,et réhabiliter leur rôle dans l'histoire.
* Développer les échanges et les réseaux de communication entre Tunisiennes et Africaines.


Activités de l'AFTURD

Culture et créativitè, Rencontres -Débats,Valorisation des écrits des femmes sur les femmes,Film : "Tanitez-moi " -1992-court métrage-Fiction :une vision féminine à travers l'histoire de la Tunisie.


Formation participative de l'AFTURD

Ateliers : " Genre et travail " 1998,1999,Formation en matière de communication (Informatique et internet)


Publications de l'AFTURD

* Recherches et productions
- Tunisiennes en devenir (Ouvrage Collectif , 1992)
1° Comment vivent les femmes ? TOME 1
2° La moitié entière :tome 2
- Guides des droits des femmes
Le mariage (1995)
Le divorce (1999)
- Recherches :
Divorce, violence et droits des femmes (2001)
Inégalité dans l'héritage (Recherche en cours) (2002)
1ère phase (publication fin 2002)

Contacter l'AFTURD
Adresse :cité SPROLS, Rue 7301.Immeuble 09,Appart .01.El Menzah 9.TUNIS,1004.Tél./ fax :216 71 870 .580.Courrier électronique : afturd@planet.tn.Site Web AFTURD www.afturd.org ou Site AFTURD avec un réseau maghrébin,www.afturd.maghrebnet.ma
Bulletin liaison.

Source

Association Tunisienne des femmes démocrates (ATFD)

 

Présentation de l'ATFD

L'ATFD a été fondée par le mouvement autonome des femmes qui, depuis les années 1970, a eu à travers différentes structures, des formes d'expression diverses. L'ATFD a été créée le 6 août 1989, visa légal N° T-3690 (JORT n° 72 du 15 septembre 1989).



Principes fondateurs de l'ATFD
** L'autonomie :
- par rapport au pouvoir politique
- par rapport aux partis politiques
- dans la non mixité
** La pluralité :
- respect des différentes sensibilités et opinions portées par les adhérentes,
- gestion démocratique
** Le respect des droits humains :
- caractère indivisible des droits humains,
- droits humains des femmes dans la sphère publique et dans la sphère privée
** La Laïcité : pour mettre fin aux discriminations justifiées par le religieux :
- droit positif
- séparation du politique du religieux
- séparation du juridique du religieux
- respect des libertés de croyance
- respect des minorités
** La solidarité : pour exprimer de manière active notre rejet de toutes atteintes aux droits des femmes, des individus, des groupes et des peuples.

Objectifs de l'ATFD

Conformément aux textes et déclaration des droits humains, aux conventions internationales et plus particulièrement à la convention contre toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes (Copenhague), l'ATFD oeuvre pour :
** l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes;
** la défense des droits acquis et l'évolution des législations tunisiennes en vue d'une égalité effective entre les sexes;
** la transformation des mentalités patriarcales;
** la prise en charge par les femmes de leurs problèmes et la lutte solidaire en vue de solutions non discriminatoires;
** la participation des femmes à la vie civile et politique;
** la reconnaissance sans restriction de leur pleine citoyenneté;
** la lutte contre toutes les formes de violences à l'égard des femmes.

Pour atteindre ces objectifs, l'ATFD utilise les moyens suivants :
** Organisation de rencontres-débats sous formes de tables rondes, séminaires, colloques.
** Formation des militantes
** Organisation de campagnes de sensibilisation sur les formes de discriminations subies par les femmes.
** Accueil de femmes victimes de violences pour soutien, orientation psychologique, juridique et sociale.
** Accompagnement de femmes devant les tribunaux, aux hôpitaux, aux services sociaux.
** Production de supports (affiches, dépliants, cartes, pins, banderoles, tee-shirt.. etc.)
** Edition de brochures sur les rencontres, livres, rapports.
** Communiqués, déclarations, pétitions.

Les structures de l'ATFD

** Les congrès se tiennent tous les deux ans et de ces assemblées générales électives sont élues les membres du Comité Directeur chargées de l'exécution des recommandations du congrès et de la coordination des programmes des différentes commissions.

Liste des membres du Comité Directeur actuel, 5ème mandat Décembre 2001.

1. Héla Abdeljaoued Présidente
2. Sana Ben Achour Secrétaire Générale
3. Hédia Jrad Trésorière
4. Khédija Chérif Responsable des Relations Extérieures
5. Amel Béjaoui Responsable de l'Information
6. Mongia Hedfi Responsable de l'Education et Culture
7. Ilhem Marzouki Responsables des Affaires Juridiques
8. Azza Ghanmi Responsable de la Santé
9. Bakhta Jmour El Kadhi Responsable du Travail

Listes des membres élues des comités directeurs de 1989 à 2001

Liste des membres du Comité Directeur Constitutif - 1989

1. Hédia Jrad Présidente
2. Nadia Hakimi Vice Présidente
3. Noura Borsali Vice Présidente
4. Souad Triki Secrétaire Générale
5. Azza Ghanmi Secrétaire générale Adjointe
6. Safia Farhat Trésorière
7. Hafidha Chékir Responsable des Relations Extérieures
8. Nabila Hamza Responsable de l'Information
9. Radhia Dridi Responsable de l'Education et Culture
10. Leïla Hamrouni Responsables des Affaires Juridiques
11. Habiba Ben Romdhane Responsable de la Santé
12. Dorra Mahfoudh Responsable de la Recherche
13. Souad Rjeb Responsable de la Documentation

Liste des membres du Comité Directeur 1er mandat 1989 - 1992

1. Hédia Jrad Présidente
2. Nadia Hakimi Vice Présidente
3. Noura Borsali Vice Présidente
4. Souad Triki Secrétaire Générale
5. Saloua Guiga Secrétaire générale Adjointe
6. Safia Farhat Trésorière
7. Hafidha Chékir Responsable des Relations Extérieures
8. Nabila Hamza Responsable de l'Information
9. Radhia Dridi Responsable de l'Education et Culture
10. Sana Ben Achour Responsables des Affaires Juridiques
11. Azza Ghanmi Responsable de la Santé
12. Dorra Mahfoudh Responsable de la Recherche
13. Raoudha Gharbi Responsable de la Documentation

Liste des membres du Comité Directeur 2ème mandat 1992 - 1995
1. Hédia Jrad Présidente
2. Nadia Hakimi Secrétaire Générale
3. Safia Farhat Trésorière
4. Hafidha Chékir Responsable des Relations Extérieures
5. Olfa Lamloum Responsable de l'Information
6. Rabia Chebli Responsable de l'Education et Culture
7. Najet Yacoubi Responsables des Affaires Juridiques
8. Saïda Aoun Responsable de la Santé
9. Ahlem Belhaj Responsable du Travail

Liste des membres du Comité Directeur 3ème mandat 1995 - 1999
1. Bochra Belhaj Hmida Présidente
2. Safia Farhat Secrétaire Générale
3. Mongia Ben Hassine Trésorière
4. Balkis Mechri Responsable des Relations Extérieures
5. Meriem Frikha Responsable de l'Information
6. Halima Jouini Responsable de l'Education et Culture
7. Sana Ben Achour Responsables des Affaires Juridiques
8. Monia El Abed Responsable de la Santé
9. Najet Yacoubi Responsable du Travail


Liste des membres du Comité Directeur 4ème mandat 1996 - 2001
1. Bochra Belhaj Hmida Présidente
2. Azza Ghanmi Secrétaire Générale
3. Balkis Mechri Trésorière
4. Noura Borsali Responsable des Relations Extérieures
5. Essia Belhassen Responsable de l'Information
6. Halima Jouini Responsable de l'Education et Culture
7. Khédija Chérif Responsables des Affaires Juridiques
8. Ahlem Belhaj Responsable de la Santé
9. Basma Khalfaoui Responsable du Travail

** Des Assemblées Générales Ordinaires sont tenues régulièrement avec une moyenne de 4 par an.


** Les commissions permanentes dans lesquelles participent les adhérentes pour l'élaboration des programmes. Ces commissions peuvent s'ouvrir à des femmes sympathisantes et à des personnes ressources :
- Commission information et communication,
- Commission santé coordonne le programme de lutte contre les violences faites aux femmes,
- Commission des affaires juridiques,
- Commission travail,
- Commission éducation et culture coordonne le Club Jeunes,
- Commission héritage
- Commission femmes et politique.

** Les commissions ad hoc : le Comité Directeur et les adhérentes ont la possibilité d'appeler à la création de commissions ad hoc pour des actions ponctuelles (participer à des débats d'actualité nationale ou internationale).

** Le Bureau Elargi : le Comité Directeur peut appeler à un Bureau Elargi pour des consultations urgentes. Participent dans ce Bureau les membres du Comité Directeur et les membres adhérentes des commissions.
** Pour l'exécution des programmes et la gestion quotidienne de l'association, Le Comité Directeur se fait aider par des adhérentes bénévoles et une équipe de permanentes constituée par une directrice exécutive, une secrétaire, 1 coordinatrice et des professionnels vacataires du projet Centre d'Ecoute et d'orientation des Femmes victimes de violences, une coordinatrice du projet Centre de Solidarité du Forum des Femmes Arabes /Aïsha.

Activités
de l'ATFD
Les projets permanents de l'ATFD

** L'ATFD a mis en place en Mars 1993 un Centre d'Ecoute et d'Orientation des Femmes Victimes de violences pour :
- assister et soutenir les femmes victimes de violences,
- briser le mur du silence, déculpabiliser les femmes,
- dévictimiser les femmes et créer des liens de solidarité entre elles.
Le Centre assure :
- l'écoute et le soutien psychologique,
- l'orientation juridique
- l'orientation sociale.

Lien 

Au niveau national :
· Le Collectif Maghreb-Egalité
** L'Interassociatif Tunisien
** Meilleures coordinations du lobbying à travers le fonctionnement d'un cadre interassociatif regroupant la Ligue de Défense des droits de l'Homme, l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats, Amnistie Internationale/Section Tunisienne, Union Générale des Etudiants Tunisiens, Conseil National des Libertés en Tunisie, RAID - Tunisie. Ce cadre agit pour le renforcement de l'autonomie du travail associatif et pour les libertés et les droits humains.

Au niveau international :

L'ATFD est membre fondateur des réseaux suivants :
** Le Forum des Femmes Arabes AÏSHA
** Le Centre de Solidarité AÏSHA a été créé à la suite d'une recommandation du séminaire sur " la solidarité féministe" organisé à Tunis en Décembre 1996. Il est hébergé par l'ATFD.
Il a pour objectif de créer un mouvement de solidarité arabe pour les femmes arabes dans leur lutte pour la liberté et l'égalité dans les domaines privé et public.
** Solidarité exprimée avec les femmes victimes de violences, solidarité avec les femmes dans les situations particulières, en Algérie, Palestine, Irak, Soudan, Bosnie et Afghanistan, solidarité avec des peuples en lutte pour leur souveraineté.
** Sensibilisation plus grande à travers le Centre de Solidarité Aïsha, des femmes arabes pour une mobilisation contre des codes inégalitaires, soutien de voix de femmes réprimées telles que Toujane Faïçal, Naouel Saadaoui, Sihem Ben Sédrine, Radhia Nasraoui.


Activités de l'ATFD
** Evaluation des législations nationales dans le sens d'une plus grande égalité entre les sexes et dans le sens de la laïcité. Référence constante à la Déclaration niverselle des Droits de la Personne et aux conventions internationales. Positions et actions pour la levée des réserves qui sont maintenues par l'Etat Tunisien sur certains articles des conventions au nom de l'identité musulmane.
** Education non sexiste.
** Droit au travail, conditions favorables à l'exercice de l'activité professionnelle des femmes, réflexion sur le plan d'ajustement structurel, sur la flexibilité de l'emploi, sur les impacts de la conjoncture économique, dénonciation du harcèlement sexuel.
** Changement du statut des femmes dans la famille, refus de la subordination et de la division sexiste des rôles qui s'y perpétuent.
** Participation des femmes dans la société civile, dans la vie publique et politique.
** Lutte contre l'intégrisme et réflexion sur les meilleurs moyens de le combattre/refus des solutions strictement sécuritaires et exigence d'un environnement démocratique propice au débat.

Ces actions ne restent pas sans effet dont à titre d'exemples La publication de la Convention contre toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes dans le Journal Officiel et les amendements de 1993 apportés au Code du Statut Personnel..
** L'insertion d'une clause concernant la non discrimination entre les sexes dans la réforme l'enseignement de 1992 qui consacre par ailleurs l'école obligatoire pour toutes et tous jusqu'à l'âge de 16 ans.
** Dans la lutte contre l'intégrisme, maturation de la pensée laïque, barrage à la menace intégriste qui pèse sur le droit au travail des femmes.
** Difficile combat combien formateur, pour la démocratisation freinée par la montée intégriste d'une part et les visées hégémoniques d'un pouvoir de parti unique (1989 à nos jours).
** Soutien effectif aux algériennes dans leurs luttes contre l'intégrisme.
** Mise en place, maintien et projets d'avenir pour le Centre d'Ecoute et appel à rayonner avec une approche spécifique de la lutte contre les violences faites aux femmes.
** Valorisation de l'image des femmes dans les représentations collectives, soutien de productions culturelles des femmes malgré les moyens limités. Organisation de quelques manifestations culturelles (livres, films, représentation théâtrale, musique et chants).

Publications de l'ATFD
** Nombreuses publications diffusées, d'autres en instance de diffusion, d'autres encore bloquées par la censure :
- Les actes du séminaire sur la présentation de la convention internationale contre toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes ont été édités en août 1991 et diffusés après négociation.
- Affiches, dépliants, cartes largement diffusés.

- Le livre regroupant les actes du séminaire international sur "les violences à l'égard des femmes" fut imprimé en 1993 et n'a jamais obtenu le visa de diffusion.

Actualités éditoriales
de l'ATFD
** Edition d'un livre maghrébin résumant l'expérience des trois centres d'écoute des trois pays du Maghreb intitulé "Casablanca, Alger, Tunis : femmes unies contre la violence" réalisé en Juin 2002 au Maroc.
Diverses brochures réalisées de manière artisanales avec mobilisation de bénévoles et peu de moyens.

Contacter l'ATFD
L'ATFD siège au n°6 rue du Liban 1000 Tunis - Tunisie.BP : 107 Cité Mahragène 1082 Tunis - Tunisie.Tél : (216-1) 794 131 Fax : (216 -1) 799 225.Email : atfd@planet.tn
Source

 

Quelques articles et livres à lire:

Les droits de la femme en Tunisie
Site officiel

 

Ilhem Marzouki:

Recherches universitaires faites par Ilhem Marzouki sur le féminisme en Tunisie et son histoire : Le mouvement des femmes en Tunisie au XXe siècle (Cérès Production, 1993). Lire en ligne des pages du Livre d'Ilhem Marzouki


Autres livres : Femmes d'ordre ou désordre de femmes ? (Noir sur Blanc, 1999).Ilhem Marzouki a également contribué à l'ouvrage Parcours d'intellectuels maghrébins (Karthala-Institut Maghreb-Europe,  1999), ainsi que l’ouvrage collectif : « Les femmes entre violences et stratégies de liberté: Maghreb - Europe du Sud » (Editions Bouchene, article : Ilhem Marzouki, La subjectivité fait-elle le sujet féminin ? Une lecture sociologique de l’expérience tunisienne).Parmi ses articles trouvés téléchargeables sur le web : Où sont les générations
intellectuelles tunisiennes ? (Ici. avancez à la page 12)

 

Les chantiers de l’égalité au Maghreb
Par Sana Ben Achour

 

Écoutez la conférence de Sana Ben Achour : femmes et droit en islam

 

Les femmes magistrates en Tunisie : implantation professionnelle et intégration sociale : Le juge dans le monde arabe
CNRS France

« Tunisie, Histoire de femmes » :Arabes, musulmanes et (plus) libres

Afrik.com

Statut féminin, modèle corporel et pratique sportive en Tunisie

Fethi Tlili

 

Le féminisme institutionnel en Tunisie
Par Sophie Bessis

 

Les féministes et les réserves sur les conventions internationales

 

Arguments pour l’égalité dans l’héritage : 15 Arguments pour l’égalité dans l’héritage
Par Neila Jrad

 

Inquiétude d’une musulmane
Par Olfa Youssef

 

Les sources du féminisme tunisien
Par Dalenda Largueche

 

Discours féministe et fait islamiste en Tunisie
Par Lilia Labidi

 

Dossier : Femmes et islamisme 2006
Confluences Méditerranée , N° 59 Automne 2006

 

Introduction
Régine Dhoquois-Cohen et Olfa Lamloum

 

Le statut de la femme dans les sociétés musulmanes : une bataille ardente et obstinée
Abderrahim Lamchichi



Les amendements au code algérien de la famille : une réforme en trompe-l’oeil
Feriel Lalami



L’affaire du voile : repères
Confluences Mediterranee

 

Au nom de la liberté et de l’égalité, un débat difficile et miné. Voile et dépendance
Malika Zouba

 

Magritte rencontre Maghreb : ceci n’est pas un voile. La hijab story
Judith Ezekiel

 

Le hijab dans les quartiers. Leur voile ne les cache pas
Entretien avec Fereshteh Tabib


Palestine. Les femmes, le Hamas et les élections de janvier 2006
Fatin Farhat

 

Islamisme et droits de la femme
Mohamed-Chérif Ferjani

 

Les femmes dans le discours islamiste
Olfa Lamloum


Islamistes et pourtant modernes
Gema Martín Muñoz

 

De Kaboul à Alger. L’islamisme, un projet contre les femmes
Giuliana Sgrena


Féministe et de culture musulmane dans la société française. Une identité sous contrôle
Saïda Rahal-Sidhoum


La lutte des femmes laïques en Algérie
Ahmed Rouadjia


Discours féministe et fait islamiste en Tunisie
Lilia Labidi


Les Palestiniennes face aux mouvements islamistes
Islah Jad

 

Islamisme et féminisme en Turquie
Nilüfer Göle


Femmes, islamisme et féminisme en Iran
Entretien avec Fariba Adelkhah


Les crimes d’honneur en Palestine
Agnès Pavlowsky

 





Femmes du Maghreb 9-1999 (Clio-Revues)

Dossier sous la direction de Agnès FINE et Claudine LEDUC



Femmes du Maghreb
Claudine LEDUC et Agnès  FINE





Saintes matrones ou dangereuses dévergondées : deux images des femmes du Maghreb à l’époque romaine
Leïla Ladjimi Sebaï




Entrées dérobées : l’historiographie du harem
Jocelyne DAKHLIA




Le qâdhî, la femme et son prétendant (Constantine, XVIIIe siècle)
Isabelle GRANGAUD





Les femmes dans le mouvement nationaliste marocain
Assia Benadada




Islam, réformisme et condition féminine en Tunisie : Tahar Haddad (1898-1935)
Noureddine SRAIEB




Le féminisme institutionnel en Tunisie
Sophie BESSIS




Femmes et espace poétique dans le monde berbère
Tassadit YACINE





Poétesses d’expression arabe
Zineb LAOUEDJ




Écritures d’urgence de femmes algériennes
Soumya Ammar Khodja




Femmes et racisme dans les colonies européennes
Simon KATZENELLENBOGEN




Images et représentations de la femme dans les contes marocains du Nord-Ouest
Leila MESSAOUDI




Actualité de la recherche sur les femmes en Algérie
Zoubida HADDAD



Actualité de la recherche sur les femmes au Maroc
Amina Benmansour




Actualité de la recherche sur les femmes en Tunisie
Dalenda LARGUECHE





Actualité de la recherche sur les femmes aux Etats-Unis
Mildred MORTIMER




Femmes dans la guerre d’Algérie. Entretien avec Fatma Baïchi
Djamila AMRANE

Documentaire : Tunisie, Histoire de femmes

Durée : 52 mn. Auteurs : Feriel Ben Mahmoud et Nicolas Daniel.Réalisation : Feriel Ben Mahhmoud.Production : France 5 /Alif Productions.Année : 2005


Voirsur dailymotion:

Partie 1

Partie 2

Partie 3

 

Cinquante ans après la promulgation du Code du statut personnel en Tunisie, premier pas vers l'égalité entre les hommes et les femmes, ce documentaire livre un état des lieux de la condition féminine dans ce pays.

Le 20 mars 1956, la Tunisie proclame son indépendance. Quelques mois plus tard, le 13 août 1956, le Code du statut personnel est promulgué sous l'impulsion de Habib Bourguiba, qui déplore la situation épouvantable des femmes dans son pays. Il autorise notamment le divorce, abolit la répudiation et la polygamie.

En parallèle, le planning familial mène son action. Dès 1953, l'avortement est légalisé pour les femmes qui ont plus de cinq enfants, l'éducation des jeunes filles progresse. Tous ces éléments ont concouru à faire ce que l'on a appelé l'exception tunisienne dans le monde arabe.

Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Pour le savoir, les auteurs ont rencontré aux quatre coins de la Tunisie des femmes de tous âges issues de milieux différents : une cuisinière dans la banlieue de Tunis, une potière dans la région rurale de Sejnane, une professeure, une publicitaire, une ouvrière dans la zone industrielle de Tunis, des jeunes filles à Hammamet.

Ils ont aussi recueilli le point de vue d'intellectuelles - journaliste, avocate ou médecin - pour décrire la condition féminine. Malgré des chiffres plutôt encourageants, puisque les femmes représentent 55 % des effectifs scolaires et 25 % de la population active (malgré le développement économique), le film livre un bilan en demi-teinte et montre que l'égalité promue il y a cinquante ans entre les Tunisiens et les Tunisiennes est une idée qui n'est pas encore totalement concrétisée.

Les droits acquis par les femmes sont appliqués dans un contexte très marqué par la religion et le poids des traditions arabo-musulmanes. Des tabous demeurent et le regard des hommes n'a pas vraiment changé. Il faut du temps pour que les mentalités et les structures sociales évoluent.

Depuis quelques années, un nouvel élément est apparu : des femmes se remettent à porter le voile. En effet, le 11 Septembre a marqué ici aussi une rupture et divisé la société : une partie de la population a redécouvert l'identité musulmane, qui repose indirectement le problème du droit des femmes. Rien n'est encore gagné.

Valentine Ponsy

Première diffusion : 28 mars 2006.
Rediffusion : mercredi 19 décembre 2007 à 02:00 (câble, satellite et TNT).


Pour aller plus loin

* Le Mouvement des femmes en Tunisie - Féminisme et politique, d'Ilhem Marzouki, éditions Maisonneuve et Larose.
* Femmes et entreprises en Tunisie - Essai sur les cultures du travail féminin, de Pierre-Noël Denieuil, l'Harmattan.
* Le rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme, établi en juin 2002, intitulé Discriminations et violences contre les femmes en Tunisie.
Rapport à télécharger sur le sit de la FIDH : http://www.fidh.org/

Source

 

 

Livres sur les femmes et le mouvement féministe en Tunisie

Ilhem Marzouki:

Recherches universitaires faites par Ilhem Marzouki sur le féminisme en Tunisie et son histoire : Le mouvement des femmes en Tunisie au XXe siècle (Cérès Production, 1993). Lire en ligne des pages du Livre d'Ilhem Marzouki


Autres livres : Femmes d'ordre ou désordre de femmes ? (Noir sur Blanc, 1999).Ilhem Marzouki a également contribué à l'ouvrage Parcours d'intellectuels maghrébins (Karthala-Institut Maghreb-Europe,  1999), ainsi que l’ouvrage collectif : « Les femmes entre violences et stratégies de liberté: Maghreb - Europe du Sud » (Editions Bouchene, article : Ilhem Marzouki, La subjectivité fait-elle le sujet féminin ? Une lecture sociologique de l’expérience tunisienne).Parmi ses articles trouvés téléchargeables sur le web : Où sont les générations
intellectuelles tunisiennes ? (Ici. avancez à la page 12)



1742993105.jpgLes Femmes tunisiennes au temps de la colonisation : 1881-1956
Souad Bakalti
Editions : L’Harmattan
Prix :24.4€
308 pages. Disponible en version numérique
Lire gratuitement des pages de cet ouvrage
Commander le livre sur le site de l’Harmattan

 

 

 

Femme, islam et violence, (en arabe) Editions "Signes" Tunis. 2001.
Selon Saloua Ben Youssef Charfi, ce livre serait censuré en Tunisie. site de Saloua Charfi

785186976.jpgFemmes et entreprises en Tunisie
Essai sur les cultures du travail féminin
Pierre Noël Denieuil
Editions : L’Harmattan
Prix :15.4€. Disponible en version numérique
Lire gratuitement des pages de cet ouvrage
Commander le livre sur le site de l’Harmattan



 

 

 

Femmes rurales dans l’exploitation familiale Nord-Ouest de la Tunisie
Laroussi Amri
Editions : L’Harmattan
Prix : 42€. Disponible en version numérique
Lire gratuitement des pages de cet ouvrage
Commander le livre sur le site de l’Harmattan



Article : Femme tunisienne, acteur du développement : opportunités et contraintes

Abdelkhaleq Bchir
Prix :2€. Juillet 2008
Acheter l’article sur le site de l’Harmattan

17 décembre 2008

Torture dans les pays arabes : Cette plaie coloniale qui saigne…

 

Mercredi 17 Décembre 2008

 

 

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Les photos ci-dessous sont des captures d’écran du film : Algérie - La Question Heynemann - Torture Et Guerre D’Algérie.

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un film de Laurent Heynemann d’après l’oeuvre d’Henri Alleg
(108 min., Fr, 1976)

Avec :
Jacques Denis
Nicole Garcia
Jean-Pierre Sentier...

Adapté du récit d’Henri Alleg, l’ancien directeur du journal Alger républicain, où celui-ci relate son arrestation, sa séquestration et l’expérience de la torture dans un casernement de l’armée française durant la guerre d’Algérie, La Question évoque notamment la disparition du mathématicien et militant communiste Maurice Audin.

À cause de certaines scènes jugées attentatoires à l’image de l’armée française en Algérie, le film construit autour de la condamnation de la torture fut interdit aux moins de 18 ans par Michel d’Ornano, alors ministre de la Culture.

Sa sortie en 1977 provoqua un tel tumulte que le film fut rapidement retiré des salles.

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08 décembre 2008

L’Assassinat de Farhat Hached par « la main rouge »

 Lundi 9 Décembre 2008

 

L’Assassinat de Farhat Hached par « la main rouge »,

«machine à tuer» des services secrets

 

 

1955678654.JPGEn 1952, le leader tunisien Farhat Hached a été lâchement assassiné par l’organisation terroriste française, la main rouge. Comment fonctionnait cette organisation ? Qui en étaient les donneurs d’ordres ? Combien il y a de « main rouge » ? Le  très intéressant livre , « Histoire secrète de la V ème République » paru en France évoque cette organisation. Ci-dessous le chapitre consacré à cette organisation ainsi que des indications bibliographiques. Ce document a été retranscris par SBA qui recommande pour ceux qui le peuvent d’acheter le livre. Le document a été retranscris de façon que la mise en forme soit exactement celle du livre en version papier.

 

 

La main rouge «machine à tuer» des services secrets

 

La main rouge «machine à tuer» des services secrets » in « Histoire secrète de la V ème République », sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel avec Rémi Kauffer,Renaud Lecadre,François Malye, Martine Orange, François Zamponi. Editions la decouverte,paris,2006,2007 (752 pages).

 

Pour en savoir plus

Alain CAMPIOTTI, « La mort du procureur Dubois », L'Hebdo, Lausanne, 23 mai 1985.

Roger FALIGOT, Markus, agent allemand, Temps actuels, Paris, 1984.

Roger FALIGOT et Pascal ROP, La Piscine, Seuil, Paris, 1985.

Pierre GENÈVE, La Main rouge, Nord-Sud, Paris, 1960.

Alain GUÉRIN, Le Général gris, Julliard, Paris, 1968.

Pascal KROP, Les Secrets de l'espionnage français, J.-C. Lattès, Paris, 1993.

Constantin MELNIK, La Mort était leur mission, Plon, Paris, 1996.

 

 pages 50-51-53-54-55.

653991444.jpg[page 50. Histoire secrète de la V ème République ]

  C'est l'épilogue judiciaire d'un scandale qui a éclaté un an plus tôt : Ulrich a été recruté – ainsi que son supérieur, le procureur René Dubois, qui s'est donné la mort le 24 mars 1957 – par le responsable du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) à Berne, le colonel Marcel Mercier. Officiellement «attaché commercial » à l'ambassade de France, « Petit Mercier » est un ancien résistant, déporté à Dachau, puis membre du contre-espionnage en poste en Suisse depuis 1952. Grâce aux agents qu'il a recrutés, l'espion français a pu livrer les éléments nécessaires pour organiser des opérations « homo », comme on appelle à la « Piscine » les assassinats de partisans de la cause algérienne en Europe. Des assassinats revendiqués par une mystérieuse organisation, « La Main rouge ».

C'est l'épilogue judiciaire d'un scandale qui a éclaté un an plus tôt : Ulrich a été recruté – ainsi que son supérieur, le procureur René Dubois, qui s'est donné la mort le 24 mars 1957 – par le responsable du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) à Berne, le colonel Marcel Mercier. Officiellement «attaché commercial » à l'ambassade de France, « Petit Mercier » est un ancien résistant, déporté à Dachau, puis membre du contre-espionnage en poste en Suisse depuis 1952. Grâce aux agents qu'il a recrutés, l'espion français a pu livrer les éléments nécessaires pour organiser des opérations « homo », comme on appelle à la « Piscine » les assassinats de partisans de la cause algérienne en Europe. Des assassinats revendiqués par une mystérieuse organisation, « La Main rouge ».

 

Mercier a été « grillé » de façon inattendue. Serge Michel, agent du FLN, proche du président du Gouvernement provisoire de la République algé­rienne (GPRA) de Ferhat Abbas, a livré un scoop saignant à la presse helvé­tique : l'homme du SDECE a recruté des fonctionnaires locaux pour espionner les Algériens, en parfaite violation de la sacro-sainte neutralité suisse. On imàgine le scandale... Mais, plus étonnant encore, cette révéla­tion puise sa source à l'ambassade de France. En effet, un groupe de diplo­mates y désapprouve l'action de l'homme « qui hurle dans sa cabane au fond du jardin et qui organise des attentats », ainsi que l'on décrit l'étrange attaché commercial.

 

Parmi ces humanistes, figure une femme au destin singulier : Élisabeth de Miribel, la petite-fille du maréchal Patrick de Mac-Mahon et Française libre de la première heure à Londres. Elle a même dactylographié l'appel du 18 Juin pour ce général rebelle dont elle était la secrétaire ! Après la Libéra­tion, cette gaulliste mystique a « renoncé au monde » en entrant au Carmel. Puis elle a renoncé au Carmel en entrant en diplomatie. Mais elle n'a pas fait vœu d'aveuglement : elle déteste Mercier, elle déteste la sale guerre qu'il

 

653991444.2.jpg[page 51. Histoire secrète de la V ème République]

 

mène en secret. Aussi s'est-elle arrangée pour le faire expulser de Suisse en faisant filtrer l'information sur son compte. Élisabeth n'a pas eu d'état d'âme : s'il avait été au pouvoir, de Gaulle n'aurait pas toléré de telles actions criminelles, pense-t-elle avant le 13 mai 1958. Ce en quoi elle se trompe du tout au tout...

 

Sarbacane empoisonnée et intox

 

Le colonel Robert Roussillat, chef du Service 8 (ou service Action) du SDECE, va en effet redoubler d'activité dans les mois qui suivent. Bien avant le retour de De Gaulle, c'est lui qui avait organisé ces assassinats ponc­tuels imputés à la Main rouge, une organisation fantomatique que la presse croit menée par des partisans ultras de l'Algérie française. En effet, par le passé, des colons du Maroc et de Tunisie avaient procédé sous ce nom à des meurtres de nationalistes maghrébins, en signant leurs crimes d'une main de fatma ensanglantée et vengeresse. D'où l'amalgame.

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28 octobre 2008

Approche historiographique des associations en Tunisie à l’époque coloniale

Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

 

Habib Belaïd

Maître Assistant d'Histoire,Chercheur permanent à l’Institut supérieur d’histoire du mouvement national.Domaine de recherche :Histoire de la vie associative en Tunisie pendant l’époque coloniale. Histoire sociale de la Tunisie, XIXe-XXe  siècles.Thèse :« La crise de l'autonomie syndicale au Maghreb (1956-1965). De l'alliance avec les partis nationaux au contrôle par les Etats indépendants », thèse de doctorat de IIIe cycle d'Histoire contemporaine, Université de Paris I, 1983.
Source


Comment parler des recherches sur l'histoire des associations en Tunisie alors qu'on ne s'est intéressé à ce champ que depuis une quinzaine d'années ? Jusqu'à une date récente, nous ne disposions que de travaux partiels sur l'histoire de la vie associative ou d'un intérêt secondaire. De ce fait, il ne s’agit pas d'un bilan historiographique proprement dit, mais de remarques générales sur la production historique sur les associations en Tunisie à l’époque coloniale et ce, quelque soit le lieu de cette production.


Nous dresserons dans un deuxième temps, les tendances actuelles de la production universitaire tunisienne dans ce domaine.


L'association est une forme d'organisation ancienne, mais elle avait un sens très étendu. Dans une définition rapide de l’association (au sens moderne), nous retiendrons trois éléments et nous exclurons de notre champ d’étude les partis politiques et les syndicats, plus connus et obéissant à des logiques différentes :

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26 octobre 2008

Un livre à lire: Les Femmes tunisiennes au temps de la colonisation : 1881-1956

Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

 

1742993105.jpgLes Femmes tunisiennes au temps de la colonisation : 1881-1956
Souad Bakalti
Editions : L’Harmattan
Prix :24.4€
308 pages. Disponible en version numérique
Lire gratuitement des pages de cet ouvrage

Commander le livre sur le site de l’Harmattan

Livre disponible aussi en version numérique

 

 

Le mouvement féministe en Tunisie

Repères : Présentation d'ONG de femmes et féministes, des articles et des livres sur le mouvement féministe tunisien ainsi que l’intégralité du dossier « femmes et islamisme en 2006 » (Confluences Méditerranée , N° 59) et "Et " Femmes du Maghreb" (Clio Revue,9-1999) Lire la suite

19 octobre 2008

Un livre à lire: les deux livres de Samya El Machat "Le NATIONALISME TUNISIEN SCISSION ET CONFLITS 1934-1944" et " TUNISIE Les chemins vers l'indépendance (1945-1956)"




348595993.jpg162798346.jpg


Comprendre la crise qui a traversé le Destour et secoué le nationalisme tunisien, tel est l'objet de ce livre. L'auteur analyse minutieusement les causes de la rupture entre l'Archéo-Destour et le Néo-Destour, les ambitions contradictoires des principaux acteurs de la lutte pour l'indépendance, et l'échec de l'Archéo-Destour. La " guerre " des deux Destours n'a pas empêché le Néo - parti de masse - de prendre possession de la scène politique et d'imposer l'image de la résistance et du représentant unique en Tunisie.

TUNISIE
Le nationalisme tunisien, scission et conflits 1934-1944
Samya El Machat:
est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Nice Sophia-Antipolis. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés au Maghreb.
Editions: L'Harmattan
ISBN : 2-7475-2675-5 • juin 2002 • 262 pages
Prix éditeur : 22 € / 144 FF
ou


TUNISIE
Les chemins vers l'indépendance (1945-1956)

Samya El Machat
est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Nice Sophia-Antipolis. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés au Maghreb.
Editions: L'Harmattan
ISBN : 2-7384-1238-6 • 1992 • 279 pages
Prix éditeur : 24,4 € / 160 FF
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