01 septembre 2009
Les principaux procès politiques en Tunisie 1967-1977
18:44 Publié dans Des documents à télécharger, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Tunisie:procès politiques contre les syndicalistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politiqie tunisie
10 juillet 2009
« L’hélicoptère » ou « l’avion » pour les "patriotes" de l'Etat "moderne"




Cette technique de torture est utilisée dans la majorité des pays arabes…jusqu’à aujourd’hui.
Cette position s’appelle « « L’hélicoptère » ou « l’avion » ou le « balanco spécial »
Témoignage d'une victime:
On me fit asseoir par terre. On me fit coucher à plat ventre. On me lia les mains derrière le dos, puis les chevilles. On les joignit et on les enchaina ensemble. Pieds et mains liés derrière le dos, de telle manière que ma tête versa d’elle-même vers l’arrière, encore comme dans une autre posture yoga, lorsqu’on est à plat ventre et que l’on s’efforce de détacher un peu du sol la partie supérieure de la cage thoraciques. Sous mes pieds et mains liés ensemble, on fit passer une barre de fer, dans la position de « l’avion ». je sentis craquer mes articulations sous l’effet du cambrement en arc de mon corps, dont tout le poids reposait désormais sur mes épaules que je sentais se disloquer. Et sur la partie lombaire de ma colonne vertébrale qui constituait l’axe de la cambrure. On laissa pendant quelques instants, qui devaient être quelques minutes, mon corps voguer comme un avion. Puis on commença à me frapper avec un nerf de bœuf sur la plante des pieds.
Sacrée « modernité » et « Etat moderne » qui torture ses propres citoyens !
Noura Borsali rappelle dans son ouvrage ( Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars,) pp 113-114 « le sort de la famille du dernier Bey de Tunis....
"Sortant du quatrième étage du Ministère
de l’intérieur, la femme du Bey avait
du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre.
Elle mourra plus tard dans les bras de son mari ,
choquée à jamais"
Qu’est ce qui s’est passé au 4 éme étage du Ministère de l’Intérieur ?
Qui a volé les bijoux du Bey ?(Les rumeurs ont couru en Tunisie qu’une femme très puissante en Tunisie a eu ses bijoux au lendemain de l’indépendance).
Béji Caid Essebsi, Driss Guiga de part leurs fonctions pouvaient-ils réellement ne pas savoir ?
Le dernier bey de Tunis
Pp 113-114 « Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars
Dix jours avant la chute de la monarchie et la proclamation de la république, l’armée tunisienne remplace la garde beylicale si bien que le bey ainsi que son entourage ne sont plus libres de leurs mouvements. Le 18 juillet, Slaheddine bey, fils cadet du bey, est arrêté et transféré à la prison civile de Tunis, sous prétexte qu’il avait écrasé un certain gaaloul. Il confiera, en 2001, à Tijani Azzabi, quelques années avant sa mort : « l’indépendance de la Tunisie ne devait en aucune façon se répercuter négativement et menacer le bey et sa famille. Mon père était un grand nationaliste. Lorsqu’on est venu me retirer de ma geôle, au sous-sol, pour m’emmener dans un endroit inconnu, j’ai cru qu’on allait me tuer, surtout que l’on m’avait présenté à mon père, emprisonné à l’étage supérieur, pour lui dire adieu » . et d’ajouter » quant à ma mère, elle ne s’est plus remise de son arrestation, et surtout de ses trois jours d’enquête au 4 ème étage du ministère de l’intérieur où la direction de la sureté la questionnait en permanence sur le sort des bijoux de la famille. Maltraitèe ou pas, elle est revenue en tout cas avec du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre. Des hémorragies o*interne. Elle mourra plus tard dans les bras de mon père, choquée à jamais, et sans jamais nous dire ce qu’elle avait subi pendant son interpellation au ministère de l’intérieur ». docteur ben salem (ex gendre du souverain et ex ministre) a relaté dans son ouvrage « l’antichambre de l’indépendance » l’arrestation de lamine bey. Après l’encerclement et le verrouillage du palais le 23 juillet 1957, le 25 juillet, après la chute de la monarchie et la proclamation de la république par la constituante, une délégation composée du président jallouli fares, de ali balhaouane et du directeur des services de sécurité Driss Guiga est venue signifier au souverain sa déposition et sa mise en résidence surveillée à la
page 114
Manouba. « dix inspecteurs de police sont venus chez moi pour me signifier que je devais partir en résidence surveillée (…). Il était 19heures, le souverain habillé d’une simple djellaba, accompagnée de sa femme et de sa fille Safia a pris place dans une voiture précédant celle du commissaire de police et deux motards. Derrière, les princes Chedly et M’hammed et Slaheddine, ensuite moi-même encadré de deux inspecteurs ».
Docteur Ben Salem raconte le traitement inhumain qu’il a subi après sa fuite : coups violents portés sur des parties de son corps par un nerfs de bœuf qu’a utilisé Amar Chechia gouverneur de Sousse si bien, écrit-il que « je n’étais plus qu’une bouillie saignante ». tous les biens de la famille beylicale –qui a été enfermée- ont été confisqués. Chadly bey a été condamné à cinq ans de prison et libéré deux ans après. Il confiera, dans un entretien, qu’il accordera en 2003 à Abdeljlil Temimi et à Mokthar bey, qu’il a passé 8 mois seul dans une cellule, avant d’être transféré à Kairouan, et que sa famille a été enfermée à dar Mourad bey à Manouba. Lamine bey mourra le 1 er octobre 1962 dans un appartement exigu au quartier Lafayette.
Taib Mhiri:
Premier Ministre de l'intérieur en Tunisie. Il a cautionné la répression des oppositions et selon l'ouvrage "l'assassinat de Salah Ben Youssef", Taib Mhiri aurait supervisé l'assassinat de Salah Ben Youssef de Tunis...
Béji Caid Essebssi,
ancien directeur des affaires politiques au Ministére de l'Intérieur, ancien Directeur général de la Sureté, Ancien Ministre de l'intérieur et des affaires étrangères. L'ex Ministre ne se rappelle plus de rien......
Driss Guiga
Ex Ministre de l'intérieur en Tunisie. Quand la femme du Bey a été arrétée, c'est lui qui était le directeur de la Sureté.
13:21 Publié dans La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Un Film à voir, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : torture tunisie
08 juillet 2009
Tunisie: La "darbouka" pour "les patriotes" de l'Etat "moderne"

Cette torture s'appelle : la technique de la "Darbouka". Il s'agit de gifler la victime plusieurs fois et rapidement. Des tortionnaires la pratiquent avec les deux mains et d'autres la pratiquent en assénant des coups sur la nuque en utilisant la même technique de la Dabrbouka.
Cette technique est utilisée dans la plupart des pays arabes y compris avec des citoyens ordinaires sans activité politique.
Cliquez sur Play (le triangle)
La victime est attachée sur une chaise et laissée dans cette position souvent pour des jours.
1- Ou les tortionnaires l'empêchent de dormir en giflant la victime chaque fois qu'elle s'endorme ou en la piquant la nuque avec une aiguille pour l'empêcher de dormir
2- ou les tortionnaires pratiquent la technique de la Darbouka (voir vidéo sur ma page facebook) qui consiste à gifler la victime plusieurs fois (avec une main ou les 2) ou en lui assénant des coups rapides sur la nuque (le même mouvement qu'on fait sur une Darbouka, ce qui explique l'appellation)
Sous Habib Bourguiba, d'après les témoignages des opposants tunisiens, ces méthodes sont rien devant les tortures que les militants de l'extrême gauche ont subi:
La torture pourquoi ne pas en parler et trouver des solutions ?

"des tortionnaires de la police politique ont menacé
les prisonniers de "violer" leurs mères devant eux"

« Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005)
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Pages 126 de " Le rôle politique et Culturel de perspectives"

Témoignage de Mohamed Salah Fliss
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Pages 99 et suivantes de " Le rôle politique et Culturel de perspectives"
(Cet ouvrage est en vente libre en Tunisie,il suffit de l'acheter et de le lire)

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La torture en Tunisie :
L’héritage pourri de Habib Bourguiba et de ses partisans
Gilbert Naccache:
Qu'as-tu fait de ta jeunesse ?
Itinéraire d'un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979)
Suivi de « Récits de prison »
Paru en : Avril 2009
Le dernier ouvrage de Gilbert Naccache (en vente en Tunisie et en France, il suffit de l’acheter et de le lire)
C’était en 1972
A la page 124, on lit :
« Dans la pièce où, complètement nu, je [Gilbert Naccache] sortais d’une séance de torture : …le tortionnaire posa mon pénis sur une table et y appliqua deux coups de matraque retentissants »
A la page 136, on lit :
« Aicha, la femme de Noureddine, sortie récemment après seize mois de prison, elle avait aussi subi de graves tortures, entre autres au milieu de son séjour en prison »
A la page 160, on lit :
« Le courage de Aicha Ben Abed, la campagne de Noureddine, qui avait été sauvagement torturée (elle porte encore les traces de brûlures de cigarettes sur ses seins) ». (fin)
Durant ce temps, les tunisiens et les Tunisiennes étaient en train « d'applaudir » l'Etat « moderne » (Moderne ? et comment !) bâti par Habib Bourguiba.
En 1975, les déclarations du Ministre de l’Intérieur Tahar Belkhoja :( Extrait de l’article au Monde Diplomatique en Décembre 1975 intitulé : « La Tunisie, vingt ans après » : Régression économique, répression politique : le mythe du libéralisme n’a pas tenu ses promesses et le pays s’enfonce dans la dépendance...: Vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article en cliquant ICI) :
Selon le Ministre de l’Intérieur en 1975 :
« Il n’y a pas de torture »,
il s’agit de « campagnes mensongères »
Des « campagnes mensongères »
s’étonnant qu’un journal « sérieux » prête attention à des « ragots », le ministre ne voit dans nos questions que l’« écho de campagnes mensongères ». Lui rappelons-nous qu’une organisation aussi pondérée qu’Amnesty International a porté la Tunisie – comme le Chili – sur la liste des gouvernements tortionnaires, Tahar Belkhodja repousse d’un geste méprisant cette accusation : « Amnesty International ? On sait ce que c’est. Des individus qu’on recrute, ici et là, sur on ne sait quels critères, et qui écrivent n’importe quoi. »
C’est aussi, d’après le ministre, ce que font les avocats – « ces étrangers, qui débarquent en pleine audience sans s’annoncer, portent atteinte à notre indépendance et s’étonnent d’être expulsés » – et les médecins. L’un d’eux, pourtant, a examiné M. Cantal-Dupart, expert de l’UNESCO, torturé dans les locaux de la D.S.T., puis dans des villas spécialisées, Mabrouk-I et Mabrouk-II, à quelques kilomètres de la capitale. Mme Maria Heichert porte encore, elle aussi, des traces de sévices : « Allons donc! s’exclame le ministre. Une fois à l’étranger, ces gens-là racontent ce qu’ils veulent ; ils jouent aux martyrs. »
Tahar Belkhodja, néanmoins, ne nie pas explicitement l’existence des tortures : « Nous n’en avons pas besoin, répond-il. Ceux que nous arrêtons sont généralement d’un haut niveau intellectuel ; nos inspecteurs sont licenciés en droit. Nous avons, dans ce bureau même, de longs débats d’idées. » Est-ce au cours d’une « discussion », dans ce bureau décoré de glaïeuls rouges et d’une tapisserie en soie, que notre ami Khaled s’est, par mégarde, brûlé les pieds à l’acide sulfurique, au point que, trois ans plus tard, il souffre encore en marchant ? « Oubliez ces histoires, nous dit le ministre. Quand on parle de l’intérieur, on pense toujours à la police. Mais la police, c’est presque notre dernier souci ! Le ministère s’occupe des gouvernorats, des délégations, des mairies – bref, de toute l’administration du pays.
A propos de la torture des militants de perspectives, les anciens Ministres de Bourguiba déclarent tous qu’ils ne savaient rien. Tous se sont inventés à l’occasion de la parution de leurs mémoires des CVs de « démocrates » et de « ministres honnêtes et intègres »Et sûrement pour plusieurs d’entre eux qui possèdent des appartements parisiens dans des quartiers luxueux à Paris (au 75008, au 75017 et dans d’autres lieux) Ils ne savent pas non plus comment peut-on avec le salaire ou la retraite d’un ministre en Tunisie, on peut acheter des appartements valant plus d’un million d’euros !
Ainsi, Beji Caid Essebsi (Ex Ministre de l’Intérieur) (Lire Entretien avec Michel Camau et Vincent Geisser en avril 2002 par dans l’ouvrage collectif « Bourguiba : la trace et l’héritage » pp 577-601)En réponse à la question, Ils[ les militants de Perspectives] sont restés quatre mois dans les caves ?, Béji Caid essebsi a répoondu : « Je ne sais pas si vous me croyez, mais je l'apprends maintenant. » et d’ajouter : « Cela dit, je ne sais pas exactement de quoi les perspectivistes se plaignent. ».
Pour Tahar Belkhoja (Ex directeur de la Sureté et ex ministre de l’intérieur) dans l’article du Monde Diplomatique paru en 1975 intitulé : « La Tunisie, vingt ans après » : Régression économique, répression politique : le mythe du libéralisme n’a pas tenu ses promesses et le pays s’enfonce dans la dépendance..., on lit : « Tahar Belkhodja, néanmoins, ne nie pas explicitement l’existence des tortures : « Nous n’en avons pas besoin, répond-il. Ceux que nous arrêtons sont généralement d’un haut niveau intellectuel ; nos inspecteurs sont licenciés en droit. Nous avons, dans ce bureau même, de longs débats d’idées. »
Gilbert Naccache, un des Leaders historiques de la Gauche en Tunisie apportera un démenti aux déclarations de l’Ex Ministre. A la page 167 de son nouvel ouvrage (Gilbert Naccache : Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un opposant à Habib Bourguiba. Ouvrage en vente en Tunisie) on lit: « La police, autorisée, pour ne pas dire encouragée par le ministre [ Tahar Belkhodja] torture de plus belle ( Belkhoja ne peut arguer de son ignorance: plusieurs militants, dont Mohamed Salah Fliss en 1975, ont été battus en sa présence et dans son bureau, et surtout, dans une interview de 2001 à la télévision al Jazira, il a reconnu l'existence de torture pendant tout le régime Bourguiba, et a invoqué, pour sa défense, le fait que personne n'était mort sous la torture quand il était ministre). en ce qui concerne, évidemment, les délinquants de droit commun, mais aussi les contestataires ( le témoignage qu'Ahmed ben Othman, torturé en décembre 1973, réussit à faire publier en 1977 dans Les Temps Modernes montre la sauvagerie accrue de ces pratiques) tout comme les gardiens de la prison soupçonnés d'avoir aidé Ben Salah dans sa fuite. J'ai parlé du rôle de Tahar Belkhoja dans la suppression de notre grâce et l'organisation active de toutes les répressions contre les jeunes de la gauche marxisante (il y avait au moins deux procès par an, souvent davantage). Sa première période au ministère de l'intérieur se caractérise donc par l'aspect répressif" (fin de l'extrait)
Le tristement célèbre Mohamed Sayah (Ex directeur du parti au pouvoir, plusieurs fois Ministres et l’homme des milices – une sorte de police parallèle- du parti au Pouvoir (le PSD, Parti Socialiste Destourien, rebaptisé RCD : Rassemblement Constitutionnel Démocratique en 1988) a déclaré en 2002 lors d’une conférence organisée à la Fondation Temimi (Témoignage paru dans l'ouvrage: Le rôle politique et culturel de Perspectives et des Perspectivistes dans la Tunisie indépendante, Publications de la Fondation Temimi, Septembre 2008. Page 127. Ouvrage en vente en Tunisie) « qu’il a entendu parler de la torture » et d’ajouter « je n’ai appris les détails des tortures qu’en 2002 ».

Les mémoires de Mohamed Charfi apporteront un démenti aux déclarations de Mohamed Sayah (des mémoires de Mohamed Charfi « Mon Combat pour les lumieres » Date de parution : février 2009, Editeur : Zellige).
Aux pages 103 et 104, feu Mohamed Charfi écrit : « Le 20 mars 1968, dès le début de la vague de répression, mon ami Ahmed Smaoui m'avertit par téléphone que je ne dois pas quitter la maison, car la police parallèle (milice créée par le parti destourien) est en train de sévir dans la ville et je figure en bonne place sur la liste des militants à arrêter. Le lendemain, c'est lui qui se fait arrêter et torturer d'une manière atroce par cette police. Ces tortures lui laisseront des traces et des séquelles. dont certaines se révéleront trente ans après. Le médecin qui l'a opéré des yeux au milieu des années 1990 a été étonné de la forme de cataracte qu'il avait et qu'on ne trouve habituellement que chez les anciens boxeurs. Le médecin ne s'est Pas trompé : simplement, la partie de boxe qu'Ahmed a subie était unilatérale. Il a reçu des coups innombrables, sans pouvoir en donner aucun. L'informateur d'Ahmed connaissait l'ordre me concernant, mais il ignorait qu'Ahmed était aussi sur la liste.
Parmi les forfaits commis à cette époque et qui figurent en bonne place au tableau d'infamie de cette police, outre la torture infligée à Ahmed Smaoui, citons l'enlèvement du militant communiste Habib Attia, un des premiers universitaires tunisiens, lâchement torturé avant d'être libéré, et l'enlèvement du Chirurgien de grande renommée Zouheir Essafi, parce qu’il était connu pour ses positions libérales publiques. Il avait en outre fait partie du comité Vietnam déjà évoqué, en tant que vice-président. Dés son enlèvement, il a été cagoulé, puis jeté dans une cave où il est resté plusieurs heures avant d’être libéré. C’était un avertissement éloquent adressé à tous les intellectuels tunisien ».(fin)

Feu Noureddine Ben Khedr avant sa mort avait témoigné pour l’Histoire : « En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) »
Sources:
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Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’article du Monde Diplomatique sous format PDF.
11:36 Publié dans Des documents à télécharger, La maladie de Habib Bourguiba, la vérité interdite, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Un Film à voir, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : torture tunisie
04 juillet 2009
LIBERTE POUR LES CONDAMNES DE TUNIS de COLLECTIF ed. MASPERO, 1969

Ouvrage vraiment rare. 52 pages qui contiennent des informations et des documents inédits sur la répression et les procès de la gauche sous Habib Bourguiba. On trouve par exemple, des extraits des plaidoiries des avocats et des réponses des juges parmi tant d'autres documents. Je mettrai ce document bientôt en ligne et j'invite tous ceux et celles qui ont des documents rares à les mettre en ligne, à les partager.
C'est quand même plus utile pour le pays (pour les 500.000 utilisateurs facebook en Tunisie) que de passer la moitié de sa vie à aller à Dailymotion et Youtube chercher des vidéos de chansons et passer la seconde à s'interroger: pourquoi 53 ans après l'indépendance notre pays souffre encore de plusieurs problèmes que les autres pays ont dépassé.
Et j'ajoute pour les "ouvrages", Une minorité de pseudos politiques qui composent le microcosme parisien ont des documents rares! En ce qui me concerne, je connais 2 amis qui jouent le jeu et on s'échange des docs, sinon les autres, ils refusent de préciser les références! C’est la mentalité typiquement tunisienne (il ne faut pas qu'il lise sinon il comprendra, ne lui montrez rien pour que les gens restent bleus) mais bon! Ceux la, sont trop cons (du petit au grand du microcosme parisien) et leurs ouvrages et docs rares, qu'ils les gardent pour eux pour rédiger leur dernier ouvrage : comment passer 30 ans de sa vie d’échec à échec en politique ? Pour d’autres, ils peuvent écrire : « comment passer toute sa vie à faire de la délation, ou à défendre les « acquis » ou à applaudir. Enfin, et bonne chance d’avance.
Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.
Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko


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18 mai 2009
Nabiha ben Milad 1919-2009 : une pionnière du féminisme tunisien

Par Leïla Temime-Blili.(Source : le blog « Les amis d’Attariq », le 16 mai 2009)
Lien : http://amisattariq.blogspot.com

Nabiha ben Milad vient de nous quitter. Le mouvement féministe tout entier est endeuillé car il vient de perdre une de ses figures de proue, une de ses pionnières , qui a tant donné à la cause des femmes, mais pas seulement, dans la simplicité, la discrétion et l’abnégation. Tôt lancée dans l’action sociale , au moment où la majorité des femmes sont engoncées sous les voiles et cloîtrées dans les maisons, Nabiha ben Milad eut une trajectoire atypique de femme émancipée, soutenue par un époux médecin qui l’a aidé à se libérer du voile , de la vie domestique , de la claustration.
Cliquez Ici pour lire la suite sur le Blog des amis d'Attarik.
29 mars 2009
Tunisie: Tout ce que vous devez savoir sur la Gauche en Tunisie (1)
Le rôle politique et culturel de
Perspectives et des Perspectivistes
dans la Tunisie indépendante
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Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.
Ne Soyez pas/ Ne devenez pas.... une « racaille » dixit Sarko
D'autres ouvrages à lire:

"Cristal". Auteur Gilbert Naccache
EXTRAIT :"Arrêtés en décembre 1972, et condamnés à un an de prison, Noureddine et moi étions encore détenus en Avril 1974, sous un prétexte inconsistant : deux de nos camarades, sous le coup de la même inculpation que nous, venaient de se voir signifier un non-lieu et d’être libérés. On nous avait traités différemment : plusieurs dizaines de militants d’extrême gauche avaient été arrêtés en Novembre et Décembre 1973, nous étions considérés comme fondateurs de leur organisation, et on ne voulait pas nous laisser la possibilité de la remettre sur pied.
Nous attendions donc que soit trouvée la «façon juridique » de nous maintenir en prison. Nous savions que le juge d’instruction comptait sur un décret présidentiel pour ne pas assumer lui-même cette responsabilité. Rejoints en février par nos jeunes camarades au pavillon cellulaire, nous étions isolés les uns des autres dans des cellules individuelles, après qu’on nous eut retiré livres, papiers, stylos ou crayons pour nous empêcher de communiquer entre nous et surtout avec l’extérieur."

Le syndrome Bourguiba- Auteur Aziz Krichen
EXTRAIT: "La mobilisation de la jeunesse tunisienne autour des idéaux de l’extrême-gauche a commencé dans les années soixante et elle a pris très rapidement l’ampleur d’une levée en masse(...)L’intervention policière a été impitoyable, d’une brutalité hors de proportion avec le niveau réel de la menace, et menée comme on assouvit un ressentiment, de façon rancunière, petite et mesquine, avec cette lâcheté de qui s’engage dans un combat inégal où il se sait le plus fort. L’irresponsabilité a répondu à l’irresponsabilité ; l’immaturité des fils à réveillé l’immaturité des pères. Ceux-ci n’ont jamais compris que la révolte de ceux-là n’était qu’un appel et que cet appel leur était adressé. Il leur était demandé une reconnaissance qui aurait permis à la nouvelle génération de s’assurer d’elle-même, mais eux-mêmes n’étaient pas assurés de leur propre être, et leur propre inconsistance leur commandait de supprimer quiconque risquait de la dévoiler" Aziz Krichen

HABIB Bourguiba: La Trace et l'héritage. (Collectif)
EXTRAIT: Entretien avec Nouredine Ben Khedr.« Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne (1936-2005)

"Sortir de la prison". Auteur Ahmed Othmani
EXTRAIT: A commencé alors une nouvelle période marquée par les interrogatoires, les confrontations, la torture, les arrestations de plus en plus nombreuses. La répression est devenue massive, avec des dizaines d’arrestations. pour ce qui me concerne, la période la plus dure a duré deux mois et demi. J’ai d’abord transité par les locaux de la direction de la sûreté du territoire, puis j’ai été transféré au pavillon E de la prison de 9 avril, avec les prisonniers politiques et les condamnés à mort. On me sortait de ma cellule pour m’emmènera la DST ou dans des fermes des environs de Tunis, qui avaient appartenu à des colons et servaient de centre de torture. C’est là qu’on nous torturait dans des caves remplies d’eau. Ce traitement a duré jusqu’à notre procès, en septembre 1968.
Vient de Paraitre
Gilbert Naccache: Qu'as-tu fais de ta jeunesse?
16:47 Publié dans Des documents à télécharger, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gilbert naccache, sortir de la prison ahmed othmani tunisie, politique tunisie, habib bourguiba tunisie, syndrôme bourguiba, aziz krichen tunisie, perspectives tunisie gauche politique, opposition tunisie
08 décembre 2008
Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali (1)

Lundi 8 Décembre 2008
Lettre ouverte à Bourguiba(1) (de la page 9 à 20)
Le document a été retranscris de façon que la mise en forme soit exactement celle du livre en version papier. L’intégralité du livre « Lettre ouverte à Habib Bourguiba » de Mohamed Mzali (éd. Alain Moreau, Paris, 1987) (dans lequel l’ancien Premier ministre fait des révélations inédites sur le régime de Bourguiba) ainsi que « Cristal de Gilbert Naccache » (qui revient sur la répression de l’extrême gauche, la torture, les conditions de détention en prison sous Habib bourguiba), deux livres rares, seront mis en ligne en sur le blog samibenabdallah.com en plusieurs fois.
[ page 9. Lettre ouverte à Bourguiba]
Monsieur le Président,
Je vous écris d'exil...
Je ne le fais pas de gaieté de cœur tant les faits que je me trouve dans l'obligation d'évoquer, me remplissent le cœur de tristesse parce qu'ils touchent profondément au sens même que j'ai toujours voulu donner à ma vie.
Mais je vous écris avec sérénité. Nul' esprit de vengeance ne saurait animer ces lignes que mon sens du devoir, seul, me commande d'écrite, non en guise de plaidoyer, car je ne me reconnais pas coupable, mais afin de porter un témoignage,
objectif autant que faire se peut, lucide, sans concession ni compromis, sur une période assombrie de l'histoire de notre Patrie.
Après mon départ forcé du pays (j'aurai l'occasion de revenir, plus tard, sur cet épisode), la calomnie se déchaîne contre moi. Ma famille indignes qui ternirent, ternissent fut l'objet de poursuites injustifiées et de sévices indignes qui terniront aussi longtemps que ces pratiques archaï
[Page 10. Lettre ouverte à Bourguiba]
ques de vendetta se poursuivront — l'image de la Tunisie (1).
Mes proches et mes amis furent inquiétés sans autre motif que celui de leur fidélité à la parole donnée.
Le temps est venu d'opposer à la vilenie rancunière des manipulateurs qui vous tiennent sous influence, l'incontournable évidence des faits.
Je ne suis pas sûr que vous lisiez jamais ces lignes ou qu'une, âme courageuse et bien trempée se dévoue pour vous en informer honnêtement et complètement. Autant qu'à vous, je les destine, à l'opinion publique nationale et internationale, et aussi à l’Histoire.
Car aujourd’hui parmi les afflictions dont m’accablent des haines souterraines que je n’ai jamais rien fait pour susciter, ma conscience me dit, sans acrimonie aucune, qu’en trente années d’exercice du pouvoir à des postes divers, je n’ai pas failli à mes engagements, ni démérité de la Patrie. Est-ce à dire que dans l’action qui fut la mienne, je prétende qu’il n’y ait aucune faiblesse ni aucune erreur ? Absolument pas.
(1). Lire en annexe de cette lettre le document intitulé «Un calvaire pour innocents ».
[ page 11. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
J'ai, sur le plan personnel, assez de modestie et, sur le plan public, assez de sens de-l'État pour n'avoir pas la tentation de faire comme certains qui, à chaque épreuve nationale, rejettent leurs fautes 'sur d'autres et, tels des Ponce Pilate oublieux des leçons du passé, se lavent lâchement les mains en pensant ainsi échapper au poids de leurs responsabilités, et duper, indéfiniment, cette «poussière d'individus », terme indécent par quoi ils ont l'outrecuidance de qualifier leur peuple.
L'Histoire fera le tri lorsque seront retombés les vents mauvais de la polémique et que sera venu enfin le temps de l'écrire d'une plume sereine et impartiale... laissant aux faits, et à eux seuls, le soin de préciser les responsabilités.
Récapitulons les événements qui ont abouti, peu à peu, à la situation présente. Le 23 avril 1980, vous me nommiez, après un mois de «mise à l'épreuve » comme coordinateur de l'action gouvernementale, au poste de Premier Ministre.
[ page 12. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
J’ai accepté cette lourde charge, à un moment particulièrement délicat de notre histoire. La situation était en effet bloquée. L’université était «grippée » ; rien n’y allait plus : les grèves s’y succédaient à un rythme de plus en plus accéléré ; les assemblées générales se multipliaient sur les campus et leurs participants traînaient dans la boue le régime et le Président de la République. Doyens, professeurs et étudiants, toutes tendances confondues, n’avaient à l’esprit et dans la bouche qu’une double exigence : la libération des étudiants et des étudiantes incarcérés depuis 1974 et 1975 et la suppression du corps des vigiles institué par décret en 1975 à l’initiative de Driss GUIGA, alors ministre de l’éducation, en vue de « maintenir l’ordre » à l’intérieur des grands centres universitaires. Des centaines de syndicalistes, dont des patriotes confirmés et des militants de la lutte contre les autorités du Protectorat, remplissaient les geôles du pays.
Les événements sanglants du 26 janvier 1978 n’étaient pas oubliés. L’attaque sur Gafsa, dans la nuit du 26 au 27 janvier 1980 fut une sorte de séisme qui prit tous les responsables au dépourvu. La Tunisie était donc fragile.
Les troubles sociaux affaiblissaient l’autorité de l’Etat : les grèves tournantes affectaient particulièrement le secteur des phosphates et des
[ page 13. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
industries chimiques (Gabès-Sfax-Gafsa…) et celui des transports urbains (au lendemain de l’attaque de Gafsa, c’était un lundi, la grève déclenchée par la société nationale des transports paralysa complètement Tunis !). l’U.G.T.T (2) ne maîtrisait plus la situation. L’image diplomatique de la Tunisie se ternissait considérablement auprès des organisations internationales : B.I.T (3) C.I.S.L (4)…les dockers refusaient de charger et de décharger les marchandises d’origine tunisienne dans un grand nombre de ports européens.
Les cicatrices des événements du 26 janvier 1978 (5) qui opposèrent les ouvriers aux forces de l’ordre à la suite de la grève générale décidée ce jour-là par l’U.G.T.T, étaient encore sensibles, tant sur le plan économiques que social. L’économie souffrait de déflation, la productivité était tombée à un niveau très modeste.
Le Parti Socialiste Destourien (P.S.D), dont le durcissement et les déviations avaient éloigné la jeunesse et les militants modérés, se trouvait affaibli, rétréci, et avait perdu beaucoup de son audience. Une coterie etriquée en tenait, quasiment seule, les rênes.
[ page 14. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
L'on avait étouffé les libertés sous une chape d'autoritarisme, ce qui avait beaucoup contribué à multiplier les oppositions et les résistances clandestines, et ce, malgré les efforts de M. Hedi NOUIRA (6) qui, lui, était un libéral authentique.
La Tunisie apparaissait à tous, nationaux aussi bien qu'étrangers, comme un pays qui ne respectait plus la liberté de l'action syndicale, et était gouverné par un parti unique réduit et replié sur lui-même.
Le contexte, à cette époque, se trouvait être si dangereusement distendu par la concomitance de ces divers éléments divergents et destructeurs qu'il inspira au Directeur de la. Sûreté Nationale, le général .Zine El Abidine BEN ALI, un rapport très sombre.
Le contenu de ce rapport devait susciter chez son, supérieur hiérarchique d'alors, Driss GUIGA, ministre de l'Intérieur, beaucoup d'humeur contre son auteur. Peu après, d'ailleurs, ce dernier se verra démis, de ses fonctions et nommé à l'Ambassade de Tunisie à Varsovie.
Guiga avait été nommé ministre de l’intérieur
(6). Premier ministre de Tunisie de novembre 1970 à février 1980.
[ page 15. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
avant que je ne fus, moi-même, chargé de la coordination gouvernementale. Deux jours après que j'eusse été nommé à cette fonction, il me rendit visite au Ministère de l'Education Nationale d'où je continuais à mener, de front, ma double tâche. Il m'annonça que vous aviez démis le général Zine El Abidine de ses fonctions et nommé, pour le remplacer, Abdelhamid SKHIRI Directeur de la Police, Ahmed BENNOUR Directeur de la Sûreté nationale et Ameur GHEDIRA au Commandement de la Garde Nationale.
Ces décisions ayant été adoptées sans que j'en fusse informé, j'avais jugé de mon devoir de renoncer à poursuivre la mission de coordination que vous veniez de me confier. Mais plusieurs collègues, mis au fait de cette décision, avaient insisté pour m'en dissuader, affirmant qu'une retraite aussi rapidement opérée risquait fort de porter préjudice au prestige de la structure gouvernementale récemment mise en place. Je crus devoir me plier à cette raison, croyant que je pouvais mettre mon plan de démocratisation en œuvre. Le Régime avait beaucoup perdu de sa crédibilité. Les masses étaient démobilisées. Le pouvoir se trouvait pratiquement coupé, du peuple. Avec nos voisins de l'Est et de l'Ouest nous étions au
[ page 16. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
bord de la rupture.
Plusieurs de mes amis préconisèrent alors la prudence. Qu'allais-je faire dans cette galère ? Je n'avais été impliqué dans aucune des fautes graves qui avaient mené le Régime au bord du gouffre. Je n'appartenais à aucun clan et ne participais à aucune coterie. Beaucoup me conseillèrent de ne pas gaspiller les atouts dont je pouvais disposer pour l'avenir. J'ai cependant accepté de me jeter dans la bataille par devoir patriotique, mais aussi avec l'espoir que je pourrais, appuyé par vous, réconcilier les Tunisiens avec eux-mêmes et avec le Régime.
Pour l'apaisement et la concorde
Le 1 er mai 1980, quelques jours à peine après ma nomination aux fonctions de Premier Ministre, lors d'un meeting organisé au Cinéma le Palmarium à Tunis, à l'occasion de la Fête du Travail, je donnai le ton. J'annonçai qu'il fallait en finir définitivement avec la politique du maître d'école armé de sa règle, en associant graduellement, par larges étapes successives, les forces vives de la nation et les générations montantes à l'élaboration et à la mise en œuvre des décisions politiques, économiques, sociales et culturelles qui condi-
[ page 17. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
tionnaient leur avenir. Je rappelai les vertus de la réelle union nationale qui ne saurait se réduire à un slogan creux. Je plaidais pour concilier démocratie politique et justice sociale. Je rappelai que la vraie liberté était la condition sine qua non de la respectabilité du Régime et de l'invulnérabilité nationale. Appliquant « la politique des étapes », j'ai supprimé, par décret, le corps des vigiles; j'ai ensuite réussi à faire libérer les prisonniers politiques, quelles que fussent leurs tendances, notamment les syndicalistes et les étudiants. Ainsi, par vagues successives, vous « arrachant », en quelque sorte, petits groupes après petits groupes, j'ai pu vous convaincre d'accorder une amnistie individuelle à environ 1 200 personnes. Il fallait chaque fois, « négocier » avec vous la signature des décrets promulguant ces amnisties. Comme l'écrivait le cardinal de Richelieu au roi Louis XIII, « les deux pieds carrés de votre table m'étaient plus difficiles à conquérir qu'un empire ! »
J'ai réussi à normaliser la situation de l'U.G.T.T. Grâce à Nourredine HACHED et à un noyau de syndicalistes authentiques, ma tâche a été couronnée de succès par le Congrès de Gafsa qui, le l er mai 1981, devait consacrer l'avènement d'une direction syndicale légitime, c'est-à-dire acceptée par l'immense majorité de.; syndicalistes et dont le
[ page 18. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
Secrétaire général était M. Taieb BACCOUCHE. Il m'est difficile d'oublier les efforts parfois pénibles que j'ai dû déployer pour vous convaincre d'accepter ce militant que vous considériez alors comme un « Rouge irrécupérable. Je pensais avoir pu vous persuader que le syndicaliste BACCOUCHE, sans être destourien et bien qu'il se situât à « gauche », était patriote et représentatif. Comme il m'est difficile d'oublier le tour de force réalisé par ma politique d'ouverture : libéré à mon initiative, alors qu'il purgeait depuis plus de deux ans une lourde peine de travaux forcés, non seulement T.,BACCOUCHE participa activement à la normalisation de l'U.G.T.T., à la formation et au programme du front national qui regroupait autour du P.S.D. les organisations nationales, mais aussi il m'accompagna à Jemmal, sa ville natale, et prit la parole lors d'un meeting électoral que, tête de liste dans cette région, je présidais (fui octobre 1981).
Je ne vous avais du reste pas caché mon opinion concernant l'autonomie de l'U.G.T.T. et la nature des rapports qui devaient exister entre elle et le P.S.D. Je l'avais exprimée clairement et en prenant mes responsabilités dans un article que le journal La Presse devait publier dans son numéro du 6 juin 1981. Pour tourner définitivement la
[ page 19. Lettre ouverte à Habib Bourguiba]
page sanglante de janvier 1978, j'avais réussi à vous persuader que l'heure était venue de libérer Habib ACHOUR et de laisser• aux instances syndicales concernées la responsabilité de le réélire ou non à la tête de l'U.G.T.T.
Je pensais aussi vous avoir convaincu de la nécessité du pluralisme en Tunisie. A maintes reprises, je vous avais rappelé que vous-même et le P.S.D. avec vous, n'aviez plus besoin pour gouverner des mythiques 99 % des voix que vous donnait chaque « élection ». Sans déchoir, vous pouviez vous contenter, de 80, 70 et même de 51 %. Vous y auriez gagné en crédibilité pour avancer concrètement sur la voie du pluralisme démocratique. J'ai obtenu de vous la légalisation du Parti communiste que vous aviez « gommé » de la carte politique tunisienne en janvier 1963. En novembre 1983, je vous ai arraché la reconnaissance de deux partis nouveaux, le M.D.S. (7) et le M.U.P.II (8).
J'ai également obtenu de vous, avec l'accord de la majorité de mes camarades du Bureau politique, l'organisation de nouvelles élections législatives en novembre 1981. Les diverses tendances de l'opinion tunisienne avaient alors cru à un souffle nouveau. Il est vrai que de
J'ai également obtenu de vous, avec l'accord de la majorité de mes camarades du Bureau politique, l'organisation de nouvelles élections législatives en novembre 1981. Les diverses tendances de l'opinion tunisienne avaient alors cru à un souffle nouveau. Il est vrai
(7). Mouvement des Démocrates Socialistes.
(8). Mouvement de l’Unité Populaire II : dissident du Mouvement du même nom créé par Ahmed BEN SALAH.
[ page 20. Lettre ouverte à Bourguiba]
que votre discours inaugural au Congrès extraordinaire du P.S.D., le 10 avril 1981, avait clairement ouvert la voie au pluralisme. Un paragraphe, resté fameux, a paru, aux yeux de tous les observateurs tunisiens et étrangers, amorcer un tournant de votre politique. Il annonçait à la nation une ère nouvelle de liberté et d'équité. Vous vous engagiez à autoriser l'émergence de nouvelles entités politiques et syndicales à condition qu'elles rejettent la violence comme moyen d'action, qu'elles soient libres de toutes allégeances étrangères, financières ou idéologiques, et qu'elles s'engagent à œuvrer dans le respect de la Constitution. Or, ce paragraphe a été écrit de ma propre main, dans la maison du militant Sadok BEN JEMAA, où, dans le cadre de la préparation du congrès extraordinaire du P.S.D., je me réunissais, un soir, avec une dizaine de membres du Bureau politique et du Gouvernement, dont Beji Caïd ESSEBSI, Béchir Zarg EL AYOUN, Tahar BELKODJA, Mansour MOALLA, Mazri CHEKIR, S. BALY, D. GUIGA. Il m'a fallu, par la suite, le défendre âprement devant vous afin que vous consentiez à l'incorporer dans votre discours déjà rédigé.
Lire la suite. Lettre ouverte à Habib Bourguiba, partie 2. De la page 21 à 31
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05 décembre 2008
Des livres rares sur le blog de Sami Ben Abdallah
Vendredi 5 décembre 2008
Le livre rare "Cristal" de Gilbart Naccache. Cliquez ICI
Le livre rare: "Lettre ouverte à Habib Bourguiba" de Mohamed Mzali. Cliquez ICI
A partir du Lundi 8 Décembre, vous pouvez lire sur le blog samibenabdallah.com l'intégralité de deux livres rares qui reviennent sur des pages méconnues de l'Histoire de la Tunisie (les deux livres seront intégralement mis en ligne sur plusieurs fois).
DEDICACE: je dédie ces deux livres à tous les jeunes de ma génération. Depuis enfant, on nous racontait la fable d'un Etat " moderne" et les bienfaits d'un père "Bourguiba" "père de l'indépendance" qu'on nous a décrit comme "éclairé". Le contenu de ses deux livres révèle des chapitres très douloureux de l'histoire de notre pays : la torture d’étudiants de l’extrême gauche et leur condamnation à plus de dix ans de prison, la fraude électorale, la censure…..
Ils nous ont menti...
Lettre ouverte à Habib Bourguiba
Lettre ouverte à Habib Bourguiba de Mohamed Mzali: écrit par l'ancien Premier ministre M.Mohamed Mzali alors exilé en France. Dans ce livre, Mohamed Mzali explique comment fonctionne le système politique tunisien: la fraude électorale sous Bourguiba, le culte de la personne, la censure, comment Bourguiba nommait les Ministres...
Cristal

Cristal de Gilbert Naccache: ancien dirigeant de la gauche tunisienne. Arrêté, emprisonné et torturé lors des grands procès politiques de l'extrême gauche entre 1967 et 1975, Gilbert Naccache revient sur les conditions de détention, la torture et l'extrême gauche tunisienne. Gilbert Naccache a écrit son témoignage en prison sur des papiers cigarettes tunisiennes Cristal, d'où ce titre...

Gilbert Naccache par les Editions du Cerfs:Tunisien, né en 1939, Gilbert Naccache a été l'élève de René Dumont à l'Institut national agronomique de Paris. Il a d'abord travaillé comme ingénieur agronome au ministère tunisien de l'Agriculture, avant que ses activités politiques d'opposant à Bourguiba ne lui valent en 1968 une lourde condamnation : il sera finalement libéré en 1979. Après sa libération, il travaille comme éditeur à Tunis. Il s'est installé en France en 2004.
De sa prison, il a sorti un roman qui donnera son premier livre, « Cristal », publié en 1982 à Tunis, et de nombreux autres écrits, sur différents sujets. « Le ciel est par-dessus le toit » en rassemble quelques-uns.
16:55 Publié dans Des documents à télécharger, La fraude électorale sous le Président Bourguiba, La maladie de Habib Bourguiba, la vérité interdite, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, le jeudi noir, 26 janvier 1978, Tunisie, les émeutes du pain, Tunisie, les falleghas, ces oubliés de l’Histoire, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Tunisie, les procès des anciens Premiers ministres, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Tunisie,procès politiques contre les islamistes, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Tunisie:procès politiques contre les syndicalistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gilbert naccache, cristal, mohamed mzali, lettre ouverte à habib bourguiba, torture tunisie, blog tunisie
20 septembre 2008
Tunisie, un livre à lire: Habib Bourguiba, la trace et l'héritage
Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

Habib Bourguiba, la trace et l'héritage
- Broché: 664 pages
- Editeur : Karthala (1 mai 2004)
- Collection : Science politique comparative
- Langue : Français
Présentation de l'éditeur
Des lendemains de la première guerre mondiale à la veille de la chute du Mur de Berlin, la trajectoire de Habib Bourguiba, né en 1903, s'est confondue avec le " court XXe siècle ". Tour à tour journaliste militant, avocat, leader de parti et chef d'Etat, le fondateur de la République tunisienne aura vécu pour la politique soixante années durant, dont la moitié vouée à l'exercice du pouvoir.
09:47 Publié dans La fraude électorale sous le Président Bourguiba, La maladie de Habib Bourguiba, la vérité interdite, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, le Coup d’Etat de 1962, Tunisie, le jeudi noir, 26 janvier 1978, Tunisie, les émeutes du pain, Tunisie, les falleghas, ces oubliés de l’Histoire, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Tunisie, les procès des anciens Premiers ministres, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Tunisie,procès politiques contre les islamistes, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Tunisie:procès politiques contre les syndicalistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habib bouguiba, tunisie
12 septembre 2008
L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani
"Ceux qui ne comprennent pas leur passé sont condamnés à le revivre "(Goethe )
« Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne (1936-2005)
« Toutes ces questions peuvent être adressées aussi à M. Ahmed Ben Salah, et à bien d’autres, comme MM. Ahmed Mestiri, Hassib Ben Ammar, Beji Caid Essebssi ; où étaient-ils quand on envoyait des étudiants au bagne ? Qu’ont-ils fait pour empêcher la torture, à défaut de la dénoncer ? Avaient-ils si peu de démissionner, de prendre des risques ? S’ils avaient peur des risques, ils n’avaient pas à entrer en politique. Les uns et les autres (si différents par ailleurs) fournissent aujourd’hui des explications a posteriori. Elles ne sont pas toujours convaincantes. « Ce n’est jamais, jamais après mais avant que ça se passe ». P81, Mohesen Toumi, la Tunisie de Bourguiba à Ben Ali », Presses Universitaires de France, novembre 1989
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Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987


















