11 juillet 2009

Des événements qui m'ont marqué: Victime de bavure policière à 18 ans

 

 

Tunisie: 1990-1995

J’avais 18 ans. C’était un samedi soir, j’étais avec des amis en train de se promener quand une personne sur une moto s’est arrêtée pour nous demander nos cartes d’identité. Surpris par l’état de la personne qui semblait en état d’ébriété, je lui avais lancé : « Qui prouve que vous êtes un flic ! Montrez votre carte de service ! ». Le flic n’a pas aimé ma réponse, il m’a pris par la main pour me conduire au poste de police soulignant qu’il allait m’apprendre « Comment on répond à un flic ! ». Réponse : « Monsieur, vous n’avez pas besoin de faire tout ce spectacle dans la rue, je suis prêt à aller avec vous où vous voulez ».


A mi-chemin, devant la foule, il m’avait lancé qu’il « avait des instructions de la présidence pour faire le ménage dans la rue ». Je n’ai cru aucun mot de ce qu’il a dit, certains flics tunisiens ont l’habitude de se réclamer de la présidence. Puis, il a sorti une matraque pliable qu’il avait sur lui et je m’en suis sorti avec des gifles sans m’amener au poste.C'était dans la rue, il y avait foule mais personne n'a osé protesté.


Par malchance, mes parents étaient absents quand je suis revenu à la maison pour les informer.

Interrogeant mes amis qui m’accompagnaient sur mon adresse, la personne en question qui s’était avérée un gendarme en civil m’a envoyé un de ses amis pour mettre fin à l’incident : « Rien ne s’est passé, tu verras vous deviendrez amis ». J’ai répondu qu’il y a bien des lois en Tunisie et que j’allais porter plainte. Devant mon insistance, le second policier a changé de ton : « Tu peux avoir des problèmes ». Tant pis alors avais-je répondu. Il est parti.


Le lendemain, je me suis présenté au poste de la gendarmerie nationale avec mon père. Objectif : déposer une plainte. Les fonctionnaires à l’accueil ont invoqué toute sortes d’arguments : « Le patron est absent, le lundi il sera en déplacement, il n’y a eu aucune agression ».


Devant mon insistance, on est revenu le surlendemain. Même scénario : on nous fait attendre à l’accueil, on invente toutes sortes de discussions futiles .


Ayant compris que par solidarité avec leur collège, les gendarmes de l’accueil font tout pour nous décourager, mon père s’est énervé et a exigé d’être reçu toute de suite par le patron. Chose faite. Ce dernier me demande de lui raconter tout ce qui m’est arrivé, ce que je fais en soulignant que « si cette personne voulait me faire un contrôle de papiers, pourquoi ne m’a-t-elle pas emmenée jusqu’au poste ? ». Le patron est gêné, il s’excuse et me dit que son propre fils a été parfois victime d’agression et qu’il y a des abus partout.


Il appelle le supérieur hiérarchique du premier gendarme lui demandant de l’appeler à se présenter à l’instant. Après 10 minutes d‘attente, ce dernier se présente et dés qu’il me voit, il me lance « N’est-ce pas toi que nous avons arrêté ses amis pour trafic de drogue ? ».


Mon père pique une crise en colère, il a compris qu’il voulait me coller une affaire de drogue pour avoir insisté pour porter plainte. Il me demande de sortir. Je ne sais pas ce qui s’est passé au bureau. Ma mère m’a informé des jours après que le gendarme est passé devant le conseil de discipline. Il n’en n’était pas à sa première agression, j’étais la troisième personne à qui il faisait ça. J’étais la goutte qui a fait déborder le vase.

22 avril 2009

Avec la Famille Larbi Hachem à Tunis

 

A Tunis, j'étais impatient de retrouver la famille Larbi Hachem paix à son âme. Leila sa femme et ses enfants Zoubeir, Nadhem et Haifa.

Au lendemain de la mort de mon père paix à son âme, cette famille m'a rempli de toute son affection durant deux ans. Dans le temps, un malentendu bête avec Zoubeir -mon ami- a pris des dimensions énormes et on s'est séparés mais, je suis toujours resté fidèle à cette famille, à la mémoire de Larbi Hachem et à Leila Hachem qui se comportaient avec moi, comme si j'étais leur propre enfant.

En France, il y a des années, j'ai appris le décès de Mohamed Larbi Hachem et sa disparition m'a rappelée tous les souvenirs que j'ai partagés avec cette famille.

 

 

Dans le temps, Mohamed larbi Hachem était membre du Conseil Constitutionnel en Tunisie, avocat connu en Tunisie et à l'étranger (Il était le premier spécialiste en Tunisie du Droit International privè)  et un professeur de Droit à la Faculté des sciences juridiques et politiques en Tunisie. Les étudiants avaient très peur de lui tellement il était exigent dans son enseignement.

Au départ, j'avais vraiment le tract quand je lui parlais puis, petit à petit,la confiance s'est installée mais, je redoutais son temperamment assez colérique. Jusqu'au jour où, un incident est survenu et j'ai constaté qu'il avait un grand coeur.

 

 

Un jour, j'ai osé lui posé cette question que j'ai entendue de plusieurs étudiants qui étaient au campus universitaire:

- "Am" Mohamed! Est-ce vrai que quand vous avez soutenu votre thèse de droit, Jean Carbonnier qui était un membre de jury vous a dit " vous devancez votre pays de dix ans?".

- " D'un siècle mon petit" m'a répondu "Am" Mohamed en souriant.

Mohamed Larbi Hachem me fascinait vraiment. Il avait cette culture de l'humilité que j'ai remarquée chez mon pére. Quand vous les approchez, vous avez l'impression qu'ils sont totalement effacés et déphasés avec leur temps. Il m'a fallu des années pour réaliser qu'ils avaient un si fort caractére au point de se retenir et de respirer la sagesse.

 

Enfant, Je me rappelais toutes ces personnalités qui venaient courtiser Mohamed Larbi Hachem. Je me rappelle même  ces ministres qui lui rendaient visite et que je regardais avec curiosité.

 

Retrouvant la famille Hachem il y a quelques jours, je n'avais pas besoin de poser la question à Zoubeir pour deviner l'après mort : "Sauf une poignée d'amis qui sont restés fidèle à la mémoire de mon pere, le reste nous a lâché" me dit-il.  La même ingratitude et tracasseries que ma famille ont  vécues au lendemain de la mort de mon père

 

 

Que sont ils devenus aujourd'hui?

Leila Hachem est égale à elle même. Intelligente et forte, elle souffre de quelques problèmes de santé mais, elle tient debout.

 

 

 

Zoubeir Hachem

Zoubeir a ouvert un bureau d'avocat. J'ai eu les larmes aux yeux quand il m'a déclaré: "C'est difficile pour un avocat de s'en sortir tout en restant "propre" mais, je tiendrai le coup". Il peut compter sur toute l'aide de sa femme et sa fille.

Nadhem est un peu perdu mais, il s'en sortira. Ce garçon est très intelligent (certes il est trop têtu) mais, il doit reprendre confiance en lui.

Haifa s'est mariée et je lui souhaite mes meilleurs voeux de santé et de bonheur.
Une salle au campus universitaire porte le nom Larbi Hachem et un ouvrage collectif  a été dédié à sa mémoire.

Paix à ton âme Am Mohamed.


A travers ce billet, j'ai voulu rendre hommage à Mohamed Larbi Hachem - paix à son âme-  un grand juriste dont la Tunisie peut en etre fiere et à sa famille qui m'excusera pour avoir mis en ligne ses photos personnelles. Elle comprendra...

Paix à ton âme Am Mohamed.

 

21 avril 2009

Paris! A bientôt Tunis

Je retrouve Paris après quelques jours à Tunis. Désormais, la page est tournée et une nouvelle commence.

Durant ces 10 jours, j'ai vu des personnes intéressantes, j'ai retrouvé des amis d'enfance et jusqu'à la dernière minute avant de prendre l'avion pour Paris, le destin m'a gâté avec des "belles" aventures et d'autres, "lourdes" et "bêtes". (A vrai dire, très bêtes -de bêtise- et très lourdes- de lourdeur ).

Il fût un temps où passionné par l'aventure, je ne distinguais pas entre les aventures - belles et  môches-  (môches pour dire bêtes). A mon âge (certes j'ai encore 34 ans) et au stade où j'en suis, je ne "supporte" plus ( "Supporter" à comprendre dans les deux sens du terme) les aventures " bêtes" (surtout quand elles sont trop bêtes) et " "lourdes" (surtout quand elles sont trop lourdes).

Je ne "supporte" plus les aventures "môches"!

Comme quoi, ceux et celles qui m'ont reproché durant des années le fait que je sois très têtu (et que je refusais de "changer") ne peuvent pas trouver meilleure preuve qui prouve que j'ai vraiment changé.

Ceci dit, le positif l'emporte largement sur le négatif. D'où l'intérêt d'être positif et constructif.

Je le suis.

11 avril 2009

Tunis 10 Avril 2009

 

 

Arrivée à Tunis à 12h40. Avant de rentrer, plusieurs personnes m’en ont même découragé me prédisant des choses.... Et pourquoi donc ? Les contrôles à la douane se sont bien passés. Au café de l’aéroport, j’ai passé  deux heures avec des amis. Sur des tables avoisinantes, j’ai remarqué « des yeux », « beaucoup de yeux » mais après tout, c’est « attendu»…. Et en ce qui me concerne, je n’ai pas vraiment  fait  attention.

 

Promenade durant toute l’après midi à Tunis. La capitale n’a pas beaucoup changé par rapport à la dernière fois quand je l’ai vue. Et puis, il pleuvait et la circulation n’était pas au top.

 

La seule chose à noter : La notion de temps. A Paris, j’ai appris à raisonner vite et tous sont stressés. A Tunis, j’ai constaté que la majorité de ceux et celles que j’ai vus réfléchissent avec lenteur.

 

En rentrant à Tunis, j’ai eu une pensée à  tous ceux et celles qui sont exilés, se sont auto-exilés, ont été contraints à l’exil car un fonctionnaire dans tel consulat, un autre dans une ambassade n’a pas renouvelé le passeport d’untel ou ne lui a pas délivré une pièce administrative nécessaire au renouvellement alors qu’il semble qu’il y a une volonté politique affirmée, celle de permettre à tous les Tunisiens de renouer les liens avec le pays.  

 

 

 La Tunisie appartient à tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes. Il y a des lois, il faut les appliquer. Et quand ce n’est pas le cas, il faut essayer de trouver des solutions. Il y a souvent des excès de zèle de tel fonctionnaire dans tel consulat ou tel autre. Des petits différends qui prennent des dimensions énormes. Un vrai gâchis.

 

 

 Oui, trouvons des solutions. Oui ensemble, trouvons des solutions. Osons évoquer petit à petit  tous nos problèmes et osons réfléchir à l’occidentale : a chaque problème, apporter une solution et on passe. Après tout, tous les pays ont des problèmes et il ne nous est pas interdit de s’inspirer des solutions qu’ils y apportent.

 

 

 

 

Sondes Garbouj

 

Avant d’oublier ! Je suis impatient de voir Sondes Garbouj. Pour ceux et celles qui ne la connaissent pas, c’est une femme féministe tunisienne, professeur à l’université et psychologue. Telle que je l’ai connue, elle m’a semblé intelligente, séductrice intellectuellement et en plus elle est l’anti-Olfa Youssef tout en étant sa meilleure amie . N’hésitez pas à demander l'amitié de Sondes sur Facebook.(Sondes prompt rétablissement et bises).

 

Paris ? je t’aime à la folie tout comme Tunis.

 

Raouf Ben Yaghlane et Mezri Haddad m'ont vraiment manqué ainsi que d'autres amis tunisiens et français à Paris. Ma seule consolation est qu'ils rentrent à Tunis la semaine prochaine et que je les verrais. Quant aux autres, on se verra à Paris à partir du 21 avril.

 

 

06 avril 2009

Documents publiès sur l'Histoire de la Tunisie

La publication d'un nombre de document historiques sur la Tunisie sous Bourguiba a suscité de la part de nombreux lecteurs quelques remarques.

Enfant, une scène m'a marquée en 1988. Je regardais la Télévision, des Tunisiens et des Tunisiennes criaient "Vive Ben Ali" et le président de la République leur répondait, "dites: vive la Tunisie d'abord".

Ce Blog n'est pas anti-Bourguibiste.Les documents publiès sont extraits d'ouvrages parus et publics.  L'Homme Bourguiba -paix à son âme- n'est pas en cause, c'est de l'Histoire de la Tunisie qu'il s'agit et,  l'allégeance à la Tunisie est au-dessus de toutes autres formes d'allégeances.

Vive la Tunisie

 

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30 mars 2009

Abdo maalaoui à Tunis: Après 10 ans d'exil

 

13h50.Abdo Maalaoui, rentre à Tunis après 10 ans d'exil. Sa famille attend sa sortie de l'aéroport. Les minutes d'attente durent...

 

14h10: 

 

 

 

Dix ans d'exil et finalement il est rentré à Tunis. Après des minutes terribles d'attente, les larmes des membres de sa famille, l'angoisse de ceux qui suivent cette affaire et la confiance d'autres....Abdo Maalaoui est finalement sorti.

A sa sortie trois personnes l'attendaient : Le docteur Sahbi Amri, le journaliste Nasreddine Ben Hedid et noureddine habibi, ainsi que des membres de sa famille. On n'a pas vu des Tunisiens l'attendre  ( Il faut que certains Tunisiens aient la nationalité palestinienne pour que les Tunisiens s'intéressent à eux)  ni des politiques, ni des dissidents.Aucun d'eux n'a voulu sacrifier 30 minutes de son temps pour aller à l'aéreport.

 

mohamed-ayadi-ayedi.JPG

 

 

Sans entrer dans des détails qui dépassent le cadre de ce Blog, une phrase doit être dite:

 

 

ben_ali.jpg« Merci au Président de la République

et aux "hommes de confiance" du  Président ».

 

 

 

 

 

 

Tunisie, Retour des exilés:Abdo Maalaoui rentre après 10 ans d'exil,

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25 mars 2009

A M.Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki, aux "anciens" et, à d'autres

 

 

 

Moncef-marzouki.jpgghannouchi-rached.jpg
 

 

 

A M.Rached Ghannouchi ( et à son homme "parisien"), à M.Moncef Marzouki, aux "anciens" de Georges V sur les champs (ministres et secrétaires d'Etat compris), à un ancien « député » parmi tant d'autres, à un(e) journaliste, à deux personnes qui s'estimeront concernées car désignées et qui se reconnaitront,

 

 

Medames,Messieurs,

Je vous écris pour vous dire, « retenez votre chien » , qui  vous le savez si bien, « est de service »,  « des services » et est "votre homme main",

 

Certains d'entre vous m'ont fait aimer la Bible, « vous qui ressemblez à des sépulcres blanchis: au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et d'impuretés de toutes sortes. Eh bien !  au-dehors vous offrez aux hommes l'apparence de justes, alors qu'au-dedans vous êtes remplis d'hypocrisie et d'iniquité »

 

Vous, qui en public, ne cessez de discourir sur la morale, l'éthique, les religions, la déontologie et, en privé, vous recourez à aux services de qui vous savez « en service », « de service » et « des services ».... Voulez vous que je vous écrive « service » en « Tunisien »? En « Français »? Ou avec « une autre nationalité »? Anglaise? Allemande? ou autre?

 

 

Mon admiration de la Bible n'a pas fait de moi, un chrétien et, je n'ai pas appris à tendre la joue droite à celui qui me gifle ou veut me gifler sur la gauche. Vos histoires « de régime » et « avec le régime », ne me regardent pas et ne m'impressionnent pas... tout comme les questions de « fond »,  de « fonds » et de « collaboration ».... avec les « rédactions »... tout comme, enfin,  celles de grand père et de grand-mère! Ne rougissez pas de votre descendance! Vous savez? Moi je sais...

 

Apprenez -tout comme moi- à aimer de Gaulle, et vous comprendrez l'expression du « général » qui dans un célèbre discours en Algérie, a crié face à la foule « je vous ai compris »!

 

Ces jours-ci, je suis devenu un lecteur assidu de Lassale: «  le peuple ne sait pas qu'il est malheureux,nous le lui apprendrons »

 

Et je pourrais même aider ceux d'entre vous, qui, passionnées par les « mémoires » , par « les archives » , par la « collaboration » avec les rédactions et par les « pseudos », pourraient souffrir de l'oubli et de l'amnésie: «  Le peuple ne sait pas qui vous êtes ni tout ce que vous faites et vous avez fait, je le lui apprendrai » 

 

Sami Ben Abdallah

www.samibenabdallah.com

 

Lire aussi:

 

M.Hedi Brik se prend pour l'émissaire de Dieu?

 s'il vous plait M.Rached Ghannouchi?

Cliquez ICI pour lire la suite

 

 

 

17 mars 2009

France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin

 

gendarme2.jpgpolic-france.jpg

Il était 2h du matin, on était -un ami et moi même- loin de 80 km de Paris et on s'apprêtait à rentrer. Les gendarmes nous arrêtent pour un banal contrôle de papiers. Tout est en règle sauf une chose: j'ai vraiment  oublié de changer la plaque d'immatriculation de la voiture. La loi me donnait un délai de 2 semaines pour le faire. J'étais à mon quatrième mois.

 

Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.

 

Au bureau du gendarme, ce dernier m'explique les conséquences qui peuvent aller jusqu'à la confiscation de la voiture et la comparution devant le procureur.

  

- Et comment allons-t-on rentrer à Paris Monsieur le gendarme, à 2h du matin (l'assistance de l'assurance ne couvre pas ce genre de problèmes) sachant qu'on est à la campagne?

  Le gendarme me dit que comme c'était de ma faute, je devais assumer.

  Des 3 gendarmes, le premier était plus compréhensif que le second,  quant au troisième, il était ni pour ni contre.

  Le gendarme commence à rédiger le procès verbal. J'ai donné ma version des choses pour expliquer les raisons de mon retard.

 - Que voulez-vous qu'on fasse maintenant m'interroge-t-il? "

 -Appliquons la loi Monsieur, vous voyez bien que je me serve de la voiture car je déménage.

-Quelle est votre nationalité?

-Tunisienne

  Il me regarde longuement puis me dit:

 

- Je ne vais pas vous confisquer votre voiture et la loi me permet de vous donner un délai de quelques jours pour changer la plaque d'immatriculation. Je vous donne le fax du poste de la gendarmerie ainsi que le numéro de téléphone. Dés que vous le faites, vous nous faxer le justificatif et le procureur classera l'affaire.



- Et pourquoi vous le faites Monsieur le gendarme?

  -Car la loi me le permet et puis je vois bien que vous êtes -ainsi que votre ami- des  Messieurs qui méritaient du respect et que vous êtes de bonne foi.

  Le gendarme continue à rédiger la déposition puis me la tend pour la relire et la signer.

-Monsieur le gendarme, je souhaite ajouter une phrase. Je souhaite ajouter que je vous remercie.

Le gendarme rédige un remerciement et me tend de nouveau la déposition pour que la signe. Ses deux autres collègues étaient aussi présents au bureau alors que mon ami m'attendait à l'accueil.

  Je lis le remerciement.

 - Monsieur, Non, je ne veux pas  remercier vos deux collègues. Ils ne se sont pas montrés compréhensifs. C'est vous uniquement que je veux remercier. Faites cette précision et je signe. Un des deux autres gendarmes me regarde longuement mais je me montre ferme. La précision est faite. Je signe, je récupère  ma voiture et on part.

  Le surlendemain, c'est le premier gendarme qui m'appelle au téléphone:

 - Bonjour, avez vous changé la plaque d'immatriculation, je souhaitais que vous me le confirmiez pour que je classe l'affaire".

  - "Oui. Monsieur et je vous ai faxé le justificatif il y a quelques minutes. Il me souhaite une bonne journée et il raccroche".

 Je vis en France depuis quelques années et c'était la première fois que j'entre dans un poste de gendarmerie et je me retrouve seul en face de 3 gendarmes à 2h du matin. Au poste de la gendarmerie, j'ai promis au responsable d'évoquer ce fait divers sur mon Blog tout en évitant de préciser les dates et les noms et prénoms des gendarmes.

  En six ans, je n'ai eu qu'un seul contrôle de papiers. Et encore, j'étais assez tendu avec le policier en lui rappelant qu'il n'avait même pas le droit de me demander ma carte de résident car cela ressemblait à un contrôle au faciès qui est interdit par la loi, que je refusais d'accepter la moindre fouille humiliante et que je refusais d'ouvrir mon cartable suite à sa demande:

 "Moi, je vous dis qu'il y a des livres. Si la loi vous autorise à ouvrir mon cartable, faites le, moi je ne l'ouvre pas".

 Dans le temps, il avait pris la chose avec cynisme en me souhaitant la bienvenue en France et me disant :

 -"N'oubliez jamais qu'ici, on vous traite mieux que dans votre propre pays".

 J'étais parti en colère contre lui et contre moi-même......

 Le matin, j'étais à la poste pour envoyer une carte postale au responsable du poste de la gendarmerie. J'ai écris:


"ci-joint le lien de mon Blog. Vous savez? la nuit en question j'ai encore aimé la France et je respecterai toujours ce pays tant qu'il me respecte. Je vous remercie beaucoup pour votre compréhension. Vous m'excuserez si j'ai relaté cette affaire sur mon Blog, j'ai voulu le faire pour vous témoigner toute la reconnaissance que je vous porte. Je vous ai promis de vous envoyer une carte de remerciement.  Sami Ben Abdallah. Un Tunisien en France"

16 mars 2009

le film Cinecitta, Raouf Ben Yaghlane et Mourad Zghidi (1)

 

 

Version perso:

 

 

raouf-benyaglane.jpg  

Le vendredi après midi, c'est Raouf Ben Yaghlane qui me convainc d'aller assister à la séance d'ouverture accessible uniquement aux invités du festival du film tunisien à Paris organisé par l'association "Jeunes tunisiens". On arrive vers 21h00. la popularité de Raouf Ben Yaghlane ne m'étonne pas et à pas un pas sans qu'un spectateur ou une spectatrice ne vienne pour le saluer, demander une photo ou lui poser une question sur son dernier spectacle.

film-cinecitta-80.jpg 

3 jeunes tunisiens veulent réaliser un film mais il leur manque les moyens. Ils ont du talent et comprennent les contraintes politico-économiques qui encadrent l'action des uns et des autres.Que faire? Ils décident de braquer une banque et de financier avec le butin leur premier film. Sincèrement, le film est bien fait, l'histoire est drôle et elle pose cette problématique des "subventions des œuvres artistiques ou cinématographiques en Tunisie" avec une approche tragicomique. deux reproches: une scène assez osée dans le film semble de trop et peut être, le film aurait été meilleur s'il était plus condensé de façon à supprimer 20 minutes. Le lendemain, c'est à Mohamed Ali Nahdi, un des acteurs du film qui a fait une brillante participation, que je m'ouvre. avec un humour qui le caractérise, il me répond qu'il est d'accord sur les deux points.


Sinon, le film est vraiment super et tous les acteurs méritent d'être encouragés



Il était peut être minuit quand on est sorti de la salle. Accompagner Raouf Ben Yaghlane est un vrai calvaire. Passons ceux qui l'arrêtent chaque mètre pour le saluer et  lui demander  ses nouvelles, c'est Raouf le problème. Il est si engagé, si sensible, si collé à son public que j'ai l'impression qu'il ne peut pas s'empêcher d'engager des débats sur la culture et  le théâtre avec un style de dérision qui est sien avec tous ceux qui demandent ses nouvelles.

Pourquoi j'aime cet artiste? C'est sûrement pour cette sincérité et  pour son talent.



Mourad Zeghidi 

Le temps de respirer devant la salle avant que chacun ne rentre chez lui. C'est Mourad Zghidi - l'animateur à Canal Plus- qui avance pour saluer Raouf Ben Yaghlane. Mourad Zghidi était un ancien du lycée Kaznadar où j y étais. A ses débuts à Canal Horizon, j'étais admiratif de son style d'animation sportif. C'est lui qui a eu le courage de s'exprimer à la TV avec le dialecte tunisien, ce style franco-arabe qui est compris par tous quand la lassitude gagnait la majorité en entendant certains animateurs sportifs s'exprimer avec un arabe soutenu et des mots assez recherchés. Peut être se croiraient-ils en train de donner des conférences?



C'est l'occasion où jamais pour tenter une provocation à Mourad Zghidi. Je vais vers lui en m'adressant à Raouf Ben Yaghlane. "Tu connais pas Mourad? C'est un des journalistes tunisiens que la Tunisie a vraiment perdu quand il est parti. Depuis qu'il est en France, c'est Canal Plus qui profite de sa compétence et son talent. Au Lycée, c'était une star qui se faisait remarquer par ses jeux de mots et les petites phrases "à la française". A Canal, il a voulu introduire de l'audace dans le paysage médiatico-sportif tunisien. Il a réussi en partie avant de rendre le tablier pour plusieurs raisons. Depuis qu'il est en France, je lui reproche son enfermement franco-français. Il a une grande expérience des médias, il pourrait participer à l'améliorer des choses en Tunisie car c'est un vrai pro même s'il a un tempérament particulier...et que rien n'est facile..."



J'étais en train de parler en retenant mon sourire en voyant l'expression du visage de Mourad Zghidi qui s'est mis sur la défensive. 

 

 Raouf sent sa gêne et reprend la parole pour détendre l'atmosphère:

 

" Pardonnez moi, j'ai oublié de vous présenter Sami Ben Abdallah et ....".

 

 Mourad Zghidi me regarde: "c'est toi Sami Ben Abdallah? quelle belle surprise, pour avoir lu ton Blog;  je savais tout sur toi, il y a 3 semaines, je disais tout le bien de ton Blog à des amis". Le lendemain, Raouf Ben Yaghlane me dira: " j'ai eu peur que ça ne dégénère car tu étais trés provoc mais dés qu'il a su qui tu étais, il était vraiment détendu". Sourire. C'est normal Raouf, Mourad Zeghidi a un tempéramment particulier mais faut savoir lui parler...

 

 Finalement on part. Et durant les 1500 mètres du trajet pour aller au parking, la discussion s'engage très vite avec Mourad Zghidi et  il revient sur son parcours en Tunisie et à Canal, la nouvelle expérience de Hannibal TV et plein d'autres choses....

 

 Avant de se séparer, je lui dis que j'évoquerai cette rencontre sur mon blog. Il sourit. Pourquoi je le lui dis? Ah si vous connaissez Mourad Zghidi! il est un excellent provocateur mais il est faut reconnaitre aussi qu'il a un tempérament assez particulier...

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 "Mourad! Je sais que les choses ne sont pas si faciles que ça...à Canal Plus, je suis sûr que tu auras bientôt la reconnaissance que tu mérites car tu es un vrai pro. Pour la Tunisie, j'espère que tu auras l'occasion et l'envi de faire partager ta grande expérience des médias avec des jeunes et des journalistes tunisiens". A travers ce billet, j'ai voulu t'exprimer toute ma sympathie et te souhaiter de la réussite professionnelle que tu mérites..."

 

Vendredi soir, je t'ai promis de dire ce que je pensais de toi publiquement.

Voilà, c'est fait.           

10 février 2009

Vive la liberté dans le métro parisien

En France, depuis des années la RATP et la SNCF (les deux sociétés qui gèrent le métro parisien et le RER) inventent des solutions pour rendre les passagers heureux.

A mon arrivée  à Paris, j’étais surpris par l’ambiance qu’il y a dans le  métro parisien :

Il y avait d’abord, la mode des jeunes des banlieues qui vous arrachaient les téléphones portables  quant la porte s’apprêtait à se fermer.

Puis la mode des Tziganes romains qui faisaient la mendicité.

Sur ces deux points, la RATP était ferme et on les voit plus ou presque.

La mode que la RATP encourage, c’est celle des personnes qui jouent la musique dans les rames du Metro au lieu de faire la mendicité.

Bref, au lieu de faire la mendicité et déranger les passagers, la personne joue de la musique. Cela dure 5 ou 10 minutes puis passe  entre les passagers. Chacun au choix peut donner 40 centimes d’euros, 1€ ou 2€ ou rien. Ainsi, le  musicien s’en sort avec 20 ou 30 euros par jour et tout le monde est content.

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Il m’est même arrivé d’assister à des scènes incroyables où des touristes (souvent anglais)  dansaient avec la musique et les passagers applaudissaient.

 

C’est surement ça la liberté ! d’autant plus que dans les métros parisiens, on voit rarement de « flics » (ni en tenue ni en civil). Il faut dire que les parisiens n’aiment pas trop voir de flics ! s’il y avait un flic dans chaque croisement de rue, nul doute que les parisiens descendraient dans les rues pour manifester contre eux. Pourtant, à Paris vous pouvez descendre à n’importe quelle heure,  aucun mal ne vous atteindra.

Paris, c’est la liberté. Les parisiens ont juste besoin de liberté. Ils ont la chance de l’avoir.

 

Le jour où je partirai de Paris, je ne sais pas trop comment faire ! Je me suis tellement habitué à cette culture de la liberté….Le quartier latin, la place de la Sorbonne, la place Saint Michel, les champs Elysées

Je ferais tout mon possible pour visiter Paris quand je le peux car Paris comme Ibiza et Vienne  sont  inoubliables comme Tunis d’ailleurs.

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