13 février 2009

Mezri Haddad me dédicace son livre : Merci « mon ami »

 

Mezri Haddad :Cet enfant du peuple devenu un célèbre penseur en France*

 

 

 

Par Mezri Haddad

Quelques Extraits  d'une Lettre publiée par Mezri Haddad sur tunisnews en 2008

 

A 9 ans, je nettoyais les pare brises des voitures au kiosque Shell du Kram, ma ville natale. J’ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence à bosser dur sur les chantiers du bâtiment. Mon défunt père, ouvrier à la STEG, mais qui aurait pu avoir une belle carrière politique eu égard à sa culture et à ses origines monastiriennes, n’avait pas les moyens de m’offrir ce que tous les enfants et tous les adolescents désirent. Mon père m’a légué ce qu’il y a de plus précieux au monde : l’amour de la Patrie, une éthique inaltérable, un courage qui résiste à toutes les épreuves. Musulman à la foi inébranlable, amoureux des Lettres, il m’a toujours invité à puiser mes règles de vie et ma conduite morale dans ces deux textes à la profondeur inégalable : le Coran et un poème de Kipling.

 

 Je suis arrivé en France en janvier 1984, lorsque la Tunisie était à feu et à sang. N’ayant pas été boursier, ni de l’Etat français ni de la Tunisie, j’ai été ouvrier nettoyeur pour financer mes études. Je travaillais pour une société de nettoyage des bureaux de certaines grandes entreprises parisiennes.

 

 

J’aurai pu être encore aujourd’hui en poste à Paris 7-Jussieu si les grands militants des droits de l’homme, les Archanges de la liberté et les prophètes de la démocratie n’avaient pas usé de leurs influences kabbalistiques ou maçonniques pour me faire évincer de cette université. Les auteurs connus de cet acte supérieurement humaniste sont le citoyen des deux rives Kamel Jendoubi, les deux rives de la citoyenneté Khmaïes Chammari et le sujet de son altesse royale, Driss el-Yazami, secrétaire général de la FIDH qui voit partout des atteintes aux droits de l’homme, sauf au royaume chérifien, patrie des droits de l’homme…et de la culture de cannabis. Ce trio maléfique ne pouvait pas commettre son forfait inique sans la complicité active du professeur communiste, au tiers-mondisme débordant, Claude Liauzu (je ne dirai pas plus sur ce personnage qui n’est plus de ce monde).

 

 

Je devais payer le prix de mon engagement dans la défense d’une cause noble et d’un président patriote, dont certains ne détestent la politique que parce qu’ils désirent le pouvoir. Je devais souffrir pour les souffrances infligées aux ennemis de la Tunisie, par mon article du Monde et, surtout, par mon livre Non Delenda Carthago, que certains n’ont pas fini de lire et de relire. Le châtiment aurait pu être encore plus cruel si Lionel Jospin avait atteint les cimes du pouvoir. La Providence m’en a préservé et l’histoire m’a donné raison : Jospin a été balayé, les menées subversives de 2000-2005 n’ont pas déstabilisé la Tunisie, plusieurs opposants ont regagné la mère Patrie, y compris des islamistes, plusieurs détenus ont quitté la prison…et aux autres, je ne peux que souhaiter le même dénouement.

 

 

 

Même si mon passé d’ouvrier m’honore, je n’ai pas été que cela. J’ai aussi été chargé de séminaire à HEC, puis exercé les fonctions d’assistant en philosophie du droit à Paris II Assas, celles de chercheur au CNRSS, au Centre de la pensée grecque, ensuite au Centre d’Histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales, dirigé par Roschdi Rasched. Après Non Delenda Carthago, j’ai coécrit et codirigé un certain nombre d’ouvrages académiques : La Personne et son avenir (éd. Au Signe de la Licorne), L’Islam est-il rebelle à la libre critique ?(éd. Corlet-Marianne), Pour un Islam de paix, (éd. Albin Michel), La République brûle-t-elle ? (éd. Michalon)…Et depuis une année, j’écrit régulièrement dans la revue « Le Monde des Religions ». Tu vois bien que l’essentiel de ma vie n’est pas consacré à l’activisme politicien mais à l’écriture, plus exactement à la réflexion philosophique et politique.

 

*C’est moi qui ai choisi le titre

 

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Avec Mezri Haddad dans la plus belle avenue du monde : Les Champs Elysées

 

 

Mezri Haddad: Merci "Mon ami"

Mezri Haddad ? J’entendais parler de lui à Paris mais je ne l’ai réellement connu que depuis quelques semaines. C’est ce qu’il a écrit plus haut qui a fait que j’éprouvais pour lui un certain respect. Dans notre pays, nous souffrons tous de la culture de la négation de l’autre et je regrette aujourd’hui que ceux qui multiplient les procès d’inquisition à Mezri Haddad oublient le parcours atypique de cet homme.

 

Le petit enfant qui lavait des vitres au Kiosque à 9 ans pour gagner son argent de poche est  depuis des années un penseur politique, un  docteur en philosophie. Vivant en France et connaissant combien il est difficile qu’un étranger voir même un Tunisien s’impose dans les médias français, je suis fier de ce Tunisien –ce seul Tunisien à ma connaissance- auteur de plus d’une trentaine d’articles à Libération, Le Monde et le Figaro (Larbi Chouikha, Kamal Labidi, Olfa Lamloum ont également publié quelques articles au Monde Diplomatique). Lire par exemple: Censure ou pas censure des médias français à propos du conflit Israëlo- palestinien? Mezri Haddad s'explique....Cliquez ICI ou son dernier article paru à Le monde: Gaza : la trahison des clercs, par Mezri Haddad. cliquez ICI pour lire la suite.

 

 

Depuis que je l’ai connu, je l’ai vu 5 ou six fois. J’ai  trouvé un nouveau Mezri Haddad ! Il a réellement changé. Avant il donnait cette impression faite  d’arrogance et de mépris. Aujourd’hui, il ne manque pas d’humour et accepte avec beaucoup d’humilité et d’ouverture d’esprit qu’on lui fasse des critiques.

 

Il  fait la différence avec son fort sens du patriotisme et sa culture encyclopédique. J’aime beaucoup en lui son coté « autodidacte » et « intellectuel organique » (à la Gramsci). Il est fier de ses origines pauvres, il s’est imposé tout seul, il n’hésite pas à co-encradrer bénévolement des étudiants dans leurs travaux  universitaires, il sacrifie ses économies pour acheter des livres, investi  le plus clair de son temps à lire.

 

Certains opposants lui multiplient les procès d’intention. Ils sont libres. En ce qui me concerne, j’ai voulu rendre un hommage à cet intellectuel tunisien en lui souhaitant qu’il ait un jour la reconnaissance qu’il mérite.

 

Nous ne sommes pas d'accord en politique sur plusieurs points...mais sache  Mezri Haddad que je te respecte.

 

Tant que tu défendras les valeurs de justice et de liberté

 

Sami Ben Abdallah

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09 février 2009

Dédicace de Lotfi Hammami : Celle là, c’est ma génération

Lotfi Hammami. lotfi-hammami.jpgOn s’est connu il y  a des années à Paris. Lotfi Hammami, Abdelwahab Hammami, Rchid Hammami, Kais Riahi, Anouar Kanzari et d’autres.J’étais en train de faire des études en Communication quand j’ai découvert tout ce microcosme politique très fermé et aux règles strictes. 

 

 Chacun de nous  avait des affinités politiques différentes et dans sa majorité, cette génération venait de la Gauche et de l’extrême gauche tunisienne.  Ils ont été emprisonnés par le passé, ils étaient des leaders estudiantins et avaient beaucoup d’expériences politiques. . Je me rappelle encore tous les sacrifices consentis par Anouar Kanzari (ancien président de l’UGET-France) pour faire revivre le syndicat étudiant : Ecrire une lettre de motivation pour untel, passer des heures à négocier avec le syndicat étudiant français des inscriptions pour des étudiants tunisiens qu’on ne connaissait  même pas.

Puis la politique, les problèmes administratifs, les contraintes professionnelles et les soucis personnels de chacun de nous ont fait que nous nous séparons.  Nous passions de longues heures à discuter « politique ». Chacun pensait avoir raison en exprimant son point de vue, ou en commentant l’actualité politico-médiatique tunisienne. Les islamistes, les libertés, la pureté révolutionnaire d'untel et untel! Ah celui- là, c'est un "Tahrifi"  (De droite) Mais nous étions unanimes à nous interroger sur la voie à entreprendre. Comment faire et que faire ? Chacun de nous était victime de cette question existentielle sans réponse ou presque : Nous voulons faire quelque chose pour la Tunisie, mais quoi au juste ?

Certains de cette génération ont intégré des partis politiques, d’autres ont voulu continuer à vivre en France quand d’autres encore ont décidé de rentrer en Tunisie et militer la bas.

Depuis un temps, j’étais heureux de retrouver Anouar Kanzari et Lotfi Hammami. Chacun a piqué un fou rire en voyant ce que les années ont fait de chacun de nous  et en demandant les nouvelles du reste : Untel ? Il a lancé une entreprise en France. Untel ? Il est rentré à Tunis pour intégrer  un syndicat. Untel ? Il est pris par des soucis personnels et on le voit plus.

Anouar Kanzari sera un jour un grand syndicaliste tunisien. Je l’espère du fond du cœur et il le mérite. Quand à Lotfi, il pourra aisément un jour trouver la place qu’il mérite au sein de l’extrême gauche tunisienne.  Il est comment ? En un mot, Lotfi Hammami est le genre de personne qui peut facilement « monter » un parti politique de toutes pièces. Il est assez fort dans la doctrine, le calcul des équilibres politiques et ne manque pas de courage.

C’est aussi un poète. Et il vient  de publier  son premier ouvrage fait de poésies.

Je ne sais pas ce que l’avenir fera de chacun de nous. Je sais en ce qui me concerne, que je garderai toujours des beaux souvenirs de ces moments d’innocence inoubliables  qu’on a partagé à Paris. Avec Anouar, Rchid, Abdelwahab, Kais …et bien d’autres.

 

Ainsi qu’avec le « poète » Lotfi Hammami

Ceux là, c’est ma génération…

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A l’ami Sami Ben Abdallah

 

Peut être ce qui  demeure

 

Ce sont ces mots

 

Qui  rappellent les souvenirs  des uns et des autres

 

De ton ami Lotfi Hammami

 

Paris 24/01/2009

 

 

Ils m’ont dédicacé leurs livres : 

 

 

                                                                    

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 Ahmed Qdidi :   

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                                Gilbert Naccache.                                   

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02 février 2009

C’était Ahmed Qdidi

Ahmed Qadidi. Je l’ai connu  il y a des années à Paris. J’avais lu des choses assez positives sur son parcours politique et il a eu la gentillesse de m’inviter chez lui à Rambouillet. J’ai découvert un homme humble, au contact facile et cultivé. Ancien homme  du régime Bourguibien et proche de l’ancien Premier ministre, Mohamed Mzali, il n’hésitait pas à faire l’autocritique de sa génération quand elle était au pouvoir.

 

 

Depuis, indépendamment des divergences politiques légitimes et du conflit de générations, j’ai toujours éprouvé du respect pour cet homme. Quand il était au pouvoir, il a commis surement des fautes politiques. Mais aujourd’hui qu’il a repris la simplicité de la vie, il peut apporter  de la sagesse et jouer un rôle de modérateur de  divergences politiques entre les uns et les autres.

Je manque rarement un de ses articles qu’il publie dans la presse arabe. J’ai lu les deux ouvrages qu’il a rédigé plus d’une dizaine de fois tellement son style me rappelait celui de Proust : un mélange d’audace et de modération, du cynisme et de l’idéalisme et,  de la franchise qui provoque le rire. Mais c’est un rire pleurer.

Je pense que cet homme qui a une grande expérience des médias, qui a participé au développement de la chaine de Télévision Aljazeera peut apporter encore des choses à la Tunisie et aux Tunisiens.

Il ne mérite pas de subir, l’oubli et  l’ingratitude des amis et  des ….  amis des amis.

Beaucoup de personnes prennent la politique trop au sérieux et, oublient que la politique  passe et, reste les relations humaines faites  d’amitié, de respect et de fidélité…

Ahmed Qdidi a rompu avec l’exil en 1998 et a été reçu par le président de la République en Tunisie.

Il m’a dédicacé son dernier ouvrage…

C’était Ahmed Qdidi. 

Traduction en français :

« A mon fils Sami Ben Abdallah

En respect à ta culture patriotique

Et ta plume qui défend les causes de la justice

Ces mémoires et ces souvenirs

Chroniques des années de braise

Ahmed Qdidi »

 

 

01 février 2009

Gilbert Naccache: "A Sami mon Nouvel ami..."

 

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C’était la deuxième fois que je voyais Gilbert Naccache à Paris…

 

A Tunis, quand j’avais 20 ans, j’avais lu son ouvrage Cristal dans lequel il revient sur les procès politiques de la gauche tunisienne sous Habib Bourguiba, la torture et les conditions de détention terribles dans les prisons tunisiennes. A Paris, j’ai eu la chance de connaitre ce monument vivant de l’Histoire de la Tunisie.

 

 

Pour ma deuxième rencontre avec lui, il m’a fait une dédicace  sur son ouvrage Cristal dont je suis réellement fier :

 

« A mon nouvel ami Sami, avec sympathie. Guilbert Naccache. 30/01/2009».

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Quand j’ai lu cette dédicace, j’étais tellement ému que j’avais presque les larmes aux yeux. Et je me suis rappelé tous les « corbeaux » qui se reconnaitront…

 

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« Tu sais Gilbert ! J’avais peur de te voir … je savais que certains « corbeaux »  ont cherché à provoquer des malentendus car j’ai voulu mettre en ligne ton ouvrage. Ils cherchent aussi à provoquer des malentendus avec l'ancien Premier ministre Mohamed Mzali (je continue à mettre en ligne son ouvrage rare: Lettre ouverte à Habib Bourguiba). Et puis on m’a tellement parlé de ton caractère colérique, rigoureux et ton coté exigeant ».

 

Gilbert Naccache sourit et me tend  Cristal avec la dédicace :

«  A mon nouvel ami Sami, avec  sympathie. Gilbert Naccache.30/01/2009 ».

 

En reprenant Cristal, je l’ai senti  chargé de symbolique et d’Histoire. Gilbert Naccache est un des fondateurs historiques du mouvement Perspectives et un des dirigeants de la génération des Tunisiens qui a été condamnée à plus de dix ans de prison en 1968 pour avoir osé rêver d’une Tunisie libre.

 

 40 ans séparent  la génération Gilbert Naccache de la génération  des Tunisiens à laquelle j’appartiens. Cette dernière  n’a pas encore fait ses preuves, elle rêve d’une Tunisie pour tous les Tunisiens et les Tunisiennes quelles que soient leurs différences…

 

Je ne sais pas que fera ni quel sera le sort de cette génération…

de ma génération.

Oui, ma génération...

Vive la Tunisie.

 

 

Tunisie1.JPGTout ce que je sais, c’est qu’elle aime la Tunisie…comme Gilbert Naccache, Noureddine Ben Khedr, Ahmed Othmani et des millions de Tunisiens l’ont aimée....

 

 

 

 

Gilbert Naccache est né en 1939 à Tunis. Il fait ses études supérieures à Paris à l’Institut national agronomique. De retour en Tunisie, il travaille au ministère de l’Agriculture comme ingénieur agronome. Ses activités politiques au sein du groupe Perspectives lui valent d’être arrêté en mars1968 et lourdement condamné. Il sera libéré en 1979. Il vit actuellement en France. De ses écrits de prison, Cristal a été publié (réédité aux Éditions Chama en 2001), ainsi que Le Ciel est par-dessus les toits. Nouvelles, contes et poèmes, aux Éditions du Cerf (Paris) en 2005. Son troisième ouvrage : « Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un opposant  au régime de Bourguiba » paraitra en mars 2009.

 

 

 

 

Cristal-gilbert-naccache.2.jpgLire l'introduction de Cristal  rédigé en 1982... Cliquez ICI pour lire l'introduction

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