26 septembre 2009
Beji Caid Essebssi? Tout ce que l'ex Ministre de l'Intérieur Béji Caid Essebssi n'a pas dit dans ses "mémoires"



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20 juillet 2009
Liberté pour les condamnés de Tunis. Maspero- 1969. Document historique rare

Brisez le mur du silence..surtout pour ceux et celles de ma génération qui ne savaient pas ce qu'était la Tunisie sous Habib Bourguiba....l'histoire de la Tunisie doit être connue et comprise par tous ceux qui se considèrent Tunisiens et tunisiennes car "Ceux qui ne comprennent as leur histoire sont condamnés à la revivre"...

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11 juillet 2009
L'intégralité du rapport qui accable Driss guiga, ex Ministre de l'intérieur en Tunisie
13:39 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : driss guiga
25 juin 2009
Ces avocats qui ont défendu les Tunisiens et les Tunisiennes victimes de procès politiques
"…et c’était mille millions de fois plus difficile qu’aujourd’hui, croyez-le..."
(Feu Noureddine Ben Khedr)

Les procès politiques en Tunisie sous Habib Bourguiba
On retrouve souvent les mêmes chefs d’inculpation : « association de malfaiteurs », « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public » « complot contre la sécurité de l’Etat » …etc. De l’aveu de tous les observateurs, il s’agit de parodies de justice où les garanties minimales d’un procès politique ne sont pas respectées. Cela commence avec les arrestations, la torture dans les locaux de la police politique, la comparution devant les juges d’instructions qui se contentent d’enregistrer des aveux arrachés sous la torture tout en refusant que les victimes soient examinées par des médecins… en même temps, les journaux à la solde du pouvoir se déchainent en présentant les accusés comme des traitres à la patrie et qui ont voulu comploter contre la Tunisie…etc. Les condamnations se ressemblent et varient de 5 à 16 ans de prison. Rares sont les avocats qui prennent le risque de défendre ces Tunisiens et Tunisiennes.
J’ai voulu rendre hommage à ces avocats qui ont défendu ces tunisiens et tunisiennes victimes de l’injustice me fondant sur 5 ouvrages dont 4 sont en vente libre en Tunisie (il suffit de les acheter et de les lire. Seul le cinquième ouvrage, à savoir « les mémoires de feu Mohamed Charfi » semble introuvable en Tunisie). Ces derniers reviennent sur une page des plus sombres de l'histoire de la Tunisie sous Habib Bourguiba, à savoir la répression de la gauche et de l’extrême gauche –Le mouvement Perspectives- entre 1965 et 1980.
Du sérieux des accusations :
L’Historien Abdeljelil Bouguerra, auteur de (Ouvrage en arabe) « Le mouvement Perspectives , Histoire de la gauche tunisienne 1963-1975 », Cérès Editions. Tunis 1993, rappelle les conditions du procès de 1974. Il dresse un récapitulatif de l’âge des accusés (70% ou étudiant ou enseignant ou lycéen. 80% des hommes et 20% des femmes. 85% âgés de moins de 30 ans et 50% de moins de 25 ans). Pourtant le pouvoir les déférera devant les tribunaux avec pas moins de 9 chefs d’inculpation (comme c’était le cas pour le premier procès de la gauche en 1968) et on retrouve les traditionnelles accusations de « complot »...Etc. C’est dire autrement toute la facette répressive et policière de la Tunisie sous le régime de Habib Bourguiba, des centaines de jeunes, hommes et femmes emprisonnés pour rien..Une facette occultée et inconnue des nouvelles générations…
Source : pp 125-126-127, (Ouvrage en arabe) « Le mouvement Perspectives, Histoire de la gauche tunisienne 1963-1975 », Cérès Editions. Tunis 1993
Etait-ce facile de trouver des avocats ?
Etait-ce facile de trouver des avocats pour défendre les Tunisiens et les Tunisiennes victimes de procès politiques ? Ces milliers d’avocats que comptait la Tunisie étaient vraiment si courageux et audacieux ?
Non, à en croire les témoignages des dissidents tunisiens. Par ailleurs, à la lâcheté de centaines d’avocats, il faut ajouter la lâcheté du pouvoir qui multipliait les pressions sur les quelques avocats courageux qui ont pris la défense des idéaux de la justice.
Feu Mohamed Charfi témoigne :
Source : P 115, « mon combat pour les lumières » Mohamed Charfi, préface de Betrand Delanoë, éditions zellige,2009
« Ma femme a fait le tour de la quasi-totalité des avocats de Tunis à la recherche d’un avocat qui acceptait de me défendre ; démarche vaine. Dans l’ensemble, ce qui n’exclut pas quelques rares exceptions, nous ne serons défendus que par des avocats commis d’office. Il est vrai que le conseil de l’ordre nous a rendu, à ma femme et à moi, l’énorme service de designer, comme avocats commis d’office, maitre Bellalouna et maitre Cheffi, qui ont sympathisé avec nous et nous ont défendu du mieux qu’ils ont pu.
Nous étions devenus ainsi des sortes de lépreux que personne ne voulait plus approcher »
Feu Noureddine Ben Khedr témoigne à propos du courage de ces avocats :
Source : page 25, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008
« Les deuxièmes auxquels je veux rendre hommage ce sont les défenseurs. Ce sont les avocats qui, à un moment où Bourguiba régnait encore en maitre, et c’était mille millions de fois plus difficile qu’aujourd’hui, croyez-le. Ils ont pris à bras le corps une cause qui n’était pas forcément la leur et ont tenu à assister ces jeunes. Je pense tout particulièrement avec émotion à un homme merveilleux, un garçon extraordinaire, feu Habib Amri. »
Des pressions du pouvoir
Feu Mohamed Charfi donne des exemples de pressions du pouvoir sur les quelques avocats qui ont pris leur courage à deux mains pour défendre ces victimes de procès politiques :
Source : page 114, « mon combat pour les lumières » Mohamed Charfi, préface de Betrand Delanoë, éditions zellige,2009
« j’apprends que des pressions sont exercées sur nos avocats pour qu’ils se destituent. L’avocat Cherfi Matri, fils du premier président du Néo-Destour et militant destourien lui-même, refuse de se démettre et soutient à ceux qui le menacent qu’il tient à défendre Hafedh Sethom, qui a été son camarade d’étude. La seule raison de son acte était le devoir de l’amitié. Il est alors arrêté et ne sera libéré qu’après avoir promis de s’abstenir de défendre son ami personnel. Cela a servi de leçons aux autres avocats, qui se sont tous retirés »
Mohamed Salah Fliss rappelle les risques que couraient ces avocats : Témoignage en arabe de Mohamed Salah Fliss, p 87, (traduction) :
Source : page 87, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008
«Ali Chérif était le président de la cour de sureté de l’Etat, les statuts de cette dernière autorisaient le président de la cour à renvoyer l’avocat au banc des accusés s’il dépassait certaines limites dans sa plaidoirie »
Feu Noureddine Ben Khedr rend hommage à ces avocats et une pensée particulière pour l’avocat Habib Amri
Source : page 25, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008
Mohamed Salah Fliss rend hommage à ces avocats, une pensée particulière pour Maitre Habib Amri et Mansour Cheffi
Source : p 103, ouvrage : « le rôle politique et culturel de perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante », publications de la fondation Temimi, Tunis, septembre 2008
Fethi Belhaj Yahia rend hommage à ces avocats
Source : pp 136-137-138. Ouvrage en arabe " des feuilles de la gauche tunisienne sous Habib Bourguiba"
Liste non exhaustive des avocats : Maitres Mohamed Benaceur, Lazhar Karoui Chebbi, Mansour Cheffi, Sadok marzouk, Mohamed mahfoud, Abderrahmene Hila, Habib Amri, Mohamed rafi’i, Ferid Bourguiba, Abderrazek Belhaj Yahia, Mohamed raouf Najjar, Ammar Jedidi, Abdeda Kefi, Sassi ben Hlima, Hamadi Baccar

Selon Fethi Behaj Yahia, M. Raouf Najjar (l’actuel ambassadeur de Tunisie en France et plusieurs fois Ministre) a défendu à ses débuts, les militants de la gauche victimes de procès politiques sous Habib Bourguiba
Gilbert Naccache rend hommage à ces avocats, une pensée particulière pour Maitre Habib el Amri, Mohamed Benaceur et Sadok Marzouk.
Source : pp 258-259-260-261-262. Ouvrage : Gilbert Naccache, « Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d’un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979 » Suivi de Récits de prison. Les éditions mots passants et les éditions du cerf, Tunis- paris, 2009





Mis à part l’ouvrage de feu Mohamed Charfi qui parait-il est « introuvable » en Tunisie ! Tous les autres sont en vente libre. Il suffit de les acheter et de les lire.
Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.
Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko
Les ouvrages citès:
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En vente en Tunisie

Comment la « justice » fonctionnait sous Habib Bourguiba?
Les juges exécutaient « les ordres reçus »
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Et
Comment se déroulaient les procès politiques de la gauche sous Habib Bourguiba
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Et
Tunisie, ces juges patriotes et
ces « autres » qui ont trahi les idéaux de la justice
19:50 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : avocat tunisie tunis
16 juin 2009
1960-1970:Tunisie, les vrais traitres. L’Ex Directeur de la Sureté dénonce....

Roger Faligot et Pascal Krop sont surement les 2 meilleurs journalistes spécialistes du renseignement français. La qualité de leurs ouvrages, la véracité des informations, scoops et révélations qu’ils publient prouvent qu’ils sont une sorte de communicants des services français (la DGSE : La Direction générale de la sécurité extérieure) .
Il y a quelques mois, l’ancien Directeur de la Sureté en Tunisie Hssan Babou a évoqué une affaire passée presque inaperçue : celle de l’implication d’un haut fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur en Tunisie dans les années 60 dans une grave affaire....
50 ans après les faits, on ne peut que s’interroger : Tous ces hommes affectés dans le temps à la police politique pour torturer les youssefistes, les militants de l’extrême gauche et les Tunisiens ordinaires… n’était- il pas « plus patriotique » d’affecter tous ces agents à surveiller les vrais ennemis de la Tunisie ?
L’ancien Directeur de la Sureté Hssan Babbou précise que Béji Caid Essebsi et M. Khfacha n’ont pas voulu limoger ce responsable.
Béji Caid Essebssi, qui vient de publier des mémoires (qui s’entendent sur 525 pages où on ne trouve aucune précision sur cette affaire) aura-t-il le « courage politique » de s’expliquer 50 ans après les faits?
Selon les deux spécialistes du Renseignement français, il semble que ce haut responsable au Ministère de l'intérieur était lié au réseau "Magenta". Lire les pages scannées pour comprendre.
Source: (Cliquez sur la photo pour agrandir)



12:51 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ali mrad police tunisie
Tunisie: Le passeport est-il un droit Constitutionnel?
Demain? votre passeport sera confisqué. Personne ne vous défendra car vous, vous n'avez défendu personne.
Dans la lettre ouverte du leader syndicaliste Ahmed Tlili à Habib Bourguiba, datant de 1966 (déjà) et publiée en 1988, on y lit (pp 15-16):
La lettre a été publiée en arabe et en français (voir couverture de l'ouvrage ci-dessous)
La Tunisie en 1966.
[Page 15-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili en 1966]
Face. à ces dangers, sur quoi repose actuellement le régime ? Les forces vives de . la nation groupées au sein d'organisations populaires authentiques et bien structurées ont été, soit éliminées, soit transformées en simples instruments d'exécution. Une réaction populaire favorable à la défense du système actuel est donc à écarter. Même si on la suscitait et la conduisait à l'occasion pour défendre le régime, elle resterait sans effet parce que les structures démocratiques qui lui donnaient vie, dynamisme, foi et vitalité ont été toutes détruites pour céder la place à de véritables appareils administratifs dont les fonctionnaires nommés se bornent à une routine quotidienne parce que mûs uniquement par le mobile de l'intérêt personnel comme on va le voir un peu plus loin, ils réagiront exactement comme avaient réagi les fonctionnaires du régime colonial devant l'offensive du mouvement national.
Au demeurant, il est clair que le régime, pour se sauvegarder, semble de plus en plus compter sur d'autres moyens.
C'est ainsi que les effectifs de l'armée ont plus que doublé par rapport à ceux du temps du protectorat. La police a plus que triplé pendant que la garde nationale a presque quintuplé en comparaison avec l'ex-gendarmerie française.
A ces effectifs s'ajoute la contribution importante des fonds secrets de la Présidence, des Ministères de l'Intérieur et des Affaires Etrangères et autres sources y compris une partie des crédits de lutte contre le sous-développement utilisés par les Gouverneurs à des fins de renseignements.
Mais cet appareil ainsi que les dépenses qu'il occasionne pèse très lourdement sur le petit pays qu'est le nôtre. Par l'activité qui en découle, il augmente le malaise d'un peuple qui a déjà prouvé sa capacité à se révolter contre un tel système et à le briser. Car, actuellement, tout citoyen, quelque soit son rang dans la société ou ses fonctions politiques, est étroitement surveillé par plusieurs polices qui s'affrontent dans une surenchère qui les oblige à inventer les renseignements. Les surveillances s'exercent de la façon la plus maladroite même dans les
[Page 16-Lettre à Habib Bourguiba par Ahmed Tlili en 1966]
ministères sur les hommes politiques et sur les techniciens, dans les organisations nationales et même dans le Parti. A l'Université où les agents pullulent, on pousse le zèle jusqu'à charger les étudiants innocents, dans la proportion de 1 sur 10, de se surveiller les uns les autres et d'épier les faits et gestes de leurs professeurs, ouvrant ainsi de tristes perspectives pour notre jeunesse montante.
Dans les campagnes, les Gouverneurs omnipotents ont la haute main sur toute l'administration de la région, ils dictent leurs ordres indiscutables aux chefs de service locaux même aux techniciens auxquels ils se substituent en cas de besoin. Certains Gouverneurs se plaisent à entretenir cette guerre des polices et s'ingénient à créer la division parmi les populations en utilisant leurs propres réseaux de renseignements et en s'exerçant ainsi à développer leur habileté politique.
La pratique de ces méthodes policières qui n'ont aucun rapport avec la défense et la sécurité nationales, s'exerce contre les nationaux même à l'étranger et particulièrement en France, en Algérie et en Libye. La plus grande arme dans ce genre d'activité est le passeport auquel s'ajoute l'utilisation exagérée des fonds secrets. Le passeport est un droit constitutionnel dont bénéficie en principe chaque citoyen, il est souvent retiré ou refusé au gré des autorités.
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12 juin 2009
Tunisie : Un Ex Directeur de la Sureté dénonce son Ministre de l’Intérieur

Sous Habib Bourguiba, les Tunisiens et les Tunisiens n’ont pas eu le droit de connaitre la vérité sur l’état du pays. Depuis la mort de Habib Bourguiba, l’opinion publique assiste impuissante la publication de mémoires d’anciens Ministres de Habib Bourguiba. Dans ces dernières, on lit les « discours » sur l’Etat moderne », sur les efforts de ces Ministres pour « démocratiser » le système de l’intérieur. De Driss Guiga (Ex ministre de l’intérieur), à Tahar Belkhoja à Beji Caid Essebsi au tristement célèbre Mohamed Sayah pour ne citer que ces derniers, tous ne se rappellent plus de la torture, de la corruption, de la censure et des fraudes électorales qu’ils ont cautionné quand ils étaient au pouvoir.
Pourtant , on ne connait pas des qualités aux plusieurs des Ministres de Habib Bourguib, outre le fait d’avoir cautionné la torture et la corruption au pouvoir, ce qui a valu à certains d’entre eux d’être condamnés pour détournement de fond public aux lendemains du 7 Novembre 1987. Pour plusieurs Ministres de Bourguiba, outre la torture qu’ils ont cautionnée, les questions sur la corruption demeurent posées jusqu’à aujourd’hui : Comment peut-on avec le salaire ou la retraite d’un Ministre en Tunisie se permettre d’acheter des appartements valant plus d’un million d’euro dans les quartiers parisiens luxueux ?
Beaucoup de jeunes Tunisiens ne savent pas toute la vérité sur le régime de Bourguiba. Si les langues commencent à se délier, c’est principalement grâce à ce support qu’est Internet qui permet aux uns et aux autres d’apporter les contradictions et d’être informés sur l’actualité politique tunisienne. Mais aussi, grâce à l’institut Temimi qui publie des témoignages sur l’ancien régime.
Si les Tunisiens et les Tunisiennes, commencent à savoir la vérité sur le régime de Habib Bourguiba, c’est grâce à des Historiens comme Amira Sgair Alaya, des journalistes comme Noura Borsali, des témoignages d’anciens opposants comme Gilbert Naccache, à internet, et à l’institut Temimi. Son fondateur, M. Abdeljelil Temimi n’a pas manqué de l’un de ses ouvrages de remercier le Président de la République Ben Ali qui encourage son Institut.
Le présent document revient sur le témoignage de M. Babou , Ex Directeur de la Sureté en Tunisie fait à l’institut Temimi et repris par Al Chourouk.
Parmi les vérités jusque là inconnues, on apprend que l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants. Un Mort et plusieurs blessés !
l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants. Un Tunisien mort et plusieurs blessés !
Béji Caid Essebsi a bien publié récemment ses mémoires (qui s’étendent sur 525 pages, grand format). On ne retrouve nullement les précisions des Ministres sur ces faits, ni sur la mort du syndicaliste Hassen Saadaoui dans les locaux du ministère de l’Intérieur, ni la répression des manifestations de Borj Rais en 1965 (5 morts et plusieurs blessés) ni la torture des impliqués dans le complot de 1962 (Béji Caid Essebssi était le Directeur de la Sureté dans le temps, en 2002, il a déclaré qu’il n’était pas au courant !)
Quand on sait qu’un autre Ex ministre de l’intérieur – Tahar Belkhoja- avait déclaré publiquement qu’il n’était pas au courant que les opposants étaient « torturés » alors que Gilbert Naccache (ancien prisonnier d’opinion) est catégorique : « Des opposants ont été torturés dans le bureau du Ministre », on ne peut qu’éprouver le même sentiment de répugnance en lisant les mémoires de Béji Caid Essebsi (qui tout au long des 525 pages discourent sur ses exploits démocratiques).
Quelle crédibilité accorder à ces mémoires?
M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité, de reconnaitre vos torts et de présenter des excuses publiques car au vu des témoignages, en vos « exploits démocratiques », plus personne n’ croit.
M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité et de présenter des excuses…
Demain, ça sera votre tour
La torture ? l’Histoire enseigne que personne ne peut y échapper, des gauches aux extrêmes droites, hommes et femmes…politiques, opposants, des citoyens et citoyennes ordinaires.
Demain, ça sera votre tour et personne ne vous défendra…
car vous, vous n’avez défendu personne.
16:57 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, le Coup d’Etat de 1962, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hssan babbou
04 juin 2009
Bourguiba avait un grand mépris pour les résistants et pour le PEUPLE

Selon l'historien Amira Aleya Sghaïer:
"Bourguiba avait un grand mépris pour les résistants et pour le PEUPLE"
Par ailleurs, Habib Bourguiba aurait exagéré le rôle qu'il a joué. En effet dans ses discours il déclarait:
Or l'historien Amira Aleya Sghaïer est catégorique. Selon lui:
Question de Noura BORSALI: "Comment appréciez-vous, en tant qu’historien, la participation des fellaghas à la lutte de libération nationale, surtout quand on sait qu’ils ont été au centre des négociations pour l’autonomie interne et l’indépendance ?
Amira Aleya Sghaïer: Bourguiba parlait d’ un coup de pouce " des fellaghas alors que Alain Savary, ministre français qui était impliqué dans les différentes négociations avec la Tunisie et le Maroc, a déclaré devant l’Assemblée nationale française que si l’Indépendance a été accordée à ces deux pays, c’était sous la pression des résistances armées. Qu’est-ce qui a amené la France à faire marche arrière en moins de dix mois entre juin 1955 et mars 1956 et de passer de l’autonomie interne à l’indépendance si ce n’était la résistance armée ? Rappelons qu’avant l’arrivée de Mendès France à Tunis, le 31 juillet 1954, c’était l’enfer pour les colons français qui ont déserté leurs terres, qui ne pouvaient plus faire leurs moissons sauf sous la protection de leur armée. Chaque ferme était sous le contrôle d’un détachement militaire. Les policiers français et tunisiens n’osaient plus circuler librement parce que les fellaghas leur faisaient la chasse ainsi qu’à leurs collaborateurs. Le gouvernement français ne réussissait même plus à trouver des collaborateurs pour désigner ses ministres et former son gouvernement. Et cela, c’était sous la pression des fellaghas et des groupes "terroristes" en ville. C’était aussi la résistance politique et militaire yousséfiste qui a poussé la France à accepter l’indépendance.
Entretien avec Amira Aleya Sghaïer :
" La Tunisie n’est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas "
Noura Borsali . Ouvrage ( Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars,) pp pp77-89
Cet ouvrage est vendu à Tunis en toute liberté. Il suffit de l'acheter et de le lire.
Amira Aleya Sghaïer est historien, maître de conférence et responsable de l’Unité d’Etude et de Recherches Historiques à l’Institut Supérieur de l’Histoire du Mouvement national (ISHMN). Auteur de plusieurs études dans le domaine des " groupements politiques européens et du Mouvement National en Tunisie ", il consacrera la plupart de ses recherches à la lutte armée en Tunisie, publiées dans plusieurs revues dont Rawafid (de l’ISHMN), les Cahiers de Tunisie et la Revue d’Histoire Maghrébine (de l’Institut Temimi pour la Recherche), ainsi que dans trois ouvrages en arabe:" La Résistance armée en Tunisie de 1881 à 1939 par les textes " (en collaboration avec Adnan Mansar), Pub. de l’ISHMN, Tunis, 1997; " La Résistance armée en Tunisie de 1939 à 1956 par les textes " (en collaboration avec Adnan Mansar), Pub. de l’ISHMN, Tunis, 2004 et " La résistance populaire en Tunisie dans les années cinquante ", Sfax, Ira, 2004. Pour avoir un éclairage sur le mouvement armé des fellaghas qui a marqué les années décisives de l’histoire de l’Indépendance (1952-1956), nous lui avons posé ces questions auxquelles il a eu l’amabilité de répondre.Noura Borsali
Comment était organisée la lutte armée en Tunisie à partir des années 50? Et existait-il réellement une " Armée Nationale de la Libération " (ANL) de laquelle se réclamaient les groupes constitués dont les uniformes portaient inscription de l’ANL ?
On ne peut pas parler d’armée de libération nationale. C’était presque les mêmes catégories sociales qui ont formé le mouvement fellagha dont faisaient partie de petits paysans pauvres, sans terres ou des marginaux des villes et des campagnes ou d’ouvriers qui représentaient un pourcentage infime. Car la plupart des fellaghas étaient des gens ruraux, déclassés, pauvres, des bergers …Ajoutons à ces catégories certains éléments de l’armée beylicale qu’ils ont désertée, dont le nombre ne dépasse pas quelques dizaines et qui ont rejoint la Résistance vers la fin et aussi, comme je l’ai dit plus haut, quelques éléments pauvres des villes notamment du Cap Bon, du Sahel etc… qui constituaient cependant une bonne minorité. Sinon la majorité était constituée de paysans appauvris, dénués de terres et de gens des tribus etc… qui ont regagné les djebels. Il serait donc, à mon sens, pompeux de parler d’armée, même si les fellaghas ont essayé vers la fin de la Résistance, à partir de 1954, de mettre en place une sorte d’état-major après leur réunion du Djebel Samama du côté de Kasserine à laquelle étaient présents les principaux chefs du mouvement, à leur tête Lazhar Chraïti. Cette réunion a duré seulement quelques heures. Les participants y ont choisi comme chef de la résistance armée Lazhar Chraïti et comme adjoint Sassi Lassoued. Quant à Tahar Lassoued, il n’était pas présent à cette rencontre car il se trouvait à Rouhia dans les environs de Siliana. Toutefois il a été également choisi comme l’un des principaux chefs du mouvement. Mais le choix de l’appellation " Armée Nationale de la Libération " s’expliquait par des raisons politiques et de propagande. L’idée était venue surtout des politiciens du Néo-Destour qui cherchaient à faire appuyer leurs revendications face à la France. Mais, il est vrai qu’à un certain moment, les résistants ont essayé de s’organiser pour se donner l’air d’être une armée, en enfilant un uniforme. Or une armée est bâtie sur une hiérarchie, sur des ordres, sur une logistique, sur un arsenal etc…qu’ils n’avaient pas. C’étaient plutôt des " bandes " qui combattaient chacune dans son fief, dans sa montagne, librement. Mais, parfois, il y avait une certaine coordination. Toutefois, pour la deuxième étape que les "néo-fellaghas " appelaient "la deuxième révolution ", qui a commencé fin 1955 jusqu’à l’été 1956, ces derniers se sont organisés presque en armée parce qu’au niveau de l’armement, de l’entraînement, ils étaient formés, selon les témoignages de l’armée française, en Libye et en Egypte avec l’aide de Nasser, et en concordance avec des résistants algériens. Ils s’appelaient alors " Armée de libération nationale tunisienne ", avec, de l’autre côté, l’Armée de libération nationale algérienne et l’Armée de libération nationale marocaine.
Ce qu’on appelait les " néo-fellaghas " étaient dissidents par rapport à Bourguiba et avaient rejoint la dissidence yousséfiste ?
Oui, ils étaient opposés à Bourguiba et plutôt partisans de Salah Ben Youssef. Mais ils n’avaient pas choisi Ben Youssef. C’était en réalité Salah Ben Youssef qui avait choisi ces résistants qui exprimaient tout un mécontentement contre les accords de l’autonomie interne, contre la présence française et aussi une appréhension vis-à-vis du projet de société et d’Etat à construire. Leur chef politique était donc Salah Ben Youssef et leur chef "militaire " Tahar Lassoued.
Comment expliquer le fait que nous avons tendance à garder l’appellation "fellaghas " alors que le terme signifie, dans le langage des colonialistes français, "coupeurs de routes ", " bandits ", " hors-la-loi " et est, de ce fait, plutôt péjoratif alors que les "fellaghas " préfèrent substituer à cette appellation celles de "résistants " ou de moudjahidins ?
Le mot est pris de l’arabe et est loin d’être une appellation coloniale. Il est puisé dans la langue parlée tunisienne et vient de la langue littéraire arabe, de falaqa, yafluqu , c’est-à-dire " se révolter contre la loi pour des raisons de répression, d’humiliation et d’injustice ". Lorsque les combattants se sont appelés "fellaghas ", ce n’était pas pour se mépriser eux-mêmes. C’était pour signifier leur refus d’un régime colonial fondé sur l’humiliation individuelle et nationale. Donc, le mot "fellaghas " était répandu à l’époque non seulement chez les résistants mais également chez ceux qui ont chanté l’épopée de la Résistance, même si dans la bouche des colonialistes, il signifiait : "bandits ", "criminels ", " voleurs ". Plus tard, la presse néodestourienne a exploité le terme pour dénigrer les "fellaghas " et diminuer leur rôle dans la lutte de libération nationale. Le mot est à sa place.
Quels étaient les initiateurs de ces groupes armés ? Etait-ce Ahmed Tlili ? Farhat Hached ? Bourguiba ?
Il est difficile de dire que ce sont les syndicalistes ou les politiques qui étaient derrière les résistants armés. En travaillant sur cette question, je me suis rendu compte que la lutte armée n’était pas dans la logique ni dans la conception des politiques et des syndicalistes, pour qui la lutte anticoloniale était politique avant tout. Mais cela n’a pas empêché Bourguiba ou d’autres au Caire qui étaient autour de Habib Thameur de penser à la résistance armée. Toutefois, quand cette dernière s’est déclenchée en Tunisie en janvier 1952, elle a été la continuation de certaines révoltes d’auparavant qui étaient le fait de gens de la campagne. Aussi n’était-il pas nouveau de résister au colonialisme. En 1952, il n’y avait aucun mot d’ordre donné par la direction du Néo-Destour pour que la révolte s’organise. Ceci n’exclut pas les contacts pris par la direction du Néo- Destour avec les principaux chefs fellaghas. Bourguiba, en déplacement à El Hamma, a pris contact avec Tahar Lassoued qui était militant au De tour et par la suite au Néo-Destour pour fomenter certaines opérations, et aussi avec Lazhar Chraïti durant la même période. Mais la tactique de Bourguiba et du parti n’était pas de déclencher une résistance armée militaire mais d’organiser certaines opérations contre des poteaux électriques, des voies ferrées, des ponts etc…pour amener la France à composer. Mais après, comme par un effet de boule de neige, la Résistance était devenue indispensable parce que, selon les correspondances et les témoignages des chefs fellaghas, la France ne pouvait comprendre que le langage de la force. A la suite de cette vague de répression qu’ont subie différents nationalistes, chefs et militants, en janvier 1952 , la Résistance s’est activée avant d’être récupérée par le Néo-Destour pour lequel elle devait constituer un appui à sa politique revendicative. Mais, en fin de compte, la Résistance n’a jamais été l’affaire des politiques, toutes tendances confondues.
Pourtant, on évoque souvent le rôle d’Ahmed Tlili dans la constitution de groupes, du moins de la région de Gafsa.
Oui, Tlili était le chef du Néo-Destour dans la région de Gafsa. Il a pris contact certes avec des résistants. Mais, il a été arrêté au mois de février 1952 et la Résistance a commencé en janvier 1952 et s’est développée après février de la même année. Ce qui limite son rôle.
Nous parlons justement de son rôle dans la mise en place de ces groupes.
Non, il n’y pas eu de mise en place des groupes. Lazhar Chraïti a été combattant depuis la guerre de Palestine. Il est vrai que Ahmed Tlili a contacté ces combattants pour que soit menée la lutte armée. Mais il n’y avait pas de plan préétabli pour la résistance armée.
Une fois que les fellaghas se sont constitués à travers le pays, quels étaient alors leurs rapports avec le Néo-Destour ? Est-ce qu’ils recevaient des ordres du parti pour mener leurs opérations ?
Les fellaghas ne recevaient pas des ordres du Néo-Destour. Ils étaient, sans l’être tous, en contact avec certains dirigeants locaux du Parti. Selon les témoignages dont nous disposons, certains chefs néo-destouriens n’ont jamais accordé d’importance aux fellaghas. Au contraire, on a même essayé d’éluder la question de la lutte armée et de donner, au Néo- Destour, une image d’un parti respectable, légaliste, qui n’utilise pas la violence etc…Cela n’empêche pas le fait qu’il y ait eu des contacts directs entre certains chefs du Néo-Destour et des groupes de fellaghas, comme ce fut le cas de Taïeb Mhiri, de Mokhtar Attia, de Mongi Slim qui leur remettaient parfois des subventions. Mais les fellaghas demeuraient, dans l’ensemble, l’affaire du peuple, de gens modestes qui se sont chargés de l’acheminement des armes, de toute la logistique etc…La majorité n’était pas membre du Néo-Destour.
Les fellaghas étaient tout simplement nationalistes, opposés à la France parce qu’elle réprimait leur pays dont ils revendiquaient la libération, tout comme celle, d’ailleurs, de leur religion, comme ils le disaient.
Pourtant, la lutte armée a démarré à la suite des événements du 18 janvier 1952, qui a vu la répression des nationalistes.
Oui, il est vrai que la Résistance a commencé après cette date, mais le rapport n’est pas direct au point qu’on puisse parler d’ordres transmis par le Néo-Destour aux résistants. L’ambiance politique de cette période en a été le vrai détonateur. Savez-vous que, pendant le premier trimestre de 1952, la répression était totale dans les villes et que la Résistance s’est déplacée des villes vers les campagnes ? Pour la simple raison que la campagne n’était pas un espace aussi contrôlable que la ville. On pouvait y circuler et contrer la répression coloniale, d’autant plus que dans les villes il y avait le couvre-feu, la loi martiale, les perquisitions, le ratissage un peu partout, dans la région de Bizerte, au Sahel… et pas seulement au Cap- Bon. Les gens étaient alors acculés à résister de cette manière-là. Le processus des évènements a fait que la Résistance s’est déplacée sans que cela n’ait été d’ailleurs programmé. Par la suite, le Néo-Destour a récupéré la résistance armée et les fellaghas ont accepté cet état de fait parce que la bataille politique et la lutte armée avaient les mêmes objectifs.
Quel était le nombre de fellaghas ?
Les chiffres dont nous disposons sont toujours approximatifs pour la simple raison que le nombre des combattants qui ont remis leurs armes en décembre 1954 était autour de 2.713. Et en ajoutant le nombre des martyrs, qui s’est élevé à 300 ou 400, on pourrait atteindre le chiffre de 3.000. Mais les fellaghas de la "première révolution " (1952-1954) avançaient des chiffres inférieurs à ceux-là. Le 2ème Bureau et l’armée française de même. Après le 31 juillet 1954 et donc la venue de Mendès France, beaucoup ont regagné la montagne pour se faire oublier ou oublier la "lâcheté ", voire la trahison de la famille, du arch ou d’eux-mêmes carrément, envers la patrie. C’était un bon nombre.
Est-ce que le mouvement fellagha s’est arrêté après le dépôt des armes ?
Oui, il s’est arrêté un moment : de décembre 1954 jusqu’à la fin 1955, année du conflit opposant Bourguibistes et Yousséfistes. Les Yousséfistes ont essayé sans réussir de faire réviser l’accord sur l’autonomie interne mais ils ont été empêchés de s’exprimer démocratiquement par les Bourguibistes si bien qu’ils ont opté pour la lutte armée à partir de la fin de 1955, en coordination avec le "Secrétariat Général " de Salah Ben Youssef et les résistants dont le chef était Tahar Lassoued. Ce dernier n’a jamais accepté de déposer les armes avec soixante-dix de ses compagnons, et a repris la Résistance dans le cadre de ce qu’ils ont appelé " la deuxième révolution " qui a duré jusqu’à l’été 1956. Ce que les colonialistes appelaient "les Néo-fellaghas " ou ce que les résistants appelaient eux mêmes " la deuxième révolution ", étaient en rapport avec les Algériens qui étaient en pleine résistance, déclenchée depuis le 1er novembre 1954. Les bandes qui manœuvraient en Tunisie sur toute la frontière tunisoalgérienne, dans le Sud tunisien et dans la région de Kasserine, le faisaient dans le cadre de l’" Armée nationale tunisienne " et en collaboration avec le FLN et l’Armée de libération nationale algérienne. Leur nombre, selon des estimations de l’armée française, était de 600 à 700 combattants bien armés et bien entraînés. Je pense que le chiffre dépasse dans la réalité ces estimations si on compte les autres résistants de Souk el Arba et jusqu’aux régions de Gafsa. Ils ont mené de vraies batailles et l’armée française est intervenue, surtout durant le mois de mars 1956, si bien que lorsque les Tunisiens fêtaient l’Indépendance, le nombre de morts avait considérablement augmenté, voire doublé par rapport à la première période, c’est-à-dire 1952-1954. On comptait plus de 600 victimes sur une population de résistants de 1.700 à 2 .000 à partir du Sud tunisien, sur toute la frontière tuniso-algérienne et parfois sur la bande mixte. A Matmata, Bni Khdech, Chenini, Medenine…, le nombre de victimes, au mois de mars 1956, était considérable. A Tataouine, le 29 mai 1956, soixante treize Tunisiens sont tués. A Matmata, de janvier à mars 1956, il y a eu 250 morts et blessés. Certains étaient restés dans la montagne en proie aux charognards, sans être ensevelis. Donc, le nombre de morts tombés durant cette période était autour de 600 et plus. Ces hommes n’ont pas été reconnus comme des martyrs, ni par la nation, ni par les autres. D’ailleurs dans le registre des martyrs publiés en 1978 par le Parti Socialiste Destourien, aucun de ces noms ne figure.
Charles André Julien écrit que les fellaghas trouvaient en Tripolitaine bases et ravitaillement.
Oui, c’est tout à fait vrai pour les "néo-fellaghas ". Parce que Tripoli était une base non seulement pour les résistants tunisiens mais aussi pour les résistants algériens. C’était en quelque sorte un chemin obligé pour le transport des armes, qui venaient essentiellement d’Egypte. Des bases ont été mises, par le gouvernement de Tripoli, au service des résistants tunisiens et algériens qui s’entraînaient en Libye. D’ailleurs, les rapports du général De Guillebon, commandant supérieur des troupes de Tunisie mentionnent que c’étaient de vrais militaires bien armés et bien entraînés.
Le jeune Etat craignait-il ces combattants dont certains demandaient, dit-on, trop de faveurs ?
Le mouvement de la Résistance est passé par différents moments : les fellaghas ont été d’abord choyés et reconnus comme de vrais résistants. Ensuite, après les accords de juin 1955, on a commencé à vouloir se débarrasser des fellaghas, qui étaient considérés comme une charge. Certains d’entre eux avaient, en effet, rejoint Tunis depuis le retour de Bourguiba, à sa demande et demandé, une " part du gâteau " en cherchant à être intégrés dans l’armée, dans la police ou dans la Garde nationale ou à obtenir des permis de conduire, des autorisations pour des projets, des terres et des fermes. Le pouvoir a satisfait ceux qui lui étaient proches, c’est-à-dire les principaux chefs, surtout ceux du Sahel comme El Ouerdani ou Lazhar Chraïti etc…Cet état de fait a donné lieu à un mécontentement des combattants qui ont commencé à harceler les autorités pour avoir un travail, surtout que la plupart vivaient dans une grande misère. Il faut rappeler qu’à cette époque, la situation était grave en Tunisie pour tout le monde : chômage, famines etc…Les fellaghas devenaient de plus en plus mécontents et contestaient ce qu’ils appelaient "les avocats ", c’est-à-dire les notabilités du Parti qui avaient, selon eux, confisqué leur lutte. Aussi ont-ils commencé à réclamer leurs droits. Lazhar Chraïti et Sassi Lassoued ont dirigé des manifestations où il y avait des centaines de résistants, en prenant en otage le ministre de l’Intérieur à la Kasbah. Les fellaghas étaient immatriculés après avoir déposé leurs armes, et donc épiés et poursuivis par l’armée française. Ils étaient constamment sous surveillance et ne pouvaient se déplacer comme ils le désiraient. Ces gens se sont sentis spoliés de leurs droits. D’autant que pour eux, la situation n’a pas changé surtout dans le Sud tunisien et dans tout le pays où l’armée, la gendarmerie et l’administration française étaient toujours là. C’est bien beau qu’un nouveau gouvernement qui est homogène se soit constitué à Tunis mais, pour eux, la situation était la même. C’est ce qui explique qu’ils ont rejoint le " secrétariat général " de Ben Youssef.
Les plus disciplinés ont été intégrés dans l’armée ou la Garde nationale.
Oui, mais il s’agit d’une minorité, qui a été intégrée plutôt dans la Garde nationale. Et ce pour des raisons politiques. Bourguiba a toujours été méfiant d’une part vis-à-vis de ce qui est armée depuis qu’il était en Orient, et d’autre part des résistants algériens qui ne l’aimaient pas et réciproquement, surtout qu’un bon nombre d’entre eux avaient comploté contre lui parce qu’ils le considéraient comme un "traître" par rapport à la cause du Maghreb et à la libération de l’Algérie. Ils avaient, à travers leur propagande, diffusé l’idée que Bourguiba a lâché la révolution algérienne. Propagande qui a été relayée par les Youssefistes et par l’Egypte de Nasser. D’autre part, la majorité des fellaghas étaient analphabètes et donc ne pouvaient être dans l’armée, ni dans la Garde nationale, sauf une minorité. D’ailleurs le chef de la Garde nationale était, à l’époque, un ancien fellagha : Mahjoub Ben Ali.
Qu’est-ce qui explique le retournement de Bourguiba contre les fellaghas ?
Bourguiba n’a jamais respecté ces résistants pour lesquels il avait un grand mépris. Et ce dédain s’est affiché par la suite d’une façon flagrante puisqu’il les a traités d’ignares ", de "bergers ", de prétentieux qui veulent prendre le pouvoir et d'ailleurs, ce mépris-là, Bourguiba ne l'a pas eu seulement pour les fellagahs mais aussi pour les peuple. D’autre part, Bourguiba était très méfiant à leur égard parce que c’étaient des combattants comme lui. Lui était au niveau politique et eux étaient à un niveau plus dangereux car ils mettaient leur vie en danger. La grande masse des résistants a été spoliée dans ses droits et écartée par l’Etat bourguibien. L’autoritarisme de Bourguiba n’a pas commencé avec le complot avorté de 1962 mais bien auparavant.
Comment appréciez-vous, en tant qu’historien, la participation des fellaghas à la lutte de libération nationale, surtout quand on sait qu’ils ont été au centre des négociations pour l’autonomie interne et l’indépendance ?
Bourguiba parlait d’ un coup de pouce " des fellaghas alors que Alain Savary, ministre français qui était impliqué dans les différentes négociations avec la Tunisie et le Maroc, a déclaré devant l’Assemblée nationale française que si l’Indépendance a été accordée à ces deux pays, c’était sous la pression des résistances armées. Qu’est-ce qui a amené la France à faire marche arrière en moins de dix mois entre juin 1955 et mars 1956 et de passer de l’autonomie interne à l’indépendance si ce n’était la résistance armée ? Rappelons qu’avant l’arrivée de Mendès France à Tunis, le 31 juillet 1954, c’était l’enfer pour les colons français qui ont déserté leurs terres, qui ne pouvaient plus faire leurs moissons sauf sous la protection de leur armée. Chaque ferme était sous le contrôle d’un détachement militaire. Les policiers français et tunisiens n’osaient plus circuler librement parce que les fellaghas leur faisaient la chasse ainsi qu’à leurs collaborateurs. Le gouvernement français ne réussissait même plus à trouver des collaborateurs pour désigner ses ministres et former son gouvernement. Et cela, c’était sous la pression des fellaghas et des groupes "terroristes" en ville. C’était aussi la résistance politique et militaire yousséfiste qui a poussé la France à accepter l’indépendance.
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03 juin 2009
Justice en Tunisie: Comment se déroulaient les procès politiques de la gauche sous Habib Bourguiba

Sous Habib Bourguiba, des centaines d'opposants de gauche ont été torturés, emprisonnés et condamnés à de lourdes peines. La justice était-elle indépendante? Les accusés bénéficiaient-ils des garanties des procès justes?

Ci-joint le témoignage de M Ammar Zemzemi (ancien prisonnier d'opinion et opposant de gauche sous Habib Bourguiba)
SOURCE : page 202, Extrait de l'ouvrage " Le rôle de Perspectives et des perspectivistes dans la Tunisie indépendante" Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information. Tunis Septembre 2008. Cet ouvrage est vendu en Tunisie, il suffit de l'acheter et de le lire.
Lire aussi
Tunisie, un Opposant témoigne :
Comment la « justice » fonctionnait sous Habib Bourguiba
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Les juges exécutaient « les ordres reçus »
Cliquez ICI pour lire la suite
Et
Tunisie, ces juges patriotes et
ces « autres » qui ont trahi les idéaux de la justice

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02 juin 2009
Qu’est ce qui est arrivée à la femme du dernier Bey de Tunisie

Beji Caid Essebsi : à la page 11 de ses mémoires (Habib Bourguiba, Le Bon Grain et L'Ivraie, Béji Caid Essebsi, Sud Editions Tunis , Mars 2009), l’Ex ministre de l’Intérieur écrit : " témoigner, le passé doit servir de leçon pour le présent. Si nous arrivons à dire la vérité sur notre passé, peut-être oserons-nous dire la véritè sur notre présent".
A la page 585 de « Bourguiba, la trace et l’héritage », Béji Caid Essebsi précise à Michel Camau qu’il a fait son entrée au ministère de l’intérieur en juin 1956 pour occuper à partir d’octobre 1956 le poste de « directeur des affaires politiques », (au passage, l’ex ministre de l’intérieur ne mentionnera pas cette interview avec Vincent Geisser et Michel Camau pp 577-601 dans " Bourguiba la trace et l'héritage" ni dans ses mémoires qui s’étendent sur 525 pages ni dans les annexes qui contiennent 21 annexes. Et pour cause en lisant les réponses de Béji Caid Essebsi dans cette interview réalisée en 2002, on se rend compte de la facette répressive de l’ex ministre de l’intérieur qui aime se présenter comme un libéral et un grand démocrate).
En Somme, Béji Caid Essebssi comme Directeur des affaires politiques, le tristement célèbre Driss Guiga comme Directeur de la Sureté (À 80 ans, l'ancien ministre de l'intérieur de Habib Bourguiba coule des jours tranquilles à Hammamet, station balnéaire située à 60 kilomètres de Tunis…) et avec Taib Mhiri – l’homme qui a cautionné la répression du temps où il était au Ministère de l’intérieur … 3 hommes dont deux sont encore vivant mais sur qui il ne faut pas compter pour dire la vérité?….
L’exemple de Béji Caid Essebssi est instructif à ce sujet, ceux qui ont lu ses longues mémoires ont compris que contrairement à ce qu’il a écrit à la page 11, Béji Caid Essebsi – Tout comme Driss Guiga, Tahar Belkhoja, Mohamed Sayah et d’autres « Ministres de Bourguiba » n’est pas décidé à dire « toute la vérité »…
Pourtant les Tunisiens et les Tunisiennes doivent savoir les vérités sur cette génération qui a trahi les idéaux de l’indépendance.
Noura Borsali rappelle dans son ouvrage ( Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963
». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars,) pp 113-114 « le sort de la famille du dernier Bey de Tunis....
"Sortant du quatrième étage du Ministère
de l’intérieur, la femme du Bey avait
du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre.
Elle mourra plus tard dans les bras de son mari ,
choquée à jamais"
Qu’est ce qui s’est passé au 4 éme étage du Ministère de l’Intérieur ?
Qui a volé les bijoux du Bey ?(Les rumeurs ont couru en Tunisie qu’une femme très puissante en Tunisie a eu ses bijoux au lendemain de l’indépendance).
Béji Caid Essebsi, Driss Guiga de part leurs fonctions pouvaient-ils réellement ne pas savoir ?
Le dernier bey de Tunis
Pp 113-114 « Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008, prix 9.5 dinars
Dix jours avant la chute de la monarchie et la proclamation de la république, l’armée tunisienne remplace la garde beylicale si bien que le bey ainsi que son entourage ne sont plus libres de leurs mouvements. Le 18 juillet, Slaheddine bey, fils cadet du bey, est arrêté et transféré à la prison civile de Tunis, sous prétexte qu’il avait écrasé un certain gaaloul. Il confiera, en 2001, à Tijani Azzabi, quelques années avant sa mort : « l’indépendance de la Tunisie ne devait en aucune façon se répercuter négativement et menacer le bey et sa famille. Mon père était un grand nationaliste. Lorsqu’on est venu me retirer de ma geôle, au sous-sol, pour m’emmener dans un endroit inconnu, j’ai cru qu’on allait me tuer, surtout que l’on m’avait présenté à mon père, emprisonné à l’étage supérieur, pour lui dire adieu » . et d’ajouter » quant à ma mère, elle ne s’est plus remise de son arrestation, et surtout de ses trois jours d’enquête au 4 ème étage du ministère de l’intérieur où la direction de la sureté la questionnait en permanence sur le sort des bijoux de la famille. Maltraitèe ou pas, elle est revenue en tout cas avec du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre. Des hémorragies o*interne. Elle mourra plus tard dans les bras de mon père, choquée à jamais, et sans jamais nous dire ce qu’elle avait subi pendant son interpellation au ministère de l’intérieur ». docteur ben salem (ex gendre du souverain et ex ministre) a relaté dans son ouvrage « l’antichambre de l’indépendance » l’arrestation de lamine bey. Après l’encerclement et le verrouillage du palais le 23 juillet 1957, le 25 juillet, après la chute de la monarchie et la proclamation de la république par la constituante, une délégation composée du président jallouli fares, de ali balhaouane et du directeur des services de sécurité Driss Guiga est venue signifier au souverain sa déposition et sa mise en résidence surveillée à la
page 114
Manouba. « dix inspecteurs de police sont venus chez moi pour me signifier que je devais partir en résidence surveillée (…). Il était 19heures, le souverain habillé d’une simple djellaba, accompagnée de sa femme et de sa fille Safia a pris place dans une voiture précédant celle du commissaire de police et deux motards. Derrière, les princes Chedly et M’hammed et Slaheddine, ensuite moi-même encadré de deux inspecteurs ».
Docteur Ben Salem raconte le traitement inhumain qu’il a subi après sa fuite : coups violents portés sur des parties de son corps par un nerfs de bœuf qu’a utilisé Amar Chechia gouverneur de Sousse si bien, écrit-il que « je n’étais plus qu’une bouillie saignante ». tous les biens de la famille beylicale –qui a été enfermée- ont été confisqués. Chadly bey a été condamné à cinq ans de prison et libéré deux ans après. Il confiera, dans un entretien, qu’il accordera en 2003 à Abdeljlil Temimi et à Mokthar bey, qu’il a passé 8 mois seul dans une cellule, avant d’être transféré à Kairouan, et que sa famille a été enfermée à dar Mourad bey à Manouba. Lamine bey mourra le 1 er octobre 1962 dans un appartement exigu au quartier Lafayette.
Taib Mhiri:
Premier Ministre de l'intérieur en Tunisie. Il a cautionné la répression des oppositions et selon l'ouvrage "l'assassinat de Salah Ben Youssef", Taib Mhiri aurait supervisé l'assassinat de Salah Ben Youssef de Tunis...
Béji Caid Essebssi,
ancien directeur des affaires politiques au Ministére de l'Intérieur, ancien Directeur général de la Sureté, Ancien Ministre de l'intérieur et des affaires étrangères. L'ex Ministre ne se rappelle plus de rien......
Driss Guiga
Ex Ministre de l'intérieur en Tunisie. Quand la femme du Bey a été arrétée, c'est lui qui était le directeur de la Sureté.
12:51 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habib bourguiba tunisie

Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani





















