20 juillet 2009

Liberté pour les condamnés de Tunis. Maspero- 1969. Document historique rare

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Brisez le mur du silence..surtout pour ceux et celles de ma génération qui ne savaient pas ce qu'était la Tunisie sous Habib Bourguiba....l'histoire de la Tunisie doit être connue et comprise par tous ceux qui se considèrent Tunisiens et tunisiennes car "Ceux qui ne comprennent as leur histoire sont condamnés à la revivre"...

 

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Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguiba  les mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens....
Alors que les Tunisiens et les Tunisiennes "applaudissaient" l'Etat "moderne" fondé par Habib Bourguiba...
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Tout savbvoir sur Perspectives, des ouvrages:
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04 juillet 2009

LIBERTE POUR LES CONDAMNES DE TUNIS de COLLECTIF ed. MASPERO, 1969

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Ouvrage vraiment rare. 52 pages qui contiennent des informations et des documents inédits sur la répression et les procès de la gauche sous Habib Bourguiba. On trouve par exemple, des extraits des plaidoiries des avocats et des réponses des juges parmi tant d'autres documents. Je mettrai ce document bientôt en ligne et j'invite tous ceux et celles qui ont des documents rares à les mettre en ligne, à les partager.

 

C'est quand même plus utile pour le pays (pour les 500.000 utilisateurs facebook en Tunisie) que de passer la moitié de sa vie à aller à Dailymotion et Youtube chercher des vidéos de chansons et passer la seconde à s'interroger: pourquoi 53 ans après l'indépendance notre pays souffre encore de plusieurs problèmes que les autres pays ont dépassé.

 

 

Et j'ajoute pour les "ouvrages", Une minorité de  pseudos politiques qui composent le microcosme parisien ont des documents  rares! En ce qui me concerne, je connais 2 amis qui jouent le jeu et on s'échange des docs, sinon les autres, ils refusent de préciser les références! C’est la mentalité typiquement tunisienne (il ne faut pas qu'il lise sinon il comprendra, ne lui montrez rien pour que les gens restent bleus) mais bon! Ceux la, sont trop cons (du petit au grand du microcosme parisien) et leurs ouvrages et docs rares, qu'ils les gardent pour eux pour rédiger leur dernier ouvrage : comment passer 30 ans de sa vie d’échec à échec en politique ? Pour d’autres, ils peuvent écrire : « comment passer toute sa vie à faire de la délation, ou à défendre les « acquis » ou à applaudir. Enfin, et bonne chance d’avance.

 

 

 

Lisez des ouvrages et des documents sur la Tunisie. Ne pas lire nuit gravement à la santé et vous risquez d'être atteint de la bêtise, de la maladie de l'ignorance et de l'inculture.

Ne Soyez pas/ Ne devenez pas une « racaille » dixit Sarko

 

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12 juin 2009

Tunisie : Un Ex Directeur de la Sureté dénonce son Ministre de l’Intérieur

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Sous Habib Bourguiba, les Tunisiens et les Tunisiens n’ont pas eu le droit de connaitre la vérité sur l’état du pays. Depuis la mort de Habib Bourguiba, l’opinion publique assiste impuissante  la publication de  mémoires d’anciens Ministres de Habib Bourguiba. Dans ces dernières, on lit les « discours » sur l’Etat moderne », sur  les efforts  de ces Ministres pour « démocratiser » le système de l’intérieur. De Driss Guiga (Ex ministre de l’intérieur), à Tahar Belkhoja  à Beji Caid Essebsi au tristement célèbre Mohamed Sayah pour ne citer que ces derniers, tous ne se rappellent plus de la torture, de la corruption, de la censure et des fraudes électorales qu’ils ont cautionné quand ils étaient au pouvoir.

Pourtant , on ne connait pas  des qualités aux plusieurs des Ministres de Habib Bourguib, outre le fait d’avoir cautionné la torture et la corruption au pouvoir, ce qui a valu à certains d’entre eux d’être condamnés pour détournement de fond public  aux lendemains du 7 Novembre 1987.  Pour plusieurs Ministres de Bourguiba, outre la torture qu’ils ont cautionnée, les questions sur la corruption demeurent posées jusqu’à aujourd’hui : Comment peut-on avec le salaire ou la retraite d’un Ministre en Tunisie se permettre d’acheter des appartements valant plus d’un million d’euro dans les quartiers parisiens luxueux ?

 

Beaucoup de jeunes Tunisiens  ne savent pas toute la vérité sur le régime de Bourguiba. Si les langues commencent à se délier, c’est principalement grâce à ce support qu’est Internet qui permet aux uns et aux autres d’apporter les contradictions et d’être informés sur l’actualité politique tunisienne. Mais aussi, grâce à l’institut Temimi qui publie des témoignages sur l’ancien régime.

 

 

Si les Tunisiens et les Tunisiennes, commencent à savoir la vérité sur le régime de Habib Bourguiba, c’est grâce à des Historiens comme Amira Sgair Alaya, des journalistes comme Noura Borsali, des témoignages  d’anciens opposants comme Gilbert Naccache, à internet, et à l’institut Temimi. Son fondateur,  M. Abdeljelil Temimi n’a pas manqué de l’un de ses ouvrages  de remercier le Président de la République Ben Ali  qui encourage son Institut.

 

 

 

Le présent document  revient sur  le témoignage de M. Babou ,  Ex Directeur de la Sureté en Tunisie  fait à l’institut Temimi et repris par Al Chourouk.

Parmi les  vérités  jusque là inconnues, on apprend que l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les  manifestants.  Un Mort et plusieurs blessés !

 

 

l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les  manifestants.  Un Tunisien mort et plusieurs blessés !

 

 

Béji Caid Essebsi a bien publié récemment ses mémoires (qui s’étendent sur 525 pages, grand format). On ne retrouve nullement  les précisions des Ministres sur ces faits, ni sur la mort du syndicaliste Hassen Saadaoui dans les locaux du ministère de l’Intérieur, ni la répression des manifestations de Borj Rais en 1965  (5 morts et plusieurs blessés) ni la torture des impliqués dans le complot de 1962 (Béji Caid Essebssi était le Directeur de la Sureté dans le temps, en 2002, il a déclaré qu’il  n’était pas au courant !)

 

Quand on sait qu’un autre Ex ministre de l’intérieur – Tahar Belkhoja- avait déclaré publiquement qu’il n’était pas au courant que les opposants étaient « torturés » alors que Gilbert Naccache (ancien prisonnier d’opinion) est catégorique : «  Des opposants ont été torturés dans le bureau du Ministre », on ne peut qu’éprouver le même sentiment de répugnance en lisant les mémoires de Béji Caid Essebsi (qui tout au long des 525 pages discourent sur ses exploits démocratiques).

Quelle crédibilité accorder à ces mémoires?

M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité, de reconnaitre vos torts et de présenter des excuses publiques car au vu des témoignages,  en vos « exploits démocratiques », plus personne n’ croit.

 

 

 

M. Béji Caid Essebsi, ayez au moins ce « courage politique » de dire toute la vérité et de présenter des excuses…

 

 


Demain, ça sera votre tour

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La torture ? l’Histoire enseigne que personne ne peut y échapper, des gauches aux extrêmes droites, hommes et femmes…politiques, opposants, des citoyens et citoyennes ordinaires.

Demain, ça sera votre tour et personne ne vous défendra…

 

car vous, vous n’avez défendu personne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29 mai 2009

Ahmed Smaoui, Ministre de M. Ben Ali a été torturé sous Habib Bourguiba

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Les jeunes tunisiens nés après 1980  ne connaissent pas l’ancien Ministre de Bourguiba Mohamed Sayah écarté du pouvoir au lendemain du 7 Novembre 1987. Pourtant ce personnage est tristement célèbre auprès de nombreux Tunisiens et Tunisiennes. Il n’a pas acquis cette célébrité par un quelconque militantisme en faveur des libertés ou de la démocratie en Tunisie. Mohamed Sayah? c’est un des faucons durs de Habib Bourguiba. Mohamed Sayah?  c’est l’homme des milices  du Parti au pouvoir le PSD (Parti Socialiste destourien rebaptisé RCD :

 Rassemblement Constitutionnel Démocratique en 1988) .

 

 Les milices du parti au pouvoir étaient une sorte de « police parallèle » qui terrorisaient les Tunisiens et les Tunisiennes. Feu Mohhamed Charfi  s’en rappelle dans ses mémoires récemment publiées et évoque Ahmed Smaoui  Ex ministre de M Ben Ali.

 

 

 

 

"Ahmed Smaoui se fait arrêter par la police parallèle (milice créée par le parti destourien) et torturer d'une manière atroce par cette police. Ces tortures lui laisseront des traces et des séquelles dont certaines se révéleront trente ans après."

 

 

 

Ahmed Smaoui a été sauvagement et lâchement torturé par les milices du Parti au pouvoir

 

 Ahmed Smaoui : né le 24 mai 1939, ancien PDG de l’ONTT et de Tunisair, a été également secrétaire d’Etat au Tourisme, ministre du Transport et ministre des Affaires sociales.

 

A la page 103 et 104 des mémoires de mohamed Charfi « Mon Combat pour les lumieres » Date de parution :  février 2009, Editeur : Zellige, Nombre de pages : 305

 

On lit :

 

Page 103

 

Chapitre V

 

La répression

 

Les modalités de la répression ont changé selon les différentes étapes : les interrogatoires par la police, la phase de prétendue justice et la prison.

 

La police

 

Le 20 mars 1968, dès le début de la vague de répression, mon ami Ahmed Smaoui m'avertit par téléphone que je ne dois pas quitter la maison, car la police parallèle (milice créée par le parti destourien) est en train de sévir dans la ville et je figure en bonne place sur la liste des militants à arrêter. Le lendemain, c'est lui qui se fait arrêter et torturer d'une manière atroce par cette police. Ces tortures lui laisseront des traces et des séquelles. dont certaines se révéleront trente ans après. Le médecin qui l'a opéré des yeux au milieu des années 1990 a été étonné de la forme de cataracte qu'il avait et qu'on ne trouve habituellement que chez les anciens boxeurs. Le médecin ne s'est Pas trompé : simplement, la partie de boxe qu'Ahmed a subie était unilatérale. Il a reçu des coups innombrables, sans pouvoir en donner aucun. L'informateur d'Ahmed connaissait l'ordre me concernant, mais il ignorait qu'Ahmed était aussi sur la liste.

 

Parmi les forfaits commis à cette époque et qui figurent en bonne place au tableau d'infamie de cette police, outre la torture infligée à Ahmed Smaoui, citons l'enlèvement du militant communiste Habib Attia, un des premiers universitaires tunisiens, lâchement torturé avant d'être libéré, et l'enlèvement du

  

 

Page 104

 

 Chirurgien de grande renommée Zouheir Essafi, parce qu’il était connu pour ses positions libérales publiques. Il avait en outre fait partie du comité Vietnam déjà évoqué, en tant que vice-président. Dés son enlèvement, il a été cagoulé, puis jeté dans une cave où il est resté plusieurs heures avant d’être libéré. C’était un avertissement éloquent adressé à tous les intellectuels tunisiens

 

 

 

 

Aux responsables et aux militants du RCD, les questions demeurent posées :

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Le RCD assume-t-il –politiquement- l’héritage du PSD avec ces méthodes politiques détestables. S’ils ne les assument et cautionnent pas, pourquoi alors ils ne les dénoncent pas ?

 

 

 

 

Cet homme s’appelle Mohamed Sayah

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Cet homme s’appelle Mohamed Sayah. C’est un ancien Ministre sous Bourguiba et il était le responsable des milices du parti au pouvoir (le PSD rebaptisé RCD) qui terrorisaient les Tunisiens et les Tunisiennes.

 

Quand cet homme était  au pouvoir, on ne l'a jamais entendu  militer pour les libertés et la démocratie. Tout ce qu’il a su faire durant ces années de Ministre, c’est de « discourir sur les acquis et les qualités de Habib Bourguiba » et cautionner les méthodes d’un autre âge du parti au pouvoir : Les milices, le bourrage des urnes durant les élections, la délation.

 

 

 

 

 

 

Lire aussi:

 

Mohamed Charfi ministre de M. Ben Ali a été torturé sous Habib Bourguiba

 

Mohamed Charfi - qui a occupé le rang de ministre de l’éducation durant 5 ans entre 1989 et 1994

 

 

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Feu Mohamed Charfi

11 mai 2009

Les milices du PSD. Parti au Pouvoir qui terrorisaient les Tunisiens

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L'image “http://samibenabdallah.rsfblog.org/images/tahar-belkhodja-blekhoja-1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Témoignages politiques de Tahar Belkhodja
( publications de la fondation Temimi pour la recherche scientifique et l'information,
Zaghouan,  - série 11: Témoignages oraux n° 2, arabe et français).

PSD : Parti Socialiste destourien

RCD : Rassemblent Constitutionnel démocratique 

PSD Rebaptisé RCD  à partir de  1988

 

 

 

 

Un Ex Ministre de l’Intérieur tunisien

dévoile les pratiques des milices du parti au pouvoir

qui terrorisaient les Tunisiens

 

 

 

 

 

[ Page 30. Témoignage politique de Tahar Belkhoja. Ouvrage édité par l’Institut Tmimi]

 

 

Tahar Belkhodja;

 

 

Ce qu'on appelait milice, n'était pas la milice fasciste traditionnelle. Ce sont des militants ou des mercenaires exaltés dont les bras musclés ont été utilisés à plusieurs reprises y compris à l'université. Comme nous l'avons signalé, ils ont été utilisés en 1937 contre Thaalbi.

Après la crise Youssefiste, le parti devait nommer des responsables régionaux militants ayant un niveau intellectuel respectable. Malheureusement, la confusion entre Etat et parti

 

 

[ Page 31. Témoignage politique de Tahar Belkhoja. Ouvrage édité par l’Institut Tmimi]

 

persistait. Celui-ci devait être un outil permettant à l'Etat de mettre en pratique sa politique. Mais certains communistes faisaient de telle sorte que le parti ait la primauté sur l'Etat. La déviation du parti a eu lieu en 1964 au congrès de Bizerte, où sa structure fut calquée sur celle des partis communistes, autour desquels les organisations nationales devaient graviter. On créa les cellules professionnelles dans les institutions économiques qui furent à l'origine de tant de problèmes. Je ne pourrais pas affirmer que le ministère de l'Intérieur n'était pas au courant de ce qui se passait au sein du parti, mais il n'y avait aucune coordination entre le parti et le ministère, ni au niveau politique ni au niveau sécuritaire. Cependant, il y a eu répression et exactions, le professeur Habib Attia et le Docteur Zouheir Essafi ont été kidnappés par la milice du parti, torturés puis jetés devant le commissariat central de la police de la capitale.

 

 

 

 

Ces aveux  tardifs  suscitent ces questions qui demeurent posées :

 

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Le RCD  assume-t-il –politiquement- l’héritage du PSD avec ces méthodes politiques détestables. Sinon, pourquoi les responsables du RCD ne dénoncent pas ces méthodes ?

 

 

07 mai 2009

Le RCD assume-t-il –politiquement- l’héritage du PSD

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Tunisie :

Un Ex Ministre de l’intérieur explique comment fonctionne le Parti au pouvoir

 

 

Le PSD (Parti Socialiste destourien) Parti au pouvoir en Tunisie depuis 1956 rebaptisé RCD (Rassemblement Constitutionnel démocratique) depuis 1988.

 

Les Tunisiens et les Tunisiennes ne méconnaissaient pas les pratiques d’un autre âge du PSD (parti au pouvoir en Tunisie de 1956 à 1988). Béji Caid Essebssi (Ex Ministre de l’intérieur) vient d’expliquait dans un ouvrage récent les méthodes des milices du parti au pouvoir.

 

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Béji caid Essebsi

 

Selon l’Ex Ministre de l’intérieur, ses milices (qui comment chacun sait étaient dirigées par le tristement célèbre Mohamed Sayah) terrorisaient les tunisiens et les tunisiennes.

 

Les aveux de l’Ex Ministre de l’Intérieur :

 

 

L'image “http://samibenabdallah.rsfblog.org/images/Habib-bourguiba-le-bon-grain-et-l%5C%27ivarie-1.JPG” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.[ page 132. Habib Bourguiba : le bon grain et l’ivraie. Béji Caid Essebsi]

 

Le 12 mars 1968, alors que je me trouvais auprès de Bahi Ladgham avec Mahmoud Messadi et Mohamed Sayah pour une réunion de travail préalable de la Conférence périodique des gouverneurs, j’apprends par mon Chef de Cabinet que le Professeur Habib Attia venait d’être enlevé en pleine ville par des individus qui l’ont embarqué dans une voiture banalisée. J’appelle aussitôt Tahar Belkhoja pour m’assurer que nos services étaient bien étrangers à cette opération ; il me le confirme et m’apprend que le professeur Zuhayr Essafi venait également

 

 

L'image “http://samibenabdallah.rsfblog.org/images/Habib-bourguiba-le-bon-grain-et-l%5C%27ivarie-1.JPG” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.[ page 133. Habib Bourguiba : le bon grain et l’ivraie. Béji Caid Essebsi]

 

 

d'être enlevé ; il me suggère "d'explorer du côté de la rue de Rome", allusion au siège du Parti. Le professeur Essafi, qui préside par ailleurs un Comité tunisien de solidarité pour le Vietnam, s'était distingué deux mois auparavant, à l'occasion de la visite officielle en Tunisie du Vice Président américain Hubert Humphrey, par la diffusion d'une pétition signée par 162 enseignants et intellectuels en faveur de la paix au Vietnam, exigeant notamment l'arrêt immédiat et inconditionnel des bombardements américains et la reconnaissance du LN L comme le représentant légitime du Vietnam du Sud. Cette initiative, qui n'avait pas particulièrement heurté la délégation américaine, avait irrité le Président Bourguiba dont l'engagement aux côtés des Etats Unis, dans leur guerre au Vietnam, était entier.

Je savais que le Parti, dans certaines circonstances, menait à son compte des activités d'intimidation limitées au monde étudiant où une gauche particulièrement active s'opposait durement à la jeunesse destourienne. De telles manœuvres passent pour des violences partisanes ou des règlements de comptes entre groupes de jeunes. Je prends à part Mohamed Sayah, Directeur du Parti, pour lui dire que je venais d'apprendre l'enlèvement des Professeurs Zuhayr Essafi et Habib Attia dans des conditions confuses. Il le savait en effet. « J'exige qu'ils rentrent chez eux aujourd'hui, lui dis-je, sinon je me charge d'aller les libérer moi-même ». Le soir même, les deux professeurs étaient rendus à la liberté.

 

 

 

 

 

 

Ces aveux  tardifs  suscitent ces questions qui demeurent posées :

 

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Le RCD  assume-t-il –politiquement- l’héritage du PSD avec ces méthodes politiques détestables. Sinon, pourquoi les responsables du RCD ne dénoncent pas ces méthodes ?

 

 

Cet homme s’appelle Mohamed Sayah

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Cet homme s’appelle Mohamed Sayah. C’est un ancien Ministre sous Bourguiba et il était le responsable des milices du parti au pouvoir (le PSD rebaptisé RCD) qui terrorisaient les Tunisiens et les Tunisiennes.

Quand il était au pouvoir, on n’a jamais entendu cet homme militer pour les libertés et la démocratie. Tout ce qu’il a su faire durant ces années de Ministre, c’est de « discourir sur les acquis et les qualités de Habib Bourguiba » et cautionner les méthodes d’un autre âge du parti au pouvoir : Les milices, le bourrage des urnes durant les élections, la délation.

 

 

Lire aussi:

 

Tunisie torture :

L’ex chef de la police politique dirigeait les tortures en personne

 

 

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 Cliquez ICI pour lire la suite

25 avril 2009

La Tunisie sous Bourguiba: "La torture se faisait au bureau du Ministre de l'intérieur et en présence du Ministre"

Tous les ouvrages cités sont en vente libre en Tunisie . Il suffit de les acheter et de les lire.

 Pour la première fois en Tunisie, un ancien prisonnier politique accuse nommément un ancien ministre de l'intérieur d'avoir assisté à la torture d'un opposant. 


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Gilbert Naccache avait décrit dans "Cristal récit de prison" les éditions Salambo (juin 1982, réédite en 2002, en vente en Tunisie)  les tristement célèbre geôles du ministère de l'intérieur tunisien (lire Cristal à partir de la page 296).

 

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Gilbert Naccache

Dans son nouvel ouvrage  "Qu'as-tu fait de ta jeunesse ? Itinéraire d'un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979)".  Les Éditions le Cerf (en vente en Tunisie) Gilbert Naccache revient sur la pratique de la torture. Selon lui, la torture se faisait aussi au bureau même du ministre de l'intérieur et en sa présence.

 

 

 

A la page 167 de son nouvel ouvrage  on lit:
1027058782.jpg"TaHar_Belkoja_blog_de_sami_ben_abdallah.JPGLa police,autorisée,pour ne pas dire encouragée par le ministre [ Tahar Belkhodja] torture de plus belle ( Belkhoja ne peut arguer de son ignorance: plusieurs militants, dont Mohamed Salah Fliss en 1975, ont été battus en sa présence et dans son bureau, et surtout, dans une interview de 2001 à la télévision al jazira, il a reconnu l'existence de torture pendant tout le régime bourguiba, et a invoqué, pour sa défense, le fait que personne n'était mort sous la torture quand il était ministre). en ce qui concerne, évidemment, les délinquants de droit commun, mais aussi les contestataires ( le témoignage qu'ahmed ben othman, torturé en décembre 1973, réussit à faire publier en 1977 dans Les Temps Modernes montre la sauvagerie accrue de ces pratiques) tout comme les gardiens de la prison soupçonnés d'avoir aidé Ben Salah dans sa fuite. J'ai parlé du rôle de Tahar Belkhoja dans la suppression de notre grâce et l'organisation active de toutes les répressions contre les jeunes de la gauche marxisante (il y avait au moins deux procès par an, souvent davantage). Sa première période au ministère de l'intérieur se caractérise donc par l'aspect répressif" (fin de l'extrait)
 
 
Gilbert Naccache relance ainsi les doutes  sur la crédibilité des mémoires et des témoignages des anciens ministres bourguibistes sur le régime de Habib Bourguiba. De Tahar Belkhoja (ancien ministre de l'intérieur) à Mohamed Sayah (l'homme des milices du parti au pouvoir qui terrorisaient les Tunisiens) à Driss Guiga (ancien ministre de l'intérieur) à Beji Caid Essebssi (ancien Ministre) et bien d'autres... Tous se présentent aujourd'hui comme des authentiques démocrates qui ont voulu réformer  le système de l'intérieur.
Cependant, les témoignages de plus en plus abondants sur le régime Habib Bourguiba attestent que personne ne pouvait ignorer la pratique de la torture.

Les accusations précises de Gilbert Naccache dont personne ne peut mettre en doute la crédibilité et l'honnêteté mettent ainsi fin aux témoignages contradictoires de l'ancien Ministre de l'intérieur Tahar Belkoja.
 
Un récapitulatif des déclarations contradictoires de M. Belkhoja:
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En 1998,
Ouvrage: " Les trois décennies Bourguiba", paru en  1998
Tahar Belkhoja n'évoque pas la torture se contentant en deux phrases de rappeler qu'elle est le fait d'anciens responsables au Ministère de l'intérieur qui ont collaboré avec les français avant d'intégrer l'administration tunisienne après l'indépendance.
 
En 2002:
 
 Ouvrage : "Témoignages politiques de Tahar Belkhodja ( publications de la fondation Temimi pour la recherche scientifique et l'information, Zaghouan, mars 2002 - série 11: Témoignages oraux n° 2, arabe et français).

Ouvrage  en vente libre en Tunisie. Il suffit de l'acheter et de le lire (15 D T) :

Cliquez sur la photo pour agrandir

 

A la page 31, Tahar Belkhoja témoigne:
 
"Quant à la torture ou la violence, quelques jeunes ont été maltraités par les services de la sécurité. j'en assume la responsabilité politique et morale en tant que ministre de l'intérieur. mais les cadres de la sûreté étaient jusqu'en 1967 d'anciens policiers qui ont commencé leur carrière à l'époque coloniale; je vous ai déjà indiqué leur comportement à l'égard des youssefistes. ils ont eu recours aux mêmes méthodes utilisées à l'époque coloniale. mais je peux affirmer qu'aucun étudiant détenu n'est mort ou n'a été mutilé sous la torture; moi j'ai fait mes débuts à l'uget, il m'est inconcevable de l'accepter".(fin de l'extrait)
 
 
 
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 En 2004,

 

Ouvrage: "Habib Bourguiba, la trace et l'héritage (Ouvrage Collectif paru en 2004) sous la direction de Vincent Geisser et Michel camau, on retrouve un entretien avec Tahar Belkhoja ( pp 563- 576)

Les questions de Vincet Geisser et Michel Camau sont précises à Tahar Belkohja mais ce dernier évite de répondre sur l'essentiel en renvoyant la responsabilité de la répression aux responsables du parti au pouvoir (le PSD  l'ancêtre du RCD).

Ainsi à la page 569, il déclare:

" La politique répressive était conduite essentiellement par les membres exaltés du PSD".

 

 

En 2008

 

Dans une interview avec Tahar Ben Hessine au Canal du Dialogue (disponible sur ce lien: http://www.arcoiris.tv/modules.php?name=Search&testo=...

avancez à la minute 24)

 Tahar Belkhodja nie la pratique de la torture et déclare qu'il ne savait pas que la torture se pratiquait aux geôles du ministère de l'intérieur tunisien.  

 

 

 

Or, en  1975, il niait déjà la torture :

Extrait de l'article du Monde Diplomatique, la Tunisie en 1975 (article peu connu par les Tunisiens) qui évoque M. Tahar Belkhoja
 
 1954155312.JPGInterrogé sur les conditions de détention des « politiques » (« Mais il n’y a pas de détenus politiques ! »), et les tortures qu’ils ont subies, Tahar Belkhodja, le ministre de l’intérieur, ne refuse pas de répondre : il nie. En bloc et systématiquement. Avec l’assurance de l’homme fort – n’est-il pas l’un des protégés de la présidente ? – et arrivé. Vêtu d’un costume bleu ciel orné d’une pochette blanche, portant beau, une cravate bariolée à grosses fleurs, le visage carré, l’œil rapide, il paraît à l’aise dans son rôle.

 Des « campagnes mensongères »

Les quelques mois qu’il a passés en prison à l’époque où, directeur de la Sûreté, il « fichait » tous les ministres, lui ont peut-être laissé des traces, mais pas de souvenirs : s’étonnant qu’un journal « sérieux » prête attention à des « ragots », le ministre ne voit dans nos questions que l’« écho de campagnes mensongères ». Lui rappelons-nous qu’une organisation aussi pondérée qu’Amnesty International a porté la Tunisie – comme le Chili – sur la liste des gouvernements tortionnaires, Tahar Belkhodja repousse d’un geste méprisant cette accusation : « Amnesty International ? On sait ce que c’est. Des individus qu’on recrute, ici et là, sur on ne sait quels critères, et qui écrivent n’importe quoi. »

C’est aussi, d’après le ministre, ce que font les avocats – « ces étrangers, qui débarquent en pleine audience sans s’annoncer, portent atteinte à notre indépendance et s’étonnent d’être expulsés » – et les médecins. L’un d’eux, pourtant, a examiné M. Cantal-Dupart, expert de l’UNESCO, torturé dans les locaux de la D.S.T., puis dans des villas spécialisées, Mabrouk-I et Mabrouk-II, à quelques kilomètres de la capitale. Mme Maria Heichert porte encore, elle aussi, des traces de sévices : « Allons donc! s’exclame le ministre. Une fois à l’étranger, ces gens-là racontent ce qu’ils veulent ; ils jouent aux martyrs. »

Tahar Belkhodja, néanmoins, ne nie pas explicitement l’existence des tortures : « Nous n’en avons pas besoin, répond-il. Ceux que nous arrêtons sont généralement d’un haut niveau intellectuel ; nos inspecteurs sont licenciés en droit. Nous avons, dans ce bureau même, de longs débats d’idées. » Est-ce au cours d’une « discussion », dans ce bureau décoré de glaïeuls rouges et d’une tapisserie en soie, que notre ami Khaled s’est, par mégarde, brûlé les pieds à l’acide sulfurique, au point que, trois ans plus tard, il souffre encore en marchant ? « Oubliez ces histoires, nous dit le ministre. Quand on parle de l’intérieur, on pense toujours à la police. Mais la police, c’est presque notre dernier souci ! Le ministère s’occupe des gouvernorats, des délégations, des mairies – bref, de toute l’administration du pays. »

 

Avec son nouvel ouvrage, Gilbert Naccache vient de mettre fin à ces contradictions.

16 mars 2009

La lourde responsabilité historique du PSD-Parti Socialiste Destourien dans la répression des Tunisiens

 

"Depuis 1955, et au moment du conflit Bourguiba-Ben Youssef, ont été mis en place des « comités de vigilance » qui seront légalisés quelques mois après leur constitution de fait par un arrêté du Ministre de l’Intérieur(…). « Un embryon de police politique prend forme avec l’organisation de comités de vigilance destouriens, légalisés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur » (J.Bessis). « Ces comités ne sont rien d’autre qu’une milice politique, une milice néodestourienne », commente L’Avenir de la Tunisie (du 4 au 10 mai 1956). La constitution de tels comités a pour objectif de «rétablir l’ordre et de rechercher les auteurs des crimes et délits ». Fait bizarre quand on sait que la police, à laquelle incombe traditionnellement cette fonction, est et ne relève que de la seule autorité du gouvernement tunisien. D’où le commentaire du même hebdomadaire : « En réalité, le but poursuivi est évident. Ces comités se sont donné comme tâche de rechercher, intimider, pourchasser et même arrêter tout homme dont l’action peut être considérée comme gênante par le parti au pouvoir ».

Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, existaient également dans tout le pays et étaient animés également par Amor Chéchia dont le centre était situé à Sidi Ben Aïssa, à Béni Khalled, et aussi par Zarg-el-ayoun, Hassen Ben Abdelaziz, Hassen el Ouertani …Ces comités disposaient de voitures sur lesquelles était inscrit le nom de tel caïd. Ils opéraient en plein jour, devant tout le monde. Dans ces centres, on torturait et des yousséfistes ont disparu. Ceux qui ont quitté ce lieu, indemnes, sont peu nombreux.Noura Borsali,20-04-2006- REALITES

Les deux premières manifestations de la Tunisie indépendante



La première manifestation a eu lieu, le 17 janvier 1961, à Kairouan, contre la mutation à El Hama, pour « motif de discipline », de Cheikh Abderrahmane Khlif, imam et membre de l’enseignement traditionnel religieux. Cheikh Khlif faisait ce qu’on appelle el emla (c’est-à-dire apprenait à, d’autres auditeurs, la récitation du coran) à la mosquée Okba ibn Nafaa. Il a fustigé, dans ses prêches, la politique religieuse du gouvernement et notamment la position de Bourguiba sur le jeûne, formulée particulièrement dans son discours de février 1960. Une autre raison a été également à l’origine de cette manifestation : il s’agit du tournage d’un film dans une mosquée, ce qui a été considéré comme une « profanation » par « une population attachée à ses rites traditionnels, longtemps immuables », note Tribune du progrès (no3, février 1961). Cette manifestation avait pour causes la réforme de l’enseignement et la marginalisation de l’enseignement religieux. Les manifestants scandaient des slogans comme « Allah Akbar, il ne partira pas ! ».

La protestation «s’amplifia et tourna au tragique. Des actes de violence furent commis, la maison du gouverneur saccagé et une voiture incendiée. Des coups de feu furent tirés et laissèrent cinq morts dont un garde national », écrit-on encore dans l’éditorial du mensuel Ttibune du progrès qui, tout en déplorant que la manifestation ait « cédé à la violence », souligne qu’ « il reste que des coups de feu ont été tirés et qu’une manifestation, quel qu’en soient les motifs, qu’on les approuve ou non, s’est soldée par tant de morts et de blessés . Ce fait est plus que regrettable. Il est inadmissible dans la Tunisie indépendante ».

Le pouvoir a considéré cette manifestation comme étant dirigée contre son autorité. Il y eut donc cinq morts et des blessés aussi bien parmi la foule que parmi les forces de police. Cheikh Khlif ainsi que 137 co-inculpés ont été condamnés de lourdes peines de prison avant d’être libérés quelque temps après. Bourguiba, dans son discours du 8 février 1961, a dit à propos du Cheikh Khlif : « Celui qu’on veut retenir est Abderrahmane Khlif ? Mais le nom de cet instituteur est lié à une formule religieuse. En clair, cela veut dire que la foule prend fait et cause pour la religion et pour A.K. et que si A.K. quitte Kairouan, son départ marque la fin de la religion musulmane dans cette ville (…). ».


Selon Tribune du progrès , « ce n’est pas la première fois que l’on cède, à Kairouan, à la tentation de la violence. On se rappelle qu’il y a plus de quatre mois, des paysans de la région se virent répondre par des coups de feu et laissèrent deux morts sur le terrain : ils s’opposaient à la remise à un nouveau propriétaire d’une terre leur appartenant et dont les avait spoliés le colonialisme ». Et le mensuel de conclure : « Il faudrait faire revivre et élargir la démocratie, associer la population à la gestion démocratique de ses affaires, revoir la concentration des pouvoirs entre les mains des gouverneurs, faire en sorte que les organisations nationales ne soient pas dirigées d’en haut (…). Avec cette exigence préalable : donner des instructions formelles pour interdire à quiconque de faire tirer sur la population et extirper ainsi la tentation de résoudre les problèmes par la violence et la répression ».

La deuxième manifestation (la première à Tunis) a eu lieu dans la capitale le 21 février 1961, Journée Internationale de Solidarité avec la lutte anticolonialiste, qui commémore l’assassinat dès l’année 1946, sous les balles des colonialistes, d’étudiants égyptiens, indiens et autres. Chaque année, cette date est célébrée par les étudiants de tous les pays. Ce 21 février 1961, l’UGET, en collaboration avec l’UGEMA (Union Générale des Etudiants Musulmans d’Algérie) avait décidé de commémorer cette journée anticolonialiste en organisant un grand meeting à la Bourse du travail, à Tunis. Mais, cette célébration ne s’est pas passée dans le calme. Des étudiants ont demandé au Bureau exécutif de l’UGET d’organiser une manifestation devant l’ambassade belge en guise de protestation contre l’assassinat du Congolais Patrice Lumumba qui eut lieu une semaine auparavant, le 13 février et contre lequel s’est élevée l’UGET en envoyant un télégramme de protestation à Hammarksjoeld. Le Bureau n’a pas pu obtenir d’autorisation et, de ce fait, la manifestation, qui se voulait pacifique, fut interdite par les autorités.

Le BE de l’UGET, présidé par Mohamed Sayah a, par ailleurs, décidé que le meeting soit également ouvert à la jeunesse destourienne (à la tête de laquelle figurait Hassib Ben Ammar) et au Comité de Liaison des Etudiants Destouriens et consacrée pas seulement à Lumumba mais aussi et surtout à la question algérienne. « Ce qui fut accepté », note la déclaration de la C.A. Cette réunion devenue une manifestation destourienne s’est donc déroulée à la Bourse de travail.. Mais l’interdiction de la manifestation anticolonialiste a suscité le désarroi des étudiants. Et des incidents ont éclaté dans et devant la salle investie par des éléments non étudiants, entre des étudiants de la Faculté des sciences ayant rejoint en retard le meeting et la jeunesse destourienne chargée d’assurer l’ordre.

Cette dernière, aidée par des civils, « n’a pas hésité à molester quelques étudiants et à se livrer à des actes de violence » (Déclaration). La police arrêta non pas les agresseurs mais trois étudiants dont un membre du BE qui furent relâchés par la suite. Les étudiants mécontents, empêchés de manifester et dispersés dans la rue par la police, ont rejoint le local de l’UGET pour s’y réunir. La Commission Administrative de la Centrale estudiantine, réunie en session extraordinaire les 4, 5, 6 et 7 mars, a condamné, dans une motion, l’utilisation de la force par la police civile. Cet incident a suscité une polémique autour de la démocratie demeurée « formelle et décorative ». Tandis que Tribune du Progrès (no 4, mars 1961), a estimé que « certains responsables doivent réviser leur conception de l’intérêt général de la Nation qui n’exclut pas l’autonomie des organisations nationales », Hassib Ben Ammar, à la tête de la Jeunesse Destourienne, a considéré que « Les jeunes de Tunisie sauront demeurer unis parce qu’ils ont une conscience claire de l’importance de leur mission ». Et Charles Debbasch de commenter : « L’impératif d’unité est ainsi réaffirmé au détriment des opposants ».

Les Comités de vigilance


Depuis 1955, et au moment du conflit Bourguiba-Ben Youssef, ont été mis en place des « comités de vigilance » qui seront légalisés quelques mois après leur constitution de fait par un arrêté du Ministre de l’Intérieur qui annonce que « des comités de vigilance peuvent être constitués dans les villes du Royaume » (Décret du 31 mars, publié dans le J.O.T du 27 avril 1956) et qui prend effet à partir du 1er février. « Un embryon de police politique prend forme avec l’organisation de comités de vigilance destouriens, légalisés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur » (J.Bessis). « Ces comités ne sont rien d’autre qu’une milice politique, une milice néodestourienne », commente L’Avenir de la Tunisie (du 4 au 10 mai 1956). La constitution de tels comités a pour objectif de « rétablir l’ordre et de rechercher les auteurs des crimes et délits ». Fait bizarre quand on sait que la police, à laquelle incombe traditionnellement cette fonction, est tunisifiée (décret beylical du 31 mars portant nomination de dix commissaires de police tunisiens et négociations (Mongi Slim) à Paris, le 4 avril, sur la
sécurité publique en Tunisie) et ne relève que de la seule autorité du gouvernement tunisien. D’où le commentaire du même hebdomadaire : « En réalité, le but poursuivi est évident. Ces comités se sont donné comme tâche de rechercher, intimider, pourchasser et même arrêter tout homme dont l’action peut être considérée comme gênante par le parti au pouvoir ». Pour preuves : l’agression de Belhassen Khiari à Moularès ainsi que l’arrestation de Ali Tlili et d’autres militants syndicalistes. Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, comprenaient en leur sein des fellaghas comme Lazhar Chraïti, Sassi Lassoued ou Sassi Bouyahyia etc…qui ont, en quelque sorte, retourné leurs armes contre les leurs ralliés au camp yousséfiste.


Cheikh Hassen el Ayadi, qui était caïd, est associé au sinistre

sabat edhlem dans la médina de Tunis où l’on a réprimé les yousséfistes et qui représentait comme une sorte de tribunal où l’on intimidait, torturait et condamnait les partisans de Ben Youssef après la rupture de septembre 1955. Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, existaient également dans tout le pays et étaient animés également par Amor Chéchia dont le centre était situé à Sidi Ben Aïssa, à Béni Khalled, et aussi par Zarg-el-ayoun, Hassen Ben Abdelaziz, Hassen el Ouertani …Ces comités disposaient de voitures sur lesquelles était inscrit le nom de tel caïd. Ils opéraient en plein jour, devant tout le monde. Dans ces centres, on torturait et des yousséfistes ont disparu. Ceux qui ont quitté ce lieu, indemnes, sont peu nombreux.

 


Hassen el Ayadi a évoqué sabat edhlem et aussi le centre de Sidi Ben Aïssa dans ses Mémoires qui n’ont pas été édités. Toujours, selon notre historien, Mohamed Dhifallah, l’ancien fellagha avait une relation étroite avec Saïda Sassi qui l’a aidé à regagner le Djebel en 1952-53. Il sera jugé, en mai 1963, dans la foulée des procès qui ont suivi le complot (et qu’on a appelés : mouhakemet dhouyoul al mou’amara ), condamné à mort et exécuté. Le quotidien Es-sabah a rendu compte de tous ces procès. « La création d’une milice politique, l’institution d’une juridiction d’exception pour les délits politiques, démontre une dangereuse tendance à l’étouffement démocratique », note le journal du PCT. Une campagne contre ces comités est  organisée par les formations politiques autres que le Néo-Destour comme le PCT, les Archéo-Destouriens et la presse proche de Ben Youssef. En juillet 1956, le gouvernement décide la dissolution des « comités de vigilance », « inadmissibles après le transfert de la police sous l’autorité du gouvernement tunisien ». Rappelons que ces comités se sont attaqués aux partisans de Ben Youssef qui, rentré au pays le 13 septembre 1955, le quittera clandestinement le 26 janvier 1956. « Pour réduire ses partisans, particulièrement actifs dans le Sud, les Tunisiens demandèrent et obtinrent le concours de l’armée française. Ces opérations se déroulèrent dans le courant du mois de mars (1956) au moment où l’histoire politique tunisienne connaissait de nouvelles évolutions ”, écrit J-F Martin dans « La Tunisie de Ferry à Bourguiba » (L’Harmattan, 1993).

Institution de la Haute Cour

En remplacement de la Cour criminelle spéciale créée le 28 janvier 1956, le gouvernement a institué, le 19 avril 1956, une Haute Cour de justice (HCJ), dite communément el mahkama echaibia (« tribunal populaire ») dont l’objectif est de « réprimer les crimes odieux ». Il s’agit d’une juridiction d’exception comprenant sept membres : un président désigné par décret par le Conseil des ministres et six jurés nommés par décret par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). « Cette Haute Cour, émanation donc du gouvernement et de l’Assemblée, n’est pas, écrit-on, compatible avec le programme électoral du Front National qui s’est prononcé pour « le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ». Sa compétence est en fait illimitée. Elle englobe les délits de presse, tels que « l’offense directe ou indirecte aux ministres ou la publication de « nouvelles fausses ». Elle s’étend à « tous actes portant atteinte aux intérêts supérieurs de la patrie ». « Cette formule générale signifie qu’une grève gratifiée pour les besoins de la cause «  d’entrave à la liberté du travail » pourra éventuellement relever de cette juridiction d’exception, si celle-ci considère qu’il y a « atteinte aux intérêts supérieurs de la patrie ». Ses arrêts sont immédiatement exécutoires. Ils ne peuvent être attaqués ni par voie d’appel, ni par pourvoi en cassation. Les condamnés à mort ne peuvent pas être graciés par S.A. le Bey.


Le décret instituant cette juridiction n’a été soumis ni à la discussion, ni à l’approbation de l’Assemblée Nationale Constituante. « Au cours de la séance du 24 avril 1956, s’est exprimée une tendance à élargir les pouvoirs de l’Assemblée, cependant celle-ci a accepté, sans le moindre murmure, un décret qui la met devant le fait accompli. Oubliant leur programme électoral, les membres de l’Assemblée se sont prêtés à la désignation des jurés, procureurs et instructeurs de la Haute Cour, sans provoquer le moindre débat sur l’opportunité d’une telle juridiction (…) qui représente en revanche un grave péril pour les libertés les plus élémentaires et pour l’union de la nation » ( L’Avenir de la Tunisie du 27 avril au 3 mai 1956). Un an plus tard, le 24 mai 1957, dans un premier procès, Salah Ben Youssef en exil fut condamné à mort par contumace, à Tunis, avec d’autres de ses partisans condamnés à des peines d’emprisonnement.

Le 3 octobre 1959, un nouveau procès est intenté à 123 Yousséfistes sur 128 qui furent reconnus coupables par la Haute Cour de justice de « complot visant à assassiner le Président de la République » : sept condamnés à mort et huit exécutés. Taïeb Zalleg, originaire du Nord-Ouest (Jendouba) est l’un des exécutés. La HCJ, écrit Debbasch, “ était destinée donc à réprimer les activités yousséfistes. Pour décourager toute nouvelle opposition de ce type et donner aux sanctions contre les chefs yousséfistes toute leur portée, une très grande publicité était donnée aux débats et aux condamnations ” retransmises à la radio et avec un haut-parleur à l’extérieur du tribunal. Salah Ben Youssef sera abattu d’une balle, le 14 août 1961, par deux hommes, dans une chambre d’hôtel à Francfort.

Bourguiba, dans une de ses conférences devant les étudiants de l’Institut national de presse et de sciences de l’information, le 15 décembre 1973 (reproduite dans L’Action du 19 décembre), relatera l’assassinat en évoquant les exécutants : deux Sahéliens en contact avec Zarg-el-Ayoun, homme de confiance de Bourguiba et député à l’Assemblée nationale.Bourguiba finira par cette phrase :

« J’ai demandé récemment à Hassen

 Ben Abdelaziz de me présenter ces

 deux volontaires pour les décorer en

 récompense de leur geste qui a

 débarrassé la Tunisie de cette vipère ».

 

 

 

Article publié à Réalités, Hebdomadaire tunisien, le 20-4-2006
Noura Borsali
20-04-2006- REALITES

11 mars 2009

L’article qui a provoqué la colère de l’ancien Ministre de l’Intérieur:"

 

L’article qui a provoqué la colère de Tahar Belkhodja l’ancien Ministre de l’Intérieur:"La Tunisie en 1975: Article du monde Diplomatique"

REGRESSION ECONOMIQUE, REPRESSION POLITIQUE : LE MYTHE DU LIBERALISME N’A PAS

TENU SES PROMESSES ET LE PAYS S’ENFONCE DANS LA DEPENDANCE...

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09 janvier 2009

L’article qui a provoqué la colère de Tahar Belkhodja l’ancien Ministre de l’Intérieur

                 

1992491819.JPG Comment la France s’est débarrassée de la Torture ? Cliquez ICI                     

Général-Jacques-Pâris -de-Bollardière, Cet homme a sauvé l’honneur de la France. Cliquez ICI

 

 

 

 

  

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 La Tunisie, vingt ans après. Le Monde Diplomatique 1975. Tahar Belkhoja

1608438829.JPGIl s’agit de l’article au  Monde Diplomatique  en Décembre 1975 intitulé : « La Tunisie, vingt ans après » :  Régression économique, répression politique : le mythe du libéralisme n’a pas tenu ses promesses et le pays s’enfonce dans la dépendance...

J’encourage tous ceux qui possèdent des documents rares sur la Tunisie à les mettre en ligne afin que les jeunes générations de Tunisiens et de Tunisiennes découvrent l’Histoire de notre pays. .

Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’article du Monde Diplomatique sous format PDF.   

 

 

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