01 septembre 2009

Les principaux procès politiques en Tunisie 1967-1977

 

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webmaster_fleches008d.gif       Procès politiques en Tunisie 1967-1977 (1).PDF

20 décembre 2008

Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre(5)

   Samedi 21 Décembre 2008

 

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Lettre ouverte à Habib Bourguiba ( partie 1).Cliquez ICI

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Lettre ouverte à Habib Bourguiba (partie 5). Lire la suite

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18 décembre 2008

Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier Ministre (3)

 Jeudi  18 Décembre 2008 

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fraude_electorale_tunisie.2.jpg Autopsie de la fraude électorale en Tunisie. Les Elections de 1981.Cliquez ICI Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef.Cliquez ICI La maladie de Bourguiba, Un secret d'Etat, la vérité interdite.Cliquez ICI

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Lettre ouverte à Habib Bourguiba ( partie 1): de la page 9 à 20.Cliquez ICI

Lettre ouverte à Habib Bourguiba (partie 2): de la page 21 à 31. Cliquez ICI

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13 décembre 2008

Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier Ministre (2)

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Lettre ouverte à Habib Bourguiba ( partie 1): de la page 9 à 20.Cliquez ICI

Lettre ouverte à Habib Bourguiba (partie 2): de la page 21 à 31

 

[page 21. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

inaugural, une amnistie générale. Je n'y ai pas réussi sans peine. Vous ne cessiez de me répéter que vous ne conceviez pas que BEN SALAH(9) MASMOUDI (10) et ACHOUR(11) pussent profiter de votre clémence.

 

Vous ne pardonniez pas :

 

A  BEN SALAH d'avoir déjà osé préparer sa « marche sur Carthage », selon votre expression; vous faisiez, pourtant, mine de vous gausser de la chose et tentiez de vous conforter en ressassant, à l'envi, un mot qu'un ancien ministre proche parent de BEN SALAH lui aurait dit : « la côtequi mène au Palais de Carthage est trop abrupte pour toi : Tu n'as pas suffisamment de souffle pour la gravir ». A la réflexion je doute fort qu'un

 

 

(9). Ahmed BEN SALAH, ancien ministre du Plan et des Finances, de l'Agriculture et de l'Education nationale dans les années 1960. Désavoué en septembre 1969 par BOURGUIBA, après avoir été imposé à tous par lui durant de longues années, il fut arrêté en mars 1970 et condamné à 10 ans de réclusion. Il s'évada de la prison civile le 4 février. 1973. Il vit aujourd'hui en exil.

(10). Mohamed MASMOUDI, ancien Ministre des Affaires Etrarigères, chassé du gouvernement le 14 janvier 1974 et du Bureau politique du P.S.D. le 11 février 1974, aussitôt que BOURGUIBA a « récupéré » sa... conscience qui lui « a fait défaut » et l'a poussé à «brader » son pays le 12 janvier 1974, à Jerba I ».tAncien Secrétaire général, de l'Union Générale ;des Pavàlleurs tunisiens, condamné après les, événements sanglants du 26 janvier 1978 à 10 ans de travaux forcés..

 

[page 22. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

homme tel qu'Ahmed NOURREDINE, qui a su tout au long d'une belle carrière, rendre tant de signalés services à l'Enseignement et à l'Etat, ait pu énoncer semblables « taquineries » !

 

A MASMOUDI de se livrer au trafic d'armes et de vous avoir induit en erreur en vous faisant signer, le 12 janvier 1974, dans une « semi-conscience», et conjointement avec KADDHAFI, l'accord de fusion tuniso-libyenne (12) .

 

Enfin, vous déploriez que ACHOUR fût ambitieux au point d'avoir ajouté foi, sans hésiter, à ce qu'avait écrit de lui MASMOUDI dans son ouvrage intitulé « Les Arabes dans la Tempête», à savoir qu'il était le seul capable de réaliser autour de lui l'unité des Tunisiens.

 

A propos de MASMOUDI, vous n'avez jamais cessé de décolérer, surtout depuis l'accord de Jerba dont vous l'accusiez d'être l'instigateur...en plus de votre maladie. Vous l'aviez, dans un discours public, traité de «politicard pourri », l'accusant de s'enrichir à coups de «commissions». En réponse, il vous avait traité de «comédien Suprême »;° Après votre nomination de  Président

 

(12). Le nouveau-né a été baptisé K République Arabe Islamique. Le drapeau a été dessiné par KADDHAFI et adopté par BOURGUIBA au cours des entretiens entre les deux chefs d'État (I?) qui, se sont poursuivis pendant...trente  cinq minutes- à l'hôtel Ulysse Palace H! de Jerba...

 

[page 23. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

à vie (13) il déclara à un journal libanais que la royauté avait été restaurée en Tunisie. En guise de représailles, vous aviez donné des instructions directes au responsable de la Sécurité pour que lui fût confisqué son passeport dès son retour au pays. Un jour de novembre 1984, que je vous rendais visite à l'Hôpital de la Rabta, je vous avais trouvé fulminant contre lui : il venait d'être nommé par Kaddhafi ambassadeur de Libye aux Nations Unies (14) . Vous vouliez le priver de la nationalité tunisienne et écourter, au maximum, les délais légaux pour ce faire. Mais, j'étais parvenu à atténuer cette mesure. MASMOUDI s'était empressé de renoncer à ce poste. Au début de 1986, la validité de son  passeport vint à expirer. Il en redemanda le renouvellement. Hédi MABROUK, Ambassadeur à Paris, n'osa pas vous en parler. Faisant la part des choses, et s'agissant d'un citoyen tunisien ayant droit à un titre de voyage malgré son exil forcé, j'avais pris sur moi de vous en entretenir. Vous aviez fini par vous rendre à mes arguments et, le jour même, je donnai « feu vert » à notre Ambassade' à. Paris pour le renouvellement de son passeport.

 

(13). Le congrès de la 4 clarté » du P.S.D. tenu à Monastir le 12 septembre 1974 avait recommandé d'accorder à H. BOURGUIBA la présidence à vie. Le 7 décembre 1974 l'Assemblée nationale fait suite à cette recommandation et modifie Je Constitution. Le 19 mars 1975 une loi parait au journal officiel qui consacre cette décision.

(14). Le 30 octobre 1984.

 

[page 24. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

En somme, vous refusiez l'amnistie générale pour barrer la route d'un éventuel « retour » à ceux qui, selon vous, voulaient « vous supplanter en votre Palais de Carthage. ». Pourtant, je vous avais fait valoir que mes propositions, dans mon souci majeur de panser les plaies du pays, ne concernaient pas uniquement ces trois personnes mais des milliers de jeunes citoyens et citoyennes que vous ne pouviez maintenir en détention ou en exil sous le seul prétexte d'une haine viscérale à l'égard de trois seulement d'entre eux...

 

En ce 9 avril 1981, j'ai donc péniblement décroché votre accord sur l'annonce de l'amnistie générale. En sortant de votre bureau, en présence de votre femme, de votre belle-sœur, de votre secrétaire particulier, et de votre directeur du protocole, vous étiez comme dopé par  cette décision. Vous répétiez, devant votre entourage, l'idée dont je, venais de vous persuader :   en « choisissant » de proclamer le lendemain 10 avril, à l'occasion de l'ouverture du congrès extraordinaire du P.S.D., le pluralisme politique et social, ainsi que l'amnistie générale, vous alliez inaugurer: une ère nouvelle pour le pays. Vous aviez même levé le bras en vous exclamant : « Toujours Néo ! »

 

Je vous ai accompagné à la cérémonie de Sedjoumi à la mémoire des Martyrs. A peine rentré

 

[ page 25. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

chez moi, j'ai téléphoné à Beji Cald ESSEBSI(15) pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il n'en

croyait pas ses oreilles. Il apprécia : « C'est un miracle ! » J'ai ensuite téléphoné à M. Chedli KLIBI (16) , afin qu'il ajoute au texte de votre discours du lendemain un paragraphe proclamant l'amnistie générale. Lui aussi fut fort surpris de la chose. Il avait été longtemps votre Ministre et votre Directeur de Cabinet. Il vous connaissait...

 

J'allais être grandement déçu quelques heures plus tard, en recevant votre appel téléphonique m'annonçant que vous aviez changé d'idée et qu'il n'était plus question d'amnistie générale. J'ai eu beau demander des explications, insister, vous demeuriez intraitable. Qui avait donc pu vous faire changer d'idée pendant le déjeuner ? Qui avait déjà commencé à saboter cette politique de démocratisation et de réconciliation nationale dont j'étais le promoteur et qui m'avait déterminé à accepter d'être votre Premier Ministre ?

 

Je me suis néanmoins obstiné à espérer.

 

(15). Alors Ministre des Affaires étrangères. Aujourd'hui Ambassadeur à Bonn.

(16). Secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes.

 

[ page 26 Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

Les élections de 1981

 

En effet, l'Assemblée Nationale élue après les événements de janvier 1978 fut dissoute pour permettre d'organiser des élections libres et démocratiques, le 1 er novembre 1981.

 

Un vent d'espoir se leva alors dans le pays. Un « frémissement » passa parmi les, jeunes, dans les cercles intellectuels et universitaires. Hormis quelques irréductibles, la plupart des opposants avaient accepté, de jouer le jeu. Du reste, j'entretenais avec un grand nombre d'entre eux des contacts fréquents et nous avions défini ensemble les règles à observer.

 

Malgré quelques incidents mineurs de parcours, la campagne électorale se déroula correctement. Il y eut compétition entre plusieurs listes, dont les leaders avaient pu s'exprimer à égalité de chances à la radin, à la télévision et dans les journaux. Les affiches électorales foisonnaient partout dans le pays. Les meetings électoraux étaient suivis par des centaines de milliers de citoyens et de citoyennes. J'avais invité une cinquantaine de journalistes d'Occident» et d'Orient, et ils avaient accompagné les candidats dans toutes les circonscriptions de la République(17)

 

(17). Parlant de ces élections à propos de celles « organisées » le 2 novembre 1986, Michel DEURÉ et Jean DE LA GUERIVIERE soulignèrent dans le journal Le Monde (en date du samedi ler novembre 1986) : « présentées à l'époque comme les « débuts » de la

 

[ page 27. Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

Malheureusement, certains résultats avaient été manipulés à mon insu, malgré moi. Le Ministre de l'Intérieur, Dris GUIGA, était venu la veille du scrutin me rendre visite à Monastir où, tête de liste de  ma circonscription, je présidais mon dernier meeting.

 

II feignit, devant moi, d'être désolé de ne pouvoir, comme je le lui avais demandé, respecter la légalité scrupuleuse du scrutin même s'il devait en résulter un succès des opposants qui remporteraient les suffrages nécessaires. Il m'a affirmé que le Président l'avait convoqué — ce jour samedi — en compagnie de l'ancien Gouverneur de Tunis, Mhadbeb ROUISSI, et lui avait ordonné d'organiser » la victoire totale de toutes les listes du P.S.D. et de donner des instructions dans ce sens aux gouverneurs.

 

Quand j'arrivai, le lendemain, à Tunis, je fus

 

démocratie tunisienne, les élections de novembre 1981 apparaissent, paradoxalement, comme son âge d'or. »

R. SFAR, qui était pourtant — déjà — Ministre et membre du bureau politique les commente lui autrement ! « Qu'on ne nous parle plus des élections de 1981; s'est-il exclamé : ce fut un très grand malentendu, dans une euphorie artificielle. Ce scrutin avait été organisé par des gens qui voulaient se construire une image de démocrates à l'extérieur » (même numéro du Monde). Drôle de malentendu, en effet !…

Cependant, ledit R. SFAR n'avait pas hésité à me téléphoner, à 7 h du matin, à mon domicile privé, le lendemain même de l'établissement définitif des listes électorales par le Bureau Politique du P.S.D., se plaignant de ,n'avoir pas été désigné tête de liste dans la circonscription de Mandia et qu'on lui eût préféré Tahar Belkhodja. « Vous n'avez même pas proposé mon nom, gémissait-iL C'est pourtant sur moi que vous pourrez compter, un jour, et non sur lui. »

 

[ page 28 Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

mis devant le fait accompli. J'appris que le matin même, entre 5h et 6h, un « commando » composé notamment de Messieurs GUIGA, ROUISSI... s'était rendu au siège du gouvernorat de Tunis et y avait trafiqué les résultats, accordant arbitrairement à la liste du M.D.S., conduite par Mr MESTIRI... 1.700 voix ! C'était trop tard pour essayer même de revenir à la charge auprès de vous et tenter, de sauver la légalité de la consultation.

 

 

Pourquoi je n'ai pas démissionné

 

La mort dans l'âme, je dus reconnaître ma défaite. Un beau rêve s'était envolé, une grande espérance s'était évanouie. Le lendemain, je partais à Paris assister au sommet franco-africain. Du bout des lèvres, je dus encore justifier l'injustifiable. Mais dans une interview accordée au journal français Le Matin (18), je ne pus taire mes regrets et déclarai que j'étais désolé sincèrement que l'opposition n'ait pas pu obtenir quelques sièges. Beaucoup d'amis me trouvèrent bien téméraire, en lisant cette  interview. Mais c'était vraiment le moins que je pouvais faire.

 

Cette réaction ne pouvait ni calmer ma conscience ni laver l'outrage fait à la démocratie.

 

(18). Le Matin, numéro du 4 novembre 1981 par Christian Casteran). (propos recueillis par Christian Casteran)

 

[page 29 Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

J'aurais dû aller plus loin et présenter ma démission. Je ne le fis pas, me rendant à ce que l'on nomme la Raison d'État. Je le regrette aujourd'hui et considère que ce fut là une faute politique.

 

Ainsi la Tunisie venait de rater une occasion presque unique de rompre avec une politique autoritariste et d'asseoir les. traditions démocratiques qui devaient éviter à notre pays les soubresauts, ou même un jour, ce qu'à Dieu ne plaise, la guerre civile et l'aventurisme dictatorial, civil ou militaire.

 

Certes, j'aurais dû, à l'époque, ne m'étonner de rien. J'aurais dû comprendre, bien plus tôt que je ne l'ai fait, le piège que cachaient les accolades, les envolées lyriques, les larmes, la main prétendument tendue, les colères... Je paye aujourd'hui un lourd tribut à mon ignorance de certains artifices de théâtre, de certains jeux de scène...

 

J'aurais dû démissionner. Je le redis et je regrette aujourd'hui de ne l'avoir pas fait.

 

Ce qui m'a persuadé aussi de rester à mon poste, malgré tout, était ma conviction que, par étapes, je pouvais arracher des décisions qui iraient dans le sens de la démocratie ; desserrer l'étau qui étouffait la presse; que je, pouvais aussi mener à bien ›beaucoup de réalisations en matière d'équili-

 

 

[ page 30 Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

-bre régional(19), de création de pôles de développement intégrés (20) , de promotion de l’artisanat (21)  et de l 'agriculture (22)  présidant plusieurs conseils interministériels et des réunions d'arbitrage lors de l'élaboration du 6e plan, j'ai œuvré avec succès pour lui réserver 19 % des investissements contre 12,5 dans le 5 ème plan); action volontariste dans le domaine hydraulique, surtout dans les régions du centre et du

 

 

19. Cf. :

— la loi du 23 juin 1981 portant encouragement aux investissements dans les industries manufacturières et à la décentralisation industrielle ;

— la loi du 3 décembre 1983 modifiant la loi du 23 juin 1981, citée ci-dessus.

Cf. aussi : loi du 9 août 1981 portant création du commissariat général au développement régional.

(20). Je citerai notamment :

a) Le gisement de phosphates de Sra Ouertane, dans le gouvernorat du Kef, qui doit permettre, avec des réserves estimées à 3 milliards de tonnes, la création de plusieurs usines de fabrication d'acide phosphorique et de différents engrais azotés, disséminés dans tout le Nord-Ouest du pays. Traité au nitrate, en utilisant le gaz algérien, il permettrait d'installer un axe de coopération industrielle entre les deux pays frères, analogue à l'axe charbon-acier qui vit le jour après la seconde guerre mondiale et réconcilia, dans la solidarité, les intérêts bien compris de la France et de l'Allemagne. Un polytechnicien tunisien fut désigné à la tête du projet et une usine expérimentale fut installée au Kef qui démontra la rentabilité du projet.

b) L'exploitation des gisements de potasse des Sebkhas de Zarzis et du Chatt Jerid, devait revitaliser toute la région du Sud-Est. Les travaux de construction d'un grand port à Zarzis doivent se terminer à la fin 1987.

(21). Cf la loi du 9 août 1981, portant création d'un fonds national de promotion de l'artisanat et des petits métiers.

(22).C f Cf.fLoi, du 6 août, 1982 portant encouragement aux investissements dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.

 

 

[ page 31 Lettre ouverte à Habib Bourguiba par Mohamed Mzali, ancien Premier ministre]

 

Sud (23)..., de l'emploi des jeunes, de coopération arabo- arabe (création de six banques de développement tuniso- arabes avec 100 millions de dinars de capital pour chaque unité...), de réconciliation maghrébine (cf.accords de 1983 avec l'Algérie - unités industrielles tuniso-algériennes dans les régions frontalières (24), de coopération éducationnelle, douanière et industrielle avec le Maroc, de coopération Sud-Sud (Tunisie-Chine, Tunisie-Corée, Tunisie-Sénéga (25), et tuniso-koweito-turcs).

 

23. Il a été foré de 1981 à 1985 dans le gouvernorat de Sidi Bou Zid 7 000 puits environ, tandis que dans celui de Kasserine il a été creusé deux fois plus de puits qu'il n'y fut creusé entre 1956 et 1980 ! Des dizaines de puits artésiens (jusqu'à 2 700 mètres de profondeur) ont été forés dans le gouvernorat de Tozear  de Kebili, de Medenine, de Gabès, de Tataouine. C'est ainsi que dans le gouvernorat de Kebili, à titre d'exemple, j'ai mis en œuvre deux grands projets :

1) le projet Nefzaoua, financé grâce à une contribution du fond saoudien de développement, doit fertiliser 5 000 ha dans le désert (réhabilitation de 4 300 ha d'oasis et de 500 ha environ

d'oasis nouvelles), et dégager des sources de revenus pour 2 000 jeunes citoyens. Cela grâce à l'exploitation de la nappe du continental intercalaire (cf. par exemple le forage déjà réalisé à El Biaz à 2 580 in de profondeur avec un débit de 100 Ls.

2) le projet de Rjim Maatoug qui doit permettre en 1988 l'aménagement de 2 500 ha de terres agricoles. Le projet prévoit

l'octroi à des jeunes de lots de 1 à 2 ha. Ainsi cette politique volontariste devait dans mon esprit mettre en valeur de vastes superficies, enraciner les jeunes dans la terre de leurs pères et de leurs ancêtres et leur procurer en même temps des sources de revenu, arrêter ainsi l'exode rural, et combattre efficacement la désertification !

(24). Notamment :

a) l'usine tuniso-algérienne de fabrication de moteurs diesel basse gamme à Sakiet Sidi-Youssef — un symbole !, capable de

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05 décembre 2008

Des livres rares sur le blog de Sami Ben Abdallah

 

658520563.jpg Vendredi 5  décembre 2008

 

Le livre rare "Cristal" de Gilbart Naccache. Cliquez ICI

 

 

 

  Le livre rare: "Lettre ouverte à Habib Bourguiba" de Mohamed Mzali. Cliquez ICI 

 

Yes we can! Comment la France s’est débarrassé de la torture et comment elle contrôle sa « police politique ».Cliquez ICI

 

A partir du Lundi 8 Décembre, vous pouvez lire sur le blog  samibenabdallah.com  l'intégralité de deux livres rares qui reviennent sur des pages méconnues de l'Histoire de la Tunisie (les deux livres seront intégralement mis en ligne  sur plusieurs fois).

 

DEDICACE: je dédie ces deux livres à tous les jeunes de ma génération. Depuis enfant, on nous racontait la fable d'un Etat " moderne" et les bienfaits d'un père "Bourguiba" "père de l'indépendance" qu'on nous a décrit comme "éclairé". Le contenu de ses deux livres révèle des chapitres très douloureux de l'histoire de notre pays : la torture d’étudiants de l’extrême gauche et leur condamnation à plus de dix ans de prison, la fraude électorale, la censure…..

Ils nous ont menti...

Lettre ouverte à Habib Bourguiba

 

 

 

 

 

Lettre ouverte à Habib Bourguiba de Mohamed Mzali: écrit par l'ancien Premier ministre M.Mohamed Mzali alors exilé en France. Dans ce livre, Mohamed Mzali explique comment fonctionne le système politique tunisien: la fraude électorale sous Bourguiba, le culte de la personne, la censure, comment Bourguiba nommait les Ministres...

 

Cristal

 

Cristal de Gilbert Naccache: ancien dirigeant de la gauche tunisienne. Arrêté, emprisonné et torturé lors des grands procès politiques de l'extrême gauche entre 1967 et 1975, Gilbert Naccache revient sur les conditions de détention, la torture et l'extrême gauche tunisienne. Gilbert Naccache a écrit son témoignage en prison sur des papiers cigarettes tunisiennes Cristal, d'où ce titre...

 

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Gilbert Naccache par les Editions du Cerfs:Tunisien, né en 1939, Gilbert Naccache a été l'élève de René Dumont à l'Institut national agronomique de Paris. Il a d'abord travaillé comme ingénieur agronome au ministère tunisien de l'Agriculture, avant que ses activités politiques d'opposant à Bourguiba ne lui valent en 1968 une lourde condamnation : il sera finalement libéré en 1979. Après sa libération, il travaille comme éditeur à Tunis. Il s'est installé en France en 2004.
De sa prison, il a sorti un roman qui donnera son premier livre, « Cristal », publié en 1982 à Tunis, et de nombreux autres écrits, sur différents sujets. « Le ciel est par-dessus le toit » en rassemble quelques-uns.

 

 

 

 

Lire aussi: Bourguiba: Etat "policier" ou Etat "moderne" (article du Monde Diplomatique datant de 1975)

26 septembre 2008

26 janvier 1978, le "Jeudi noir", un affrontement inutile par Tahar Belkoja (2)

Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

 

200 morts au moins, et 1 000 blessés

 

2117659045.JPGOn dénombrera des dizaines ou des centaines de morts selon les sources d'information. L'écrivain Mohsen Toumi  avancera : "Nos propres estimations, à l'époque, recoupées par celles d'autres enquêteurs, aboutiront à 200 morts au moins, et 1 000 blessés". L'après-midi, le Président décrète l'état d'urgence et un couvre feu qui durera près de trois mois. C'est ce qu'on appellera : le "Jeudi noir", le jeudi le plus sombre de la Tunisie indépendante, celui d'un affrontement bien inutile entre les forces vives de la nation. Pour un journaliste français : "c'était l'expression de la colère et de la détresse des citoyens, qui n'oublieront jamais le crépuscule du bourguibisme".Abdelwaheb Meddeb, un autre écrivain tunisien conclura ainsi son article:"On s'étonne à découvrir que le carnage du 26 janvier 1978 présente une scénographie répressive ressemblant à s'y méprendre à celle qui se déploya un certain 9 avril 1938. L'événement, qui confirmait l'entrée du Néo-Destour dans l'histoire, le 9 avril 1938, se projette sur l'événement qui prélude à sa sortie de l'histoire, le 26 janvier 1978 (...) Dans les deux cas, un processus politique échappait à l'autorité du moment. Allant crescendo, il fallait en briser l'élan".  Tahar Belkoja

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26 janvier 1978, le "Jeudi noir", un affrontement inutile par Tahar Belkoja (1)

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Ceux qui ne comprennent pas leur passé sont condamnés à le revivre"(Goethe)

Ces milices du Parti au pouvoir qui ont terrorisé les Tunisiens et les mensonges de Mohamed Sayah ?

http://www.monsterup.com/upload/1222258614.jpg

 

L'UGTT affirma que les milices du parti, quoique illégales, sévissaient ouvertement ; que les lecteurs d'Al Chaab (hebdomadaire de l'UGTT) étaient molestés, des dirigeants de l'organisation interpellés, non moins illégalement et conduits au siège régional du parti... Al Chaab relatait abondamment en détail, toutes ces exactions provoquant l'émotion du public... Achour avait réuni un dossier complet, circonstancié, récapitulant tous les "exploits" de ces milices, avec dates précises et témoignages à l'appui. Je fis procéder à une enquête au ministère qui confirma toutes ces violences. Lors d'une réunion du bureau politique, on me demanda de publier un communiqué démentant l'existence de milices du PSD. Embarrassé, je publiai un communiqué, assurant que "le ministère de l'Intérieur n'avait pas connaissance de l'existence de telles milices", sans toutefois affirmer qu'elles n'existaient pas...
Il faudra attendre le "Jeudi noir", pour que le directeur du parti, dans une déclaration à Jeune Afrique (26 janvier 1978) confirme officiellement leur présence :
"De tout temps, le PSD a eu des personnes affectées à son service d'ordre. Leur nombre a été réduit à 200 ces derniers temps, mais avant le 26 janvier, nous avons fait appel à 500 éléments(...) Le service des ces jeunes supplétifs a été requis dans des circonstances précises pour assister les forces de l'ordre".
Ces milices, qui intriguaient si fort la population, n'avaient jamais agi ouvertement, connaissant mon hostilité à leur égard. Mais je savais leurs agissements et durant cet automne 1977, si elles se manifestaient de plus en plus brutalement, elles n'étaient jamais en tenue. Un jour, Habib Ben Gamra, le commissaire central de police de la capitale, avisa le directeur général de la Sûreté que des voitures banalisées, remplies de miliciens, tournaient dans les rues, surtout le soir, soi-disant en "missions de vigilance", testant probablement ma réaction. Je décidai donc de tirer un coup de semonce et donnai instruction d'arrêter ces hommes puis de les garder au poste de police toute la nuit, pour les interroger, sans que personne ne me dérange jusqu'au lendemain matin. Qu'on imagine un ministre de l'Intérieur jetant en prison la milice de son parti !
Tahar Belkoja

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26 janvier 1978, le "Jeudi noir"

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Ceux qui ne comprennent pas leur passé sont condamnés à le revivre"(Goethe)

Ces milices du Parti au pouvoir qui ont terrorisé les Tunisiens et les mensonges de Mohamed Sayah ?

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Interrogé à propos des milices qu’il entretenait au sein du PSD et qui auraient joué un rôle dans le pourrissement de la situation et le déclenchement des violences avec les syndicalistes, M.Mohamed  Sayah se défend : «L’accusation lancée contre moi à ce sujet est autrement grave. Elle n’en est pas moins fausse. Le terme ”milice” désigne une force militaire ou paramilitaire. Il a été prononcé pour la première fois par Mohamed Masmoudi, fin octobre-début novembre 1977. Le jour même, il avait été repris en écho par le responsable régional de l’UGTT à Sfax, qui a parlé de ”milices” et de gens préparant une tentative d’assassinat de Habib Achour». Selon l’ancien directeur du PSD, qui appartenait au clan dur du régime, «il n’y a pas eu de milices au sens de force militaire ou paramilitaire. Mais, pour accréditer l’idée, on était parti, comme toujours, d’un fait sans rapport avec l’accusation. Le fait, dans ce cas précis, était ce qu’on appelait les ‘’services d’ordre”. Il est vrai que l’université a été le théâtre d’échauffourées à propos desquelles on avait aussi accusé le parti. En réalité, c’est la fédération des dockers qui y est intervenue, envoyée par Habib Achour, alors que je n’étais pas directeur du parti. Achour disait en 1972 (et les textes existent) que l’UGTT était comme les ”gardes rouges” de Mao, qu’elle défendait le gouvernement et le régime. Comme je l’ai expliqué, il existait un ‘’service d’ordre” du parti dont les membres, fichés par la police, portaient un brassard. Ils intervenaient uniquement lorsqu’il y avait de grandes manifestations dans le pays, comme la visite de chefs d’Etat, parce qu’il n’y avait pas suffisamment de policiers. Après le 26 janvier 1978, le ministre de l’Intérieur avait déclaré qu’il ne disposait pas d’assez de policiers pour assurer le respect du couvre-feu. Il demanda alors que le parti mette des gens à sa disposition. J’ai posé des conditions. En réunion du bureau politique et du gouvernement, j’ai dit qu’il fallait faire recruter ces jeunes par les responsables régionaux, et qu’une fois recrutés, ils devaient toujours être accompagnés d’un agent de police en uniforme. En 1981, la justice a établi que l’accusation à mon encontre relative à l’existence de milice ne reposait sur aucun fondement. Pendant un mois, l’hebdomadaire ”Erraï” avait invité les personnes qui auraient eu à souffrir des milices à s’exprimer sur ses colonnes ? J’attendais avec intérêt. La seule personne qui s’est présentée a fait état d’une agression en 1972 à Tunis dans le quartier de Jebel Lahmar, sans être en mesure de dire qui étaient ses agresseurs».

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20 septembre 2008

Tunisie, un livre à lire: Habib Bourguiba, la trace et l'héritage

Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

 

 

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Habib Bourguiba, la trace et l'héritage

  • Broché: 664 pages
  • Editeur : Karthala (1 mai 2004)
  • Collection : Science politique comparative
  • Langue : Français

 

 

 

Présentation de l'éditeur


Des lendemains de la première guerre mondiale à la veille de la chute du Mur de Berlin, la trajectoire de Habib Bourguiba, né en 1903, s'est confondue avec le " court XXe siècle ". Tour à tour journaliste militant, avocat, leader de parti et chef d'Etat, le fondateur de la République tunisienne aura vécu pour la politique soixante années durant, dont la moitié vouée à l'exercice du pouvoir.

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