01 octobre 2009
Salah Ben Youssef: Tout ce que vous devez savoir sur son assassinat

« Salah Ben Youssef n’avait pas confiance en Habib Bourguiba et ses hommes qui sont des criminels qui pouvaient l’assassiner ou le kidnapper »
« Tayeb Mhiri, Ministre de l’intérieur fut chargé de prospecter et de superviser les différentes possibilités de la liquidation de Salah Ben Youssef. »
« Il était 16h30 quand ils l’ont assassiné avec un pistolet, calibre 7.65mm, muni d’un silencieux ».
« Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang »
« Dans le coma, Salah Ben Youssef respirait encore »
« Dans son bureau ministériel de l’avenue Bourguiba, Tayeb Mhiri [ Le Ministre de l’intérieur] grillant cigarette sur cigarette, attend avec impatience des nouvelles de ses protégés »
19:02 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salah ben youssef bourguiba
04 avril 2009
Salah Ben Youssef: L'Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire?
La mémoire populaire présente Salah Ben Youssef comme étant un pur et dur du « nationalisme arabe »…mais Salah Ben Youssef l’était-il vraiment ?
Le différend qui a opposé Habib Bourguiba à Salah Ben Youssef est capital pour comprendre l’histoire de la Tunisie et toutes les conséquences qui en ont découlées (Assassinat, Procès politiques, censure, torture, culte de la personnalité…).Dans leur Ouvrage, « le syndrome autoritaire » Vincent Geisser et Michel Camau ont utilisé l’expression de « le crime fondateur » en évoquant l’assassinat de Salah Ben Youssef par les hommes de Bourguiba.
Dans son ouvrage « L’assassinat de Salah Ben Youssef », Omar Khlifi publie un document rare (voir ci-joint).
Avec du recul, on comprend que Salah Ben Youssef a choisi sa voie par calcul politique plutôt que par conviction. En une phrase, un peu à la Saddam Hussein qui était un bâatiste convaincu et se désintéressait de la religion avant d’y recourir avant et après sa chute.
L’Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire ?
Sa lettre à la France dans laquelle Salah Ben Youssef s'explique...
L'Histoire de la Tunisie est-elle à réécrire?
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-149
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-150. Cliquez ICI
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-151
Il y a une photo de Bourguiba avec le Bey- pas de texte)
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-152.Cliquez ICI
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-153.Cliquez ICI
L'assasinat de Salah Ben Youssef page-154.Cliquez ICI
Lire aussi:
Bourguiba- Salah Ben Youssef:
Un Président de République a-t-il le droit de...
Cliquez ICI pour lire la suite
Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef..
« Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang ».
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Taib Mhiri (Le Premier ministre de l’Intérieur) :
L’Oufkir tunisien ?
Quelle responsabilité assume-t-il dans l’assassinat de
Salah Ben Youssef et dans la répression des Tunisiens ?
Les Tunisiens et les Tunisiennes savent peu de choses sur la vraie histoire du pays car l’Histoire officielle a été réécrite des dizaines de fois de façon à occulter les vérités. Dans le passé récent et lointain de la Tunisie, plusieurs hommes ont contribué à verrouiller le système politique sous Habib Bourguiba et à s’illustrer par la répression qu’ils ont exercé sur les Tunisiens.
Tunisie, un livre à lire:
L’assassinat de Salah Ben Youssef

" Certaines sources publiées et jamais démenties avancent que les protagonistes du projet d’élimination physique de Salah Ben Youssef furent Bourguiba (Habib) en personne, son épouse Wassila (Ben Ammar), Mohamed Masmoudi (ancien ministre) Hassen Belkhoja (ancien ministre), Tayeb Mhiri (ancien Ministre de l’intérieur), ainsi que l’inévitable béchir Zarg Layoun".P 180- " L’assassinat de Salah ben Youssef " Cliquez ICI pour Lire la suite
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16 mars 2009
La lourde responsabilité historique du PSD-Parti Socialiste Destourien dans la répression des Tunisiens
"Depuis 1955, et au moment du conflit Bourguiba-Ben Youssef, ont été mis en place des « comités de vigilance » qui seront légalisés quelques mois après leur constitution de fait par un arrêté du Ministre de l’Intérieur(…). « Un embryon de police politique prend forme avec l’organisation de comités de vigilance destouriens, légalisés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur » (J.Bessis). « Ces comités ne sont rien d’autre qu’une milice politique, une milice néodestourienne », commente L’Avenir de la Tunisie (du 4 au 10 mai 1956). La constitution de tels comités a pour objectif de «rétablir l’ordre et de rechercher les auteurs des crimes et délits ». Fait bizarre quand on sait que la police, à laquelle incombe traditionnellement cette fonction, est et ne relève que de la seule autorité du gouvernement tunisien. D’où le commentaire du même hebdomadaire : « En réalité, le but poursuivi est évident. Ces comités se sont donné comme tâche de rechercher, intimider, pourchasser et même arrêter tout homme dont l’action peut être considérée comme gênante par le parti au pouvoir ».


Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, existaient également dans tout le pays et étaient animés également par Amor Chéchia dont le centre était situé à Sidi Ben Aïssa, à Béni Khalled, et aussi par Zarg-el-ayoun, Hassen Ben Abdelaziz, Hassen el Ouertani …Ces comités disposaient de voitures sur lesquelles était inscrit le nom de tel caïd. Ils opéraient en plein jour, devant tout le monde. Dans ces centres, on torturait et des yousséfistes ont disparu. Ceux qui ont quitté ce lieu, indemnes, sont peu nombreux.Noura Borsali,20-04-2006- REALITES
Les deux premières manifestations de la Tunisie indépendante
La première manifestation a eu lieu, le 17 janvier 1961, à Kairouan, contre la mutation à El Hama, pour « motif de discipline », de Cheikh Abderrahmane Khlif, imam et membre de l’enseignement traditionnel religieux. Cheikh Khlif faisait ce qu’on appelle el emla (c’est-à-dire apprenait à, d’autres auditeurs, la récitation du coran) à la mosquée Okba ibn Nafaa. Il a fustigé, dans ses prêches, la politique religieuse du gouvernement et notamment la position de Bourguiba sur le jeûne, formulée particulièrement dans son discours de février 1960. Une autre raison a été également à l’origine de cette manifestation : il s’agit du tournage d’un film dans une mosquée, ce qui a été considéré comme une « profanation » par « une population attachée à ses rites traditionnels, longtemps immuables », note Tribune du progrès (no3, février 1961). Cette manifestation avait pour causes la réforme de l’enseignement et la marginalisation de l’enseignement religieux. Les manifestants scandaient des slogans comme « Allah Akbar, il ne partira pas ! ».
La protestation «s’amplifia et tourna au tragique. Des actes de violence furent commis, la maison du gouverneur saccagé et une voiture incendiée. Des coups de feu furent tirés et laissèrent cinq morts dont un garde national », écrit-on encore dans l’éditorial du mensuel Ttibune du progrès qui, tout en déplorant que la manifestation ait « cédé à la violence », souligne qu’ « il reste que des coups de feu ont été tirés et qu’une manifestation, quel qu’en soient les motifs, qu’on les approuve ou non, s’est soldée par tant de morts et de blessés . Ce fait est plus que regrettable. Il est inadmissible dans la Tunisie indépendante ».
Le pouvoir a considéré cette manifestation comme étant dirigée contre son autorité. Il y eut donc cinq morts et des blessés aussi bien parmi la foule que parmi les forces de police. Cheikh Khlif ainsi que 137 co-inculpés ont été condamnés de lourdes peines de prison avant d’être libérés quelque temps après. Bourguiba, dans son discours du 8 février 1961, a dit à propos du Cheikh Khlif : « Celui qu’on veut retenir est Abderrahmane Khlif ? Mais le nom de cet instituteur est lié à une formule religieuse. En clair, cela veut dire que la foule prend fait et cause pour la religion et pour A.K. et que si A.K. quitte Kairouan, son départ marque la fin de la religion musulmane dans cette ville (…). ».
Selon Tribune du progrès , « ce n’est pas la première fois que l’on cède, à Kairouan, à la tentation de la violence. On se rappelle qu’il y a plus de quatre mois, des paysans de la région se virent répondre par des coups de feu et laissèrent deux morts sur le terrain : ils s’opposaient à la remise à un nouveau propriétaire d’une terre leur appartenant et dont les avait spoliés le colonialisme ». Et le mensuel de conclure : « Il faudrait faire revivre et élargir la démocratie, associer la population à la gestion démocratique de ses affaires, revoir la concentration des pouvoirs entre les mains des gouverneurs, faire en sorte que les organisations nationales ne soient pas dirigées d’en haut (…). Avec cette exigence préalable : donner des instructions formelles pour interdire à quiconque de faire tirer sur la population et extirper ainsi la tentation de résoudre les problèmes par la violence et la répression ».
La deuxième manifestation (la première à Tunis) a eu lieu dans la capitale le 21 février 1961, Journée Internationale de Solidarité avec la lutte anticolonialiste, qui commémore l’assassinat dès l’année 1946, sous les balles des colonialistes, d’étudiants égyptiens, indiens et autres. Chaque année, cette date est célébrée par les étudiants de tous les pays. Ce 21 février 1961, l’UGET, en collaboration avec l’UGEMA (Union Générale des Etudiants Musulmans d’Algérie) avait décidé de commémorer cette journée anticolonialiste en organisant un grand meeting à la Bourse du travail, à Tunis. Mais, cette célébration ne s’est pas passée dans le calme. Des étudiants ont demandé au Bureau exécutif de l’UGET d’organiser une manifestation devant l’ambassade belge en guise de protestation contre l’assassinat du Congolais Patrice Lumumba qui eut lieu une semaine auparavant, le 13 février et contre lequel s’est élevée l’UGET en envoyant un télégramme de protestation à Hammarksjoeld. Le Bureau n’a pas pu obtenir d’autorisation et, de ce fait, la manifestation, qui se voulait pacifique, fut interdite par les autorités.
Le BE de l’UGET, présidé par Mohamed Sayah a, par ailleurs, décidé que le meeting soit également ouvert à la jeunesse destourienne (à la tête de laquelle figurait Hassib Ben Ammar) et au Comité de Liaison des Etudiants Destouriens et consacrée pas seulement à Lumumba mais aussi et surtout à la question algérienne. « Ce qui fut accepté », note la déclaration de la C.A. Cette réunion devenue une manifestation destourienne s’est donc déroulée à la Bourse de travail.. Mais l’interdiction de la manifestation anticolonialiste a suscité le désarroi des étudiants. Et des incidents ont éclaté dans et devant la salle investie par des éléments non étudiants, entre des étudiants de la Faculté des sciences ayant rejoint en retard le meeting et la jeunesse destourienne chargée d’assurer l’ordre.
Cette dernière, aidée par des civils, « n’a pas hésité à molester quelques étudiants et à se livrer à des actes de violence » (Déclaration). La police arrêta non pas les agresseurs mais trois étudiants dont un membre du BE qui furent relâchés par la suite. Les étudiants mécontents, empêchés de manifester et dispersés dans la rue par la police, ont rejoint le local de l’UGET pour s’y réunir. La Commission Administrative de la Centrale estudiantine, réunie en session extraordinaire les 4, 5, 6 et 7 mars, a condamné, dans une motion, l’utilisation de la force par la police civile. Cet incident a suscité une polémique autour de la démocratie demeurée « formelle et décorative ». Tandis que Tribune du Progrès (no 4, mars 1961), a estimé que « certains responsables doivent réviser leur conception de l’intérêt général de la Nation qui n’exclut pas l’autonomie des organisations nationales », Hassib Ben Ammar, à la tête de la Jeunesse Destourienne, a considéré que « Les jeunes de Tunisie sauront demeurer unis parce qu’ils ont une conscience claire de l’importance de leur mission ». Et Charles Debbasch de commenter : « L’impératif d’unité est ainsi réaffirmé au détriment des opposants ».
Les Comités de vigilance
Depuis 1955, et au moment du conflit Bourguiba-Ben Youssef, ont été mis en place des « comités de vigilance » qui seront légalisés quelques mois après leur constitution de fait par un arrêté du Ministre de l’Intérieur qui annonce que « des comités de vigilance peuvent être constitués dans les villes du Royaume » (Décret du 31 mars, publié dans le J.O.T du 27 avril 1956) et qui prend effet à partir du 1er février. « Un embryon de police politique prend forme avec l’organisation de comités de vigilance destouriens, légalisés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur » (J.Bessis). « Ces comités ne sont rien d’autre qu’une milice politique, une milice néodestourienne », commente L’Avenir de la Tunisie (du 4 au 10 mai 1956). La constitution de tels comités a pour objectif de « rétablir l’ordre et de rechercher les auteurs des crimes et délits ». Fait bizarre quand on sait que la police, à laquelle incombe traditionnellement cette fonction, est tunisifiée (décret beylical du 31 mars portant nomination de dix commissaires de police tunisiens et négociations (Mongi Slim) à Paris, le 4 avril, sur la
sécurité publique en Tunisie) et ne relève que de la seule autorité du gouvernement tunisien. D’où le commentaire du même hebdomadaire : « En réalité, le but poursuivi est évident. Ces comités se sont donné comme tâche de rechercher, intimider, pourchasser et même arrêter tout homme dont l’action peut être considérée comme gênante par le parti au pouvoir ». Pour preuves : l’agression de Belhassen Khiari à Moularès ainsi que l’arrestation de Ali Tlili et d’autres militants syndicalistes. Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, comprenaient en leur sein des fellaghas comme Lazhar Chraïti, Sassi Lassoued ou Sassi Bouyahyia etc…qui ont, en quelque sorte, retourné leurs armes contre les leurs ralliés au camp yousséfiste.
Cheikh Hassen el Ayadi, qui était caïd, est associé au sinistre
sabat edhlem dans la médina de Tunis où l’on a réprimé les yousséfistes et qui représentait comme une sorte de tribunal où l’on intimidait, torturait et condamnait les partisans de Ben Youssef après la rupture de septembre 1955. Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, existaient également dans tout le pays et étaient animés également par Amor Chéchia dont le centre était situé à Sidi Ben Aïssa, à Béni Khalled, et aussi par Zarg-el-ayoun, Hassen Ben Abdelaziz, Hassen el Ouertani …Ces comités disposaient de voitures sur lesquelles était inscrit le nom de tel caïd. Ils opéraient en plein jour, devant tout le monde. Dans ces centres, on torturait et des yousséfistes ont disparu. Ceux qui ont quitté ce lieu, indemnes, sont peu nombreux.
Hassen el Ayadi a évoqué sabat edhlem et aussi le centre de Sidi Ben Aïssa dans ses Mémoires qui n’ont pas été édités. Toujours, selon notre historien, Mohamed Dhifallah, l’ancien fellagha avait une relation étroite avec Saïda Sassi qui l’a aidé à regagner le Djebel en 1952-53. Il sera jugé, en mai 1963, dans la foulée des procès qui ont suivi le complot (et qu’on a appelés : mouhakemet dhouyoul al mou’amara ), condamné à mort et exécuté. Le quotidien Es-sabah a rendu compte de tous ces procès. « La création d’une milice politique, l’institution d’une juridiction d’exception pour les délits politiques, démontre une dangereuse tendance à l’étouffement démocratique », note le journal du PCT. Une campagne contre ces comités est organisée par les formations politiques autres que le Néo-Destour comme le PCT, les Archéo-Destouriens et la presse proche de Ben Youssef. En juillet 1956, le gouvernement décide la dissolution des « comités de vigilance », « inadmissibles après le transfert de la police sous l’autorité du gouvernement tunisien ». Rappelons que ces comités se sont attaqués aux partisans de Ben Youssef qui, rentré au pays le 13 septembre 1955, le quittera clandestinement le 26 janvier 1956. « Pour réduire ses partisans, particulièrement actifs dans le Sud, les Tunisiens demandèrent et obtinrent le concours de l’armée française. Ces opérations se déroulèrent dans le courant du mois de mars (1956) au moment où l’histoire politique tunisienne connaissait de nouvelles évolutions ”, écrit J-F Martin dans « La Tunisie de Ferry à Bourguiba » (L’Harmattan, 1993).
Institution de la Haute Cour
En remplacement de la Cour criminelle spéciale créée le 28 janvier 1956, le gouvernement a institué, le 19 avril 1956, une Haute Cour de justice (HCJ), dite communément el mahkama echaibia (« tribunal populaire ») dont l’objectif est de « réprimer les crimes odieux ». Il s’agit d’une juridiction d’exception comprenant sept membres : un président désigné par décret par le Conseil des ministres et six jurés nommés par décret par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). « Cette Haute Cour, émanation donc du gouvernement et de l’Assemblée, n’est pas, écrit-on, compatible avec le programme électoral du Front National qui s’est prononcé pour « le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ». Sa compétence est en fait illimitée. Elle englobe les délits de presse, tels que « l’offense directe ou indirecte aux ministres ou la publication de « nouvelles fausses ». Elle s’étend à « tous actes portant atteinte aux intérêts supérieurs de la patrie ». « Cette formule générale signifie qu’une grève gratifiée pour les besoins de la cause « d’entrave à la liberté du travail » pourra éventuellement relever de cette juridiction d’exception, si celle-ci considère qu’il y a « atteinte aux intérêts supérieurs de la patrie ». Ses arrêts sont immédiatement exécutoires. Ils ne peuvent être attaqués ni par voie d’appel, ni par pourvoi en cassation. Les condamnés à mort ne peuvent pas être graciés par S.A. le Bey.
Le décret instituant cette juridiction n’a été soumis ni à la discussion, ni à l’approbation de l’Assemblée Nationale Constituante. « Au cours de la séance du 24 avril 1956, s’est exprimée une tendance à élargir les pouvoirs de l’Assemblée, cependant celle-ci a accepté, sans le moindre murmure, un décret qui la met devant le fait accompli. Oubliant leur programme électoral, les membres de l’Assemblée se sont prêtés à la désignation des jurés, procureurs et instructeurs de la Haute Cour, sans provoquer le moindre débat sur l’opportunité d’une telle juridiction (…) qui représente en revanche un grave péril pour les libertés les plus élémentaires et pour l’union de la nation » ( L’Avenir de la Tunisie du 27 avril au 3 mai 1956). Un an plus tard, le 24 mai 1957, dans un premier procès, Salah Ben Youssef en exil fut condamné à mort par contumace, à Tunis, avec d’autres de ses partisans condamnés à des peines d’emprisonnement.
Le 3 octobre 1959, un nouveau procès est intenté à 123 Yousséfistes sur 128 qui furent reconnus coupables par la Haute Cour de justice de « complot visant à assassiner le Président de la République » : sept condamnés à mort et huit exécutés. Taïeb Zalleg, originaire du Nord-Ouest (Jendouba) est l’un des exécutés. La HCJ, écrit Debbasch, “ était destinée donc à réprimer les activités yousséfistes. Pour décourager toute nouvelle opposition de ce type et donner aux sanctions contre les chefs yousséfistes toute leur portée, une très grande publicité était donnée aux débats et aux condamnations ” retransmises à la radio et avec un haut-parleur à l’extérieur du tribunal. Salah Ben Youssef sera abattu d’une balle, le 14 août 1961, par deux hommes, dans une chambre d’hôtel à Francfort.
Bourguiba, dans une de ses conférences devant les étudiants de l’Institut national de presse et de sciences de l’information, le 15 décembre 1973 (reproduite dans L’Action du 19 décembre), relatera l’assassinat en évoquant les exécutants : deux Sahéliens en contact avec Zarg-el-Ayoun, homme de confiance de Bourguiba et député à l’Assemblée nationale.Bourguiba finira par cette phrase :
« J’ai demandé récemment à Hassen
Ben Abdelaziz de me présenter ces
deux volontaires pour les décorer en
récompense de leur geste qui a
débarrassé la Tunisie de cette vipère ».
Article publié à Réalités, Hebdomadaire tunisien, le 20-4-2006
Noura Borsali
20-04-2006- REALITES
10:07 Publié dans La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, les falleghas, ces oubliés de l’Histoire, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : naissance de la police politique, bechir zarg layoun, sami ben abdallah, habib bourguiba, tunisie, parti socialiste destourien psd, rassemblement constitutionnel démocratique rcd
13 mars 2009
Taieb Mhiri (le Premier ministre de l'Intérieur en Tunisie) : l'Oufkir tunisien?

Les Tunisiens et les Tunisiennes savent peu de choses sur la vraie histoire du pays car l’Histoire officielle a été réécrite des dizaines de fois de façon à occulter les vérités. Dans le passé récent et lointain de la Tunisie, plusieurs hommes ont contribué à verrouiller le système politique sous Habib Bourguiba et à s’illustrer par la répression qu’ils ont exercé sur les Tunisiens. L’Histoire officielle les présente comme étant des « patriotes » mais le sont-ils vraiment ? Que sait le Tunisien sur des hommes comme Amor Chachia ( en 1955, Des militants youssefistes sont suppliciés dans des prisons privées illégales, comme celles de Beni Khaled, créée par Amor Chachia (qui siégea par la suite en tant que commissaire du gouvernement auprès de la haute Cour), Mahjoub Ben Ali (le Monsieur gendarmerie) , Mohamed Ali Gasri (le premier patron de la police politique tunisienne) ou Taib Mhiri parmi tant d’autres ?
Dlimi, Basri et Oufkir sont des hommes tristement célèbres au Maroc. Les Marocains veulent oublier ces hommes qui ont cautionné la répression, la torture et l’assassinat de Mahdi Ben Barka pour Oufkir et probablement Dlimi. Basri est mort d’un cancer. Dlimi et Oufkir sont morts dans des conditions ambiguës.
Le Général Oufkir était l’homme de confiance du Roi Hassan II, Dlimi l’homme de confiance d’Oufkir. A la mort de ce dernier, Dlimi l’a remplacé au ministère de l’intérieur avant d’avoir la même fin : « une mort dans des conditions ambiguës »( dans un vrai/faux accident de voiture).
Mme Oufkir et ses enfants ont passé plus de 20 ans en prison. A leur libération, chacun a publié un livre sur le calvaire qu’il a vécu car leur histoire personnelle fait partie de la mémoire collective( « L’étrangère » et « La Prisonnière », de Malika Oufkir, « Les invités » de Raouf Oufkir, « Moi, Fatima Oufkir, prisonnière du roi » de Fatima Oufkir », « La vie devant moi » de Soukaina Oufkir, parmi tant d’autres livres écrits sur le général Oufkir et Mahdi Ben Barka.). L’histoire de la famille Oufkir fait partie de l’histoire du Maroc, elle appartient à tous les Marocains.
En Tunisie, feu Taieb Mhiri, premier ministre de l’intérieur de Bourguiba, «serait » l’Oufkir tunisien. Il a cautionné la torture, la répression des Youssefistes et aurait organisé l’assassinat de Salah Ben Youssef... l’analogie entre le Maroc et la Tunisie tient la route. L’assassinat de Salah Ben Youssef ne ressemble-t-il pas à celui de Mahdi Ben Barka?
Sous Taieb Mhiri, premier Ministre de l’intérieur de 1956 à 1965, la Tunisie a connu une des périodes noires de son Histoire. Répression des opposants de Bourguiba, torture et assassinat. Noura Borsali rappelle les conditions de détention des youssefistes dans les prisons tunisiennes :« Pendant plus de sept ans, nous avons vécu dans l’obscurité de jour comme de nuit », confie Temime H’maidi Tounsi . Ils ont reçu la visite de quelques personnalités politiques comme Taïeb Mhiri, Béji Caïd Essebsi, Mohamed Farhat, Hédi Baccouche, Tahar Belkhodja, Fouad Mbazaa, le gouverneur de Bizerte… « Après la visite de Taïeb Mhiri, le système est devenu plus dur. Je me souviens encore de la phrase de Béji Caïd Essebsi : « Ils tiennent encore ? », nous dit encore Temime H’madi Tounsi. Le 31 mai 1973, ils ont été libérés suite à une grâce présidentielle, après dix ans de détention ». Noura Borsali rapporte un autre témoignage: "Azzeddine Azouz, lui-même, arrêté sans avoir été jugé, le 25 décembre, dans le cadre de cette affaire, raconte sa détention dans les locaux de la brigade de la Sûreté de l’Etat, dans son récit « L’Histoire ne pardonne pas. Tunisie 1938-1969 » (L’Harmattan/Dar Ashraf Editions, 1988). « Je fus éveillé par d’atroces cris de douleurs provenant de pièces avoisinantes. Je réalisai promptement que l’interrogatoire nocturne commençait… Je peux décrire ici ce que j’ai entendu ce soir-là : tortures, supplices, cris inhumains, coup de cravache, étouffements à l’eau, brûlures à la cigarettes et à l’électricité, supplice de la bouteille…Je ne pouvais en croire mes oreilles et m’imaginer vivre en plein vingtième siècle, dans une Tunisie moderne et indépendante sous la présidence de Bourguiba. Un policier de stature colossale fit irruption dans la pièce où j’étais, une cravache à la main et tout en sueur à forcer de frapper les détenus ».(Source : Le complot de décembre 1962 : Fallait-il les tuer ? par Noura Borsali).
Je me souviens encore de la phrase de Béji Caïd Essebsi : « Ils tiennent encore ? », nous dit encore Temime H’madi Tounsi. « Ils tiennent encore ? » . Quelle «classe » d’un Ministre s’adressant à des hommes à terre !
Des conditions inhumaines que confirment feu Nouredine Ben Khedr, arrêté dans le cadre des procès politiques dont fût victime l’extrême gauche tunisienne: « En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect »
Omar Khlifi, auteur de l’Assassinat de Salah Ben Youssef (p 180. « L’assassinat de Salah Ben Youssef », de Omar Khlifi, MC Editions , avril 2005), écrit au sujet de Taieb Mhiri : « Certaines sources publiées et jamais démenties avancent que les protagonistes du projet d’élimination physique de Ben Youssef furent Bourguiba en personne, son épouse Wassila, Mohamed Masmoudi, Hassen Belkodja, Tayeb Mhiri, ainsi que l’inévitable Béchir Zarg Layoun ». Et d’ajouter « Tayeb Mhiri, Ministre de l’intérieur fut chargé de prospecter et de superviser les différentes possibilités de la liquidation de Salah Ben Youssef. ». « Aussitôt dans la chambre, Salah Ben Youssef est invité à prendre place dans un fauteuil. L’un d’eux entre machinalement dans la salle de bain et resurgit presque instantanément derrière Salah Ben Youssef, en brandissant un pistolet, calibre 7.65mm, muni d’un silencieux. Il tire à bout portant, une seule balle, sur le coté latéral de l’occiput dans la nuque de Salah Ben Youssef qui s’affale inconscient la tête renversée vers l’arrière. »
Peut être au même moment où Madame Ben Youssef découvre le corps de son mari assassiné par les hommes de main de Bourguiba, « Un spectacle macabre, horrible, s’offre à ses yeux. Effrayée, elle crie : ambulance, ambulance, elle hurle sa détresse. Salah Ben Youssef, toujours dans son fauteuil, la tête penchée vers l’arrière, était couvert de sang. Tout en criant …Salah…Salah ! Terrassée par la douleur, ne sachant quoi faire, madame Ben Youssef, dans son affolement se hâte, par instinct, d’obstruer avec ses mains les deux trous béants laissés par l’unique balle, pensant ainsi, pouvoir arrêter l’hémorragie. inondant le sol, le sang suintait depuis au moins trois heures. », peut être dans ces mêmes moments, « Dans son bureau ministériel de l’avenue Bourguiba, Tayeb Mhiri [ Le Ministre de l’intérieur] grillant cigarette sur cigarette, attend avec impatience des nouvelles de ses protégés » (Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef, lire la suite)
Un demi-siècle de silence en Tunisie
La répression, l’assassinat Mahdi Ben Barka, l’affaire Oufkir, la torture… les livres relatant ses épisodes fleurissent au Maroc. En Tunisie «il y a eu un demi-siècle de silence…car personne n’osait en parler de crainte d’essuyer les foudres du combattant suprême ». Faut-il en vouloir à Madame Ben Youssef et ses enfants pour ne pas avoir écrit sur la mort de Salah Ben Youssef ? ou faut-il rappeler comme l’écrit Omar Khlifi que cette famille n’a pu « rentrer en Tunisie, qu’après 33 ans d’absence qu’après la décision du président Ben Ali », c’est Omar Khlifi qui écrit à la page 200 de son ouvrage « Ben Ali, en homme de cœur, dans un geste civilisé, empreint d’humanisme, l’informe qu’elle est la bienvenue dans son pays. Le président ordonne de l’installer aux frais de l’Etat, dans un quartier résidentiel de Tunis, en mettant à sa disposition une superbe villa, en location meublée et entièrement équipée, la gratifiant d’une voiture avec chauffeur. Ben Ali la reçoit avec ses enfants au palais de Carthage ».
Le Président Zine El Abidine Ben Ali reçoit la veuve du grand militant Salah Ben Youssef
25 mai 1991
Le Président Zine El Abidine Ben Ali a reçu, au Palais de Carthage, la veuve du grand militant Salah Ben Youssef, qui était accompagnée de ses deux fils MM. Chedli et Lotfi Ben Youssef. Mme Soufia Ben Youssef a exprimé ses remerciements et sa gratitude au Chef de l'Etat pour tout ce qu'il a fait pour la famille du défunt, pour l'avoir réhabilité et veillé au rapatriement de ses cendres afin qu'il puisse reposer aux côtés de ses compagnons de lutte qui ont donné leur vie à la Tunisie.
Source: Site de la Présidence
Pour feu Taieb Mhiri, sa fille Mme Aicha Mhiri a révélé récemment que son père aurait été assassiné. Par qui ? Comment ? Faux ou vrai ?
Tunis Watch qui a repris l’article d’Assabah rapporte que : « D’après Mme Aicha Mhiri, dont le témoignage a été rapporté par le journal Essabah du 05 octobre 2008, la famille du défunt a été informée des circonstances de sa mort par son médecin traitant immédiatement après le décès. Le médecin aurait demandé à la veuve du ministre si son mari avait des ennemis avant de l’informer que sa mort n’était pas des suites du diabète pour lequel il a été hospitalisé mais qu’il a été contaminé par le virus de l’hépatite-B qui lui a été fatal ans ses conditions de santé. Au cours du même témoignage Mme Aicha Mhiri a rapporté aussi que sa mère avait contacté Mme Wassila Bourguiba épouse du président pour l’entretenir de la question et que cette dernière lui a demandé de garder le silence absolu sur le sujet en lui disant « Tu dois te taire si tu veux continuer à vivre avec tes enfants et les élever sans finir dans l’hôpital psychiatrique de Manouba »
Et M. Abdo Maalaoui, un proche de la famille Mhiri et dont le propre père aurait été mêlé indirectement au tentative de coup d’Etat de 1962, de réagir sur Tunisnews : « Mme Mhiri m’a raconté à maintes reprises les détails de l’assassinat de son mari comme elle m’avait raconté les autres assassinats… Pour préserver sa sécurité et rester proche du pouvoir, elle était obligé de jouer à la confidente de plusieurs grands bonnets du pouvoir politique tunisien ».
Ouvrir les archives aux chercheurs et aux journalistes
Les circonstances de la mort de Taieb Mhiri, se présentent par conséquent comme «ambiguës ». L’Histoire «officielle » précise «qu’en 1965, quatre années après ce drame, Taieb Mhiri, ministre de l’intérieur dans le premier gouvernement de Bourguiba depuis avril 1956, décède des suites d’une longue maladie ».
Mais cette Histoire officielle semble faite de « mensonges ». Qui connaît la vérité ?
Omar Khilifi précise que « Des hauts responsables dont le nouveau ministre de l’intérieur Beji Caid Essebsi et Mohamed Sayah, furent chargés d’ouvrir le coffre fort se trouvant dans le bureau de feu Tayeb Mhiri afin d’y établir un inventaire. Entre autres documents, il y avait un dossier avec dessus une simple inscription : Salah Ben Youssef ».
En Tunisie, il y a urgence à clarifier ces épisodes méconnus de l’Histoire de notre pays. Car a défaut, elle est sujette à toutes les manipulations. Dans les pays démocratiques, les archives sont ouvertes aux chercheurs après un nombre d’années. l’Etat n’est-il pas le premier à savoir toutes les vérités ? Cela n’exempte pas les journalistes, les chercheurs, les historiens qui doivent s’intéresser à cette partie méconnue de l’histoire de notre pays. Car comme disait Goethe, « ceux qui ne connaissent pas leur histoire sont condamnés à la revivre »
A défaut, on aura droit à ces anciens ministres bourguibistes (dont plusieurs ont été condamnés pour détournement de fonds publics) qui se pavanent dans leurs mémoires (quand ils ont le courage d’en écrire) en discourant sur les « libertés et les droits de l’homme qu’ils ont défendus ». Ils nous dressent le portrait du combattant suprême qui aurait réussi à «trouver une solution au conflit Moyen-Orient » et omettent de rappeler qu’il a échoué à trouver des solutions pour les conflits qui l’ont opposé à ses propres compatriotes. Ils préconisaient la paix entre les « israéliens et les Palestiniens » et il appliquait la repression contre ses propres compatriotes. Ces ministres qui discourent sur la naissance d’un Etat moderne : quel est cet Etat « moderne » qui torture ses propres citoyens ? quel est cet Etat « moderne » qui légalise les fraudes électorales ? quel est cet Etat « moderne » dont une partie de ses ministres sont parfois condamnés et emprisonnés pour « détournement de fonds publics » ?.
Certains de ses ministres se la jouent aujourd’hui, plus démocrate tu meurs. Quand ils étaient au pouvoir, les deux «mérites » que les historiens peuvent leur reconnaître, c’est d’avoir «cautionné la répression et la torture » et «su détourner des fonds publics ».
11:40 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : taib mhiri, amor chachia, salah ben youssef, blog de sami ben abdallah
12 mars 2009
Bourguiba- Salah Ben Youssef: Un Président de République a-t-il le droit de...
A lire le discours de Bourguiba, on ne peut que s’interroger : Un Président de République a-t-il le droit de « discourir » de la sorte de son ancien « ami » devenu plus tard son premier opposant ? Devant un parterre de Ministres, de doyens d’universités, de jeunes étudiants à l’IPSI (ces futurs journalistes) Habib Bourguiba explique comment son opposant et ancien ami a été assassiné par ses des agents tunisiens. Bourguiba en est même fier au point de qualifier son ancien ami, mort alors avant 10 ans- de « vipère haineuse ». La salle applaudit aux cris de « Vive Bourguiba » . Avec du recul, on ne peut que s’interroger : Salah Ben Youssef a voulu comploter contre Bourguiba et ce dernier l’a condamné 2 fois à perpétuité par contumace. Ne fallait-il pas laisser la justice faire son travail ?
Car le condamner, envoyer des émissaires pour l’assassiner, l’assassiner, interdire sa famille de rentrer en Tunisie durant 25 ans (c’est M. Ben Ali qui a appelé la famille Ben Youssef à rentrer en Tunisie), évoquer les circonstances de sa mort en public et traiter un mort de « vipère haineuse » sans aucune retenue ni respect pour la fonction présidentielle.
Ça fait quoi Courageux ça ? Et ces ministres, ces doyens, ses journalistes...applaudissaient quoi et qui? Un meurtre?
Sous Habib Bourguiba, la "main noire" - La police politique tunisienne- a réprimé les partisans de Salah Ben Youssef:
Au départ, « la Main Noire » tunisienne se proposait de contrer l’organisation terroriste française, « la Main Rouge » qui a assassiné le syndicaliste Farhat Hached, mais plus tard, « la Main Noire » a commencé à réprimer des Tunisiens ( à commencer par l’assassinat de Salah Ben Youssef à Francfort organisé par le même Béchir Zarg Layoun et Tayeb Mhiri, le Ministre de l’intérieur aidés en cette basse besogne par les Milices du Parti au pouvoir). C’est Omar Khlifi qui le rappelle encore (pages 140 et suivantes) : « Un cycle infernal commence. (..) des enlèvements sont opérés par des milices, les comités, dit comités de vigilance, sévissent en plein jour sous prétexte de soutenir l’action de la police…telles sont les dérives graves auxquelles se livrent le secrétariat général de Salah Ben Youssef et le Néo-Destour de Habib Bourguiba à l’aube de l’émancipation de leur patrie. (..) Des dizaines de mort, un grand nombre de blessés, des attaques quotidiennes contre les locaux des deux mouvements antagonistes. Des militants youssefistes sont suppliciés dans des prisons privées illégales, comme celles de Beni Khaled, créée par Amor Chachia (qui siégea par la suite en tant que commissaire du gouvernement auprès de la haute Cour) ».
Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef
« Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang ». Cliquez ICI pour lire la suite
Et
Tunisie, un livre à lire: L’assassinat de Salah Ben Youssef

"Ceux qui ne comprennent pas leur passé sont condamnés à le revivre "(Goethe)
" Certaines sources publiées et jamais démenties avancent que les protagonistes du projet d’élimination phisique de Salah Ben Youssef furent Bourguiba (Habib) en personne, son épouse Wassila (Ben Ammar), Mohamed Masmoudi (ancien ministre) Hassen Belkhoja (ancien ministre), Tayeb Mhiri (ancien Ministre de l’intérieur), ainsi que l’inévitable béchir Zarg Layoun".P 180- " L’assassinat de Salah ben Youssef " Cliquez ICI pour Lire la suite
16:11 Publié dans Des documents à télécharger, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, discours du Président Habib Bourguiba, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habib bourguiba, salah ben youssef, tunisie politique, livre rare tunisie, discours habib bourguiba, histoire tunisie, blog de sami ben abdallah
03 février 2009
Tunisie: l'Histoire ne pardonne pas
La tentative de Coup d’Etat de 1962
La Tunisie en 1963 par Azzedine Azzouz (paix à son âme)
"Après la relève de minuit, j'entendis les portes des cellules s'ouvrir brusquement les unes après les autres. Les cris horribles des prisonniers que l'on frappait à coups de ceinturons parvenaient à mes oreilles. Les fracas de portes que l'on ouvrait et que l'on fermait et les cris
horribles se rapprochèrent de ma cellule ; mais les gardiens ont dépassé la mienne pour perpétrer la torture sur les autres prisonniers"
(…)
"Je fus éveillé par d’atroces cris de douleurs provenant de pièces avoisinantes. Je réalisai promptement que l’interrogatoire nocturne commençait… Je peux décrire ici ce que j’ai entendu ce soir-là : tortures, supplices, cris inhumains, coup de cravache, étouffements à l’eau, brûlures à la cigarettes et à l’électricité, supplice de la bouteille…Je ne pouvais en croire mes oreilles et m’imaginer vivre en plein vingtième siècle, dans une Tunisie moderne et indépendante sous la présidence de Bourguiba. Un policier de stature colossale fit irruption dans la pièce où j’étais, une cravache à la main et tout en sueur à forcer de frapper les détenus"
Cliquez sur le lien pour télécharger le document
Azzedine Azzouz- l'Histoire ne pardonne pas-Blog Sami Ben Abdallah.pdf
04:53 Publié dans Des documents à télécharger, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : azzedine azzouz, l'histoire ne pardonne pas tunisie, coup d'etat 1962 tunisie, torture sous bourguiba, blog sami ben abdallah
09 janvier 2009
L’article qui a provoqué la colère de Tahar Belkhodja l’ancien Ministre de l’Intérieur
Comment la France s’est débarrassée de la Torture ? Cliquez ICI
Général-Jacques-Pâris -de-Bollardière, Cet homme a sauvé l’honneur de la France. Cliquez ICI
La Tunisie, vingt ans après. Le Monde Diplomatique 1975. Tahar Belkhoja
Il s’agit de l’article au Monde Diplomatique en Décembre 1975 intitulé : « La Tunisie, vingt ans après » : Régression économique, répression politique : le mythe du libéralisme n’a pas tenu ses promesses et le pays s’enfonce dans la dépendance...
J’encourage tous ceux qui possèdent des documents rares sur la Tunisie à les mettre en ligne afin que les jeunes générations de Tunisiens et de Tunisiennes découvrent l’Histoire de notre pays. .
Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’article du Monde Diplomatique sous format PDF.
Autres livres sur la Tunisie trouvés sur le web et que vous pouvez Télécharger
19:24 Publié dans Des documents à télécharger, La maladie de Habib Bourguiba, la vérité interdite, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, archives du Monde Diplomatique, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tahar belkhodja, tahar belkhoja, habib bourguiba tunisie, torture tunisie, politique tunisie, blog sami ben abdallah, sami ben abdallah
16 décembre 2008
Discours de Habib Bourguiba en 1973
Conférences données par Le Président Habib Bourguiba (12-10-1973)
bourguiba-Conference-12-10-1973-1.pdf
Conférences données par Le Président Habib Bourguiba (19-10-1973)
bourguiba-Conference-19-10-1973-2.pdf
Conférences données par Le Président Habib Bourguiba (02-11-1973)
bourguiba-Conference-02-11-1973-3.pdf
Conférences données par Le Président Habib Bourguiba (09-11-1973)
bourguiba-CONFERENCE-4-9-NOV-1973.pdf
Conférences données par Le Président Habib Bourguiba (16-11-1973)
Habib-bourguiba-Conference-5-1973.pdf
13:08 Publié dans Des documents à télécharger, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Tunisie, discours du Président Habib Bourguiba, Tunisie, les falleghas, ces oubliés de l’Histoire, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habib bourguiba tunisie, discours bourguiba 1973, conference bourguiba 1973, salah ben youssef bourguiba, blog sami ben abdallah
05 décembre 2008
Des livres rares sur le blog de Sami Ben Abdallah
Vendredi 5 décembre 2008
Le livre rare "Cristal" de Gilbart Naccache. Cliquez ICI
Le livre rare: "Lettre ouverte à Habib Bourguiba" de Mohamed Mzali. Cliquez ICI
A partir du Lundi 8 Décembre, vous pouvez lire sur le blog samibenabdallah.com l'intégralité de deux livres rares qui reviennent sur des pages méconnues de l'Histoire de la Tunisie (les deux livres seront intégralement mis en ligne sur plusieurs fois).
DEDICACE: je dédie ces deux livres à tous les jeunes de ma génération. Depuis enfant, on nous racontait la fable d'un Etat " moderne" et les bienfaits d'un père "Bourguiba" "père de l'indépendance" qu'on nous a décrit comme "éclairé". Le contenu de ses deux livres révèle des chapitres très douloureux de l'histoire de notre pays : la torture d’étudiants de l’extrême gauche et leur condamnation à plus de dix ans de prison, la fraude électorale, la censure…..
Ils nous ont menti...
Lettre ouverte à Habib Bourguiba
Lettre ouverte à Habib Bourguiba de Mohamed Mzali: écrit par l'ancien Premier ministre M.Mohamed Mzali alors exilé en France. Dans ce livre, Mohamed Mzali explique comment fonctionne le système politique tunisien: la fraude électorale sous Bourguiba, le culte de la personne, la censure, comment Bourguiba nommait les Ministres...
Cristal

Cristal de Gilbert Naccache: ancien dirigeant de la gauche tunisienne. Arrêté, emprisonné et torturé lors des grands procès politiques de l'extrême gauche entre 1967 et 1975, Gilbert Naccache revient sur les conditions de détention, la torture et l'extrême gauche tunisienne. Gilbert Naccache a écrit son témoignage en prison sur des papiers cigarettes tunisiennes Cristal, d'où ce titre...

Gilbert Naccache par les Editions du Cerfs:Tunisien, né en 1939, Gilbert Naccache a été l'élève de René Dumont à l'Institut national agronomique de Paris. Il a d'abord travaillé comme ingénieur agronome au ministère tunisien de l'Agriculture, avant que ses activités politiques d'opposant à Bourguiba ne lui valent en 1968 une lourde condamnation : il sera finalement libéré en 1979. Après sa libération, il travaille comme éditeur à Tunis. Il s'est installé en France en 2004.
De sa prison, il a sorti un roman qui donnera son premier livre, « Cristal », publié en 1982 à Tunis, et de nombreux autres écrits, sur différents sujets. « Le ciel est par-dessus le toit » en rassemble quelques-uns.
16:55 Publié dans Des documents à télécharger, La fraude électorale sous le Président Bourguiba, La maladie de Habib Bourguiba, la vérité interdite, La présidence à vie sous le Président Bourguiba, La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Le culte de la personnalité sous Bourguiba, Le mouvement des Droits de l’Homme en Tunisie, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, Tunisie, ces Ministres qui ne se rappellent plus d, Tunisie, la torture sous le Président Bourguiba, Tunisie, le jeudi noir, 26 janvier 1978, Tunisie, les émeutes du pain, Tunisie, les falleghas, ces oubliés de l’Histoire, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, les milices du parti au pouvoir, Tunisie, les procès des anciens Premiers ministres, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie, procès politiques contre l’extrême gauche, Tunisie,procès politiques contre les islamistes, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Tunisie:procès politiques contre les syndicalistes, Un livre à lire, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gilbert naccache, cristal, mohamed mzali, lettre ouverte à habib bourguiba, torture tunisie, blog tunisie
10 octobre 2008
Comment ils ont assassiné Salah Ben Youssef
Blog de Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com

« Le 14 octobre 1955, une note confidentielle des renseignements généraux français (RG) fait état de remous que suscite cette offensive : « on reproche à Habib Bourguiba le ton violent et méchant avec lequel il a condamné Salah Ben Youssef, et sa décision unilatérale (dictatoriale dit-on) sans la consultation régulière et préalable du parti tout entier (..) les Bourguibistes, eux, considèrent que Salah Ben Youssef a été aigri de n’avoir pas eu un portefeuille au sein du gouvernement » p 160, « Habib Bourguiba, le pouvoir d’un seul »
« C’est probablement après cette rencontre houleuse que la décision de liquider physiquement Salah Ben Youssef fut décidée. Salah Ben Youssef était loin de se douter qu’il lui restait moins de six mois à vivre ». Omar Khilifi, « L’assassinat de Salah Ben Youssef »
« Sa femme hurle sa détresse et crie : ambulance, ambulance. Salah Ben Youssef, était couvert de sang ». Omar Khilifi, « L’assassinat de Salah Ben Youssef »
10:55 Publié dans La répression de l’opposition en Tunisie, La Tunisie sous le Président Habib Bourguiba, Les procès politiques sous le Président Bourguiba, L’Histoire de la police politique en Tunisie, Tunisie, les idéaux de l’indépendance trahis, Tunisie, l’assassinat de Salah Ben Youssef, Tunisie,procès politiques contre les youssefistes, Une page méconnue de l'Histoire de la Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salah ben youssef, habib bourguiba, tunisie, tunisien

Tunisie : Fatma Riahi ( Fatma Arabica) Blogueur tunisienne a été arrêté. Actuellement, elle est en prison… Le combat pour la Liberté d’expression en Tunisie continue…
Avecla famille Larbi Hachim à Tunis. Mohamed Larbi Hachem paix à son âme était unesorte de père adoptif pour moi après la mort de mon père. 
France: seul face à 3 gendarmes à 2h du matin,Après 10 minutes de discussions, les gendarmes se décident d'établir un procès au poste.
Des tortionnaires de la police politique tunisienne auraient utilisé contre les Opposants de Gauche sous Habib Bourguibales mêmes méthodes que les américains avaient utilisées contre les Irakiens.
Le projet du Coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
En prison, nous avons découvert la Tunisie moyenâgeuse : les caves, la tonte, les uniformes, les besoins faits à même le sol. Il y avait dans les caves des prisonniers quasiment aveugles qui étaient là depuis la répression du coup d’État de 1962. Nous avons aussi été privés pendant des mois des droits les plus élémentaires comme la visite des parents, la lecture et la correspondance ce qui nous a poussé à faire grève sur grève de la faim afin d’imposer aux geôliers le respect. « Le drame de la répression en Tunisie, c’est que tout le monde devient amnésique. Aujourd’hui, tous disent : « on ne savait pas ! ». C’est le comble du cynisme ! Je suis persuadé que, tôt ou tard, ce dossier s’ouvrira. Ce qu’il révélera sera terrible pour ceux qui croient aujourd’hui avoir échappé à la justice humaine. » . Noureddine Ben Kheder- ancien dirigeant de la gauche tunisienne, ancien prisonnier d'opinion (1936-2005) L'Hitoire interdite de la Torture en Tunisie, Témoignage d’Ahmed Othmani















